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Quelques fruits de Cocos de petite taille

Celles-ci ne sauraient échapper à un triage (même grossièrement fait) auquel il convient de soumettre rigoureusement toute acquisition de Kola en graines sèches. Leur forme jure trop avec celles des semences du Cola acuminata pour qu'une erreur puisse jamais se produire. Il importe du reste qu'il en soit ainsi, car, on le sait, la

j'iDOUAUD UJÎCKICL

lève de Calahar est un poison reduuUible. Quiinl aux divers fruits de Cocos de cette régiou cluiude, ils sont aussi très facilement recoonaissahles. Il sumi donc de signaler ce mélange tout à fait involontaire qui se produit quelquefois, pour qu'il y soit porté remède sans la moindre diniculté de diagnose. On n'a, du reste, jamais constaté le moindre symptôme d'empoisonnement par le

|,'i,r. 34 Graine entière du Cola diuiUiLa Masl.

— (jrainc ouveiie ilu Cola digilala Mast.

Kola, ce qui indique bien que tous ceux qui l'emploient savent en éloigner la fève de Galabar, quand elle se mélange accidentellement à ces graines.

a^-aines de Colas inertes, qu'on trouve rarement mêlées à celles du vrai Kola. — Il existe certainement une grande quantité de graines

de divers Cola et Stercuiia qui, par leur forme, pourraient être confondues avec celles du vrai Kola, et qui n'ont cependant aucune valeur ni thérapeutique ni bromatologique. A ce point de vue, mes connaissances sont encore peu avancées; néanmoins, il m'est permis

Cola digilata Masl.

. Fig.37.

Fruit ouvert longiludinalement pour montrer les graines pourvues de iig. àb. — Fruit entier. leur arille blanc, éburné, brillant.

de donner quelques notions utiles sur certaines de ces graines qu ne paraissent du reste point partager, et c'est justice, avec la graine du vrai Kola {Gourou, Ombéné), la faveur des nègres de

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la Côte d'Afrique, au moins au Gabon-Congo. Je veux parler d'abord des semences du Cola dùjilala. Mast., nommé Ombéné Nipolo par les Pahouins, à Libreville et au Gabon-Congo. Nous allons nous en occuper, ne fût-ce que pour apprendre à les connaître si elles se mêlaient (comme cela arrive quelquefois, paraît-il) aux graines de Kola du Gabon (Cola Ballaiji).

Cette espèce est un arbre peu répandu croissant sur le versant des hauteurs et jamais en groupes. 11 n'existe pas aux environs de Libreville, à moins de 8 à 10 kilomètres de cette ville. Sa taille peu élevée atteint à la hauteur de 5à 6 mètres au plus; il est remarquable par ses feuilles déjetées et peu nombreuses.

Le nom de Ombéné Nipolo appopo veut dire I^ola (jros blanc en Pahouin .

La partie comestible du fruit est le testa très développé qui enveloppe la graine ; il est de couleur blanche, et un peu sucré; les indigènes seuls s'en nourrissent et encore rarement : de là le nom de Kola gros blanc donné à cet arbre par les Pahouins. Voici dans quels termes Masters qui a nommé cette espèce, la décrit dans Flora 0/ Iropical africa d'Oliver, T. I, p. 224 :

„ Petit 9rbre de 12 à 1E5 pieds (3-65 à 4"o7) de haut, pourvu de fortes branches „ CYlindriques. Pétioles étalés plus ou moius horizontalement, mesurant de 0 30 „ à 0"'45 de long, cylindrique, feuilles déjetées, avec 7 ou S folioles c/ia» aussi „ longues ou plus longues que le support commun, subcoriaces, f •^^'^.«•f 'P^''^';!^ „ acuminées, atténuées à la base et légèrement décurrentes sur le côte du pétiole ,) secondaire, de 0™03 à 0"07d de long, entières ou fendues, irrégulièrement „ pinnées au moins en ce qui touche le pétiole central, lobes acummes.

