‹ Les kolas africainsChapitre 28 sur 49 · VIII. — FEUILLES · texte numérisé non relu

VIII. — FEUILLES

I. — 5 grammes de feuilles sont traités par de l'eau aiguisée d'acide chlorhydrique. La solution filtrée est évaporée à consistance d'extrait. Ce dernier est repris par l'alcool qui laisse à l'état insoluble une quantité de matières salines et goinmeuses. La solution

(1) Il convient de rapprocher de iiol.i e ét.ude, celles qui ont été faites sur les feuilles de Caféier (Schweizer. Wochenschrifl. fur Pharmacie, 20 Janv. 1893, p. 24) : « Les feuilles de Caféier n'ont été employées jusqu'à présent que dans une mesure restreinte. D'après Sowerby, ou peut estimer à 2 millions le nombre des consommateurs de feuilles de Caféier, tandis que celui des buveurs de café s'élève à 110 millions et celui des buveurs de thé à iiOO millions. Il est à remarquer que les feuilles de Caféier contiennent 1,26 poui- 100 de caféine et les graines 1 pour 100 seulement. En outre l'infusion des feuilles possède un arôme des plus agréable qui tient le milieu entre celui du thé et du café et rappelle beaucoup celui de la Kola. » D'autre part, il faut citer en entier Nature des principes conlemis dans les feuilles de Caféier, par M. Higout, ancien interne des Hôpitaux, pharmacien de l" classe à Vincennes {Revue Horl/icole de Paris, année 1887, p. 474) :

lîDOUARD IIKCKEL

alcoolique évaporée à sou tour l'ouruit un extrait qui est repris par l'eau. Cette solution légèrement acide ne précipite ni parles iodures doul)les,ui par l'acide picrique et le phosphoniolybdate de sodium. La solution évaporée à siccité ne présente pas traces de cristaux aiguillés.

Additionné d'un peu d'eau de chlore, ce liquide aqueux soumis àl'évaporation au bain-marie, ne prend pas une teinte rose, ni rouge, ni violacée au contact de l'ammoniaque.

Il résulte donc de ces réactions qu'il n'est pas possible de déceler la présence de la caféine dans 5 grammes de feuilles au moyen d'un traitement à l'eau acidulée.

II. — Nous pulvérisons 5 grammes de feuilles et nous les épuisons dans un appareil à déplacement continu, à chaud, par le chloroforme. Le liquide du ballon renferme beaucoup de chlorophylle et de la cire. L'extrait obtenu par évaporatiou du dissolvant pèse 0,685. — Soumis à l'eau bouillante cet extrait ne cède pas la moindre trace de principe cristallin.

... (( La caféine, principe aclif du Café el du Tlio, e.viste, ainsi qu'on le sait, en )) plus grande quautilé dans les semences du Caféier que dans les feuilles de la » môme plante. Il n'en est pas de môme pour les feuilles de Thé, qui sont, au » contraire, plus riches en caféine que les autres parties de ce précieux végétal ;' les » feuilles de Thé sont même plus riches en caféine que les graines du café.

Voici du reste les données résultant de nombreux dosages : Thé (feuilles) 2 de caféine pour 100. Café (semences) 1 )> » 100.

)i Les ouvrages de chimie indiquent bien la présence de la caféine dans les » feuilles du caféier, mais non pas la proportion centésimale. » Il m'a donc paru intéressant de faire ce dosage. Voici les résultats auxquels je » suis arrivé :

Poids des feuilles fraîches de café traitées 22 gr.

Poids de caféine obtenu 0 gr. 04

)) Ce qui donne 0 gr. 18 de caféine pour 100 gr. de feuilles.

» Pour eilectuer ce dosage j'ai mis les feuilles à macérer dans de la benzine ,1 pure pendant vingt jours, puis j'ai fait évaporer à une douce clialeur, jusqu'à )) siccité, ensuite j'ai repris par l'eau distillée bouillante, pour séparer les matières n grasses ; alors l'eau qui était légèrement colorée en jaune, a été évaporée à son » tour presque complètement, puis le résidu, repris par une nouvelle quantité » d'eau bouillante, a été décoloré par le charbon animal lavé àl'acide chlorhydrique, ,) puis on a fait évaporer à nouveau, et quand il ne resta plus que quelques grammes » du liquide, on les plaga sur un verre de montre, qu'on porta dans une étuve à » 50° environ. C'est alors que l'on obtint des petits cristaux de caféine encore un » peu souillés par de la matière colorante, mais suffisamment purs. »

Comme on le voit, l'accord n'est pas fait sur la richesse des feuilles de café en caféine, mais cette base y existe, c'est le fait important.

LES KOLAS AFniCAINS

Le produit d'évaporation du liquide aqueux, traité par le clilore et évaporé à nouveau, ne se colore pas eu rouge.

Même réaction négative quand on traite par le brome. Donc ici, comme dans l'expérience précédente, on ne peut pas déceler la présence de la caféine dans les feuilles.

Ces résultats obtenus sur 5 gr. de feuilles de vrai Kola nous ayant paru en opposition avec ceux qui ont été publiés par M. Rigout, pharmacien à Vincennes, sur les feuilles de caféier (Co/f'ea arabica L.) où cet auteur a décelé la présence de G gr. 18 de caféine 0/0 (1), nous avons jugé utile de reprendre cette étude des feuilles de Kola sur une plus grande quantité de matière. Voici le détail de cette recherche :

En soumettant un kilo de feuilles pulvérisées à l'action de l'éther de pétrole dans un appareil à déplacement continu, on obtient H gr. 32 d'un extrait qui contient un peu de chloi-ophylle, des corps gras mais pas de caféine. Epuisées ultérieurement par le chloroforme, les feuilles cèdent à ce véhicule la totalité de leur chlorophylle et le reste des corps gras. L'extrait du poids de 9 gr. 36 ne contient pas de caféine.

Une troisième opération faite dans le même appareil avec de l'alcool donne également un résultat négatif au point de vue de la présence de l'alcaloïde.

Une partie de l'extraction alcoolique est évaporée jusqu'à siccité. Le résidu est repris par l'eau et mélangé avec de la chaux en excès. Le magma calcaire est épuisé par le chloroforme bouillant. Le produit de l'évaporation ne présente pas la moindre réaction de la caféine.

Il résulte évidemment de ces divers essais qbe, contrairement à ce que l'on pouvait admettre à priori, les feuilles de Kola' ne renferment pas d'alcaloïde et le fait paraîtra d'autant plus surprenant, que, comme nous allons le voir, les fruits en renferment une quantité très appréciable.

Page 1