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I.A VIE MATKRIKI.LK ET MOIUI.r: n

Pour l'assouplir, on l'étend au soleil recouNeric d'uiic couche de pistaches pilées et mouillées. Après un temps de cette exposition, on la lave à l'eau tiède, on la met un peu au soleil, pour éliminer l'excès d'eau; enfin, à l'ombre, on la malaxe avec les mains jusqu'à ce qu'elle soit défînixement sèche.

La durée de l'ensemble de l'opération est d'cn\ iron 4 à 5 jours. Le cuir de bœuf mcmeinent préparé exi^e une quinzaine.

Travail du cuir. — Ce sont les gara-n-khe qui s'en occupent et comme leur plus ordinaire besogne consiste dans la fabrication des chaussures, les Européens les appellent couramment cordonniers (i).

Ces chaussures sont les sandales d'hommes ou de femmes et les bottes de cavalier dont nous avons parlé, avec coloration en rouge ou en jaune.

Mais là ne se borne pas l'industrie des gara-n-khe. Habiles à travailler le cuir, ils fabriquent des porte-monnaie pleins d'originalité; ils confectionnent ces innombrables enveloppes d'amulettes et de talismans, dont tout indigène est porteur; les fourreaux pour les couteaux et les sabres sont, par eux, enjolivés au point d'être parfois de véritables objets d'art.

Ils obtiennent les reliefs à l'aide de chitTons imbibés de cire qu'ils placent sous le cuir et les creux au mo\en de morceaux de bois convenablement arrondis. Kn toute circonstance, ils rendent les pièces solidaires au moven d'une colle formée avec de la sauce de gombo et de la farine de baobab. Ils utilisent pour les coutures les nerfs de bœufs.

En ajoutant à tout cola quelques couteaux bien affilés, des alênes et des aiguilles di\erses, un morceau de bois épais de o m. 10, l<Mig de o m. 3o, alfectant vaguement

(1) Littéralement ^ara-n-klie ■= « riiomiiii' du lil ^> ou «. riiomine qui coud ».

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la forme d'une semelle de chaussure et qui sert d établi pour couper et coller, nous aurons donné la nomenclature de leurs movens et de leurs outils de travail.

Les gara-n-khe s'occupent aussi de la fabrication de certaines parties de sellerie : ils confectionnent la bride, enjolivent la têtière et le poitrail et font parfois de très jolis tapis de selle. 11 convient de signaler qu'ils s'inspirent beaucoup des travaux similaires exécutés par les Maures.

Travail du bois. — Le huile ou sake s'occupe de la fabrication de tout ce qui est en bois et se sert pour cela de trois sortes d'outils : la hache, que nous avons décrite, pour débiter les arbres après les avoir abattus; l'herminette pour creuser et façonner le bois; un jeu de curettes tranchantes pour évider et polir.

Les bois qu'il utilise sont d'essences diverses; ceux à grain dur et serré donnent les pilons et les mortiers; ceux plus légers, les écuelles. les planchettes à écrire, les sièges, les huis de porte.

Certains kulle s'occupent spécialement de préparer les calebasses et surtout de réparer celles qui sont cassées. Pour cette préparation — qui est à la portée de tout indigène — voici comment on opère. Lorsque la courge est arrivée à maturité on l'ouvre, comme on le juge à propos; à l'aide d'une curette l'on extrait toute la pulpe et on laisse sécher la coque au soleil, elle est ensuite prête à servir.

Pour les calebasses qui ne doivent être que très peu ouvertes, celles destinées à servir de barattes par exemple, dès qu'elles sont jugées mûres et extérieurement assez sèches, on fait à l'aide d'un bâton une petite poche dans leur contenu. L'on introduit dans cette cavité un peu d'eau, ou une plante, qui en active la décomposition. Au bout de quelques jours, la pulpe pourrie est facile à extraire et l'on en élimine les derniers débris à l'aide de petits cailloux que l'on introduit et que l'on agite en tous sens.

Arço7i7ierie. Sellerie. — ■ Ce double travail est exécuté

LA VIE MATÉRIELLE ET MORALE Il5

par des ouvriers spéciaux qui sont souNonl des huile ou sake.

La selle, le plus en usage chez les K.hassonké, est du type maure; le pommeau et le troussequin sont également relevés en pointe assez haute, de manière que le cavalier est, en quelque sorte, entre les branches d'une fourche et a de la peine, souvent, à Nider les arçons.

L'arçon, parfois d'une seule pièce, est en bois léger et mesure, en principe, une coudée et quatre travers de doigt de long. Autour de cette ossature l'on enroule des lanières de peau de bœuf et la selle même est formée d'une peau de mouton tannée et plus ou moins enjolivée. Sous la selle on place quelquefois un feutre de fabrication indigène, mais souvent, aussi, un pagne plié en quatre en lient lieu.

Travail des métaux. — Les ouvriers en métaux sont appelés numu.

Leurs outils consistent en une masse de fer, plus ou moins lourde et façonnée qui sert d'enclume; en un jeu de marteaux et un jeu de pinces, parfois, quelques limes achetées aux commerçants européens; des poinçons; une sorte de machine à percer, genre de drille primitif fort ingénieux.

Le fover est par terre, le combustible est le charbon de bois dont on active la combustion avec une manière de soufflet formé de deux outres en peau de mouton.

A voir cette installation et ces movens primitifs, l'on a quelque raison d'être surpris du travail accompli par ces ouvriers. Leurs tra\aux ordinaires consistent à confectionner : des houes, haches, couteaux, lances, sabres; des cadenas pour fermer les peaux de boucs et qui sont des imitations de ceux fabriqués parles Maures; ils réparent les fusils, même très endommagés.

Ils excellent à fabriquer des bagues en cuivre, en fer, en argent. D'aucuns, plus spécialisés dans les travaux délicats,

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sont des orfèvres habiles qui labriquent tous les bijoux dont nous avons parlé.

Poteries. — En général, les femmes numii s'occupent de la fabrication des vases en terre. Voici comment elles procèdent pour un vase d'assez grande dimension: sur un petit mcjule en terre, un peu moins volumineux que sera le fond du vase, elles appliquent la terre convenablement piétinée et mélangée de poudre de vieilles poteries; elles la façonnent avec leurs doigts et la lissent avec une planchette qu'elles mouillent : quand elles ont obtenu de cette façon une hauteur de o m. i5 à o m. 20, elles laissent sécher la terre jusqu'au lendemain et, alors, recommencent de même; ainsi jusqu'à terminaison. Le vase lini est orné de dessins qui consistent en hachures.

Quand les objets fabriqués sont suffisamment secs, on les rassemble, avec précaution, sur un terrain plat et en plein air. pour les cuire avec du bois mort, ou tout simplement de la paille. Après cuisson, on les revêt souvent d'une coloration rouge préparée, en délayant dans l'eau, une poudre obtenue par la pulvérisation d'une pierre ferrugineuse.

Ces vases, dont la terre est, pour l'ordinaire, sans finesse, ont besoin d'être pénétrés par la suie ou la moisissure pour bien retenir l'eau.

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