‹ Les KhassonkéChapitre 18 sur 74 · I.A VIK MATKIUKLLK RT MORALK · texte numérisé non relu

I.A VIK MATKIUKLLK RT MORALK

lattes, qui s appuient sur les deux couronnes auxquelles on les attache avec des lianes; une troisième couronne est lixée vers la partie médiane et de nouvelles lattes intercalaires reposent sur cette couronne et la couronne inférieure; le clinting est ainsi continué par l'adjonction de nouvelles couronnes et de nouvelles lattes, de sorte que l'armature lerminéeapparaît comme un quadrillage dans lequel chaque trapèze aurait au maximum o m. 20 ou o m. 25, pour le côté le plus long.

Sur cette armature, l'on pose le chaume par paquet, en commen(;ant par la partie inférieure : quand un premier rang est en place et solidement attaché à l'armature avec des lianes, on en place de même un second, un peu en retrait, et ainsi de suite jusqu'au sommet. On a parfois recours à de la paille tressée, c'est-à-dire que, par une (opération préalable, l'on forme de tout petits faisceaux de paille guère plus gros qu'un doigt que l'on place côte à côte et que l'on attache les uns aux autres, si bien que l'on peut, en les roulant, ne former qu'une gerbe unique: en déroulant un certain nombre de ces gerbes sur l'armature en question, le toit est rapidement confectionné. xMais, en général, l'on n'emploie la paille tressée que pour le sommet des cases ou, ultérieurement, quand il v a lieu à réparation. La pointe du toit demande à être faite avec un soin particulier pour éxiter une détérioration rapide et prévenir les gouttières.

Le toit terminé est mis en place avec l'aide des hommes du voisinage, parfois au nombre de quinze ou vingt. La case est dès lors achevée.

Dans la paroi de banko, l'on réserve une baie : tantôt cette baie va du sol jusqu'au toit et les deux bords sont alors réunis seulement à la partie supérieure par une pièce en bois destinée à supporter le toit en cet endroit; tantôt, au contraire, c'est une ouverture de o m. 5oxo m. 90 réservée à o m. i5 à o m. 20 du sol. L'obturation de celte baie est d'or-

dinaire obtenue à l'aide d'une porte faite d'une ou deux planches débitées, à l'herminette, dans du bois de fromager [Eriodendron anfractiiosum) ; deux courtes pièces de bois réservées, ou rapportées, suivent l'un des grands C(')tés de cette partie et dans deux angles opposés, font oflice de gonds, que Ton loge dans deux planchettes formant cadre en haut et en bas de la baie.

Cet huis est pourvu, à l'extérieur et à mi-hauteur du bord opposé à celui des gonds, d'une serrure ou d'un verrou en bois qui mérite une description détaillée (i).

Une large pièce verticale, entaillée sur l'une de ses faces est lixée solidement à la porte au moyen de deux clous en fer rivés à l'intérieur : l'échancrure de ce morceau de bois laisse glisser un pêne creux dans la paroi supérieure duquel sont percés des trous variables en nombre et plus ou moins rapprochés les uns des autres. A travers ces ouvertures tombent, de leur propre poids, des chevilles de fer logées dans la partie supérieure de la pièce fixe et non visibles de l'extérieur. Lorsque ces broches glissent dans les trous qui leur correspondent, le pêne étant poussé, la serrure se trouve fermée ; si, au contraire, le pêne demeure tiré, les chevilles restent levées et la serrure est ouverte. La clef, qui permet de remonter les chevilles et, par suite, d'ouvrir la porte, est une pièce de bois quadrangulaire d'environ o m. 20 de long, portant sur l'une de ses faces, large de o m. 02 à o m. o3, des broches de fer disposées de la même façon que celles de la pièce lixe. Lorsque la clef est introduite dans le pêne, on peut soulever à l'aide de ses chevilles les broches correspondantes de la serrure et, par suite, retirer facilement le pêne et ouvrir la porte.

On est accoutumé à considérer ces serrures comme l'œuvre des artisans Bambara: s'il faut entendre par laque ce sont ces indigènes qui les fabriquent d'ordinaire, c'est

(1; Voir photof^raphies de portes el serrures de ce f^enre dans le Plaleju central Nigérien, par le lieutenant Desplaqles. pp. 170 bis et 172 bis.

