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à l'aide d'un fer rouge, d'un trou circulaire perpendiculaire à Taxe et destiné à recevoir le fer de l'outil.
Pour la houe, ce fer consiste essentiellement en une lame carrée ou rectangulaire, d'une surface variable mais guère supérieure à celle de la main ouverte; une soie part du milieu de l'un des cotés, en faisant un angle obtus avec le plan de la lame orienté vers la partie du manche que Ton tient à la main ; l'on introduit à forcement cette soie dans le logement préparé pour la recevoir, dans la partie renflée du manche. Celui-ci ne dépassant pas en longueur o m. 60 à o m. 70, le maniement de l'outil exige que le travailleur se courbe fortement pour ameublir ou défoncer la terre, mais en raison de sa légèreté, les deux mains ne sont pas nécessaires et l'on fait emploi tour à tour de lune et de l'autre.
Cette houe sert aussi bien pour ameublir et défoncer le sol que pour creuser des trous plus ou moins profonds et même couper des racines assez fortes, le bord de la lame étant assez tranchant. En raison de la largeur du fer, cet instrument est également utilisé comme pelle.
Quant à la hache, le fer a une forme triangulaire; haut de i5 à 20 centimètres, il présente un tranchant ayant au plus o m. o5; la partie efrtlée pénètre à forcement dans le logement destiné à le recevoir, mais cet agencement manque de solidité, car lorsque l'on attaque du bois un peu dur, le fer abandonne le manche.
Le couteau, utile aux champs comme à la maison, ne présente rien de particulier ; il est souvent de fabrication indigène, quelquefois d'origine européenne ; la lame est droite, d'environ o m. 12 à o m. i5, solidement implantée dans le manche, elle est habituellement logée dans un fourreau plus ou mi)ins enjolivé et qui se porte à la ceinture.
Quand nous aurons nommé les paniers nécessaires au transport des semailles ou des récoltes, les calebasses qui servent a toutes fins, nous aurons passé en revue tout le matériel agricole.
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Les animaux domestiques, quels qu'ils soient, ne sont pas utilisés pour les travaux agricoles. D'autre part, les cultures ne sont point pratiquées en commun par tous les habitants d'un même village, par exemple, comme cela se passe en certains lieux du Soudan. Lors de la création du village, les terres arables sont réparties entre les fondateurs du \illage et c'est à eux qu'il appartient de les exploiter: ils s'y emploient a\'ec leurs gens et quelquefois avec l'aide de mercenaires.
Pour établir un champ nouveau, la première opération consiste à mettre le feu pour détruire la brousse qui le couvre; c'est d'ailleurs, là, le moyen employé tous les ans, à la fin de la saison sèche, pour détruire la végétation de l'hivernage précédent afin de dégager les pistes qui servent de voies de communication et, aussi, de débarrasser la campagne du repaire naturel de nombre de bêtes et bes tioles, lesquelles périssent souvent dans cet incendie.
Malheureusement, il n'y a pas que les choses gênantes ou nuisibles — ou prétendues telles — qui disparaissent; bien des essences végétales sont irrémédiablement atteintes ou détruites; d'autant plus que rien ne limite le champ de dévastation du feu. Quoi qu'il en soit, après cette opération, il ne reste d'ordinaire que les gros arbres, et le sol bénéficie des cendres de tout ce qui a brûlé ; l'on procède alors à l'arrachage des fortes racines et, dès les premières pluies, en juillet, l'on défonce le terrain.
Pour les terrains déjà aménagés, l'on procède à peu près de même; à la fin de l'été, les herbes ou broussailles desséchées sont réunies en petits tas et incinérées; aux premières pluies, l'on donne une première façon et les cendres sont incorporées au sol ; l'on casse les grosses mottes souvent à l'aide de la partie renflée du manche de la houe, ou simplement avec un fort rondin ; l'on ameublit la surface et tout est prêt pour le difficile et délicat travail des semailles.
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Voici, à cet égard, comment on procède pour le mil. L'on ne sème pas à la volée. A l'aide d'une houe qu'il tient à la main droite, le semeur, demi-courbé et le pied gauche en avant, creuse d'un coup un petit trou dans lequel il dépose quelques-uns des grains qu'il tient dans la main gauche; puis, tandis qu'il avance d'un pas pour une nou- ^elle opération semblable, il ramène a\ec son pied droit la terre dans le trou. Et il continue ainsi.
Les plus habiles opèrent à la fois à droite et à gauche: en ramenant le pied droit, ils donnent, un peu \ ers la gauche, un coup de houe et opèrent pour ce nouveau trou, avec le pied gauche, comme ils ont opéré précédemment avec le pied droit pour l'autre trou ; ils effectuent, de la sorte, une double besogne : mais il faut une grande habitude pour que les semailles faites de cette manière soient régulières et, pour ainsi dire, en quinconce à environ un pas d'intervalle.
Les millets, maïs et arachides sont ensemencés comme le gros mil ; l'on varie seulement l'espacement des grains; il doit être plus grand pour le gros mil que pour le maïs et plus grand pour celui-ci que pour les millets ou les arachides.
Une huitaine après ce premier tra\ail, il est bon de revenir pour s'assurer si les grains ont levé et, le caséchéant, remplacer ceux qui manquent. Plus tard, il y a lieu de sarcler et de butter et, au fur et à mesure que la plante grandit, grandissent aussi les soucis de l'agriculteur, car nombreux sont les ennemis de sa récolte. Ce sont les chenilles qui la dévorent en herbes, les sauterelles qui l'anéantissent même quand elle est déjà bien dé\"eloppée, les oiseaux qui mangent le grain, les singes qui dévastent tout; sans compter les agents atmosphériques, qui ruinent en quelques instants ses meilleures espérances. Aussi le bon cultivateur est-il en permanence dans ses champs pour veiller sur la moisson. Dans des abris suréle\és, les enfants guettent les pillards,
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les manye-mils, et les lont tuir en mettant en mouvement tout un système de iicelles, auxquelles sont suspendus des oripeaux ou des tessons qui s'entrechoquent.
