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LES ORGANES GÉNITAUX

7" Que le bataillon expérimentateur a fourni un nombre de malades sensiblement moindre que les deux autres; aucun cas de diarrhée, de vomissement ou d'indigestion imputable au produit n'a été constaté dans ce bataillon.

Signé : D' DUVAU.

Rapport du Forgues, médecin-major de 1" classe, au 63e régiment d'Infanterie, concernant les expériences faites dans ce régiment à l'occasion des grandes manoeuvres de Septembre 1886, sur le produit alimentaire du professeur Heckel (Ordre ministériel).

CONCLUSIONS

Limoges, le 30 septembre 1886.

1" Le chocolat est agréable au goût, et les hommes, sauf quelques rares exceptions, le prennent très facilement.

2° La valeur nutritive du chocolat est incontestable et nous estimqns qu'on peut, sans inconvénient, le substituer à la ration normale du soldat. Pendant combien de temps? Le produit n'a été expérimenté que pendant quatre jours : les 9, H, 13 et 16 septembre, au bataillon.

3" L'excitation musculaire n'a été avoué que par un petit nombre d'hommes, et le bataillon n'était pas dans de bonnes conditions pour mettre en évidence l'action stimulante du produit sur le système locomoteur. En effet, l'accélération et la continuité de la marche n'auraient pu se manifester puisque le bataillon, étant encadré dans le régiment, était obligé de régler le pas sur les bataillons témoins (1).

(1) M. le docteur Forgues déclare toutefois, dans le corps de son rapport, que quelques faits isolés mettent en évidence l'action sUmulante à la marche. « Ainsi, » nous avons vu, dit-il, que la garde de police avait fait le kilomètre en 9 et 10 » minutes ; qu'après la marclie du 9, le bataillon d'expérience paraissait moins » fatigué que les |ja taillons témoins; que pendant les manœuvres des deux premières » journées, deux hommes seulement avaient été autorisés à mettre le sac dans la » voiture; que pour quelques sous-oniciers et olîiciers l'excitation musculaire n'est » pas douteuse, etc.. »

40 Abstraction faite de quelques individualités qui ne tolèrent pas le chocolat ordinaire, son ingestion n'a aucune influence sérieuse sur la santé des hommes. Nous avons vu, en effet, que des trois bataillons, c'est le 4^^ (bataillon expérimenté) qui a eu le moins d'évacuations sur les hôpitaux.

Signé : FORGUES.

Rapport du Lapeyre, médecin aide-major de 1" classe au 108e régiment d'infanterie, concernant les expériences faites dans ce régiment à l'occasion des grandes manœuvres d'automne (septembre 1886) sur les rations accélératrices condensées du docteur Heckel (Ordre ministériel).

CONCLUSIONS

Bergerac, le 29 septembre 1886.

De ces observations, on peut conclure : 1° Que le produit Heckel est agréable au goût et facilement acceptable par un certain nombre de soldats ;

2° Qu'il est nettement stimulant et produit l'entrain pendant la marche ;

3° Qu'on ne saurait l'accuser de déterminer de véritables accidents gastriques, tels que : douleurs d'estomac, nausées, vomissements et diarrhée.

Signé : D'' LAPEYRE.

Expériences personnelles sur les rations condensées accélératrices du Dr Heckel, faites par l'adjudant Cassan, du 63'" régiment d'infanterie, en garnison à Limoges.

Limoges, le 17 septembre 1886.

CASSAN, Alfred.

Poids avant les expériences, 99 kilos.

— après — 100 —

Tempérament bilieux sanguin, 15 ans de service, 33 ans d'âge. Expériences faites du 1" au 22 août 1886 (1).

(1) Ces expériences faites sponlanémcnl par M. Cassan, avec une intelligence remarquaiîle et une mélliode irréprocliable, m'ont paru devoir être relatées ici en détail, pour pouvoir servir de modèle et de guide aux expérimentateurs qui auraient le désir d'en contrôler les résultats fort concluants.

ÉDOUAniJ HIîCKliL

1° Au camp d'Hyvernaud (Tirs de combat). — Après avoir déjeuné le matin à 8 h. comme d'habitude, j'assiste à la manœuvre de compagnie isolée, 8 kilomètres environ sont parcourus. Température, 19". Rentrée au camp à 11 heures.

A 2 heures soir, absorption de 2 barres en soupe avec du pain de munition.

A 2 11. 20, départ pour Eymoutiers. A 4 h. 15, ariivée à Eymoutiers. Température, 13 à 16". Kilomètres parcourus, 15.

Repos de 30 minutes : une barre à la main et 80 grammes de pain, plus un verre de vin et d'eau sont consommés.

A 6 h. 55 du soir, retour au camp après avoir bu en passant à Beaumont, c'est-à-dire 3 km. avant d'arriver, un verre de sirop et eau. Soit 30 km. parcourus en 4 heures de marche (pause déduite), après l'exercice du matin, en consommant 3 barres de produit Heckel, 4 verres de liquide et environ 1/2 ration de pain (375 gr.). Vitesse moyenne, 7500 mètres à l'heure de 60 minutes.

Le repos qui a suivi cette marche a duré, avec une seule interruption, de 9 heures du soir (après avoir rendu l'appel) jusqu'à 5 heures.

2° A Limoges. — Marche de Limoges à Eymoutiers (44 km.). Vitesse moyenne, 6500 mètres à l'heure, pauses comprises. Régime mixte tel que l'indiquent les instructions du Heckel.

Retour par le chemin de fer. Au dîner appétit normal, sommeil tranquille .

3'^ Marche de Saint-Léonard à Limoges (24 km.), après avoir été de Limoges à Saint-Léonard en chemin de fer.

Absorption de deux barres en soupe à 8 heures du matin et départ.

Repos de 30 minutes près de Panazol, où je consomme une barre.

Arrivée à Limoges à 1 heure du soir ; repos d'une heure pendant lequel je consomme 2 barres en soupe.

Départ pour Aixe à 2 heures ; repos 30 minutes près du passage à niveau à Aixe où je mange 1 barre à la main. Rentrée à Limoges à 6 h. 1/2 du soir. Kilomètres parcourus, 26. Température, 10 à 12". Soit au total, 50 km. parcourus de 8 h. du matin à 6 h. 1/2 du soir, repos compris de 2 h. 30 m. de durée. Vitesse moyenne, 5.882 mètres à l'heure de 60 minutes.

LES KOLAS AFUICAINS

Consommation totale, 6 barres (Kola 18 gr.), plus deux litres de liquide.

Repas du soir, peu d'appétit. Sommeil très tranquille, travail de bureau le lendemain.

Marche de Limoges à Saint-Junlen et retour, 64 km. Départ à 4 h. 30 m. du matin ; repos de U h. 1/2 à 2 heures.

8 barres consommées ; rentrée à Limoges à 6 h. 43, d'où vitesse moyenne, 5.333 mètres à l'heure de 60 minutes. Le soir, fatigue, peu d'appétit, sommeil léger. Le lendemain matin cependant, bien qu'avec un peu de raideur dans les jointures, je suis dispos, bon appétit.

Ces divers essais ont eu lieu à des jours différents et interrompus par des repos ; ils n'empêchaient nullement l'expérimentateur d'aller à son service le lendemain matin et d'y vaquer sans effort.

En dehors de ces expériences, le régime mixte a été suivi quatre ou cinq fois (les jours de manœuvre au champ de manœuvre de cavalerie), et, bien que la fatigue ne correspondit pas à celle qu'occasionne une marche de 40 km., l'appétit et le sommeil ne se ressentaient en rien de l'absorption de 4 tablettes de produit. Je conclus :

1° Que les rations condensées accélératrices du D' Heckel ont un goût agréable ;

2° Que deux barres mangées en soupe et deux barres à la main, ces deux dernières à 1 h. 1/2 d'intervalle au moins, suffisent avec une demi-ration de pain à la nourriture de la demi-journée, la marche à faire ne dépassant pas 40 km. (Kola 12 gr.) ;

3° Que la même ration peut être prise à partir de midi dans les mêmes conditions, et que le repos de la nuit après la marche n'est pas troublé ;

4° Que le système digestif ne ressent absolument aucun dérangement ;

5° Que les organes génitaux ne sont en rien affectés ;

6° Que la soif provoquée par la chaleur et la marche est, tout à fait la môme qu'avec la nourriture ordinaire ;

7° La découverte de M. le D"" Heckel me parait précieuse et appelée à rendre de grands services en cas de guerre, là où le gain de la bataille dépend de la rapidité des marches.

EDOUARD HECKIîL

Suite des expériences personnelles de M. l'adjudant Cassan, du 68"= Régiment d'Infanterie, à Limoges.

Limoges, le 28 octobre 18BG.

Monsieur,

J'ai riionneur de vous faire connaître qu'une fois de plus, j'ai pu, grâce à vos Rations condensées accéléralrices sous forme de Gliocolat, faire, sans trop de fatigue, une longue ma relie le vendredi 22 octobre 1886, et cela devant témoins.

La veille, le jeudi 21 octobre, dans la journée, travail habituel de bureau ; le soir, réception d'un collègue s'en allant en permission, jeu et absorption de liquides divers jusqu'à 3 heures moins un quart du matin.

Le vendredi, j'ai quitté mes collègues à 2 h. 45, suis allé me laver, me raser, ai fait bouillir et ai absorbé deux barres de Chocolat, et, à 4 heures moins vingt, je me mettais en route pour Thiviers, où j'arrivais à 6 heures moins vingt du soir: 70 kil. 600 ont donc été parcourus en quatorze heures, mais j'ai eu deux heures de pause à déduire, ce qui fait douze heures de marche à 5 kil. 883 de moyenne à l'heure.

Itinéraire suivi sous les yeux des témoius : Le Vigeii, Saint- Maurice, La Plaine, Nexon, Les Cars, Chahs, Firbeix, La Coquille, Thiviers.

Ainsi, grâce à quatre barres du produit dont vous êtes l'inventeur, j'ai pu. après une nuit de veille et de boisson, faire encore une très longue route, presque sans fatigue ; ce que je n'aurais certainement jamais pu réaliser avec l'alimentation normale.

