‹ Les KhassonkéChapitre 37 sur 74 · LA PUISSANCE PATERNELLE · texte numérisé non relu

LA PUISSANCE PATERNELLE

Maître d'un gvnécée, père de plusieurs enfants, possesseur de biens importants et d'esclaves nombreux, l'homme est. en raison de la puissance (fanga) dont il dispose à l'égard de tout et tous, qualifié/a; en tant que représentant du groupe {tun') de ses gens, il s'intitule iun'-iigi.

En principe, tout ce qui est sous Tautoritè du fa est à son entière disposition, les personnes tout comme les biens, réserve faite cependant que seul le chef du pays a le droit de faire mettre à mort les personnes, libres ou esclaves. Les enfants n'ont que la situation qu'il veut bien leur accorder.

Il est vrai qu'à sa mort, l'arbitraire ou l'injustice dont il s'est rendu coupable peut déterminer des représailles susceptibles de bouleverser ses dispositions, mais en fait la crainte de sa malédiction suffit le plus souvent à assurer le respect de sa volonté.

Le fils aîné qui, à la mort du wulu-fa, doit en principe prendre sa place, est, dès qu'il témoigne de quelque maturité d'esprit, initié aux afi'aires et chargé de missions plus ou moins délicates, suivant l'estime en laquelle il est tenu. Quant aux autres fils, le unilu-fa leur accorde rarement une situation avantageuse, aussi sont-ils souvent disposés à courir les aventures pour s'affranchir le plus possible delà

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tyrannie familiale. Les cadels ont maintes fois été des audacieux par nécessité, d'aucuns favorisés par la f(jrtune fondent, parfois, d'opulentes maisons, indépendantes et souvent rivales de celle de leur auteur.

Quant aux filles, elles ne sont appelées à jouer aucun rôle important dans la famille; cependant il advient quelquefois que par leur maria^^e elles l'inlluencent ^'randement.

Au fur et à mesure que j^randit son importance, le tiin'ti^i s'entoure d'un conseil de plus en plus nombreux, composé de ceux qui, à divers titres, sont ses auxiliaires : le chef de ses esclaves, sorte de majordome; des gens de caste qui sont des hommes d'affaires; parfois un ou deux fulanin' ; plus rarement des parents. Le liin'-ligi compte aussi avec ses femmes et plus encore, si elle est auprès de lui, avec sa mère.

La décision issue de tant de discussicjns n'est pas toujours conforme, il s'en faut, à l'équité et souvent, même, se trouve contraire aux intérêts bien entendus de la maison. Seuls les hommes d'élite savent s'affranchir des intrigues, tirer parti des opinions émises et imposer à tous leur volonté.

L'homme, qui arrive par un concours d'heureuses circonstances et par ses qualités personnelles à se créer une situation éminente, voit, avec l'âge, son autorité se changer en une véritable souveraineté. Ses fils, devenus chefs de famille, respectent sa volonté à l'égale de celle d'un roi, il est le patriarche, le /a par excellence auquel on a toujours recours et dont on n'enfreint jamais impunémentles ordres. Tous ceux qui sont sous sa dépendance s'honorent de porter son nom et quand il meurt, il devient pour eux une sorte de divinité tutélaire : l'ancêtre.

Ni rage, ni la maladie, ni la folie même ne sont une cause de déchéance pour le /a. En tant que de besoin le /c7 est suppléé par son successeur éventuel.

La temme n'a pas, en principe, d'autorité propre, elle

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n'exerce que celle que lui concède son époux. A la mort de celui-ci elle n'est point tutrice; elle est, au contraire, en tutelle perpétuelle soit dans sa famille, soit dans celle de son mari.

C'est pourquoi les enfants n'ont pour elle que le respect affectueux qu'elle leur inspire. Elle n'exerce sur eux un droit de correction que jusque vers 7 ou 8 ans, ensuite ils lui échappent et ne relèvent que du /n. Mais précisément comme ils trouvent toujours en elle une tendre sollicitude, ils entourent sa vieillesse de soins dévoués et cordiaux.

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