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VERBE

Verbe transitif (voix active).

Remarques. — La plupart des temps comportent l'emploi d'auxiliaires dont les formes sont invariables et indiquées ci-après :

Affirmatif. Négatif.

Indicatif : présent be te

imparfait taran' be taran' te

prétérit khaoukhe ma ou me

plus-que-parf. taran' kha ou khe taran'maoume

futur na ou si te na

Conditionnel: taran' na taran' te na

Subjonctif : kha khana

En général le sujet précède le verbe.

Les pronoms personnels sujets sont, d'ordinaire, les formes simples.

Dans les tableaux ci-après nous ne donnerons que le pronom personnel de la i""" personne du singulier.

Formes du verbe transitif. — Exemple : fakha = tuer.

Indicatif Affirmatif.

^ , { i.mbe* fakha. . . I .

Présent. . . , \r i , , } ]^ tue.

{ 2. m be Jakha-la . \

Imparfait . . . n taran'be . . . fakha. . . je tuais.

Prétérit . . . . n kha' fakha. . j'ai tué.

\ ï.mbe na-la. . . . fakha. .) .

r utur. . . . { / ., • , , je tuerai.

\ 2.n na (ou n si) . . jakha . . )

' Ces points indiquent la place que doit occuper le complément direct.

Négatif.

^ . { i. n te' fakha. . ) .

Présent. . . ^ , "^ , / , |0 ne lue pas.

i 2. 71 te jahha-la. ) ^

Imparfait . . . n taran' te . . . .fakha. . jenetuaispas.

Prétérit .... n ma fakha. . je n'ai pas tué.

„ " \ i.n tena-la .... fakha. . } je ne tuerai

Futur. ... , -;. . , l'

{ 2. n le na Jakha . . ) pas.

Conditionnel

Affirmai if.

r^ ' • , ' , . ^ , 1 ( i^ tuerais.

Présent et passe . n taran na-la . fakka . .\ .,

( j aurais tue.

Négatif

l je ne tuerais

Présent et passé. ?z /aî^a/i'/ena-Za'. fakha. . < . , " .

^ ' j jen auraispas

( tué.

Subjonctif

Affirmatif.

Présent n kha' fakha . . que je tue.

Négatif.

T^ ' , ; . ^ , ; ( Q'Je je ne tue

Présent n khana fakha . .

•^ ( pas.

Impératif Afjirmatif. Négatif.

* . . fakha. . . } khana' . . fakha . ( ne tue

i kha* . . fakha. . . ) " i khana . . fakha . \ pas.

, , , . ^ , , , , , -ri ( neiuez

alu kha . fakha. . . tuez, alu khana. Jakha .

•^ ' ( pas.

* Ces points indiquent la place que doit occuper le complément direct.

454 monographie des k.hassonké

Participe Affirmât if. Néga t if.

Présent . fakha-lo. . tuant, fakha-io te. . ne tuant pas. Passé . . fakha-lin' . tué. fakha-bali . . pas tué.

Infinitif kha* .... fakha tuer.

Emploi des temps et modes.

Indicatif. — Présent i : Indique l'habitude d'accomplir l'action exprimée par le verbe :

Lun' '0 lun' a be sakho fakha ■= chaque jour il tue un mouton.

Présent 2. — Indique que l'action se passe au moment où l'on parle :

a be sakho fakha-la = il est en train de tuer un mouton.

L'on peut exprimer la môme idée à l'aide du participe

présent ;

a sakho fakha-to le.

Prétérit. — Employé avec iumo mi ni correspond à notre futur antérieur :

tiimo mi ni i kh'a muta i kh' a fakha = quand tu l'auras

saisi, tue-le.

Imparfait. — Correspond parfois à notre subjonctif passé :

n taran' t'a Ion' ko i kh' a fakha = j'ignorais que tu l'eusses tué.

Futur. — La forme 2 est plus impérative que la forme i .

' Ces points indiquent la place que doit occuper le complément direct.

Subjonctif. — Les formes du subjonctif sont emplo)ées pour marquer l'impératif qui ne comporte, à vrai dire, qu'une seule forme propre, celle qui correspond à la 2« personne singulier du subjonctif.

Complément direct.

Se place toujours avant le verbe et si celui-ci est précédé d'une particule, le complément direct s'intercale entre la particule et le verbe :

da lakhun' ^= ferme la porte ;

a kha da takhim' = il a fermé la porte.

S'il V a plusieurs compléments directs on les dispose comme suit :

eyo, ni i kha tia ti n-ye : miny^an' sitilingo bô ma, ni dyakhinte no, ni limokho fefa, ni susuofefa, ni tiirumakhe.