La maturité est, le plus souvent, successive, les épis sont emportés au fur et à mesure, à l'aide de paniers que les femnies transportent sur la tôle. Le mil est souvent gardé ainsi en épis que l'on empile sur une aire plane en terre battue et que l'on défend à l'aide de branches d'épines. Le mil en grains s'échauffe rapidement dans les greniers, faute d'aération.
Les épis de maïs ou de millet sont attachés de façon à former de gros paquets que Ton suspend dans les cases, parfois même dans la cuisine. Les arachides, sorties de terre avec la houe, sont mises à sécher sur place, puis mises dans les greniers telles qu'elles sont, c'est-à-dire avec la coque.
Le riz est cultivé dans les bas-fonds et les terrains d'inondation, quelques aménagements qui utilisent les dispositions naturelles du sol favorisent la végétation de la plante. Le riz est semé à la volée. Ton enlève en temps opportun les pieds en surnombre.
Pour permettre aux patates de se développer, on réunit la terre en tas coniques et un peu espacés, dans lesquels on plante les tubercules.
La culture des da, non plus que celle des calebasses, ne réclame aucuns soins spéciaux.
Kn dehors des cultures vivrières dont il vient d'être question, il y a lieu de signaler parmi les cultures industrielles, celles du coton, de l'indigo et du tabac.
Le coton est cultivé comme partout au Soudan. On en connaît deux variétés : l'une à soies blanches, l'autre à soies jaunes, dont les graines sont semées sans aNoir été sélec-
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tionnccs, si bien que, dans un même champ, les pieds de l'une et l'autre \ariétés poussent côte à côte. Le terrain prélérépour la culture du coton est celui des villages abandonnés. Il semble que cette pratique, basée sur l'expérience, se justifie par ce tait que ces terrains sont naturellement fumés et point trop humides.
D'ailleurs, la culture du coton est très aléatoire soit parce que, l'hivernage étant peu plu\ieux, la plante végète mal, soit parce que l'abondance des pluies détermine une maladie de la capsule et de son contenu. Les soins donnés sont, du reste, très superficiels, à peine quelques sarclages et aucune précaution pour obvier à la sécheresse.
Pour tous ces motifs, le rendement est loin d'être normal et la qualité cUe-mcme en souiVre.
L'indigo est pareillement semé à la \olée, puis tantôt éclairci, tantôt repiqué. Les terrains préférés sont ceux à proximité du village; on les prépare sommairement, l'on sème en juin et l'on récolte en novembre. Après un an, la plante fournit annuellement trois récoltes.
On récolte les feuilles avec grand soin et en éliminant surtout les brins de paille qui ne manqueraient pas ensuite de proNoquer des fermentations nuisibles à la teinture. Les feuilles fraîches sont jetées dans un mortier où on les pile juste assez pour les faire s'agglomérer: on obtient ainsi le pain d'indigo qui sert pour la préparation de la teinture. Sous cette forme, l'indigo peut être conservé deux ans environ: celui qui date d'un an à dix-huit mois est réputé le meilleur.
Le tabac est l'objet de quelques soins spéciaux, car il est plus délicat que les autres plantes cultixées. Après axoir été semé à la xolée, il est mis en place dans un terrain à proximité de l'eau et c'est à peu près la seule plante pour laquelle l'indigène se donne la peine de recourir a l'arrosage. D'ailleurs la plante n'est jamais de belle venue, les feuilles sont relativement petites. L'on en C'>nnaît deux
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espèces, l'une à tîeurs jaunes, c'est la plus estimée : l'autre à Heurs roses.
B. Industries pastorales. — Les Khassonké ne possèdent pas de grands troupeaux, mais un peu dans tous les villages l'on voit du gros et du menu bétail réparti entre les habitants.
Des bergers réunissent chaque matin les animaux con- Hés à leurs soins, les conduisent dans les pacages environnants et les ramènent le soir à leurs propriétaires. Quand ces bergers sont des mercenaires leur rémunération consiste le plus souvent à garder une partie du lait et, quelquefois, une part du croît; dès le moment où les animaux sont sous leur surveillance, ils en sont responsables, sauf cas de force majeure dont la preuve leur incombe.
11 est à remarquer qu'en principe les animaux domestiques constituent avant tout, pour l'indigène, une réserve de richesse: achetés dans les années d'abondance, Ton jouit de leurs produits naturels (du lait surtout), et, en cas de gêne, on les échange pour subvenir aux besoins du moment ; ce n'est qu'exceptionnellement qu'on les utilise pour la boucherie et le plus souvent ce sont alors les animaux devenus stériles par l'âge ou l'épuisement.
Il va dans les bovidés trois types: celui du Sud, vraisemblablement originaire du Fouta Djallon, est de petite taille et donne relativement peu de lait, mais par contre est rustique, bien acclimaté et résistant; le type du Nord ou maure, est de grande taille et caractérisé par une gibbosité sur le garrot; le type de VKsl est l'intermédiaire entre les deux précédents, les sujets bien proportionnés donnent pas mal de lait et aussi une chair abondante et savoureuse. La transformation du taureau en bœuf est parfaitement connue et couramment pratiquée surtout à l'égard du type maure, qui fournit les bœufs porteurs les plus appréciés.
Les vaches sont utilisées pour la reproduction, le lait et le