,, Fleurs en petites grappes denses, émergeant des branches un peu au dessus „ de Uaisselle de la feuille (pédoncules de 0^012 de long), couvertes d un duvet „ rougeâtre. Boutons floraux globuleux ou quelque peu tetragonaux. Calice cam- „ panulé, coriace.à 5 lobes arrondis valvaires, striés à l'intérieur. Heur maie . . „ Fleur hermaphrodite: anthères nombreuses, chacune pourvue de deux lobes „ parallèles linéaires, irrégulières dans leurs dimensions et disposées en un cercle autour de la base de 5 carpelles petits, duveteux et unicellulaires, surmontés c acun par un stigmate large, charnu et arrondi. Pédoncules du fruit épaissis ">5 de long. Carpelles mûrs, 2 par avortewent des trois autres, mesurant de 0- ôo h 0- 01 de long, oblongs, acuminés, ventrus, terminés a la base par un support pointu à peine plus court que les carpelles, complètement déhiscents le ong de la suture ventrale ou placentale, de manière à devenir en dél nitive a peu nvÏÏ p ats et à exposer au dehors le brillant cramoisi de leur surface interne Semences de 4 h 6 dans chaque carpelle, oblongues obtuses, un peu comprimée, on. a c e o„g ; testa noir brillant d'aspect parcheminé, quand il est sec. Albumen ; nul! cotylédons 2, épais, plats, brunâtres, radicule dirigée directement vers le

l Guinée sup".- Ue du ?vmce( Barter! Mannl).- Afrique occidentale (Capitaine

)) liubingtonJ.Le feuillage splendlde et la brillante couleur cramoisie que présente » le fruit ouvert, font de cette plante une espèce dont l'introduction est à désirer, n Dans les premiers moments de la déhiscence du fruit, elle rappelle l'espèce de la » section Firmiana, mais cette espèce s'en dislingue par des follicules épais, » coriaces et presque ligneux. » •

Voici au sujet de ce végétal les renseignements, datés de Libreville, que j'ai reçus le 18 mars 1891 de M. A. Jolly, agent du Congo français, qui fut attaché durant 10 années au laboratoire de botanique de la Faculté de médecine de Paris. Ils ont trait à un spécimen croissant à une certaine distance de Libreville (Gabon français) :

« Arbrisseau d'environ 3 mètres de haut; tige simple, écorce » grise,feuilles alternes avec pétiole de 10 à 25 centimètres de long. » Fruit 0.20 de long sur 6 de large. J'ai trouvé sur cet arbre deux )) grappes de chacune cinq fruits, dans un entrenœud à environ l^2o » du sol. Ce fruit est d'un beau rouge carmin, velu ; de plus il est » recouvert d'une broderie grise. A l'état frais, l'intérieur est complè- » temenl rempli d'un testa corné, les graines sont rouge violet au » centre. Dans ce même état, quand on déchire l'écorce, il en sort une )) grande quantité de petites gouttelettes visqueuses. » (mucilage).

Les abondants matériaux frais et dans l'alcool que j'ai reçus du Gabon par mes zélés correspondants MM. Pierre et Autran, en ce qui concernecette espèce, me permettent de contrôler et de compléter la description insuffisante et même erronée en certains points de Masters. Nous avons déjà vu que M. A. Jolly n'est pas d'accord avec le savant botaniste anglais en ce qui touche aux dimensions du fruit et au nombre des carpelles verticillés qui parviennent à maturité. J'ai souligné ces deux contradictions et, je dois le dire, tous les envois que j'ai reçus me permettent d'affirmer que le plus souvent les 5 carpelles mûrissent et parviennent à des dimensions beaucoup plus considérables que celles qui sont indiquées par Masters. Néanmoins on peut trouver tous les états intermédiaires entre ceux qu'indique cet auteur et qui constituent certainement un minimum.