Oui, si tu m'as apporté: un boa attaché à un bambou, du lait de lionne, une calebasse pleine de mouches, une calebasse pleine de moustiques et une hyène mâle.

Verbe transitif \oix passive).

Formes.

Une seule forme propre, celle du prétérit affirmatif, constitué par l'adjonction de l'augment ta au radical verbal.

m fakha-ta = j'ai été tué.

On remplace les autres formes de nos verbes de diverses façons, mais, en général, en tournant par l'actif:

i b' i kili-la = on t'appelle, pour: tu es appelé. a na buwo = on le frappera, pour: il sera frappé.

D'autres fois on a recours au participe, présent ou passé.

Complément.

Se place après le verbe et avant la préposition : a binvo-la a fa /a = il a été frappé par son père.

Verbe intransitif.

Formes.

Les formes de la conjugaison du verbe intransitif sont pareilles à celles de la conjugaison du verbe transitif à la voix active, sauf pour le prétérit : ce dernier temps a une forme pareille à celle .du prétérit passif du verbe transitif.

n takha-ta = je suis parti ; n ma-n-tahha = je ne suis pas

parti.

Complément indirect.

Il se place entre le verbe et la préposition qui suit le verbe.

Quand il v a plusieurs compléments, la particule peut se placer après le premier seulement, ou seulement après le

LA langul: 457

dernier, ou bien après chaque complément; ainsi l'on peut dire :

ou bien : dj-io bi tolilin' J'u Jure la a-ni J'ali Jure ; ou bien : dyio bi tolilin' J'u fure a-ni fali fure la; ou bien : dyio bi tolilin' J'u fure la a-ni fali fure la ;

de l'eau corrompue par une charogne et par le cadavre d'un âne.

Verbe pronominal.

Se conjugue comme un verbe ordinaire, mais le second pronom, qui sert de complément direct, est suivi de Jan = « même ».

Verbe réciproque.

Se conjugue comme le verbe ordinaire, avec en plus le mot nvorho = « pareil », « semblable », si le verbe est actif, ou les expressions nyorho-n-na ou nyorho ma s'il ne l'est pas.

Verbe défectif kho.

Le verbe A/20 = «dire» n'a que deux formes : la première comporte le radical seul avec les pronoms personnels simples, sans auxiliaire :

ne kho = je dis ; a kho = il dit;

la seconde n'est que la première modifiée par l'intercalation de la particule taran' pour marquer le passé :

n taran' kho := je disais.

On supplée aux formes qui manquent parcelles du verbe fo qui a le même sens.

On donne parfois, au verbe kho un complément indirect toujours marqué par la préposition ye :

a kh' a n-ye ^^ il lui dit.

Après le verbe kho, l'on emploie la conjonction kho = que.

a kh' a n-ye kho = il lui dit que.

Verbes dérivés et verbes composés.

En principe, le verbe ne se différencie du nom que par la place qu'il occupe dans la phrase et par les augments et particules qui l'accompagnent et servent à indiquer le mode et le temps.

L'infinitif est^ notamment, caractérisé par la particule kha, mais souvent cette particule est omise et nous-même ne l'indiquons pas, dans le vocabulaire, par mesure de simplification. En fait, donc, bori signifie course et courir ; si = arrivée et arriver ; bo = sortie et sortir; kili ^= appel et appeler.

Cette forme simple du verbe permet d'obtenir des verbes dérivés à l'aide d'augments, dont les plus habituels sont: /a, ma, lia, lo.

La, employé comme préfixe, transforme le verbe actif en verbe causatif, le verbe neutre en verbe actif:

mi = boire; la-mi refaire boire, abreuver.

bori = courir; la-bori = faire courir, d'où le sens dérivé,

purger.

susM= sucer; la-susu = allaiter.

La, intervient aussi, parfois, semble-t-il comme suffixe, mais son rôle est plus difficile à définir :

/;M-/a = abandonner, laisser, quitter; paraît dérivé de bo.

Ma est également emplo\é comme préfixe et comme suffixe sans qu'il soit possible de préciser la déviation de sens qui résulte de son adjonction : le plus souvent, cependant, il est causatif ou intensif:

khono = attendre; ma-khono = précéder;

lo = se tenir debout; ma-lo adresser;

fêle =voir; ma-fele =: examiner;

kho =dire; khii-ma = parler ;

takha = aller; iakha-ma = voyager ;

yele = monter; yele-ma = retourner.

Na a un rôle analogue à la dont il n'est souvent qu'une transformation.

gen' = chasser, pousser devant soi ; na-gen' = faire paître

des troupeaux.

fa ■--= na-fa = être utile.