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possible; mais s'il s'agit de leur reconnaître la priorité de cette fabrication, j'estime qu'il \- a lieu de faire les plus expresses réserves. En attendant la mise au point de cette question, je signale ici une coïncidence qui ne me paraît pas fortuite : une serrure identique est, de temps immémorial, en usage en Orient, elle se trouve décrite et représentée à la page 352 de la .S'rr/f d' aujourd'hui, par le docteur Lortei, Hachette éditeur, 1884. L'identité est telle que je n'ai pour ainsi dire fait qu'emprunter la description donnée dans cet ouvrage i^i .

F^ar la suppression des broches, la serrure ci-dessus est transformée en un simple verrou.

En outre de la porte, les parois de la case sont quelquefois pourvues d'un ou deux évents, c'est-à-dire de trous circulaires de o m. 20 de diamètre, ménagés à quelque distance du toit et destinés à faciliter le renouvellement de l'air.

Dans le troisième type, qui nous reste à décrire, la case est un parallélipipède rectangle, entièrement en pisé; les parois verticales ont une épaisseur variable atteignant parfois o m. 26 à 0 m. 3o; elles sont percées de baies munies de portes à serrure ou à verrou, tout comme dans le type précédent. La construction des parois latérales s'effectuant d'après les mômes modes décrits pour le bâti en maçonnerie sus visé, nous n'avons rien à ajouter à cet égard.

Quant au toit, on procède de deux façons : tantôt, un lattis de fortes branches d'arbre ayant été placé sur la partie supérieure des parois verticales, on lui superpose des nattes, puis un lit de petits morceaux de pisé, puis une couche de terre fine que l'on dame soigneusement et que l'on recouvre d'un crépissage ordinaire; tantôt. Ton dresse à l'intérieur, contre les parois, des bois fourchus, servant d'appui à des solives sur lesquelles on établit alors le toit comme il vient d'être dit, c'est en dédnitive le premier système renforcé.

(1) Pour le docteur J^icard cette serrure indigène est d'onj^ine égyptienne (Cf. Docteur Ricard, le Sénégal, p. 201).

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Dans les deux cas. l'on forme avec les parois verticales prolongées une bordure de quelques centimètres de haut, le toit est ainsi une cuvette dont on assure l'écoulement à l'aide de gargouilles en bois, à raison d'une ou deux par face.

En principe, les cases n'ont pas d'autres ouvertures que les portes; les fenêtres, que l'on voit à certaines d'entre elles, sont d'introduction européenne; mais il est d'usage local de pratiquer dans le toit un trou — d'au plus o m. 25 ào m. 3o de diamètre — que l'on munit extérieurement d'un ressaut en pisé destiné à éviter Tinliltration de l'eau de pluie et, aussi, d'un couvercle en poterie.

Il n'est pas rare de voir ces trois types de case voisiner, soit dans une même lu, soit dans des lu contiguës : elles servent de logement {si ^101'= chambre à coucher), de cuisine {gwa-bun'i, d'écurie \su-bun'). de magasin nafulubun').

Des édicules sommaires, sortes de toits plus ou moins étanches, gwa, sont dressés, suivant les besoins, pour abriter : le cheval en temps chaud, les femmes qui font la cuisine et, plus souvent, pour s'assurer un coin de fraîcheur où l'on s'installe pour bavarder, faire la sieste et recevoir les visiteurs. Souvent ainsi un gwa, reliant deux cases, forme entre elles une manière de salle ouverte sur les flancs.

Des petits greniers à provision sont répartis suivant les besoins ou les circonstances: ce sont des petites cases en pisé, de 1 mètre à i m. 20 de haut, avec toit en chaume servant de cou\ercle et ne présentant aucune ou\erture latérale; le plus souvent, ils reposent sur une assise en pierre destinée à les préserver des termites.

Certaines lu possèdent un poulailler, constitué par un cylindre de pisé de o m. 80 à o m. 90 de haut, présentant une petite porte que l'on obture soigneusement le soir venu et la volaille rentrée: là où il n'existe pas, les volailles sont mises sous une jarre renversée ou enfermées dans une cage que l'on suspend.

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