J'estime que c'est le plus gros fruit de Kola que l'on connaisse (fig. 36 et 37) et les graines elles-mêmes affectent des tailles géantes, car dépouillées de leur testa corné, très épais, blanc brillant, quelque peu translucide et non noir et brillant comme le dit Masters, qui a dû observer des spécimens depuis long-

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temps desséchés, elles pèsent encore jusqu'à 100 gr. en moyenne (voir fig. 34 et 35). Ces mêmes graines d'une belle couleur amarante, sont remarquables par la forme de leurs cotylédons apprimés et rapprochés en coquilles d'huîtres. On voit à leur surface extérieure une nervation très accentuée et les bords des cotylédons souvent repliés au dehors (fig. 34). Mais leur face interne, outre la nervation plus apparente encore qu'elle présente sous forme de sinuosités profondes, se fait remarquer par le développement énorme de poils qui recouvrent sa surface entière et deviennent plus nombreux sur les lignes de la nervation (fig. 35). Celles-ci en deviennent ainsi plus marquées. Cette caractéristique que je n'ai retrouvée dans aucune autre graine de Kola, jointe aux dimensions énormes de la graine, permettront toujours de reconnaître la semence du Cola digitata si elle venait à se mêler à celle du vrai Kola.

M. Masters indique encore 4 à 6 semences dans chaque carpelle : c'est en effet le chiffre normal, mais j'ai trouvé et je possède dans les collections de la Faculté des Sciences plusieurs fruits à une seule graine : ces fruits sont alors sphériques ou à peu près. (Voir fig. 38, B.) Dans ces conditions, le carpelle qui renferme la graine est très réduit dans ses dimensions et ne mesure pas plus de 4 centimètres. Les dimensions de ce fruit sont donc aussi variables que le nombre des graines : mais ce qui ne varie pas c'est la forme et les dimensions de ces graines, la nature spéciale du testa, l'état semi ligneux et très épais des carpelles ainsi que la présence dans ces fruits d'une quantité énorme de mucilage. On en trouve presque autant cependant dans le Cola acuminata, mais pas ailleurs. - J'ai obtenu des graines fraîches venues de Libreville (par feu M. Pierre, directeur du jardin d'Essai, deux jeunes plantes de cette espèce : je donne fig. 38 A, la photographie de l'un d'eux. Le Muséum de Paris, dans ses serres chaudes placées sous la direction de M. Cornu, possède de magnifiques échantillons de ce végétal qui ne tarderont pas à fleurir, et qui répondent bien aux caractères foliaires généralement admis, et au port indiqué par les auteurs : cependant dans les spécimens de Paris comme dans ceux de Marseille et dans les feuilles que j'ai reçues du Gabon se trouvent le plus souvent 5 et non 7 à 8 folioles comnVe le dit Masters.

Analyse des graines de Cola digitata du Gabon (Omhéni N'i-Po lo des Pahouins). —' L'eKa.mQn fait par M. SchlagdenhaiiCEen a porté sur deux graines doat l'uae pesait 89 gr. 50 et l'autre 111 gr. 20.

Leur poids moyen est donc de 100 gr.

Flg 38. — A, jeune pied de Cola digilata venu de graine au Jardin botanique de Marseille ; B, Iruit sphérique de Cola digitata à une seule graine.

1. Une certaine quantité de matière râpée soumise à l'étuve à

105° perd 60.2 o/o d'eau. Ce qui reste laisse, après macération, un

poids de cendres de 1.815, d'où il découle que la graine renferme :

Eau 60gr.213)

Matières organiques 37, 972 (lOO.OO

Sels.

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2. Pour chercher la nature des principes immédiats, nous épuisons hi pulpe préahihleraent desséchée et réduite eu poudre par du chloroforme et de l'alcool.

A. — Traitement au chloroforme : Au bout de deux heures d'épuisement, nous évaporons le liquide du ballon et ne constatons dans le résidu pas la moindre trace de produit cristallisé. L'eau de chlore et l'ammoniaque, employés convenablement dans le but de rechercher la caféine, ne révèlent pas trace de celte base. La graine ne renferme donc pas décaféiné libre. Pour reconnaître l'absence ou la présence d'un sel de caféine, nous ajoutons à la poudre préalablement épuisée, un pende chaux hydratée, nous mélangeons intimement dans une capsule avec de l'eau, nous desséchons le magma et épuisons de nouveau dans l'appareil à l'aide du chloroforme. Ici, encore, absence de produit cristallisé, et résultat négatif avec le chlore et l'ammoniaque, donc point de caféine à l'état de combinaison. Le chloroforme en outre n'enlève ni corps gras, ni composé huileux.