To, détermine des modifications de sens pareilles.

lambi = passer; lo-lambi = repasser.

/o??2^o ^-= prendre, ramasser; /o-/o;)i^o = choisir.

Sans doute faut-il considérer comme des variantes ou des transformations de to, les formes ta et so dans les cas suivants :

tabi = apprêter, accommoder ; pour /o-^î ou /o-^p .• bi.be signifiant mettre d'accord, arranger, apprêter.

yniita = saisir, prendre; alias, mina: muta et 77iina nous semblent dérivés d'un verbe me que nous retrouvons dans la-me = comprendre, saisir.

so-diin' = approcher; peut-être pour to-diin' ,dun' voulant dire entrer, pénétrer.

so-bo = s'éloigner; peut-être pour to-bo, de ^o sortir.

Il y a, parfois, combinaison d'affixes comme dans les exemples suivants : to-tu-la = choisir, dérivé de tu\ to-

tahha-ma -- se promener, dérivé de lakha.

Il est essentiel de remarquer que ces modes de dérivations, qui apportent au langage une certaine souplesse, ne donnent pas des formes que l'on puisse créer à volonté. Les dérivés n'ont de valeur que par l'usage et il semble que celui-ci réduise à un nombre relativement peu élevé les verbes obtenus par ces procédés.

Un certain nombre de verbes sont terminés par les syllabes /a, ma, na, to, mais il est difiicile de dire s'il s'agit là des augments de dérivation dont nous venons de parler; d'autres commencent ou finissent par des syllabes différentes de celles-là et qui n'en sont peut-être que des variantes ou des transformations : seule létude comparative des dialectes permettra, ultérieurement, d'apporter sur ces questions plus de précision.

De même en est-il des verbes composés, notre documentation est à cet égard fort pauvre. Signalons, toutefois, khoto-ta = soulever, qui nous semble formé de khoto = sous et ta = prendre ; ke-ia =^ hériter, de ke = héritage et ta = prendre.

Verbe copulalij .

La forme du \erbe copulalif varie selon que l'aitribut est un adjectif qualificatit ou un nom.

I. L'allribul est un adjectif qiialijicalif. — Dans ce cas, le verbe copulatif est : kha^ à Taflirmatif; ma, au négatif; deux temps sont alors exprimables, le présent et l'imparfait de l'indicatif: a kha sutu ^= il est court ; a taran hha siitu = il était court. On supplée à l'absence des autres formes en employant celles du verbe incohatif, que l'on ■dérive de Tadjectif, par l'adjonction de l'augment )-a :

Sutu = court; sutu-ya ^^ devenir court ; a bi sutu-ya = il devient court; a bi sutu-\-a-lin' -=[1 est devenu court.

II. L'attribut est un nom ou un pronom. — L'on intercale Tattribut entre deux particules, mu et ti, comme suit: dyon' mu falu-iigo ti.''= qui est le maître de l'âne; ite mu dyon' ti ? = lu es qui?

Il arrive que la particule mu disparaissant la phrase se présente avec la seule particule ti:

n khoto min' dven'ti' = mon frère aîné qui est ici. dvakhinte no feli-n-ti' = du lait de lionne vcMci. wosanu nte-lu sabo ta ti' =^ cet or est la part de nous trois.

Aux deux particules mu et ti s'ajoute, parfois, la particule le :

bakha-la le mu Samba li=z c'est un travailleur que Samba;

ici encore, il y a parfois ellipse :

niun' le ti pour o mu mun' /c fi) = qu'est-ce ?

Ces diverses tournures n'étant usitées qu'au présent et, très

' Les phrases marquées d'un astérisque sont comprises dans les textes ■donnés plus loin.

462 MONOGRAPHIE DES KHASSONK.E

rarement, à rimparfait à l'aide de tara)!', Ton supplée aux formes qui manquent par l'emploi de celles du verbe Ae=faire.

n kh'i ke sede ti* = je te fais témoin r= tu es témoin.

i kha ke senekela le ti* = c'est que tu fasses un cultivateur,

que tu sois cultivateur.

ite ke-la kele-la le ti' = que tu fasses un guerrier, que tu

sois guerrier.

asi ke kudyakhubaii* = ça. sera une très mauvaise affaire. nyi khe na fulo a ke-ta bankhu linyalin' ti ba ? = le champ

de cet homme est-il devenu infertile?

a ma-n-keba-khoiosubo /i* = ce n'est pas de la viande de bouc.