Ce qui prouve le peu de fatigue que j'éprouvais, c'est que, à Thiviers, après l'apéritif, je dînai comme à l'ordinaire, j'écoutai la répétition de la musique de la ville et en repartis à minuit et demi. A 3 heures du matin, je rentrais chez moi.

Le samedi, j'étais au bureau aussi frais et aussi dispos que si rien ne s'était passé.

Pour faire cette expérience, dont plusieurs de mes camarades étaient témoins, je n'ai demandé que la permission de la journée ; mais néanmoins j'y suis allé en tenue militaire, capote roulée, sacoche, etc. Les témoius abondent et pourront, au besoin, vous fournir des renseignements complémentaires.

Veuillez agréer, etc.

Signé : CASSAN.

LES KOLAS AFHICAINS

Résumé du Rapport du D' Oberlin, médecin-major de 1" classe au 69' d'Infanterie, au sujet des expériences faites dans ce Régiment sur les Rations condensées accélér^itrices du Heckel, durant les grandes Manœuvres de Septembre 1887 (VI° Corps d'armée).

CONCLUSIONS

1° Je ne peux tirer d'autre conclusion des expériences du premier ordre, si ce n'est qu'elles confirment d'une manière générale celles da Rapport présenté par la Commission supérieure nommée en vertu d'une décision ministérielle à Marseille (1). Je n'ai pas poussé plus loin ces expériences, parce qu'il me semble que, dans les conditions où je me trouvais, il n'était pas possible d'arriver à des résultats plus rigoureux.

2° Il n'en est pas de même des expériences du deuxième ordre, dont les résultats me paraissent plus importants. Sans doute, ces expériences n'ont pas été faites uniquement sur des marcheurs, mais les sujets choisis étaient au moins à même de bien rendre compte des phénomèmes éprouvés et étaient soumis à une certaine somme de fatigue: ce qui me paraît être le point important.

De plus, dans ces expériences, j'ai essayé une innovation. J'ai supprimé tout autre aliment que le Chocolat, et si j'ai permis l'alimentation du soir, c'est uniquement par crainte de provoquer l'insomnie par ce jeûne vespéral.

En résumé, les Rations accélératrices du Heckel m'ont paru capables, a elles seules, et a la dose D'ENvmoN 167 grammes de soutenir, pendant toute une journée, les forces d'un homme marchant oit fatiguant. J'ai donc la conviction que ce produit est appelé a rendre des services considérables en campagne.

Nancy, le 3 octobre 1887.

Signé: D' OBERLIN.

(1) II s'agit de l'expérience si importante rapportée par le colonel Bonnet (p. 289).

ÉDOUAHI) IlECKEL

Lettre de M. Aybram, médecin auxiliaire au 7' bataillon de Chasseurs, concernant l'emploi des Rations Heckel pendant les Manœuvres alpines en 1887.

Pont-de-Clans (Alpes-Mariliines), le 8 aonl. 1887.

Monsieur,

J'ai reçu la Ration que vous m'avez gracieusement envoyée sur ma demande ; elle est justement arrivée la veille d'une marche de viugt-quatre heures. Ce premier essai m'a donné d'excellents résultats. Notre marche a été très longue : du 30 au 31 juillet, nous avons parcouru plus de 90 kilomètres. J'ai très bien marché tout le temps, sans fatigue, et, à la fin de la marche, j'avais seulement sommeil: c'est naturel, puisqu'on avait passé toute la nuit soit à manœuvrer, soit à marcher.

Permettez-moi, en terminant, de vous remercier de l'amabilité que vous avez mise à m'envoyer gracieusement une Ration et de vous féliciter en môme temps, d'avoir créé un produit certainement et sûrement destiné à rendre de grands services.

Signé : AYBRAM .

XIV= Coi-ps d'Armée. — Place de Lyon. — 157' Régiment d'Infanterie.

Rapport sur l'action des rations accélératrices Heckel ,"fonnc bismitsj, par leD'Chopart, médecin-major au 157"" régiment d'infanterie.

CONCLUSIONS

Lyon, le 5 mai 1888.

Etant donnée la consommation, à laquelle je me suis livré, de ces biscuits pendant six jours dont quatre consécutifs, et l'expérience que nous en avons faite sur un peloton de 17 hommes de bonne volonté, comprenant 8 malingres commandés par un sous-officier, 4 autres sous-officiers, l'infirmier et le médecinmajor, en tout 23 personnes (les marches comportant une moyenne de 27 kilomètres), nous tenons pour acquit les points suivants :

LKS KOLAS AFRICAINS

1° Le biscuit est accepté par la troupe avec beaucoup déplaisir; 2» il ne développe pas la soif; 3" il fait disparaître la fatigue produite par les premières heures démarche; 4° il diminue le besoin du sommeil à la dose de 2 biscuits; à la dose de 3 biscuits, pris dans la journée et la soirée, il le supprime presque toujours, et cela sans fatigue consécutive ; 5° son action sur le sommeil est en raison inverse de la somme d'efforts musculaires produits; 6° c'est. un véritable aliment; 7" ce biscuit ne congestionne pas le système génital ; 8" il devra être consommé dans trois cas : .4 par les hommes ayant une marche à fournir après une première étape. Il serait alors consommé de 2 heures en 2 heures, sans dépasser la dose de 4 biscuits ; — B le soir d'une marche pénible ou d'un combat, par les hommes de grand-garde, à 6, 8 et 10 heures du soir, sans dépasser la dose de 3 biscuits; — C en cas de non distribution de la ration quotidienne, pour une cause quelconque, en attendant l'arrivée dés convois régimentaires, à la dose totale de 4 biscuits qui seraient consommés à l'heure normale du repas, autant que possible 6 heures avant le moment du sommeil.

Il est évident que, comme M. Heckel lui-môme, nous ne recommandons cet aliment que comme une ratioyi de fortune.

Mais nous considérons comme un progrès immense que l'on ait enfin cherché et trouvé, comme aliment d'aventure, un produit non seulement excitant mais nutritif, et surtout autre chose que ces consommés plus ou moins inutiles ou toxiques dans l'obtention desquels s'étaient, jusqu'à ces derniers temps, cantonnées les recherches de tant d'industriels.

Signé : CHOPART.

77= régiment d'infanterie, à Chollet (Maine-et-Loire).

Rapport du capitaine J. Rôdel, — Expérience faite avec les rations accélératrices (forme biscuil) du docteur Heckel, pendant une marche militaire, le 1" juin 1888.

L'expérience a été faite sur une demi-section désignée par le tirage an sort dans le peloton d'instruction.

Composition : un sergent, deux caporaux, quinze hommes. Lon-

ÉDOUAnD HECKEL

gueur de la marche à effectuer : 24 kilomètres. Tablettes dont on pouvait disposer : deux par homme. — Dispositions prises : à 4 heures 1/4 du matin, la demi-section prend un quart de café avec une tablette de biscuit; départ à 4 heures 1/2, les hommes en tenue de campagne ont le sac chargé réglementairement; lem- bidon est rempli d'une tisane de réglisse distribuée la veille. Il est recommandé au départ de faire autant que possible S kilomètres à l'heure, le repos de dix minutes compris. Cette vitesse est dépassée pendant toute la route, le kilomètre est fait en 9 minutes 1/2. Au troisième repos, soit au quinzième kilomètre environ, le deuxième biscuit est distribué et mangé pendant un repos de 20 minutes, trempé dans la tisane de réglisse emportée; la marche est reprise de nouveau jusqu'à la caserne où la demi-section arrive à 9 h. 20 m.

Observations. — La marche est faite avec beaucoup d'entrain, les hommes déclarent trouver très bonnes les tablettes de biscuit trempées dans du café ou môme dans la tisane de réglisse. Quelques hommes prétendent trouver leur sac moins lourd que dans les marches ordinaires, et marcher plus facilement. A l'arrivée, la moitié environ assure être moins fatiguée que dans les marches habituelles, l'autre moitié ne voit pas de différence; un seul homme est très fatigué et indisposé : cet homme a des antécédents maladifs.

A 10 heures, soit 40 minutes environ après la rentrée dans la caserne, la demi-section est réunie dans une salle et reçoit le repas habituel. Les trois quarts des hommes mangent de moins bon appétit que de coutume et ne finissent pas leur gamelle : cette inappétence n'est pas le résultat de la fatigue, mais celui du manque de besoin.

Le dernier quart mange de bon appétit; un seul homme ne mange pas (celui qui est indisposé). Le reste de la journée, le tableau de service du peloton d'instruction est appliqué à la demisection qui a pris part à la marche. De midi à 1 heure, étude ; de 1 heure à 2, récitation; de 2 heures à 3, théorie pratique; de 3 heures à 4, gymnase. La demi-section exécute tous ces travaux aussi bien que si elle n'avait pas fait le matin une marche de 24 kilomètres à la très grande vitesse du kilomètre en 9 minutes 1/2.

Conclusion. — De cette expérience on peut conclure que les

rations accélératrices du docteur Heclvel donnent un stimulant qui permet de demander aux hommes un effort énergique à un moment donné ; pour être absorbées et digérées facilement, les rations sous forme de biscuit doivent être prises en absorbant un liquide quelconque, même de l'eau pure; les hommes les trouvent ainsi très bonnes et les mangent avec plaisir. La surexcitation momentanée produite par l'absorption des tablettes doit être employée, autrement les hommes éprouvent un certain malaise et des insomnies.

Le nombre des tablettes de biscuit n'a pas permis de voir si ces rations remplaceraient toute alimentation pendant une journée entière; ce serait une question intéressante à étudier. Mais, prises en sus de la ration habituelle, il paraît acquis que ces tablettes donnent aux hommes une vigueur momentanée dont il est inutile de taire remarquer ici toute l'importance, et à ce seul titre elles méritent de fixer sérieusement l'attention.

Opinion du Colonel Tanchot.

Quelques officiers et moi-même avons fait l'épreuve du biscuit. J'ai pris un biscuit à 11 heures du matin sans avoir pris aucun aliment auparavant. J'ai monté à cheval, assisté aux exercices, écrit, etc., sans la moindre fatigue, sans avoir faim et sans avoir éprouvé aucun malaise. Loin de là, j'ai éprouvé une sorte de bien-être constant. Ma conviction est que cet aliment peut rendre des services précieux à la troupe si on veut l'adopter, et aux officiers, en leur permettant d'avoir toujours sous la main un tonique capable de les maintenir alertes, en attendant une nourriture plus substantielle.