B. — Traitement à l'alcool : Ce véhicule dissout un peu de glucose et du tannin, et un produit, insoluble dans l'eau, constitué par de la gliadine et de la fibrine caséine. Le poids de l'exl rail est de 1,655 o/ o dont 0,848 solubles dans l'eau et 0,807 insolubles.

C. — Traitement à l'eau : Nous faisons bouillir le restant de la poudre avec de l'eau et nous obtenons un liquide rougeâtre légèrement acide qui, au fur et à mesure de la concentration, se couvre d'une pellicule plus ou moins épaisse à la façon des albuminoïdes. L'alcool précipite la solution, le chlorure ferrique également, quoique faiblement; l'acétate plombique y fait naître un précipité. L'extrait aqueux desséché au bain-marie, puis à l'étuve, incinéré avec du sodium, indique la présence d'un composé azoté qui ne peut être attribué, dans ce cas particulier, qu'à une matière albuminoïde. La partie insoluble dans l'eau est constituée par du ligneux et de la cellulose.

Il résulte de là que la composition immédiate de la graine peut

être établie comme il suit :

Extrait au chloroforme = absence de caféine.

I 0,848 glucose et tannin, — à l'acool )) 1.655 j ^^g^^ giiadine, fibrine, caséine.

/ matières albuminoïdes, gommeu- à l'eau )) 6.675) ses, pectiques et traces d'aci-

■ V des organiques.

Partie insoluble dans l'eau = 29.642, ligneux et cellulose Après incinération » 1.815.

Eau hygrométrique » 60.213.

Ce Kola donne donc une graine sans aucune valeur ni bromatologique ni thérapeutique. Si cette graine se mêlait à celle du Cola acuminala, il serait facile de la reconnaître: 1° à sa forme en écailles d'huitre; 2° à la nervation et au velu très accusé de ses cotylédons; 3° aux fortes dimensions de cette graine; 4° à l'absence de saveur amère qu'elle donne à la mastication.

Enfin, il existe encore au Gabon-Congo, un Kola {Cola gaboniensis Mast.) désigné par les M'Pongués sous le nom de Orindé. Le fruit (fig. 22) en est rouge à la maturité : la pulpe (|ni entoure les graines (fig. 23) est comestible, sucrée et un peu acidulée, c'est-à-dire rafraîchissante. Les indigènes seuls l'emploient et n'eu font du reste pas une grande consommation. Par contre, les mêmes indigènes disent que ce fruit est très recherché par les singes en général et le gorille en particulier ; aussi le désignent-ils sous le nom de fruit de Gorille. On trouve ce Cola non loin de Libreville, près de la plaine de Guégué, dans le petit bois qui sépare cette plaine de la mer et sur un sol très léger. C'est un arbuste : il atteint 2°i50 à 3°i de hauteur, ses feuilles ovales, aiguës et lancéolées (fig. 1) sont acides mais un peu moins que celles de l'oseille. La graine dépouillée de la pulpe qui l'entoure est grisâtre à maturité, petite, et revêt bien le caractère d'une graine de vrai Kola en miniature (sauf les dimensions et la couleur). A l'analyse, elle m'a donné une forte proportion de fécule mais pas la plus petite trace de caféine ni de théobromine. Le fruit est très remarquable par deux côtes saillantes qui se détachent du sommet de la gousse sur sa suture dorsale et régnent sur tout le bord pour se rejoindre et se fondre à

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îi sa partie inférieure (Fig. 4). — Nous reviendroQS sur tous ces points dans la description botanique de ce végétai, qu'il importe de reprendre en entier et que nous établirons : 1° sur des échantillons dans l'alcool venus de Libreville et que je dois à MM. Pierre et Autran, mes très zélés correspondants du Gabon- Congo, et sur l'examen du magnifique échantillon actuellement en lleur (|uo possède le muséum de Paris dans sa superbe collection de i)lantes exotiques en serres chaudes, qui fait si grand honneur à M. le professeur Cornu.

