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I.K KHASSO ET l'iSLAM

man que l'extérieur et se livrant, lorsqu'ils se croient à l'abri des indiscrétions, à toutes sortes d'écarts qui n'ont rien d'orthodoxe. Ils se livrent à ces jeux hvpocrites pour complaire, dit-on, à leurs clients habituels: les Maures.

Pas de traitant qui ne s'efforce de passer aux yeux de ces intransigeants pour un bon musulman ; un coin de la cour de la maison du traitant est d'ordinaire aménagé en lieu de prière ; chez les plus riches une sorte de mosquée, consistant en un carré clos de murs très bas et non couvert, est établie au milieu de la cour; inutile d'ajouter que l'alimentation et la boisson sont conformes aux prescriptions islamiques.

Ces mœurs ont indubitablement agi sur le milieu ambiant, les coutumes indigènes ont été influencées : d'autant plus que les Wolof n'ont pas seulement donné des exemples, quelques-uns des leurs, marabouts lettrés, ont établi à Médine des écoles parfois très fréquentées ; d'autres se sont offerts pour régler les différends en qualité de khadi ; d'autres, enfin, se sont spécialisés dans le métier de marabout-guérisseur qui n'est pas le moins lucratif.

A Médine, également, des marabouts de tribus diverses séjournent plus ou moins longtemps et s'occupent du petit commerce habituel à leurs congénères : vente de quelques marchandises, et aussi d'amulettes, de talismans, de remèdes. Parmi eux, ceux originaires du Macina sont réputés pour leur penchant à l'intempérance; ils se livrent volontiers à la boisson et cette funeste habitude leur nuit.

A Rayes ce que nous venons d'indiquer pour Médine existe pareillement, remarque faite cependant que les gros traitants Wolof y sont moins nombreux.

En certains points du Khasso, dans le Séro et aux cn\'irons de Rayes, à Samé, existent des villages maures dont les habitants vivent depuis longtemps dans la fréquentation continue des Rhassonké : fervents musulmans, ils ont eux aussi inlUiJ sur ces indigènes.

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Après cet exposé des faits principaux qui ont déterminé l'introduction de l'Islam chez les Khassonké, il nous reste à décrire comment les croyances se sont insinuées dans ce milieu indigène et quelles sont leurs principales manifestations.

Ce n'est point tout, en elTet, que, sous la pression des événements, les vaincus fassent profession de foi musulmane, pareille conversion ne saurait, en principe, être tenue pour durable. Pourtant, quelquefois, la conquête a provoqué l'adoption définitive de l'Islam : c'est lorsque le vaincu a compris qu'il est de son intérêt, quel que soit cet intérêt, d'agir ainsi.

L'on peut dire, par exemple que la branche des Dyallo du Séro s'est musulmanisée définitivement lorsque son chef Mori-ba est venu faire sa soumission à El-IIadj Omar, or Mori-ba n'agissait de la sorte que pour éviter des représailles d'abord et, ensuite, qu'en vue d'occuper une situation politique depuis longtemps ambitionnée par les siens et par lui-même.

Kourtoum Sambala ^'inféoda de même dans le dessein de venir commander à Médine.

Cet intérêt qui provoque les conversions, les conquérants religieux l'ont fait naître autour d'eux, consciemment ou non, des façons les plus diverses ; les conversions ainsi acquises en ont entraîné beaucoup d'autres : ainsi les gens du Séro se sont soumis, comme leur chef, parce que en agissant ainsi ils ont pu demeurer dans leur pays, sans avoir trop à soufi'rir des convertisseurs foutanké.

Sans doute, ces premiers convertis manquent le plus souvent de conviction et de sincérité, mais le temps transforme la pratique extérieure en une habitude, laquelle crée à la longue une tournure d'esprit, qui infiue à son tour sur les coutumes indigènes et les enfants, qui naissent et vivent dans ce milieu transformé, adoptent ces conditions nouvelles sans réticence ni difficulté.