Il serait à désirer que M. le docteur Heckel nous permit de nous en procurer moyennant remboursement, nous pourrions ainsi faire dans nos manœuvres de garnison des épreuves concluantes sur l'ensemble du régiment.

Signé: J. RODEL et TANCHOT.

Expériences du Colonel Blanc, commandant le 2"" Spahis, à Sidi-Bel-Abbès fAlgérieJ.

Sidi-Bel-Abbès, M juin 1888.

Votre chocolat et surtout vos galettes ont fait merveille, aussi ai-je dû en donner à tous mes officiers, à qui j'ai indiqué votre

KDOUAKD HKCKEL

adresse. Je mentirais en déclarant que je me suis nourri exclusivement de volro produit, mais j'afiirme : 1" que, plus d'une fois, il m'est arrivé de ne pas manger autre chose que 3 galettes et 3 barres de chocolat dans une journée (3 repas, chacun de 1 galette, 1 barre de chocolat et 1 verre d'eau), franchissant à cheval une moyenne de 50 kilomètres par tous les temps; 2° n'avoir jamais été indisposé; 3° d'avoir été très amplement nourri et toujours plein de vigueur.

Les officiers qui m'ont escorté ont fait comme moi les jours où il n'y avait pas autre chose à manger, et s'en félicitent tous sans exception. Dans l'extrême Sud-Oranais, où je suis allé et où il fait très chaud, je préfère de beaucoup la galette au chocolat un peu pâteux, se fondant sous l'action de la température élevée et provoquant même un peu de dégoût.

Mais vos galettes sont merveilleuses et leur expérimentation n'est plus à faire pour moi. Elles m'ont permis de résister, du 24 mars au 15 mai, à la fatigue qu'entraîne une tournée dans le Sud-Oranais durant laquelle j'ai franchi 1500 kilomètres en chemin de fer et 1200 à cheval.

Signé : Colonel BLANC.

Expériences faites au 159'"" Régiment d'Infanterie pendant les marches alpines de juin 1888, sur les rations condensées du D' Heckel (forme chocolat) par le D"^ O.Arnaud, médecin aidemajor de 2'"" classe.

CONCLUSIONS

i° D'une façon générale, le chocolat a été trouvé bon. On l'a employé en augmentation de ration; 2° Beaucoup d'hommes ^qui avaient l'habitude de manger à chaque halte ne l'ont pas fait le jour de l'expérience ; 3° La soif était moins vive qu'à l'ordinaire ; 4° les sécrétions étaient très diminuées : presque pas de sueur, ce fut le symptôme le plus général ; 5° Il n'y a pas eu, pendant les deux jours d'expérience, des traînards ; d'autre part, l'allure m'a paru plus rapide. Placé à l'arrière de la colonne, je me rendais assez facilement compte de la vitesse de la marche. Bref, ma conviction intime est que le chocolat a une action réellement excitante à la

Signé: ARNAUD.

LES KOLAS AFHICAINS

Expérience faite le 11 juillet 1888 sur les rations condensées accélératrices (formules du D"" HECKEL) par MM. les Officiers du 124" régiment d'infanterie à Laval. O Marche forcée de Laval à Rennes (72 km.)

MM. D'HAUTERIVE (38 ans), capitaine, MICHAUX-BELLAIRE (36 ans), capitaine, SOLMON, lieutenant (30 ans), se mettent en route le 11 juillet. Us ne se sont soumis à aucun entraînement préalable. La veille et les jours précédents, vie normale, participation aux exercices et manœuvres du régiment comme tous les autres officiers.

Départ de Laval à 3 h. du matin par la route nationale de Paris à Rennes. Premier repos à 5 h. du matin- après un parcours de 12 km. Des repos de 5 minutes se succèdent ensuite régulièrement après des parcours de o km. en 53 minutes. A Vitré, à 35 km. de Laval, halte de 30 minutes.

Reprise de la marche à raison de 5 km. en 55 minutes et un repos de 5 minutes par heure jusqu'à Chateaubourg, où il est fait une nouvelle halte de 30 minutes : à 2 h. de l'après-midi, 50 km. sont parcourus ; la fatigue commence à se faire sentir, mais la marche est reprise néanmoins. Le capitaine MICHAUX-BELLAIRE fait encore 12 km., il s'arrête à la station de Noyal-Acigné devant Rennes, il a fait en tout un trajet de 62 km. en 13 h. 16 m.

Le capitaine d'HAUTERIVE et le lieutenant SOLMON continuent leur route et poussent jusqu'à Rennes, où ils arrivent à 6 h. 30 minutes.

Pendant toute cette marche, il n'a été consommé d'autre aliment que .du biscuit accélérateur HECKEL. Le capitaine MICHAUX- BELLAIRE a commencé à en prendre par quart de biscuit dès 5 h. du matin ; le capitaine D'HAUTERIVE en prend un quart à 7 h. du matin ; le lieutenant SOLMON ne commence qu'à 10 h., il consomme un biscuit entier à cette heure-là.

Au total, le capitaine D'HAUTERIVE a consommé deux biscuits un quart (soit 14 biscuits normaux).

(1) Cette expérience a été taile avec des biscuits de gros calibre pesant 60 gram., c'est-à-dire représentant ciiacun six biscuits de la forme normale.

ÉUOUAIIU IIlîCKICL

Le capilaiue MICHAUX-BELLAIRE a consommé deux biscuits trois quarts (soit 10 biscuits normaux).

Le lieutenant SOLMON a consommé deux biscuits (soit 12 biscuits normaux).

A partir du 30™" km., la fatigue des muscles commence à se seiiLir, mais lelatgénéral est excellent : pas de tiraillement d'estomac, pas d'appétit, pas de soif, il en est de même après la marche, cL, dans le train qui ramène ces trois officiers à 10 h. du soir, ils n'éprouvent aucune envie de dormir.

En résumé, trois hommes robustes ont pu vivre sans difficulté, sans le moindi-e inconvénient pendant 40 h. (du 10 juillet, repas de 6 h. du soir, au 12 juillet, repas de 10 h. du matin) en ne consomm:int â eux trois que 395 grammes d'aliment, et en exécutant une marche forcée, l'un de 62 km. en 13 h. 16 minutes, les deux autres de 72 km. en 15 h. 30 minutes, soit 4,800 mètres à l'heure, repos compris.

L'énoncé de ces faits dispense de toute conclusion. Les expérimentateurs tiennent, toutefois, à bien établir que, s'ils ont pu fournir une aussi longue course d'une seule traite et sans prendre d'aliments liquides ni solides autres qu'un peu de biscuit HECKEL, c'est que le principe actif contenu dans ces biscuits a agi d'une façon prépondérante sur leur organisme et ils reconnaissent à ce principe des qualités à la fois excitantes et réparatrices.

Signé : SALMON, MICHAUX-BELLAIRE, D'HAUTERIVE

Expériences faites pendant les grandes manœuvres de 1888 par M. LAPIQUE, vélocipédiste de l'armée (6'^ Corps). (1)

Voici les deux expériences que j'ai pu faire sur les galettes de la formule du HECKEL, elles m'ont donné une une haute^idée de leur puissance.

(I) M. Lapique, chef de laboratoire de M. G. Sée, avait reçu de moi, après m'en avoir fait lu demande, les rations objet de l'expérimentation dont il donne ici le détail. Je lui on avais communiqué, sur sa demande, la composition que je tenais encore secrète par crainle d'une indiscrétion vis-à-vis des ofïiciers étrangers qui suivent les grandes manœuvres. Un an et demi après, vmrent au jour les recherches de M. G Sée sur la cnféine et ses communications à l'Académie de Médecine, sur le môme objet, pendant que je continuais à expérimenter sansbruil, l'emploi du Kola dans l'alimentation du soldat. Je dus alors uitervenir dans le débat, à la suite de l'aftirmation de M. G. Sée que le Kola (comme le thé, le maté, le café) n'agissait sur la marche que par la caféine seule. Toutes mes études, déjà longues, protestaient contre cette assertion.

LES KOLAS AFUICAINS

Le 11 septembre journée de repos : à midi repas assez médiocre comme quantité et comme qualité nutritive. A 6 heures du soir, je reçois l'ordre de partir pour une course de 30 à 35 km. : je pars sans manger et avec de fortes dispositions au sommeil. A 7 h. à la première halte, la taim se fait sentir; il m'aurait fallu du temps pour trouver des vivres et je devais partir de suite. Excellente occasion d'essayer le produit ; j'en consomme une cartouche (50 gram.) et, un quart d'heure après, le sentiment de la faim avait disparu ; puis peu à peu je remarquai que mes mouvements devenaient de plus en plus faciles. Une heure après environ, j'arrivai au pied d'une longue côte, je la franchis sans trop de peine, et pourtant je crois que dans les conditions normales, après un repas ordinaire, je ne serais pas arrivé au bout sans descendre de ma machine : j'achevai ma course, remis mes dépêches et quand je rentrai vers 10 h., je me sentais absolument gai et dispos, plus peut-être que je ne l'avais été depuis le départ. — J'ai évidemment dans cet essai dépassé la dose nécessaire pour me donner des forces, mais je n'en ai ressenti aucune incommodité, loin de là, beaucoup de bien-être.

Le 13, nouvelle expérience. — La course était de 11 km. à l'aller et autant pour le retour. La route un peu accidentée, les montées équivalant aux descentes, d'où travail égal à l'aller et au retour. J'étais parti fatigué, la moindre montée m'obligeait à mettre le pied à terre ; le trajet me prit un temps très long ayant dû plusieurs fois m'arrêter pour laisser passer des colonnes. Je rencontrai en route le vaguemestre qui me remit la boîte contenant vos galettes ; j'en pris deux aussitôt, puis deux encore une fois arrivé et je repartis presque immédiatement. Le trajet s'accomplit dès lors avec une grande facilité, sans mettre pied à terre une seule fois, et en 50 minutes ; enfin j'arrivai à mon point de départ bien plus dispos que je n'eu étais parti. Depuis je n'ai plus fait d'expériences en règle, mais j'ai pris, à diverses reprises, des galettes quand je me sentais fatigué ou envahi par le sommeil, et je m'en suis bien trouvé.

