K. ROUGE
Jaune assez pâle
Orange faible
Jaune légèrement orange
Incolore
Incolore
Ces résultats négatifs que présentent les noix fraîches au contact de divers véhicules, après une macération de 24 heures, sont encore les mêmes quand on opère sur les noix sèches coupées en morceaux ou réduites en poudre.
L'emploi des acides seul permet d'établir une différence : avec l'acide acétique cristallisable, par exemple, le liquide devient jaune pâle avec le Ivola blanc et orange avec le Kola rouge.
Les deux teintes cependant ne sont pas sensiblement différentes. Mais lorsqu'on fait usage d'acide chlorhydrique ou d'acide sulfurique étendus on obtient des résultats beaucoup plus accentués. Ces derniers varient cependant avec le degré de concentration des acides, avec la durée de la macération ou la température à laquelle elle s'effectue.
19(1 ÉDOUARI) HECKKL
Si, par exemple, les acides dilués entre 1 et 2 '7- sont uns en contact avec les graines fraîches ou pulvérisées et sèches, à la température du bain-marie bouillant pendant une heure, les liquides de filtration présentent absolument la même teinte jaune. On ne peut donc, dans ce cas, dilïérencier les deux variétés. Le même insuccès se constate en prenant des solutions acides plus concentrées et en les chauiïant moins longtemps, mais quand on se place dans les conditions suivantes:
Noix de Kola O^r. ").
Eau 100"'-
Acide chlorhydrique. O"''. 5.
et qu'on laisse le mélange en macération pendant 23 à 30 heures, ou remarque que le liquide filtré au bout de ce temps est d'un rouge rosé parfaitement limpide quand on a opéré avec le Kola rouge et jaune clair avec le Kola blanc.
La solution acide rouge ne présente d'ailleurs pas de réaction spectroscopique comme nous l'avons vu antérieurement. Il en est de môme de celle qui constitue le liquide de macération des graines de Kola blanc.
Ces solutions se diiïérencient en outre par la teinte spéciale qu'elles affectent après saturation de quelques gouttes d'ammoniaque : la première devient violacée ; la seconde, jaune.
L'addition d'un sel ferrique ou cuivrique n'y produit pas de coloration spéciale.
11 s'ensuit que la matière colorante rouge contenue dans le Kola rouge, soluble, comme nous l'avons dit, dans les acides sulfurique et chlorhydrique étendus, constitue un caractère distinctif des deux variétés de graines.
Quoique cette différenciation ne soit pas d'un intérêt capital puisqu'elle ne porte que sur un élément secondaire (le principe colorant), on peut se demander s'il n'en existe pas d'autres d'une importance plus marquée.
2 — Nous avons constaté tout d'abord que, sur un lot de 90 graines de chaque espèce, celles de Kola blanc étaient généralement plus petites que les graines de Kola rouge ; de plus le poids des premières variait entre 4 gr. 10 et 4 gr. 05 tandis que celui des secondes atteignait 18 gr. 20 an maximum et n'était pas inférieur à 6 gr. 8.
LliS KOLAS AMUCAINS
Les graines fraîches de Kola rouge que uous avions à uoti-e disposition jjour établir nos premiers dosages étaient beaucoup plus volumineuses, puisque, ainsi que uous l'avons déjà dit, le plus grand nombre d'entre elles atteignaient 28 gr., riuelquesunes même 40 à 43 gr.
L'eau d'hydratation des graines blanches et rouges sur lesquelles nous venons d'opérer est variable ainsi qu'il résulte
des nombres ci-dessous :
KOLA BLA?<i: KOLA «OOGE
Total 0.(595 6.295
Perte d'eau. 3.6o0 4.010
Mat. sèche. :3.04o 2.88u
Ce qui donne pour 100 p. de graines fraîches :
Eau hygrométrique : 4^,632 o(i,679.
Mais ces résultats ne présentent qu'un intérêt tout à fait secondaire et nous ne devons pas y attacher- plus d'importance qu'à ceux fournis antérieurement.
3. — Notre attention devrait donc se porter surtout sur la quantité de caféine contenue dans les deux espèces de graines par la raison que la plupart des indigènes qui font usage du Kola prétendent que les graines blanches sont plus actives et produisent un effet physiologique plus accentué que les rouges et les l'oses. Ces dernières sont les seules connues au Dahomey.