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Pour le K.hasso, qui nous occupe ici, il ne faut pas oublier que les voies islamiques ont été longuement préparées. Nous l'avons montré, ce pays confine au nord et au sud à de véritables confédérations maraboutiques, les marabouts usant de leur procédé ordinaire firent, autour d'eux, du prosélvtisme libéral, si l'on peut dire.

Aux enfants qu'on leur conliait, ils enseignaient, surtout, les pratiques extérieures du culte, le strict nécessaire pour les prières de chaque jour; seulement pour ceux qui présentaient de réelles dispositions, les plus lettrés faisaient des frais d'érudition ; lorsque l'élève éprouvait le besoin^de compléter cette instruction élémentaire, il allait trouver un autre marabout réputé, puis un autre et ainsi de suite jusqu'au parachèvement de son instruction.

Comme on Va maintes fois indiqué, ces écoles sont très sommairement installées; l'enseignement est d'habitude donné en plein air, dans la cour de la maison ; souvent, le matin de très bonne heure, à la lueur d'un feu clair, les élèves répètent à haute voix la lei^on à apprendre et qui est écrite en arabe sur une planchette faisant office d'ardoise ; ils répètent jusqu'à savoir par cœur et sans comprendre.

Pour être élevé conforménient aux meilleurs usages, c'est vers 7 ans, au plus tôt, que l'enfant est mis chez le marabout, et, jusque vers 10 ans, il n'est pas tenu de faire la prière.

A partir de 10 ans, le Koran lui est enseigné. A cet efïet, ce livre est divisé en deux parties dites Haut et Bas du Koran: l'enseignement commence par la Faiiha, qui appartient au Haut du Koran et se continue sans interruption par l'enseignement du Bas du Koran. Cette partie-ci comporte 98 sourates dont on fait deux parts : la première de la sourate CXIV (les Hommes) à la sourate XXXVII (les Rangs); la seconde, de la sourate XXXVII I i^Sad), à la sourate XVI 11 ija Caverne,. Le Haut du Koran comprend

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18 sourates, réparties également en deux sections : Tune va de la sourate XIX (Marie) à la sourate VI (le Bétail); l'autre de la sourate VII (El Araf) à la sourate I (Fatiha). Chaque sourate est divisée en trente izba et chaque izba en sounounou.

L'on estime qu'un élève d'intelligence moyenne, produisant un travail moyen, peut apprendre un demi sounounou par jour. En tenant compte de ce que tout le jeudi et le vendredi matin il n'y a pas classe, on juge qu'un pareil élève met quatre ans environ, pour apprendre, par cœur et sans comprendre, tout le Koran : 14 ans marquent ainsi le terme de l'instruction primaire dont le couronnement est, comme on le voit, un pur exercice de mémoire.

Le second degré d'instruction consiste à recommencer l'étude du Koran, cette tois-ci par le Haut, sans discontinuité et en le comprenant. Cet exercice exige quatre nouvelles années. La plupart des marabouts n'ont pas d'autre science que celle-là.

L'enseignement supérieur est seulement recherché de ceux-là seuls qui veulent se créer une situation de lettrés musulmans. Alors, ils sont obligés à des déplacements nombreux et parfois lointains, passant d'un maître à l'autre plus réputé ou plus savant. D'aucuns s'en vont chez les Maures, dans les zaouïa des Thaleb Moctar ou de Cheikh Sidia ; d'autres préfèrent le Fouta Dyallon. La littérature, la grammaire, la jurisprudence sont les bases de cet enseignement.

Celui qui réussit bien dans ses études reçoit de ses maîtres le titre d'Alfakha.

Pour rémunérer leurs maîtres, les élèves — les jeunes surtout — s'occupent, à l'intérieur de sa maison, de diverses besognes domestiques; ils cultivent ses champs et, parfois, vont, de porte en porte, mendier des grains et autres denrées alimentaires. Les parents des plus aisés

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