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ADJECTIF

Adjectif qualificatif . — il existe diverses formes d'adjectifs qualilicatifs.

1. — Tout d'abord, il y a, en petit nombre, des adjectifs qualificatifs proprement dits; ce sont :

ba = grand. f bon(carac-

, ( marron, bètè \ tore),

basi { . . y ,

launatre. l beau.

MONOGRAPHIE DES KHASSONKE

bun' di .

= gros.

doklio,dogho dorho, do ko

agréable

kurhii

mauvais au goût,

puant.

docile.

= courbe.

\ rond.

\ pliant.

kuna . . .

kutu, sutii

khoi, khoe klioy . . .

khole, gale.

khoto. . . .

khuniu . . .

khula . . .

marha . . .

mes en' . . .

norho. . .

nyi.

sa. .

tilin'

lokhulun' nie . . . .

wolo . . .

= amer.

^ court, ( bref.

( blanc.

( clair.

!dur, difficile, cher, j vieux, ( âgé.

= aigre.

( neuf, ( nouveau.

mou,

inconsistant,

liquide.

mince,

fluet, f sale, < gluant, ( crasseux.

= bon.

= nombreux.

droit,

direct.

vide.

rouge.

jaune.

II. L'augment ma ajouté à ces formes simples n'en modifie point le sens, c'est même de préférence ainsi transformés, que Ton emploie nyi devenu nyuma, sa devenu tyama et quelquefois di devenu duma.

D'autre part, l'adjectif en ma est souvent usité comme substantif :

khoi-mango ^-= le blanc ; Jin'-mango = le noir.

III. La plupart des noms peuvent être transformés en adjectifs: soit à l'aide du suffixe ma :

nege = fer, nege-ma = en fer ; kuhho = sel ; hokho-ma = salé ;

soit à l'aide du suflixe di, qui se transforme parfois en li ou ri :

sina-n-di = qui contient de l'eau rT= mouillé.

Il semble même que ce second mode de transformation est celui que préfèrent les Khassonké.

Dans les deux cas, l'emploi comme substantif est courant et se marque par l'adjonction à l'adjectif de la caractéristique du singulier.

IV. Les formes verbales en la, to, lin', dont nous avons parlé précédemment, donnent en réalité des adjectifs, certains adjectifs de notre langue n'ont pas d'autres équivalents que des adjectifs de ces formes :

takhama-la = vagabond, sin'-hilin' =quin'aqu'une tolo-li = gras, jambe.

dérivéde/o/o= graisse, nyakilin' =: borgne,

labare-li = maigre, kii-din = calme,

fur~li = fainéant, bin'-domo-la = herbivore,

bakha-la ■= travailleur subu-domo-la= Carnivore,

kha-n-din' = chaud, sadakha-la = charitable. digamo-la = parleur.

440 MONOGRAPHIE DES KHASSONKE

Il est à remarquer que les adjectifs proprement dits peuvent donner des adjectifs de ces formes après leur propre transformation en verbe à l'aide de l'augmentj-a. En principe, la signification de ces adjectifs est différente de celle de l'adjectif dont ils dérivent, en fait, on les emploie l'un pour l'autre :

du)i -^-= profond; dun'-n-ya-lin' = approfondi et profond. /î/20/o= vieux ; khoto-va-lin' = vieilli et vieux.

Môme sans adjonction de Taugment^-a, des adjectifs proprement dits donnent des adjectifs de forme nouvelle, en lin' surtout:

khoto = vieux = khoto-lin .

norho= crasseux = norho-lin' .

V. Il existe des formes adjectives négatives: à lin' correspond bali ou balin' ,

mo = mùnr; mo lin' =:mùr,mobalin' = nonmùr.

makha= remuer ; ma k h abalo = qui ne remue pas

= paresseux.

Le sufiixe privatif ta est également usité :

nukhu = entrailles, nukhu-n-tan' --= lâche, litt.: sans entrailles.

VI. Enfin, il convient de rappeler que le nom peut servir à qualifier un autre nom: il suffit, pour cela, de le placer après cet autre nom : c'est par ce moyen, notamment, que le genre est exprimé :

su khe = cheval mâle, étalon ; su nniso = cheval

femelle, jument.

ma khe = personne mâle, homme; ma musu = personne

femelle, femme.

LA LANGL'F- 44 1

Syntaxe. — Le qualificatif, quel qu'il soit, suit toujours le nom auquel il se rapporte : mohho khoio = personne âgée :=mokho khoto-ina = mokho khoto-lin'.

La marque du nombre doit, régulièrement, être exprimée après le qualificatif et non après le nom : iri dyano = arbre haut ; iri dyano lu = arbres hauts ;

mais il n'est pas rare, en fait, que le nombre soit exprimé après le nom et après l'adjectif, du moins au singulier. Lorsqu'il y a lieu, le genre est exprimé après le nom :

su muni Jïn' = jument noire.