Avant d'aborder cette description nouvelle, il n'est pas inutile de rappeler ce qu'on a écrit sur ce végétal. Bâillon, dans VHerbk'rilti Gabon (Adansonia T., X, p. 165), s'exprime ainsi : » Le genre Cola, outre l'arbre à la noix de Cola, présente une » espèce curieuse qui est VOrindé rouge du Gabon, au dire de » M. Griffon du Bellay {n° il). M. Duparquet lui donne {n° 72) » le nom d'Eréré et qualifie son fruit d'alimentaire (1). C'est » cette espèce que M. Masters {Flora of trop, africa, I, 222) a » incomplètement décrite sous le nom de Cola gabonensis. Il » l'indique comme un arbuste buissonnant dont les jeunes rameaux » sont rougeâtres, dont les feuilles elliptiques acuminées, entières, » élargies à la base, glabres, subcoriaces ont des nervures » arquées et dont les (leurs nombreuses sont portées sur de » courts pédoncules axillaires. M. Griffon du Bellay a pris sur )) nature une description de l'Orindè rouge qui me paraît bien » la même plante ; il rapporte que les rameaux sont gris, » parsemés de larges taches verdâtres, avec écorce gaufrée, » marquée de nombreuses rugosités et d'impressions demi circu- » laires répondant à l'attache des feuilles. Celles-ci ne sont pas » toutes comme les décrit M. Masters d'après les échantillons » de Mann. Principalement vers l'extrémité des branches, il y » en a qui sont pourvues d'un à deux lobes latéraux, irréguliers, » ce qui leur donne quelque ressemblance avec celles du figuier » et rappelle d'ailleurs celles de plusieurs autres Colas.

« Les fleurs mâles que nous voyons sur l'échantilloQ du » L. Duparquet, sont solitaires. Leur calice est campanulé et

(I) Nous- venons ihî voir ci-Jessus dans quelle mesure il esl alimentaire par l'arille (le sa graine; nous voyons aussi par lanalyse de la graine qu'elle ne renferme d'uli lisable qu'un peu de fécule.

)) décrit par M. Masters comme quinquédenté, «^mais j'en vois » plusieurs qui sont seulement tridentés. Les dents sont trian- )) gulaires, conniveutes, valvaires. Les étamines sont incluses. » Leur colonne commune est grêle et porte supérieurement un » verticille d'une douzaine d'anthères à loges linéaires, aiguës, » au sommet, parfaitement verticales. Je n'ai pas vu les fleurs )) femelles, mais je connais les fruits non décrits jusqu'ici. Ils )) sont formés de 5 ou 6 ou d'un nombre moindre de follicules, )) verlicillés au sommet d'un épais pédoncule. Ils sont disposés, » dit M. Griffon du Bellay, comme ceux de VOmbéné du Gabon, )) mais ils sont quatre fois moins volumineux. Leur péricarpe )) est d'un beau rouge à l'état frais. Sec il est plus ou moins » rugueux et ridé (peut-être parce qu'il avait été cueilli un » peu avant sa maturité), irrégulièrement ovoïde, légèrement » acuminé à son sommet. Il n'a guère, en cet état, que 3 centim. » de long sur 2 de large et renferme une demi-douzaine de » graines, inégales, comprimées les unes par les autres, de )) façon que leur embryon est nummuliforme, à contour subor- » biculaire ou ellipsoïde. Les cotylédons sont blanchâtres, charnus )) et leur base entoure complètement la radicule très courte.