Signé : LA PIQUE, Licencié ès-sciences, aide de clinique à l'Ilôtel-Dieu dft Pa-is,

6, rue de la Bourse, à Epinal.

KDOUARD HECKEL

Paris, le 29 Janvier 1889.

... En définitive, j'ai fait durant deux jours, fin octobre 1888, l'essai de vos biscuits et je les ai fait essayer par deux officiers de mes amis. Pour ces derniers, l'un a été satisfait sans détails. Le second, partant de Lautaret de grand matin, est allé prendre le train de 7 h. du soir à St-Jeau de Maurienne, avec environ 9 heures de marche sans arrêt, et a dîné le soir à 8 h. et demie seulement. C'est un garçon de grand appétit ; une ration de six biscuits l'a très bien soutenu pendant toute cette longue journée et il est arrivé le soir sans grande fatigue et sans grand appétit. Pour moi, j'ai pu le premier jour, avec les biscuits et en mangeant, sans faim d'ailleurs, deux œufs à midi, passer la journée de 6 h. du matin jusqu'au soir sans fatigue d'estomac ni de jambes. Le lendemain, tenant à faire l'expérience plus complète, je ne pris que des biscuits depuis le matin G h. et demie jusqu'à 5 h. du soir : je remarquai que deux biscuits me tenaient sans faim environ une heure. Ce temps passé, j'en reprenais deux autres et ainsi de suite. En résumé, j'en pris douze. A 5 h., je rentrais et trempais deux biscuits ordinaires dans un verre de vermouth, ce qui me mena jusqu'au dîner. Dans la nuit, aucune fatigue d'aucun genre ni aucune excitation. 11 est vrai que j'ai expérimenté pendant deux jours de chasse fatiguante. En définitive réussite réelle et utilité très sérieuse de vos produits, voilà mon impression et celle des officiers qui ont expérimenté avec moi.

Signé : A. CHANCEL, Ex-ingénieur des ponts et chaussées, Conseiller Général des Hautes - Alpes, Président du Club Alpin (section de Briançon).

La Rochejacquelin, près Durtal (Maine-et-Loire).

Je vais annoncer dans un article sur vos Rations que je destine à l'Union de l'ouest, les changements apportés depuis l'an dernier à vos excellentes rations accélératrices.

Mon frère, officier de réserve au 2« chasseurs à cheval, chasseur intrépide à courre et à tir, ainsi que moi, avons été enchantés du résultat obtenu avec vos rations, pendant la saison 1888 à 89. Elles

LUS KOLAS AFRICAINS

ont suffi pour nous soutenir pendant les liuit premiers jours de cliasse. presque sans le secours d'aucune autre nourriture. Je dois vous dire cependant que mou frère a dû cesser leur emploi exclusif au bout de ce temps, sou estomac s'en était fatigué, tandis que le mien, soumis au môme régime, ne ressentait aucune irritation ni aucune lassitude. Je suis convaincu que votre découverte est appelée à une rapide vulgarisation, et, pour ma part, je ne cesse autour de moi de la conseiller aux chasseurs, aux facteurs, aux agents de la voirie et des ponts et chaussées.

Signé : Le Comte De BLOIS, Conseiller général de Maine-et-Loire.

Rapport du Lieutenant-Colonel Galiiéni du 4' Régiment d'Infanterie de Marine, concernant l'emploi des rations condensées accélératrices du D'' Heckel. /^Exj)ériences faites par ordre ministériel. J

Les expériences relatives à l'emploi des rations condensées accélératrices ont donné lieu à une série de marches exécutées : les deux premières par une Compagnie du Régiment, les trois autres, par un détachement de 12 hommes sous la conduite d'un officier.

Les deux premières marches respectivement de 45 à 48 km. ont permis de constater déjà les heureux effets de cette préparation, car elles ont été accomplies avec un entrain remarquable.

J'ai assisté moi-môme à l'une de ces marches et j'ai pu observer que le retour, alors que les hommes étaient sous l'infliience des biscuits absorbés à chaque halte horaire au nombre de deux, s'est effectué avec une rapidité peu commune. On peut dire, du reste, et c'est là la caractéristique de ces biscuits, quand ils sont pris d'heure en heure, aux haltes horaires par exemple, que l'allure de la marche augmente progressivement avec la longueur de l'étape.

Au retour à la caserne, avant de rompre les rangs, j'ai interrogé moi-môme un grand nombre d'hommes et tous m'ont affirmé qu'ils ne se sentaient pas fatigués. Deux môme, m'ont dit spoutanément : « mais nous recommencerions de suite », 11 était cepen-

EDOUARD HIÎCKHÎL

dantG h. du soir et les hommes avaient déjà 48 km, dans les jambes avec un chargement complet et par une température qui avait été très élevée ce jour-là.

La 2o série d'expériences faite avec une douzaine d'hommes pris au hasard, démontre surabondamment les excellents effets de ces rations au point de vue de la suractivité donnée aux hommes en marche, et de la possibilité d'exécuter ainsi des marches forcées dans d'excellentes conditions. Pendant trois jours consécutifs, ce détachement a parcouru successivement des trajets de 40, 48 et 50 kilomètres. Dans la seconde marche, la vitesse a été de 5 km. à l'heure et c'est encore au retour que celte vitesse a été la plus forte. Les hommes, qui n'avaient pas marché depuis quelque temps, souffraient de meurtrissures aux pieds déterminées par ces étapes successives : on craignait après la 2^, qu'une partie d'entre eux ne pût supporter la 3^' étape, qui était signalée comme la plus pénible. Il n'en fut rien et c'est avec un véritable entrain qu'ils accomplirent les 50 km. de cette marche, en pays montagneux et rocheux privé de tout sentier.

La petite troupe s'est élevée à 720 mètres d'altitude. Le retour s'est effectué avec une vitesse remarquable : en 2 h. 15, le détachement faisait les 12 km. qui séparent le Revest de Missiessy. — Nos soldats, si sceptiques quand il s'agit d'invention nouvelle, ont reconnu avec ensemble que leur énergie était due aux biscuits absorbés pendant les marches. Plusieurs d'entre eux. que j'ai vus le lendemain, ne paraissaient nullement fatigués et se déclaraient prêts à recommencer et à faire môme une marche plus longue et plus difficile, si le biscuit leur était distribué à raison de deux tablettes à chaque halte horaire.

En résumé, j'estime qu'il n'y a aucun doute à avoir sur les heureux effets du biscuit HECKEL au point de vue de la suractivité donnée à nos hommes en marche. Il est certain que, par la méthode cumulative, quatre biscuits ajoutés après le repas au régime normal, suffisent pour le dégagement des vertus accélératrices du produit. Avec cette méthode, il me semble facile désormais de pouvoir faire quand on le voudra, des marches forcées de plusieurs jours. En faisant varier le nombre des biscuits de huit à seize, on aura des effets absolument remarquables, ce qui permettrait de compter avec certitude sur les résultats attendus de ces produits. — J'ajou-

terai, pour conclure, que nos hommes mangent avec plaisir ces biscuits et qu'aucun elïet fâcheux n'est résulté de cet emploi.

Toulon, le 22 janvier 1889.

Signé : GALLI.ÉNI.

Observations de marche en montagne par M. H. DUHAMEL, Vice-Président du Club Alpin Français (section de l'Isère).

D'après les nombreuses expériences que j'ai faites, il résulte pour moi d'une façon certaine que vos biscuits absorbés à faible dose (2 par 4 heures) en sus de l'alimentation usuelle, suffisent pour permettre d'utiliser, sans congestion ni fatigue, un effort musculaire considérablement augmenté et qu'ils semblent régulariser la circulation et la respiration malgré les efforts et la chaleur extérieure : la transpiration est généralement moins abondante que lorsqu'on n'use pas de vos biscuits.

En résumé, votre préparation agit de la façon suivante (pour les efforts musculaires à développer) jusqu'à 4000 mètres d'altitude : 1° nutritif ; 2° tonique ; 3° régulateur de la circulation sanguine.

Glères {près Grenoble), le 26 avril 1889.

Signé : Duhamel.

C'est, je l'ai dit, après les expériences (voir page 316) de M. Lapicque, chef de laboratoire de M. G. Sée, que parurent les travaux de ce savant professeur sur les propriétés de la caféine. M. Lapicque, on l'a vu, s'était formé une opinion non douteuse sur le Kola et ses expériences auraient pu éclairer M. G. Sée. On sait, d'après ce que j'ai dit dans la partie physiologique de cette étude, que M. G. Sée d'abord, et son élève, M. Parisot, ensuite, soutinrent, le premier à l'Académie de Médecine et le second dans sa thèse, que toutes les propriétés du Kola étaient dues à la caféine libre, et (malgré mes dénégations formelles, attribuant une grande part d'action au rouge de Kola, aujourd'hui Kolanine), rien qu'à la caféine. Dès lors, le sort du Kola était jugé, d'autant que M. le D"" Collin, inspecteur général, avait, dans la discussion, tout naturellement penché pour l'emploi plus simple de la caféine aux lieu et

ÉDOUARD HKCKKL

place de cette graine. Le ministère de la guerre, à la suite de cette communication acad mique anniliilant les rapports militaires que je viens de relater, rejeta mes propositions d'introduction de l'alimentation au Kola en campagne (1). Mais, c'estaussi à la suite de ce débat public, devant l'Académie de médecine, que M. Duhamel, vice-président du Club Alpin français et alpiniste bien connu, instruit par ses essais propres sur la valeur du Kola comparativement avec la caléine, et aussi par les expériences dues à un grand nombre d'alpinistes français sur les Rations au Kola, n'hésita pas à protester publiquement contre les assertions de M. G. Sée, et se fit fort de dépasser, dans une ascension au Mont-Blanc, n'importe quel adversaire plus solide et plus entraîné que lui à ces marches, à la condition qu'il prendrait du Kola tandis que son antagoniste n'emploierait que de la caféine : une fois terrassé par la marche malgré la caféine, il proposait de le remonter avec du Kola. Le défi ne fut pas relevé. M. G. Sée se borna à déclarer, en pleine Académie de Médecine, que la proposition de M. Duhamel ue constituait pas une expérience scientifique. C'est alors que, de différents côtés, des hommes intelligents, bons observateurs, s'intéressèrent à ce débat et spontanément se mirent à expérimenter, en plaine comme en montagne, les effets comparés du Kola et de la caféine sur la fatigue et l'essoufflement déterminés par les grandes marches. La communication spontanée de ces observations, faites et recueillies par des personnes qui me sont complètement inconnues, me permit de publier en 1890, dans le Marseille-Médical, une réponse facile et d'ordre tout à fait pratique aux affirmations de M. G. Sée.