Degrés de comparaison. — La comparaison s'exprime par les moyens ci-après:

Egalité. — a) avec, kha khan' = être égal; ou, bc kilin' ■==■ « être un »; « être identique » :

né 7ii Samba kha khan' = moi et Samba sommes égaux.

né ni Samba kha khan' nyi-ya la= moi et Samba sommes

égaux en bonté.

, , , , , •( j'ai autant de moutons que Samba. Samba la sakha-lu ni\ ,. , , ^ , ,

, , , , , , , . litt.: les moutons de Samba et les nte-lu kha khan ï

( miens sont égaux.

Be kilin' s'emploie comme kha khan' .

b) avec, nyorho = « pareil » :

,,,,,. t j'ai autant d'areent que Samba.

Samba la khaliso a ) :. , ^ , ,, , -,

, , < iitt.: de Samba 1 argent le pareil est nyorho be )i kun / ~ ■ or

( a moi.

c)avec, bo :^- atteindre :

, , , , , • l j'ai autant de moutons que Samba. Samba la sakho-lu si ) ,-, , o l i

, , ', litt.: de Samba les moutons attei-

n-ta-lu bo I , .

gnent les miens.

442 MONOGRAPHIE DES KHASSONliE

Supériorité. — L'on emploie le positif seul, ou avec kha sa = être plus, et la particule ti placée après le second terme de la comparaison :

Samba kha dyan nie ti = Samba est plus grand que moi.

ia sa n-ta ti = de

plus que le mien.

Samba la khaliso kha sa n-ta ti = de Samba l'argent est

Infériorité. — L'on peut inverser la phrase et employer alors la formule du comparatif de supériorité ; au lieu de dire : Samba est plus petit que moi, l'on dit: je suis plus grand que Samba.

L'on peut aussi employer une tournure pareille à celle du comparatif de supériorité, mais en substituant kha dokho à kha sa :

Samba la khaliso kha dokho n-la ti = Samba a moins d'argent que moi.

Superlatif relatif. — a) Se rend par une façon de comparatif avec bè (tous) suivi de la particule ti, placés à la fin de la phrase :

Samba le kha bun' Khasongo bè ti.

C'est Samba qui est le plus gros des Khassonké.

b) Voire même la seule particule ti à la fin de la phrase suffit :

Samba kha dyan' khe-lu ti.

Samba est le plus grand des hommes.

c) Parft)is l'adjectif est transformé en une manière d'augmentatif :

Samba le mu mokho-lu to dyandyanango ti. C'est Samba qui est le plus grand des hommes.

d) A l'aide du mot nrorho = « pareil », « semblable », employé avec le néj^atif :

m fa la sakiio-lu damna nyorho-te.

(litt.le nombre de moutons pareilàcelui démon pèren'estpas) C'est mon père qui a le plus de moutons.

é) avec/oj = « rien » et la particule li,

foi ma nyi nin' ii.

litt. : rien n'est plus bon que ceci,

ceci est le meilleur.

f) avec/oi = rien, et bo — atteindre, employé au négatif et suivi de la particule la — par.

foi te 7iin' bo ( litt.: rien n'atteint ceci par la londyanya la { gueur, ceci est le plus long.

Superlatif absolu. — Se rend par le positif et un des adverbes : hali, ku-dygu, ku-nyuma .dyakhun' — trop, très :

Samba kha dyan' hali = Samba est très grand.

a be falin' dvaklnin = c'est très plein.

a kha khandin' dyakhun' , = c'est très chaud.

kunu-n-klw m be nyanyalin' bètè = hier j'étais très content.

Adjectif indéfini. Adjectifs indéfinis proprement dits. — 5/, placé après le nom et le verbe étant au négatif, correspond à « nul », « aucun » — sans pluriel :

inokho si te yen' = nulle personne n'est ici.

kika, s)-aman\ t^^alnan' ---- «. plusieurs », « maint », — sans pluriel.

j ]/| MONOGRAPHIE DES KHASSONKE

moklio kika be buno la = il y a plusieurs personnes dans la case.

kari = « tel » sans pluriel :

iniisu kari mokho kari din'-musu.

Une telle, fille de telle personne.

khote = « autre »; do, pi. do-lu — « un », « certain », « quelque », « autre ».

bè = « chaque», « tout », sans pluriel.

Tournures spéciales. — Le nom répété avec intercalation de 'o équivaut à « chaque », « tout » :

mokho 'o mokho =■ toute personne.

kili-bè, kili-m-pe, a la même signification :

mokho kili-bè = « quiconque ».

hali... kilin\ avec le nom intercalé et le verbe au négatif, équivaut à « pas même un », « aucun » :

n ma hali khono kilin' muta = je n'ai attrapé aucun oiseau.

Adjectif interrogatif. — Un seul : dyonma, dyoïna ou dyuma dont le pluriel se forme par l'adjonction de lu :

mokho dyonma-n-kha nyiji' ke = quelle personne a fait

ceci ?

musu dyonmalu kha nyin' ke = quelles femmes ont fait

ceci ?

kha kitabo di khe dyuma ma — à quel homme as-tu donné le livre ?