« Ce qui fait l'intérêt de cette espèce, c'est qu'elle représente » l'un des Orindé des Gabonais, c'est-à-dire un des a fruits )) générateurs » dont ils font si souvent usage et dont M. G. du )) Bellay fait mention dans son intéressant récit de voyage au )) Gabon publié dans le Tour du Monde. Si l'on s'en rapporte » à ce qu'en raconte M. Aubry-Leconte, il s'agit, en effet, d'un )) aphrodisiaque dont les effets surpassent tout ce qu'on peut » imaginer. Il y aurait trois Orindé (c'est-à-dire trois aphrodi- » siaques puissants en honneur chez ces peuplades) : 1° le » Cola Gabonensis (l); 2° un fruit encore indéterminé; 3° celui » d'une Apocynée nommée Orindé. »

(1) Puisque M. Bâillon relate ici ces propriétés, je crois devoir faire remarquer en passant que les graines du Cola acuminata et celles du C. Ballayi sont aussi réputées aphrodisiaques, et que quelques auteurs veulent attribuer ces propriétés à la caféine renfermée dans ces deux graines. Si le Cola gabonensis est vraiment aplirodisiaque, comme il ne contient pas trace décaféiné dans ses graines, il en résulte que cette propriété est indépendante de cet alcaloïde et qu'il faut la chercher ailleurs, comme nous l'avons fait pour le vrai Kola (v. chap. IV. Etude thérapeutique.

ÉDOUARD HECKEL

Voici maintenaut la description de Masters, nous la reproduisons en entier avec ses imperfections et ses lacunes :

Cola gabonensis Masl— Arbrisseau, à jeunes branches grôles, couvert de rameaux rous,'e.i\lres striés. Stipules linéaires, lancéolés, tomcnteux, de 0"'006 a 0'"0125

Fig. 39. — Cola gabonensis. Rameau à feuilles très atténuées à la^base.

de long Pétioles cylindriques, glabres, O^OSO à 0"100. Feuilles subcoriaces, ellip- Uques acu minées, entières, atténuées à la base, à une seule côte, glabres, a nervures araué^s Fleurs peu nombreuses, réunies dans un support court, axillaire de 0 ÎO 0125 de long. Boutons floraux, subglobuleux, velus. Calyce de la fleur

nu\lc, infundibulitorme, à 5 dents, divisions conniventes et deltoïdes. Colonne grêle, plus courte que le périantlie ; anthères 1-sdriées, bilobées, lobes parallèles, en un cercle au sommet de la colonne. FL. hermaphrodite : fruit non mûr composé de 4 petits carpelles oblongs, velus, ridés, ligneux, larges. Semences

Fig. 40. — Cola gabonensis. A, rameau fleuri; B, fleur mâle, coupée longitudinaiement ; C, fleur femelle, coupée longitudinalement.

Guinée supérieure. Gaboon (Rivière du Gabon) Mann ! Note. — Apparemment distincte de toutes les autres espèces, mais les matériaux sont encore très incomplets.

ÉDOUA.RD H ECKEL

Grâce aux échaatillons botaniques en boa état que je dois à feu Pierre, il m'est permis de donner une description complète de cette espèce et une série de figures nécessaires à cette description (fig. 39, 40 et 41):

Arbre buissonnanl de S"» '60 h 3 m. de hauteur, à jeunes branches grêles, couvert de rameaux rougeAtres, fouilles elliptiques, plus ou moins allongées, atténuées à la base plus ou moins fortement (la fig. 39 de la page 146 donne l'image d'un rameau ou les feuilles sont très excessivement atténuées à la base et cela d'une façon plus sensible que dans les feuilles reproduites fig. 40, où les touilles sont plus ovales et plus brusquement atténuées). Ces feuilles, dans tous les cas, sont glabres, subcoriaces et ù nervures arquées, en outre elles présentent toujours deux bourrelets, un au point où le limbe de la feuille s'atténue vers le pétiole et l'autre au point d'insertion du même pétiole sur le rameau. Enfin ces feuilles ont une saveur d'oseille très prononcée qui est bien caractéristique et qui permettrait à elle-seule de reconnaître l'espèce. Le pétiole est cylindrique, glabre, mesurant un peu plus do 1 cm. et en apparence articulé à ses deux extrémités limbairo et raméalc, en raison des doux bourrelets qui le terminent. Je n'ai jamais vu dans cette espèce de feuilles dimorphes et rappelant la forme de celles de figuier.