C'était la preuve empirique des faits physiologiques ultérieurement établis et démontrant la supériorité du Kola et du rouge de Kola sur la caféine pure (expériences de MM. Dubois et Marie de Lyon, pages 246 et 252). Je crois devoir relater ici ces observations : elles ont, au point de vue de l'emploi pratique du Kola pendant les marches, une véritable valeur. Par la concordance des résultats obtenus, elles sont très démonstratives.

Voici les expériences de M. G. Tardieu, pharmacien de 1'^ classe,

ex-interne des hôpitaux (2).

(1) Il importe que la responsabilité de M. G. Sée soit bien établie sur ce point. (•>) Toules ces expériences ont été faites avec les Galettes dites Rations accéléra- Irices qui contiennent 1 gr. de Kola et pèsent 10 gr. environ.

Sisterou, 5 juin 1890.

i^^ Expérience

« Je viens d'inaugurer une série d'expériences comparatives » avec les galettes au Kola, et, pour commencer, j'ai fait une » journée préparatoire couronnée d'un succès étonnaut. Un de ces » derniers jours, qu'il ne faisait pas encore trop chaud, je suis » parti à 9 heures du matin par un soleil déjà piquant, sans avoir » préalablement rien pris à mon lever (6 h. du matin). Après 9 kilo- » mètres de marche à pied, j'ai pris deux galettes et bu un quart » d'eau; sitôt après, j'ai commencé l'ascension de Gâche, mon- » tagne boisée au midi, à pic au nord ; vers une heure de l'après- » midi, deux nouvelles galettes et un quart d'eau, à 3 heures, halte » d'une heure*; avant le départ, à 4 heures, deux galettes et de » l'eau, retour à Sisteron par une autre route (j'avais tourné la » montagne); arrivée à 7 heures du soir sans la moindre fatigue et » sans grand appétit. J'avais fait exactement trente-cinq kilomètres » de montagne, en ra'élevant de 500 à 1.208 mètres en neuf heures » de marche, le tout avec neuf galettes. Le soir, après souper, je » travaillais et écrivais jusqu'à 11 heures, sans besoin trop grand » de me reposer ».

2me Expérience

« Voici ma deuxième course.— Sisteron, 8 juin. J'ai marché de » 4 heures du matin à midi 1/4 avec cinq galettes, sans autre nourri- » ture. Le directeur des Frères de l'école chrétienne, botaniste » passionné, a fait la course avec moi dans les mêmes conditions. » Cela fait donc 8 heures de marche environ ; en retranchant les » arrêts (deux seulement) de 1/2 heure chacun, il reste 7 heures de » marche à travers les vallons abrupts, les marnes ou lavines ravi- » nées, montant, descendant à tout instant et dans de très mauvais )) passages. Essoufflement nul, pas de fatigue et cela a été obtenu » avec cinq galettes de rations accélératrices : il a été franchi 26 kilo- » mètres en ligne droite (aller et retour compris). Je dis pas de » fatigue; en effet, arrivé à midi 1 /4, j'ai déjeûné de grand appétit, » j'ai lu mon journal, j'ai servi mes clients à la pharmacie d'une » heure à deux heures. A ce moment, je me suis rendu à l'école

l<;DOUAnD IIECKEL

)) primaire pour siéger comme examioaleur au certificat d'études; » à 4 heures, je faisais mon courrier et, en outre, une promenade » jusqu'à 7 heures. A 10 heures 1/2, je me couchais, sans connaître » cet éreinlement qui suivait mes courses de ce genre avant que » j'aie adopté l'emploi des galettes au Kola.

Sisteron, 24 juin.

3me ExPÉniENCE

« J'ai fait une double expérience COMPARATIVE. Jeudi avec la )) caféine, lundi avec le Kola.

)) Jeudi matin, avant midi, j'ai refait la course de Gâche que » j'avais faite, grâce au Kola, le 5 juin, avec la plus grande facilité, )) et qui a été l'objet de ma première observation. J'ai pris, aux lieu et » place des rations accélératrices, des cachets médicamenteux coq- » tenant 0 gr. 015 de caféine pour chaque biscuit que j'avais ingéré » dans la première course. J'étais parti à 4 heures du matin. Jus- » que vers huit heures, cela n'a pas trop mal marché; mais de huit » heures à 11 h. 1/2, j'ai traîné la jambe tout le temps malgré la )) caféine répétée. Je suis enfin arrivé chez moi, je ne dirai pas » éreinté, mais guère moins, très altéré et l'estomac tiraillé horri- )) blement par l'appétit. J'ai été essoufflé comme on l'est pour mon- )) ter les côtes raides et abruptes quand on n'a pas pris de Kola, et » mes jambes étaient brisées. Je ne crains pas de dire que j'étais )) un peu plus fatigué que lorsque, les années précédentes, je fai- » sais ces courses en emportant mon déjeuner du matin que je » prenais vers 8 heures. Je ne recommencerai plus avec la caféine ; » mais avec le Kola c'est tout différent, ainsi qu'on va le voir par )) l'expérience suivante :

» Mon ami, M. Laborde, et moi avons pris, dimanche soir 22 » juin, le train des Alpes à 9 h. 1/4 ; nous avions soupé à 7 heures. )) A 10 h. 3/4, nous couchions à l'hôtel à Veynes, où nous dormi- » mes jusqu'à 3 h. 1/2 du matin, heure à laquelle nous prîmes une )) lasse de café noir. Départ par le train pour Saint-Julien-en-Beau- )) chôueoù nous arrivons à 5 h. 1/2. Nous nous mettons en route )) immédiatement pour une forte excursion en montagne. Après » une heure de marche, sur une route montant graduellement

» jusqu'à la Chartreuse de Durboii, uous preuons deux galettes et » buvons de l'eau, sans suspendre uotre marche. Nous commen- » çons ensuite l'ascension de la montague de Durbon. A 7 h. 1[2, » sur le plateau de Bergenis, deux galettes et de l'eau. Reprise de » l'ascension sans arrêt ; arrivée au sommet (Durbounas) à 8 heu- » res et demie. Là, brouillard intense, vent du Nord, 5" centigra- » des. Nous prenons deu.x galettes et de l'eau à 2°o ; arrêt d'une » demi-heure pour laisser passer le brouillard et jouir de la vue.

» Nous avions déjà, à ce moment, avec six galettes, marché trois » heures pendant lesquelles nous nous étions élevés de 932 mètres » à 2.100 mètres, soit 1.058 mètres, en hauteur, franchis sans » fatigue.

» Départ du sommet à 9 heures ; marche à La Lauze, bergerie » entre le Devoluy et Durbon, où nous arrivons à 11 h. 3/4; arrivée )) à la première habitation du hameau deGleize, à midi 1/4. Halte » d'un quart d'heure ; une galette, c'est la neuvième. Du pic de » Durbonnas au hameau de Gleize nous avons franchi 3 cols suc- » cessifs ; c'est dire si les jambes ont manœuvré. Descente de » Gleize sur Veynes où nous arrivons à 3 heures après midi, après » 9 h. 1/2 de marche pendant lesquelles nous avons consommé » neuf galettes et de l'eau. Les haltes ont duré une heure en 3 fois. » Arrivée à Sisteron en chemin de fer à 6 heures, nous soupons à » 7 heures, c'était le premier repas depuis 24 heures. Je me suis » couché non fatigué à 10 h. 1/2, comme d'habitude, et le matin je » me suis levé frais et dispos à 6 h. 1/2. »

Ces expériences d'une incontestable valeur, en raison même de l'esprit d'observation qui caractérise M. Tardieu, établissent nettement qu'il n'y a aucune parité entre l'action de la caféine libre et celle de l'alcaloïde contenu dans le Kola absorbé en nature.

Les galettes au Kola renferment chacune en Kola au maximum 0 8^0125 de caféine et théobromine après torréfaction préalable de la graine, opération qui lui fait perdre un peu de ses alcaloïdes. Or, M-. Tardieu a absorbé dans ses expériences à la caféine, pour chaque biscuit de Kola qu'il aurait pris en route, un cachet de G gr. 015 de caféine, c'est-à-dire 5 milligrammes de plus qu'il n'en eût absorbé avec chaque biscuit au Kola, et on a vu le singulier résultat qu'il en a obtenu contre la fatigue, la faim et l'essoufïle-

lÎDOUAHD HKCKlîL

meut. La méthode ne comporte aucune erreur. C'est évidemment la nature spéciale de la caféine contenue dans le Kola qui fait toute la différence.

La conclusion à déduire est nette : ce n'est pas la caféine libre seulement qui agit dans le Kola, elle paraît même avoir une part réduite, je ne saurais trop le rappeler, dans l'ensemble de l'action physiologique du Kola sur la fatigue et l'essoufïlement.

M. Ch. Eloy, dans un article sur les indications thérapeutiques de la médication musculaire, in Revue générale de clinique et de thérapeutique {n° 26, 25 juin 1890), dit (page 414), « à une dose )) faible, la caféine rend les mouvements plus aisés et facilite la » respiration en l'accélérant. C'est la dose eupnéique de la caféine. » Sans entrer dans la discussion du fond qui est hors de mon objet, je me demande quelle est cette dose : ce n'est certainement pas celle qu'a prise M. Tardieu, et comment se fait-il qu'une dose de caféine libre, supérieure à celle qui est contenue dans le Kola, reste inactive dans le premier cas et devienne eupnéique dans le second, c'est-à-dire quand elle est ingérée avec ce qui reste dans le Kola ? Je pose la question à M. Eloy et je passe à d'autres observations.

Sisteron, 5 et 6 juillet.

