AURAIT DANS CE SENS DES RECHERCHES INTÉRESSANTES A FAIRE
(1) J'avais appelé Tattenlioa sur le rouge de Kola, en dehors de mes discussions avec M G Sée à l'Académie de Médecine de Paris (Séances des 8 et 22 avril 1890), notamment dans les deux mémoires suivants passés inaperçus: VSur l action
■ du Kola à propos des effets de la caféine (Bulletin général de^ thérapeutique 30 avril 1890) • 2° Expériences comparatives concernant l action du Kola et ae la caféine sur la fatigue et Vessoufll,emenl déterminés par les grandes marches (Marseille médical, 1890).
(2) M G Sée n'avait pas craint de dire en pleine Académie de Médecine. {Bull, de l-Acad. de Méd., p. 416.-1891) « Jusqu'en ces derniers temps M. Tleckel déclarait nue l'action des noix de Kola était due uniquementa la présence dans cette substance, delà théobromine et de la caféine; or, le voici ^m,d'apres ses idées nouvelle., nrétend que ses propriétés sont dues au rouge de Kola » Mes idées étaient si peu Cvelles sur ce%o'int que j'écrivais, en 1885, dans l'article Kola du Dictionnaire Encvclopédique des Sciences médicales de Dechambre,la phrase suivante : ]e veux la citer en enurpour la complète édiûcation de M. G. Sée : « Le rouge de Kola est sans fdoute un produit plus complexe que son nom ne semble l'indiquer, car il a une
act^n spéciale cSmme e.xcilant du système musculaire. 11 conviendrait de rexaminer à nouveau. N'est-ce pas dans le rouge de Quinquina qu'on a trouve » le plus d'alcaloïdes? » Voilà qui est précis.
Eu l'état des couuaissauces chimiques de l'époque, on ne pouvait être plus explicite et j'ai la satisfaction de pouvoir dire aujourd'hui que, comme on va le voir, mes prévisions se sont pleinement justifiées. Elles étaient du reste aisées à étahlir sur les multiples expériences de marche que j'avais longuement instituées, et il est toujours facile de faire prévaloir son autorité sur les sujets que l'on connaît bien et qu'on a sérieusement étudiés. Mon imprudent contradicteur a méconnu cette grande vérité.
Mon appel à de nouvelles recherches physiologiques fut entendu, et, dès 1891, au Congrès de l'association scientifique française pour l'avancement des Sciences à Marseille, M. le professeur Dubois, l'éminent physiologiste de la Faculté des Sciences de Lyon, publiait les résultats sommaires de ses recherches, faites à ma demande, sur le Rouge de Kola. Il avait expérimenté sur ce corps préparé par M. Schlagdenhaufïen (de Nancy), et, par l'étude de quelques tracés comparatifs qu'il obtint à l'aide de l'ergographe de Mosso, il avait pu entrevoir l'influence du Kola, du rouge de Kola et de la caféine sur la contractilité musculaire. Ses conclusions établissaient nettement que le rouge de Kola agit, aux doses contenues dans le Kola, comme le Kola lui-même et d'une façon bien supérieure à la caféine. Ces premiers résultats devaient, peu après, prendre un corps définitif dans un travail de longue haleine inspiré par le professeur Dubois à un de ses élèves, M. le D"" Marie, médecin stagiaire au Val-de-Grâce. Nous y reviendrons bientôt en détail.
Entre temps, et durant cette même année 1891, paraissait une étude d'apparence physiologique due au D'' P. Rodet, et intitulée : De l'action comparée du Kola et de la caféine (1). Il est impossible de lire ce travail sans être frappé du vice fondamental qui en fausse les principales déductions expérimentales (2). Dans son étude com-
(1) Ce travail a été reproduit, en ses conclusions, dans le Bulletin de la Société de Médecine pratique et édité in extenso par la Société d'Éditions scientifiques, 4, rue Ant.-Dubois, à Paris. Ces conclusions ont également paru dans le Bulletin général de thérapeutique, page 306, 39° livraison, 23 octobre 1891.
(2) Voici comment s'exprime sur ce travail M. le D' Marie dans sa thèse inaugurale sur l'action expérimentale comparée du rouge de Kola, de la caféine et de la poudre de Kola sur la contraction musculaire (Lyon, Imprimerie Léon Delaroche, 1892) « Cependant, au commencement de l'année dernière, paraissait encore un » mémoire du D'' P. Rodet (nous l'avons signalé plus haut dans la partie histori- » que) dans lequel l'auteur assimile entièrement l'action du Kola à celle de la caféine. » Mais ce travail est vicié d'un bout à l'autre dans ses conclusions par la méthode
parée, l'auteur, quoique uniquement préoccupé (ce qui s'explique très bien par la direction spéciale des travaux antérieurs et l'état,
Tracés du professeur Dubois (de Lyon). Voir le texte page 251. A. — Tracé obtenu par l'ingestion de rouge de lîola (^Kolnine) 1 gr. 32. ]3 d» de poudre de Kola 0 gr. 50.