Les fleurs peu nombreuses sont portées sur de courts pédoncules qui sont axillaires ou exlraaxillaires (fig 40). Ces pédoncules sont le plus souvent uniflores, les lieu rs sont donc solitaires; quant aux boutons floraux ils sont velus et presque globuleux. Dans la fleur mille, comme dans la fleur femelle, le calice, de couleur jaune verdâtre, est urcéolé, tri, qmdri et môme rarement quinquédenté. Les dents sont courtes, triangulaires, connivenlcs et valvaires. Les étamines Incluses dans la fleur mâle sont portées, au nombre de fO à 12, au sommet d'une colonne grêle dont la hauteur égale un peu plus de la moitié de celle du calice. Les anthères, sont linéaires, aiguës au sommet et verticales (fig. 40 B).

La fleur femelle ou hermaphrodite (fig. 40 C), généralement un peu plus grande que la fleur mâle (flg. 40 B), est formée de qualre carpelles le plus souvent portés sur un support formé par un cercle d'anthères (e) sessiles, jaunâtres, au nombre de 10 à 12, linéaires ; les carpelles se terminent supérieurement par un style assez court {sty, fîg.40 C) que couronne un stygmate glanduleux (^stg) et assez développé, quadrilobé. Chaque loge ovarienne renferme 6 à 8 ovules. Le fruit à maturité est formé de 4 à G carpelles disjoints, verticillés au sommet d'un pédoncule épais. Chaque folUcule (fig. 41 A) de couleur rouge à maturité, se termine à sa partie supérieure par un rostre très accusé que forme le style persistant. A la base de ce bec, naissent sur la suture dorsale deux crêtes suturâtes séparées par une dépression très accusée et qui vont se réunir à la base même du fruit. Ce trait constitutif est caractéristique. Le fruit est petit et à surface très lisse : il mesure de 4 à 5 centim. de long au plus sur 2 à 3 d'épaisseur.

On trouve dans le fruit de 6 à 8 graines enveloppées par un arille succulent, blanchâtre et de nature fibreuse qui s'arrache dimcilement de la graine quand on veut enlever son spermoderme. Ces graines sont, suivant leur situation dans le fruit, de forme très tourmentée (fig. 41 B) et très diverse quand on les voit enveloppées de leur arille. Après dépouillement des enveloppes, on trouve un embryon sans endosperme, composé de deux cotylédons de couleur verdâtre (Og. 41 D et E) présentant outre leur ligne commissurale d'affrontement, au niveau delà radicule, une

fente (perpendiculaire à cette ligne) qui intéresse un tiers de la plus grande longueur des cotylédons épais et charnus. Ceux-ci mesurent 1 centim. 5 de long et 1/2 cenlim . d'épaisseur.

Ces graines, dépouillées de leur enveloppe, deviennent, après dessiccation, fort petites et sont faciles à reconnaître du Cola du Gabon (Cola Ballayi), en raison de leurs faibles dimensions et de leur couleur verdâtre (rappelant celle du grain de café desséché). Néanmoins, comme il pourrait se mêler à ce dernier, il était

Fig. 41. — Cola gabonsnsis. A, fruit entier; B, fruit ouvert; C, graine avec son arillc ; D et E, graines nues.

nécessaire de le connaître en détail, d'autant qu'il constitue une graine sans valeur aucune au point de vue thérapeutique. L'espèce botanique qui la fournit est intéressante au point de vue de la science pure ; à ce titre il importait d'en donner une description complète et définitive : c'est ce que j'ai essayé de faire.