4me Expérience

Essai comparatif du Kola et de la caféine

(( De Sisteron à Bayons, de Bayons à Seyne et de Seyne au Lau- )) zet. Départ à pied du plan de la Motte à 6 h. 1/2 du soir. Arrivée )) à Bayons à 8 h. 1/2(14 kil. en 2 heures, vu le temps frais), » par une route graduellement ascensionnelle sans montée trop » prononcée tout le long du chemin. J'ai pris une galette à 7 h . Mon » compagnon de route n'en a pas pris et arrive plus fatigué que moi » de cette marche accélérée. Lever à 3 h. 1/2 du matin. Départ à 4 )) heures. Je prends un paquet de caféine pure de 0,015 milligr. )) toutes les heures pendant que mon compagnon prend une galette )) au Kola. A 9 heures, après 5 heures de marche en montagne, sur » le col qui fait communiquer la vallée de Sasse à la vallée de la )) Blanche, à 1.600 mètres d'altitude environ, mes jambes n'ont

» plus la vifçueur qui les auinie depuis que j'emploie le Kola, » de plus j'avais soufllé ferme pour atteindre le col. Je sens cette » fatigue consécutive à la montée prolongée, telle que je l'ai con- » nue autrefois avant l'emploi des galettes au Kola, l'année der- » nière à peine. De plus, je suis travaillé depuis une heure par » une sens ition de faim irrésistible et très impérieuse. Il restait » encore une heure 1/2 à 2 heures de trajet. Je me décide à aban- )) donner la caféine et à prendre du Kola. J'absorbe deux galettes » d'autant plus volontiers que mon compagnon de route m'affir- » mait que pour lui, il n'avait aucune faim et attendrait très )) facilement midi, s'il le fallait. Vingt minutes environ après les » deux galettes prises, je sens mes jambes plus actives et surtout » la sensation de la faim disparaît. Je puis ainsi arriver à Seyne » à 10 h. 1/2 avec une allure très convenable pour des gens qui )) marchaient déjà depuis 4 heures du matin, avec une demi-heure » d'arrêt seulement.

)) Déjeuner à Seyne à midi. Occupations jusqu'à 4 heures : » inspection des pharmacies, drogueries, épiceries et eaux gazeu- » ses. Donc, je ne m'assieds pas. Départ de Seyne à 4 h. 1/2 par )) route de montagne. Arrivée au Lauzet à 8 h. 3/4, après 4 h. 1/2 » de marche, après avoir franchi 21 kil. dont moitié environ en » montée, et pris deux galettes, une à 6 heures, l'autre à 7 heures. )) Fatigue légère résultant surtout de l'accélération de la marche. » Les 12 derniers kilomètres eu descente ont été franchis, en effet, )) en moins de 1 h. 3/4 (de St-Jean au Lauzet). Repos d'une heure » au Lauzet. Puis, la diligence de Barcelonnette nous emporte dans )) cette sous-préfecture où nous arrivons à 12 h. 3/4 par 1" centi- » grade au-dessous de zéro. Sommeil très calme d'un trait jusqu'à » 7 heures du matin. Le lendemain pas de fatigue, prêt à recom- )) mencer si j'en avais eu le temps (1). »

(1) Ces expériences multipliées et dont la série continue encore aujourd'hui, ont inspiré à M . Tardieu les réllexions suivantes:

« Pour être convaincu de l'action énergique du Kola, il faut l'employer seul, c'est- » à-dire se nourrir uniquement de biscuits. Le régime mixte (avec galettes au Kola » et alimentation normale) est une méthode défectueuse quand on veut se former » une opinion sur la valeur exacte du Kola en tant qu'excitant à la marche. Toutes )) les fois que j'irai désormais en montagne, jemploierai exclusivement le Kola et » ne porterai rien autre chose que des galettes au Kola. Mon co-expérimen-

EDOUARD HECKEL

Voici les expériences de M. Elic, Inspecteur des forêts.

Sisteron, 10 juillet. 1890.

« Monsieur, je vous envoie, comme je me le suis promis, une )) note succincte sur l'emploi que j'tii fait des galettes à base de » Kola.

» Les expériences des 24, 25 et 27 juin 1890, ont été faites en » collaboration avec M. Dol, garde général des forêts à la Motte- » du-Caire, qui a été très satisfait des résultats. M. Arien, garde- » général à Folcalquier, eu a essayé aussi et a pu faire une journée » de 15 heures de marche très dure avec six galettes seulement. Nos » résultats concordent donc avec ceux que vous avez recueillis » ailleurs.

» Je compte, du 27 juillet au 3 août, faire une tournée d'études

» laleur M. Labordc esl absolument du même avis que moi el c'est aussi le senli- II ment de M. Elle, inspecteur des forêts.

Il 11 est une sensation que j"ai omis de noter diins mon rapport, c'est la gailé li qui accompagne le marciieur jusqu'au bout de su couj'se el que j'attribue enlière- II ment à l'action nerveuse du Kola. Le soir de notre marche sur Seynes et Le Lauzet, Il à U descente de Sainl-Vincent, c'est-à-dire au bout du 45™= kilomètre environ Il de marcbe en monla|,Mie, j'allais d'un pas de 6 kilomètres à l'beure, siniant et Il chantant sansconLriiinLe et tout à fait sans m'en douter. J'ajoute que le Kola a Il aussi la propriété d'atténuer lo vertige qui est si commun en montagne. Il y a dix Il ans, je ne connaissais pas cette sensation pénible, aujourd'hui je la redoute beau- II coup, surtout en pays inconnu. Or, le jour de marche à Durbon. nous avons dû Il traverser un banc de rochers, où, dans tout autre moment, j'aurais éprouvé Il quelques craintes. Ce jour-là, j'ai passé sans m'en préoccuper.

t M. Elle, inspecteur des forêts, qui expérimente ici le Kola avec la plus grande I) satisfaction, j'ajoute :ivec la méthode la plus rigoureuse, a conçu à la suite de ses » essais, sur l'action du Kola, une opinion qui, à divers points de vue, diffère un Il peu de la mienne et de celle de M. Laborde. 11 prétend que le Kola ne donne pas Il de jambes, qu'il ne fait que donner de l'entrain et une confiance qui fait mieux Il marcher. Tel n'est pas mon avis. J'ai tait dernièrement une expérience involon- 1) taire qui corrobore ma manière de voir. Parti à 4 h. du matin, j'ai fait la petite Il ascension d'Hongrie, montagne des environs de Sisteron, isolée et d'un accès Il très raide. A 10 h. 1/2 la course était terminée, soit 6 h. 1/2 de marche en tout. Il avec 1/2 heure d'arrêt. Je marche bien le matin, et j'élais du reste entraîné par Il mes courses précédentes. Je ne pris donc pas de Kola et déjeunai chez un ami au Il pied de la montagne, très copieusement, mais cependant avec assez de modération Il pour ne pas compromettre mes jambes. Apres le repas, je gravis une pente raide Il et je la descendis très facilement. Mais le soir venu, j'étais plus fatigué que je ne Il l'avais été à l i suite d'aucune des courses bien plus fortes faites avec le secours Il du Kola, et le soir je tombais de sommeil. Mon opinion esl basée sur celte expé- » rience. »

» de 6 jours consécutifs à Barcelouuolte, dans la plus haute nion-

» tague des B. -Alpes. Je coulinuerai mes expériences sur le Kola

» et vous en fournirai les résultats. Au total, nies observations sur » le Kola se résument en ceci : si actif que soit le Kola, il ne peut

» d'un mauvais marcheur en faire un bon, pas plus que d'un bon

» il n'en fera un meilleur. Il n'a pas d'action sur la valeur mar-

» chante du sujet ; mais il est précieux en ce qu'il permet, sous

» une forme facile et agréable, d'absorber une nourriture forti-

» fiante, réparatrice. Il donne ainsi de la confiance au marcheur...

» Quant au sommeil qu'il permet, il est léger, délicieux, répara-

» teur ; c'est un vrai sommeil d'enfant qui ne laisse au matin

» aucune fatigue, aucune dépression. Pas de sentiment de paresse,

» le matin de si bonne heure qu'il faille partir. M. Tardieu a fait

» essai de la caféine et n'en a pas été satisfait, j'ai jugé dès lors

» inutile d'essayer moi-même.

» 4° 6 juin 1890. — A 6 h. 1/2 du matin, pris deux galettes » avec un verre d'eau. Longue marche en montagne durant 4 heu- » res ; ascension de 900 mètres environ rendue très facile et suppor- » tée très aisément. Aucun malaise ; au contraire, un sentiment » de gaieté et de bien-être. A dix heures, l'effet disparaît et un peu » de fatigue se fait sentir. Le déjeuner n'a lieu qu'à midi 1/4 ; la » course se continue le reste du jour et représente exactement » 10 heures de marche non interrompue, en défalquant l'heure du » déjeuner et les pertes de temps.

» 2° 10 et 11 juin. — A 6 heures du matin, pris deux galettes » avec un verre d'eau, puis longue marche en montagne en m'éle- » vaut à 1000 mètres. Pas de fatigue, mais vers 10 heures légère » dépression ; la faim se fait sentir. Léger déjeuner froid vers midi » et reprise des marches. Chacune de ces journées a été de 10 heu- » res. L'allure a été excellente durant les après-midi.

» 30 12 et 13 juin. — A 6 heures du matin, pris deux galettes, » avec un verre d'eau. Puis marche avec élévation de 1000 mètres ; » vers 9 heures, sensation de vide stomacal ; pris une galette à sec. » La force revient d'un coup, la marche est facile. A midi déjeuner » froid, puis retour. Ces journées sont chacune exactement de » 11 heures de marche. La marche de l'après-midi a atteint un » résultat étonnant, les jambes sont comme poussées par un ressort.

ÉDOUARD HECKEL

» Le matin, lever sans dilliculté, pas de dépression, ni de fatigue, » le corps est très dispos.

» 4° 20 juin. — Long trajet en voiture après un verre de café froid » seulement. A 9 heures du malin, avant de commencer la marche, » mangé une galette à la main. Plus de sensation de faim, la marche » est facile. Etat excellent, aucune envie de dormir.

» 5" 24 juin. — Pris deux galettes avec un verre d'eau, puis » départ à 4 heures du matin. Ascension de 1000 mètres ; à 7 heures » pris deux galettes avec de l'eau, continuation de la marche jus- » qu'à il heures : la chaleur est excessive, 33° centigrade à l'omhre » Distance parcourue dans la matinée : 25 kilomètres avec quatre » galettes. Déjeuner chaud et léger, à 11 heures. A 1 h. 1/2, nouvelle » course de 5 heures avec ascension à 600 mètres. La fatigue à ce » moment commence à se faire sentir.