La solution du problème se réduisait donc à une extraction méthodique de l'alcaloïde, c'est-à dire à un épuisement préalable par le chloroforme pour enlever la partie contenue dans la graine à l'état libre et à un traitement ultérieur, par l'eau aiguisée d'acide cidorhydrique, pour opérer le dédoublement de la Kolanine.
Les opérations ont porté sur 10 gr. de matière, préalablement desséchée et réduite en poudre fine. On a opéré l'extraction au chloroforme, comme d'habitude, dans un appareil à déplacement continu pendant trois heures. Au bout de ce temps le liquide a été enlevé du ballon puis évaporé au bain-marie. On a redissous dans l'eau pour enlever la matière grasse et la solution aqueuse a été évaporée de nouveau à siccité. Le poids de caféine pure provenant des graines de Kola rouge a été = 0.38o/û. » » » » » n » » blanc » = 0.40o/o.
KDOUARD HECliEL
Nous ferons remarquer que ces quautités sont beaucoup plus faibles que celles fournies par nos premières analyses
(Mémoire de 1883).
L'épuisement au chloroforme étant terminé, nous avous desséché la poudre et mis en digestion avec de l'eau aiguisée d'acide chlorhydrique à 2 »/„ dans une étuve à 35" pendant 12 heures. Le liquide a été filtré et lavé. Les eaux de lavage 600«S réunies à celles du premier filtratum (200cq) ont été évaporées jusqu'à un volume de lOOcc. puis additionnées de chaux pure préalablenent éteinte. Le magma calcaire parfaitement sec a été pulvérisé puis épuisé dans l'appareil par le chloroforme pendant deux heures. On a obtenu de cette façon
Ugr. 820 (Je caféine pure provenaiil. du Kola rouge. Ofîr. 880 » » » "
Ces quautités de caféine provenant du dédoublement de la Kolanine sont donc plus de deux fois supérieures à celles qui existent dans la graine à l'état libre. Nous trouvons donc comme poids total d'alcaloïde :
KOLA HOUtilC KOLA BLANC
Alcaloïde libre. . . 0.380 0-40 Alcaloïde combiné . . 0.820 (^-^^^
Il importe de rapprocher ces derniers résultats de ceux obtenus précédemment : 2.348 (alcaloïde libre) et 3.778 (alcaloïde libre et combiné).
Or, si le nombre 1 gr. 20 trouvé dans cette analyse comme représentant l'ensemble de l'alcaloïde libre et combiné de la noix de Kola rouge n'est que le 1/3 environ de celui indiqué plus haut, nous ne pouvons expliquer cette différence en moins qu'en admettant que les graines sur lesquelles nous avons opéré en dernier lieu, se trouvaient dans un état de maturité beaucoup plus avancé que les premières. Ce fait s'accorderait d'ailleurs avec cet autre que nous venons de signaler en commençant, c'est-à-dire avec la différence de dimension des graines dans les deux opérations.
En comparant les deux espèces de graines, au point de vue de leur richesse en caféine, nous constatons que, si 100 repré-
sente le poids de la graine la plus chargée (celle de Kola blanc), 93.383 correspondra à la teneur eu alcaloïde du Kola rouge ou en d'autres ternies que ce dernier renferme 6.615 "/» caféine en moins que la graine de Kola blanc.
Nous voyons donc, en résumé, que le Kola blanc renferme un peu plus de caféine libre que le Kola rouge dans le rapport de 40 à 38, soit 5 "/» en plus. En outre, il y en a un peu plus aussi à l'état combiné sous forme de Kolanine, et cela dans le rapport de 885 à 820, soit 7.343 "/„.
Il résulte enfin de la comparaison de la somme des quantités d'alcaloïde libre et combiné, que la graine de Kola blanc renferme, comme nous venons de le voir, 6.615 % de caféine de plus que celle du Kola rouge. Nous verrons ultérieurement la valeur du Kola rose.
Ces résultats analytiques confirment absolument l'opinion des nègres de la côte occidentale d'Afrique, qui accordent à la graine blanche de Kola une action excitante beaucoup plus accentuée que celle de couleur rouge.
Il nous reste encore à étudier diverses parties de la plante : les feuilles, la partie corticale et libérienne des rameaux, et enfin le péricarpe, principalement en vue de la recherche de l'alcaloïde.