L'on fait usage, parfois, du pronom mun' , surtout quand il s'agit de choses, en le plaçant en déterminant :

mun' khcbaro ^ quelle nouvelle ?litt.: nouvelle de quoi

77mn' 7nok ho sio = quelle race humaine?'' litt.: race humaine

de quoi ?

Adjectif relatif . — Un seul : nien' ou mm', pluriel men'lu ; uïin'-lii :

khe men' don'-ia = l'homme qui est entré. hharu men' be banasagata = le mois qui suit le mois de i>a^a.

La règle, qui oblige me?7' à suivre immédiatement le nom auquel il se rapporte, entraîne une tournure spéciale lorsque ce nom. au lieu d'être sujet, est complément :

n kha khe men' biio = l'homme que j'ai frappé.

Le pronom personnel de la troisième personne du singulier tient parfois lieu du relatif : kiili fano a sinandigo a tu tilo la = le linge lavé (litt.: du lavage) qui est mouillé, laisse-le au soleil : tumo a tambita = l'instant qui est passé.

A dject if n u mé ra l .

L — Adjectif numéral cardinal. — La numération khassonké est décimale comme la nôtre :

I = kiliîi' 1 1 = tan' i kilin' 80= tan'-sagi,

2=fula, 12 — tan' i fula, go =tan'-khononto

3 = saba, i murhan' , 100 — keme

4=nani, \ ou mughan' 200 = keme fula,

5 = lulu, 2 1 = murhan' i kilin' ^ i .000 = wulu,

6~woro, 3o = tan'-saba, 10.000 = wudyune,

7 = worongla, 40 — tan'-nani, ^ = sagi, bo = tan' -lulu,

g = khononto, 60 = tan'-woro 10 = tan' 70 = tan'-woro/igla,

Pour unir plusieurs nombres l'on se sert de la conjonc-

tion 2, ni, in' = et: il semble que l'on emploie de préférence i après une voyelle nasalisée :

keme ni tan' i saba = cent treize.

Parfois l'on se sert d'expressions soustractives : ainsi, au lieu de dire 17 l'on dit 20 moins 3 :

mu^han' saba ka dye ) .

, , , , \ vinet moins trois.

mughan saba nyan \ ^

Il est à remarquer que la caractéristique du nombre — du moins pour le singulier — est fréquemment ajoutée au nom de nombre cardinal:

' mokho sabo = trois personnes.

II. — Adjectif numéral ordinal. — Se forme par l'adjonction de l'augment na ou n-dya au nombre cardinal correspondant :

fula-na ou fula-n-dya = deuxième.

saba-naou saba-n-dya— troisième.

Dans les numéraux ordinaux composes le dernier seul prend l'augment :

mughan' ni fula-na = vingt-deuxième.

« Premier » se dit /o/o quand il est ordinal simple : ?ni<.so Jolo = première femme, et prend la forme kilin'-na ou kilin'-n-dya quand il est le dernier terme d'un cardinal composé:

mughan' i kilin'-na = vingt et unième.

Le « dernier » se dit laban' .

Pour employer les ordinaux substantivement, il suffit de leur ajouter la caractéristique du nombre : fulanango = le deuxième ; fulanangolu = les deuxièmes.

III. Adjectif nurnér al fractionnaire. — Est rendu à l'aide du mot tala = « portion », « fraction », et de l'adjectif ordinal :

{ litt. troisième part.

tala saua-na = .

( tiers.

IV. Nojnbrcs distributifs. — Se forment par la répétition du cardinal :

kiilin' kilin' = un à un; fiilafula = deux à deux.

V. Nombres périodiques. — S'obtiennent du nombre cardinal avec intercalation de 'o :

tili saba 'o tili saba ^= tous les trois jours.

VI. No77ibres multiplicatifs. — A l'aide du mot ku, ou du mot sinya, suivi du nombre cardinal approprié :

ku saba ou sinj-a saba = trois fois.

Ces mêmes mots suivis de l'adjectif ordinal signifient « première fois », « deuxième fois » :

ku saba-na = troisième fois.

Adjectif démonstratif. — Il n'v a pas, à proprement parler, d'adjectif démonstratif, le pronom démonstratif employé exclusivement au singulier en tient lieu en le plaçant comme déterminant :

0 mokho = personne de cela, pour : cette personne-là. mw'n' musu = femme de ceci, pour : cette femme-ci. 0 mokho-lu = personnes de cela, pour : ces personnes-là.

AdjectiJ possessif. — Il n'y a pas, à proprement parler, d'adjectif possessif, le pronom personnel correspondant, placé comme déterminant, en tient lieu :

n klia n na miiru khenye = j'ai ( litt. couteau de moi, aiguisé ( mon couteau.

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