» 25 juin. — Départ à 5 heures du matin, après avoir pris deux » galettes et un verre d'eau. Ascension de 600 mètres de 5 heures » à 7 heures 1/2; pris alors une galette à la main, puis marche. » Déjeuner chaud à 11 heures et retour. Ces deux journées des 24 et » 25 juin représentent la première, treize heures de marche exacte- » ment et dix la seconde, soit 23 heures avec ascension de 2200 » mètres dans des sentiers affreux.

» 27 juin. — Pris à 7 heures, deux galettes avec eau. Course très » pénible avec ascension de 700 mètres, chemins affreux, chaleur » suffocante. Déjeuner froid léger à 11 heures, puis retour. La » journée représente 10 heures de marche exactement.

» Remarque applicable à toutes lesmarclies : La sueur est normale, » mais la soif est bien diminuée par l'action du Kola. Les articula- » tions des jambes jouent avec une facilité remarquable. Aucun » dérangement stomacal, pas plus au début qu'à la fin des expé- » riences. Le sommeil est bon, les réveils sont faciles et sans » fatigue. »

Sisteron, 8 août 1890. — Monsieur, « Comme je vous l'avais » promis, je vous adresse aujourd'hui le résultat de mes expériences )) dans les plus hautes montagnes des Basses-Alpes, autour de )) Barcelonnelte.Grâce au Kola, j'ai pu résister aux terribles fatigues » d'ascensions continuées pendant 6 jours consécutifs, en prenant » très peu de repos, cinq heures au plus par nuit. Pour moi, je le

» répèle, le Kola est un puissaul excitant à la marche ; il donne des )) jambes et permet à un marcheur bien entraîné de fournir des » traites excessives et cela sans fatigue. »

2« Série d'expériences en montagne, faites par M. Élie.

30 juillet 1890. — Départ à 6 h. matin; après avoir pris une tasse de café froid et deux galettes au Kola, marche en montagne, puis une galette sèche vers 9 h. du matin. « Déjeuner ordinaire » sans appétit vers midi. La marche du matin a duré 3 heures : » nouvelle marche de 5 h. dans l'après-midi, bien supportée.

» 31 juillet. — Pris à 6 h., une tasse de café et 2 galettes Kola; » départ à 6 h. 1/2, longue marche en montagne par une chaleur » extrême. Pris une , galette sèche vers 9 h., retour à midi. La » marche a duré 5 h. 1/2, sans un seul arrêt et représente 23 kilo- » mètres au moins. Déjeuner à midi, mais sans appétit. L'après- » midi, nouvelle marche de S heures.

» 2 août. — Pris 2 galettes, avec une tasse de café noir, marche » eu montagne de 6 h. à midi en m'élevant de 1100 m. à 2300, soit » 1200 m. grimpés en 6 h. par une forte chaleur : à 9 h., pris deux » galettes et un verre d'eau. Déjeuner chaud à midi et repos » jusqu'à 2 h. du soir. Nouvelle marche de 2 heures du soir à 8 h. » par des chemins impossibles. La course, qui a duré 10 heures, » représente 50 kilomètres avec ascension de 1200 mètres.

» 3 août. — A 6 h. du matin, pris une tasse de café froid. » Départ en voiture à 6 h. 1/2, arrivée à 10 h. 1/2. Marche à partir » de ce moment, après avoir pris 2 galettes sèches. Ascension de » 200 m. en une heure, puis descente d'une heure, marche de » 13 kilomètres. De midi 1/2 à 2 h. du soir, déjeuner chaud et » repos. De 2 h. à 9 h. 3/4 du soir, parcouru d'une traite 39 kilo- » mètres, donc 52 kilomètres ont été parcourus en moins de » 12 heures, avec un seul repos d'une heure et demie,dans la haute » montagne et par de mauvais chemins. »

Aux observations de MM. Tardieu et Elie (de Sisteron), viennent se joindre avec un caractère spécial, les notes suivantes, dues à MM. Gourdon, attaché à la carte géologique de France, Troin, capitaine des sapeurs pompiers de Marseille, enfin au docteur Chobaut, d'Avignon.

ÉDOUARD HECKEL

Observations de M. Gourdon, attaché à la carte géologique de France. — Luchon (villa Maurice), 9 juillet 1890 :

« Depuis longtemps déjà dans mes excursions, j'avais essayé » l'action de la cocaïne et de la caféine, sans en ôlre satisfait. Faute » de mieux, j'utilisais encore quelquefois cette dernière substance. » Aussi ai-je été enchanté quand j'ai pu la remplacer par les » biscuits de Kola.

» Les résultats sont absolument différents de ceux que j'avais » obtenus avec la cocaïne et la caféine, et je n'hésite pas, après » mes dernières expériences , à affirmer que les rations au » Kola sont ce que j'ai trouvé jusqu'à présent de meilleur, » de plus parlait pour les marches de longue haleine en montagne » et en plaine. Comme l'a dit M. Duhamel, elles agissent principa- )) lement comme modérateur de la sudation, comme excitant » musculaire, résultat que je n'ai jamais obtenu avec la caféine à » quelque dose que ce soit. J'ai la bonne fortune de jouir d'une » belle santé et d'avoir un excellent estomac. Depuis plus de •» 30 années, habitué à parcourir, toujours à pied, à toutes les » époques de l'année, nos Pyrénées du thalweg des vallées » jusqu'aux plus hautes cimes, je me trouvais, je crois, dans » d'excellentes conditions d'entraînement pour faire dans nos » montagnes les essais désirés.

» L'un de mes guides habituels, espagnol de naissance, très » sobre comme moi-même dans nos campagnes alpines, ne buvant » jamais de vin en route, mais usant uniquement, lorsque nous » descendons dans les villages, de thé, dans la journée, ou » d'eau, m'a paru un sujet propre à essayer comparativement )) avec moi, les effets physiologiques produits par la caféine ou » le Kola.

» Nous avons donc fait deux fois la même ascension à deux » jours d'intervalle, usant l'un de la caféine, l'autre du Kola, et » changeant les rôles à la seconde course, en plus de notre nourri- » ture ordinaire, qui consistait en pain et viande de conserve (600 » grammes pour nous deux dans la journée); l'eau des torrents et » des glaciers servait à nous désaltérer. Toutes les deux heures, » l'un de nous prenait un biscuit de Kola et l'autre un cachet » de caféine de 0 gr. 15. Parti de chéz moi à 4 heures du matin, j'y

» suis rentré à 7 heures du soir, après m'être alimenté de Kola, sans » éprouver de fatigue, sans ressentir la moindre lassitude, absolu- » ment comme si je n'avais fait qu'une promenade. Je ne parle » point de l'altitude atteinte, plus de 3,000 mètres; pour moi elle » ne peut entrer en ligne décompte dans nos Pyrénées, l'air raréfié » de leurs hautes cimes, n'ayant jamais produit sur mon orga- » nisme aucun effet susceptible d'entraver la marche ou les » escalades.

» Les résultats observés pendant ces deux ascensions ont été » absolument les mêmes sur moi ou sur mon guide, résultats que » je considère comme d'autant plus concluants, que nous avons fait » tous les deux usage, à tour de rôle, du Kola et de la caféine. Nous » avons trouvé une grande différence entre les deux substances » dont les effets sont absolument distincts. Aussi, je réserve toutes » mes préférences pour les biscuits au Kola, que je n'hésite pas » à regarder comme absolument parfaits en tous points. Ils sont » appelés à rendre les plus grands services à tous ceux qui, pour » une cause ou pour une autre, doivent fournir des marches » longues et pénibles. Qu'ils soient pris seuls ou comme sup- » plément de nourriture habituelle, ils seront toujours de la plus » grande utilité, et résument à mon sens, ce que l'on a fait de » meilleur jusqu'à présent. »

Observations de M. le capitaine Trouin, commandant des pompiers de Marseille. (Lettre à M. Heckel).

« Monsieur et honoré maître, permettez-moi de vous remercier » tout d'abord de l'envoi gracieux des rations condensées accéléra- » trices, que vous avez bien voulu me faire pour être essayées par » la compagnie des sapeurs-pompiers de Marseille.

» J'ai eu, à diverses reprises, l'occasion de les employer et mes » hommes s'en sont réellement bien trouvés.

» 1° Le poste du grand chemin d'Aix (sergent Darlet et caporal » Chêne) a eu à les expérimenter à l'occasion d'un incendie qui se » produisit au village des Aygalades, bien au-dessus de la raffinerie » Saint-Louis, c'est-à-dire à une distance d'environ huit kilomètres. » Chacun des hommes avait pris au départ, vers 1 heure du matin, » deux de vos biscuits. Un seul d'entre eux, le sapeur Montoursy, » avait refusé de se soumettre à ce régime.

EDOUARD HECKEL

« Tous ses camarades sont arrivés sur le lieu du sinistre sans » fatigue et sans essouflement, tandis que Montoursy était presque » fourbu. Cette expérience est concluaute, car, six hommes et deuK » chefs traînaient au grand pas gymnastique deux pièces, pompe et » chariot, chacune du poids de 500 kilog. minimum.

» 2° Un deuxième essai a été fait par le même poste, à l'occasion » d'un incendie allumé derrière l'abattoir (à une distance de six » kilomètres environ).

» Tous les hommes, celte fois, ont pris vos rations. Tous sont » arrivés sans fatigue, sans essouflement, et ont pu se livrer efiica- » cément à leurs travaux.

» Je poursuivrai ces essais pour de plus longs trajets, et je me » ferai un plaisir de vous faire part de leurs résultats.

» Mais je suis absolument convaincu pour mon compte person- » nel qu'ils seront excellents, car j'en ai fait l'expérience dans de » grandes marches, sur moi et sur mes enfants, qui en ont éprouvé » le meilleur effet. »

Expériences communiquées par M. Duhamel et faites par deux de ses amis. (Lettre à M. Heckel).