Il eut été très intéressant, comme l'indique M. Bâillon [Herbier du Gabon Adansonia, T. X, p. 168) qui exprime dans ce travail le regret de n'avoir pu le faire, de soumettre à l'examen morphologique et chimique les diverses autres graines

EDOUARD HECKEL

touniies par le genre Cola et uolaniment les semences de C. heteropkylla Mast., C. fkifolia Mnsl. et C. Duparqucliana Baillou, qui existent dans notre colonie du Gabon-Congo, région parliculièrenieut bien dotée eu espèces appartenant à ce genre. Malgré mon instance auprès des botanistes de cette région, il ne m'a pas été jusqu'ici donné de pouvoir me procurer ces graines et je devrai non sans regret, laisser à d'autres plus heureux que moi, le soin de parfaire ce point important de mon étude, si je ne parviens pas, dans l'avenir, à me procurer en quantité sulFisante les matériaux indispensables à ces recherches.

Je ne puis clore ce chapitre sans relater deux autres Kolas que j'ai reçus l'un et l'autre du Gabon et que je n'ai pu rattacher à des espèces connues et déterminées. L'insuffisance des échantillons que j'ai eus de ces deux Kolas ne m'a pas permis d'en faire une^ description et de les classer.

Le premier m'a été adressé par M. Pierre, directeur du Jardin d'Essai de Libreville, sous le nom de Kola rouge du Gabon ou Ombéné altenatena des M'Pongués du Gabon. J'ai reçu des fruits et des graines. Ces fruits rappellent, par leur rostre, ceux du Cola Ballmji, mais les graines qui y sont contenues sont plus petites, chacun des deux cotylédons est divisé en plusieurs lobes (deux ou trois). L'enveloppe de la graine est carthacée et épaisse ; on trouve de 5 à 6 graines dans chaque fruit. J'inclinerais à penser que c'est une variété du Cola Ballayi.

Voici l'analyse de cette graine conservée dans l'alcool, telle qu'elle a été faite par M. Schlagdenhaufïen :

Analyse de la graine de Kola rouge du Gabon. {Ombéné-Atténaténa des M'pongués du Gabon).

Six graines conservées dans l'alcool depuis deux mois ont été désséchées à l'étuve à 105°. Dans ces six graines les plus grands diamètres variaient entre O-^Ol et 0^015 : leur poids était compris entre Ogr.75 et3gr.45.

Réduites en pulpe, encore humides, à l'aide de la râpe, elles ont été soumises à la dessiccation, puis traitées par les véhicules appropriés : chloroforme, alcool, eau. Chaque solution a été

évaporée séparément. Les extraits ont été dosés et examinés au point de vue de leur composition.

1. L'extrait chloroformique est verdàtreet renferme des cristaux aiguillés et soyeux. 11 est aisé d'y constater la présence de caféine, de chlorophylle et de trace de corps gras.

2. Dans l'extrait alcoolique, nous avons trouvé une matière colorante brune, du tannin, et une certaine proportion de phlobaphène.

3. L'extrait aqueux contient de la gomme, un peu de matière sucrée réduisant la liqueur de Bareswill et du tannin qui n'avait pas été dissous dans l'alcool.

4. La matière provenant des opérations précédentes desséchée de nouveau et soumise à l'action de l'acide chlorhydrique étendu et bouillant, traitée par la liqueur de Bareswill, a servi au dosage de l'amidon saccharifié pendant cette opération.

5. Une autre partie de la pulpe sèche, débarrassée de caféine, a été chauffée avec de la chaux sodée pour doser l'ammoniaque éliminée.

Cette expérience a servi au dosage de la matière protéique.

6. Une autre partie de la pulpe sèche, incinérée, a fourni le poids des cendres.

Tels sont les éléments qui nous ont servi à établir la composition de la graine.

10 gr. de pulpe provenant de graines fraîches, conservées dans l'alcool, nous ont fourni un résidu sec de 5gr.7870, dont 0 gr. 1527 de cendres.

Dans les 5gr. 6343 de matière organique sèche nous avons trouvé, d'après les opérations décrites précédemment :

Caféine 0,0135

Corps gras et chlorophylle . . . 0,0257

Tannin et phlobaphène ..... 0,1730

Traces de sucre, gomme et tannin. 0,1900

Mat. albuminoïdes 0,0365

Mat. amylacée 3,0175

EDOUARD HECKEL

En rapportant ces nombres à 100 on arrive à la composition suivante :

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