Des particules verbales: /e, ??im, ^i, kha.

le — équivaut d'ordinaire à nos expressions: « c'est... qui » ; « c'est... que » et se place immédiatement après son antécédent, que celui-ci soit sujet ou complément:

mese-n-di le kha n kisi' = c'est une aiguille qui m'a sauvé.

ite le lu kh' a ke = ce sont eux qui l'ont fait.

Ij c'est de la viande que j'ai mangé n kha subo le domo j ^^^^. y^. ^^^^, ^^ j^ ^.^^^^

c'est à la main que c'est fait, pour: c'est fait à la main.

a dara-ta biilo le la

le... mu. — Ces deux particules forment une expression qui signilie « c'est... », «■ ce sont... »:

nie la luntango le mu = c'est mon hôte.

inso le mu = c'est un bœuf.

ten' fan' le mu = c'est cela mênie.

lie mokho ma-m-bete le mu. litt. toi, c'est un homme pas bon,

pour : tu n'es pas un bon homme.

' Les phrases marquées d'un astérisque sont comprises dans les textes donnés plus loin.

Parfois le disparaît et la phrase elliptique se présente avec mu seul :

, ( litt. de qui cheval est ?

dyon na su mu - . ■ u i 4 • :,

-^ ( c est le cheval de qui?

. ( litt. part de son esclave est.

a la dvona:o-ke ta mu \ , ,

" ( pour : appartenant a son esclave.

mu... ti. — Voir au verbe copulatil.

le mu ti. — Ces trois particules sont souvent associées

comme suit :

( litt. c'est un travailleur que

bahha-la le mu Samba ti } Samba.

( pour : Samba est un travailleur.

bakha-la mu Samba le ti = c'est Samba qui est un travailleur.

Parfois, il y a disparition de la particule mu, d'où des des phrases elliptiques telle :

mun' le ti pour o )uu mun' le // = qu'est-ce?

Parfois aussi les particules le et ti entrent directement

en combinaison.

.,,,,,,, .. ( c'est que tu fasses un cuerrier, i be ke-la kele-lale ti . .

( pour : que tu sois guerrier.

klia. — Voir au verbe copulatif.

le k/ia. — Combinaison analogue à le })iu.

aie le kha ??)•/ = c'est lui qui est bon.

kha... ti. — Combinaison spéciale pour rendre les degrés de comparaison ainsi que nous l'avons indiqué.

* Les phrases marquées d'un astérisque sont comprises dans les textes donnés plus loin.

4^4 MONOGRAPHIE DES K.HASSONKÉ

Remarque. — Au négatif le et mu, isolés ou associés, sont remplacés par /c; k/ia fait place à ma et, s'il est associé à le celui-ci subsiste : aie le ma ??)"/ = c'est lui qui n'est pas bon.

De la particule verbale be {au négatif te).

Nous avons vu le rôle auxiliaire de cette particule dans la conjugaison.

D'autre part, seule ou associée à divers mots, elle donne des expressions qui suppléentà nos verbes «être»et «avoir»:

mokho-lu syaman' be dyen' khunu = il y avait beaucoup

de gens ici, hier.

ii>o mokho si ta /e = cela n'appartient à personne.

La possession se marque à l'aide de be (nég. le) et de l'un des mots, kun' (tête), bulo (main),/e (avec):

wori be n kun' = j'ai de l'argent; nafulu be m bulu =z j'ai

du bien.

■di-m-fulo be m fe = j'ai deux enfants.

« Y avoir », a pour équivalent « être là » = be dyan . dyi be dyan' = il y a de l'eau.

« Avoir » = « éprouver », s'exprime à l'aide du nom de ■ce que l'on éprouve et de l'une des particules : /a, na, fe :

\ Un. la faim est en moi, kongo be n na ,.,.,- . ^ { ] i\^ lai m.

« Avoir besoin de », se traduit à l'aide de mako = « besoin » et de la particule appropriée :

( litt. besoin d'argent est à moi.

nwri mako be n na ) ., . , . ,,

( j ai besom d argent.

De quelques expressions qui traduisent à des expressions J'rançaises dans lesquelles entrent « être » et « avoir ».

i i wulu-ta mi ? -- lu es né où ?

, ^ 1 i be sigi-lin' mi r" =^ lu demeures où ?

ou es- u i gallo be mi '" := où se irouve ton vil-

\ lage r

Il n'est plus a ban' -ta = lilt. il a fini (d'exisierj.

C'est bien a ben'-ta

il est temps de tungo si-ta = le moment de... est arrivé.

Il est jour tilo bo-ta ;= le soleil est sorti.

Il faii nuit su kitta

J'ai envie de cette chose ofe-n-dokkobe n-na =^ le désir de cette chose

est en moi.

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