1" Expérience. — Grenoble (Gères, 11 juillet) « M. le com- » mandant Allotte de la Fûye, du 4°i« régiment du génie, un » de mes amis, après avoir fait pendant toute une journée » des manœuvres avec les troupes de notre garnison au col » de .l'Arc, est allé, de nuit, à pied, à Saint-Pierre-de-Chartreuse, » puis, le matin arrivé, est monté au sommet du grand Som, » soit un jour et une nuit de marche, grâce aux biscuits au Kola » (rations condensées accélératrices). »

2^»^ Expérience. — « Autre fait confirmant pleinement ce que j'ai » proposé à M. Germain Sée. Un de mes collègues de Grenoble, » M. Thorant, du Club Alpin français, a fait, la semaine dernière, » l'ascension complète de la Meije (3.987 mètres), un des sommets » les plus difficiles d'accès de toutes les Alpes ; il n'a absorbé que » quelques-uns de vos biscuits pour toute nourriture, en gravissant » ce pic, et s'est trouvé tellement bien de ce mode d'alimentation, » qu'en arrivant au point culminant, il était aussi dispos qu'au

)) départ (1). La course à duré de 1 h. du matin à 10 h. du soir. »

Viennent enfin les importantes expériences comparatives les plus récentes faites par MM. le docteur Chobaut (d'Avignon), entomologiste distingué, et Nicolas, conducteur des Ponts-ct- Chaussées, durant leur ascension au Mont-Ventoux. Les voici, en extrait, d'après le rapport que m'a adressé M. le Chobaut.

« La noix de Kola a été employée sous la forme de biscuits » accélérateurs (2), à la dose de deux toutes les heures et demie. » Quant à la caféine (marque Robiquet, pharmacie Bourjac, à » Avignon), elle a été prise sous la forme de cachets médicamenteux )) de 1 centig. et demi(0 gr., 015), à la dose correspondante en Kola » de deux de ces cachets toutes les heures et demie. Pour tenir » compte de la pâte des biscuits, celui de nous qui prenait de la )) caféine a ingéré en même temps un très petit morceau de pain, » égal en volume à celui des deux gâteaux accélérateurs. Pour faci- » liter la déglutition de ces substances sèches, nous avons absorbé » une ou deux gorgées chaque fois de vin ou d'eau de Vais, ou » même une infusion très légère de café.

)) Expérience. — Ascension du Mont-Ventoux (1907™. au- )) dessus du niveau de la mer ; 1500 environ au-dessus de Bédoin, )) point de départ).

» 21 juillet 1898. — État des ascensionnistes : M. Chobaut, 30 » ans, constitution vigoureuse, avec tendance peut-être au lympha- » tisme, sans aucune altération d'organe. Pouls : 78, resp. : 22.

» M. Nicolas, 56 ans, complexion nerveuse et sèche, avec cœur » et poumons sains et pas d'altération organique sensible. Pouls : » 89, respiration : 22.

(1) M. Duhamel ajoute : « Permettez-moi de vous signaler une recllûcalion » urgente à apporter à ma lettre du 26 août 1889 dont un extrait a été publié de » divers côtés. A cette époque, je n'avais expérimenté et vu expérimenter les rations » condensées accélératrices au Kola que dans la basse montagne, et je n'avais fixé n la limite d'action du Kola à 1000 mètres d'altitude que parce que, à ce moment, je n n'avais pas dépassé ce champ d'observation. En ce moment, vous pouvez, en » toute conOance, dire que l'action du Kola contre la fatigue et le mal de montagne » s'exerce à toute altitude possible. Cette rectification me semble d'autant plus » nécessaire que quelques personnes ont déjà répandu le bruit, sur la foi de cette n lettre, que les rations accélératrices au Kola peuvent être utilement employées

■ » mais jusqu'à 1000 mètres seulement. »

(2) Ces biscuits, du poids moyen de 10 gr., ne renfermaient que 0gr.50 de poudre de Kola chacun,

ÉDOUARD HECKEL

» Lever à 4 h. du matin, après quatre à cinq heures de som- » meil environ. A 4 h. 3î), ingestion : » M. Nicolas, de deux biscuits au Kola ;

» M. Ghobaut, de deux cachets de caféine (et un petit morceau » de pain), le tout arrosé d'une infusion de café légère.

« Départ de Bédouin à 5 h. 8 du matin. Deux guides nous » accompagnent; eux aussi prennent des biscuits de Kola, au » départ et à chacune de nos haltes.

» Il nous font prendre le plus mauvais chemin de la mon- » tagne, celui qui est connu sous le nom de par la Combe » Curnier. Cette combe est un ravin profond, de trois kilo- » mètres de longueur environ, aboutissant sur les flancs de » la montagne à un point où il n'y a absolument plus trace n de chemin, pendant six à sept kilomètres. Quand on a » gagné la crête de la montagne, au-dessous de la forêt de » pins à crochets {Pinus uncinata), il ne reste plus qu'à suivre les » crêtes de la chaîne du Ventoux de l'Ouest à l'Est jusqu'à l'Obser- » vatoire, pendant quatre à cinq kilomètres, toujours sans aucune » trace de sentier et dans la pierraille de l'Urgonien. Avant d'arri- » ver à l'entrée de la Combe Curnier, 5 kil. à faire. Nous y sommes » à 6 h. 10. Altitude BSO^", légère transpiration chez l'un comme » chez l'autre, sans trace de fatigue. Repos de 3 minutes, pendant » lequel nous prenons : M. Nicolas, 2 biscuits ; M. Ghobaut, deux » cachets de caféine. Nous buvons une gorgée d'eau fraîche, plus » haut, à la source de la Combe.

» A 7 h. 35, nous sommes à 1000 mètres de hauteur environ, ' » au sommet de la Combe Curnier. Très peu de transpiration, chez » l'un comme chez l'autre ; beaucoup moins, certainement, que si » nous n'avions rien pris, car tous deux nous avons la sueur facile. » Diurèse abondante. Le chemin suivi jusqu'ici est des plus diffi- » ciles, passant par un couloir où il y a à peine place pour le corps, » avec des parois de 10 à 12 m. de hauteur et verticalement diri- » gées. Malgré cela, pas de fatigue appréciable, ni aucun autre » phénomène notable. M. Nicolas prend deux biscuits, M. Cho- » haut, deux cachets de caféine, le tout arrosé d'un demi verre de » vin. Le temps est superbe, chaud, mais jusqu'ici nous avons. » cheminé au frais.

» A 9 h. 10, 1300 m. d'altitude environ, nous marchons dans le

» calcaire à C/iflmas de l'Urgonien. La diaphorèse est moins abon- » dante ciiez M. Nicolas, qui prend le Kola, que chez moi, qui » commence à peiner un peu. Chez lui, la fatigue et la soit sont » également moins prononcées. La chaleur est vive ; un petit vent » frais vient heureusement la tempérer un peu, d'instants en ins- » tants. Nous marchons dans la pierraille sans trace de sentier. » Dans une heure nous serons à la limite inférieure des pins à » crochets. M. Nicolas prend deux biscuits, M. Chobaut prend » deux cachets de caféine, le tout arrosé d'un peu de vin. M. Nico- » las a son pouls à 118 et sa respiration à 24, M. Chobaut, pouls à » 92, respiration à 23. Repos de 20 minutes.

» A 40 h. 55. Nous sommes à 1700 m. dans les pins à crochets. » M. Chobaut.pouls à 100 pulsations, avec un sentiment pénible de » constriction à la gorge, à l'estomac et au cœur.Je suis, malgré le » bénéfice de mon âge, 30 ans, beaucoup plus fatigué que M. Nico- » las, qui n'a qu'un peu de pesanteur du côté du cœur, malgré ses » 56 ans ! Je cesse la caféine pour me mettre au Kola, afin d'essayer » de relever mes forces. Nous prenons chacun deux biscuits accé- » lérateurs. En avant ! un dernier coup de collier à donner et nous » déjeunons à l'observatoire où le repas a été commandé par un » guide qui nous a devancés en prenant un chemin plus direct.

» A partir du moment où j'ai pris le Kola, je marche à 50 m. » environ en tête de notre petite troupe et n'éprouve presque plus » de fatigue. La sensation pénible de constriction au niveau de la » gorge, du pharynx, du larynx avec sécheresse d3 ces organes, de » pesanteur de l'estomac et d'angoisse du côté du cœur, tous phé- » nomènes fort nets, ont disparu chez moi, comme par enchante- » ment, dès que j'ai eu ingurgité du Kola. J'ai pu, en outre, marcher » sur les cailloux de la montagne sans plus de peine que sur l'as- » phalte d'un trottoir et sans plus de fatigue qu'à mon lever, après » une nuit de sommeil. Tout ceci sans la moindre exagération. » Les symptômes de constriction à la gorge, à l'estomac et au cœur » ne se sont pas présentés chez M. Nicolas, qui a pris du Kola sans » discontinuer ; mais comme moi il a eu aux jambes quelques » crampes douloureuses, et plus intenses que les miennes, ce qui » s'explique par ce fait que M. Nicolas a subi une atteinte d'arthrite » rhumatismale au genou droit avec épanchement, il y a six ans, » et c'est particulièrement dans cette jambe qu'il a ressenti les

EDOUARD HECKEL

» crampes. Quant à nos deux guides, qui ont pris du Kola, bien )) qu'liabitués de la montagne depuis leur jeune âge, ils n'avaient » jamais parcouru cette route extraordinaire. Ils ont monté la » côte sans la moindre gêne et beaucoup plus facilement, ont-ils » déclaré d'un commun accord, que s'ils n'avaient pas ingéré de » biscuits. Aucun de nous n'a ressenti la faim. J'arrive à l'Obser- » vatoire à midi 35 et M. Nicolas à midi 50. Ce dernier arrive très » fatigué, ce qui s'explique par l'âge, le défaut d'entraînement, » le travail musculaire énorme qui a été réalisé pendant 7 h. 42 » de marche non interrompue. M. Nicolas n'aurait certainement » pas gravi si facilement le Mont-Ventoux, tant s'en faut, sans la 1) noix de Kola.

» M. Nicolas se repose pendant 2 heures environ et déjeune » ensuite de bon appétit, sans présenter d'autre phénomène dans » la journée. Pour moi, je déjeune sans plus tarder et de bon » appétit. Le soir, je n'ai ni la céphalée, ni les vomissements dont » j'avais été pris l'an dernier après une ascension moins pénible. » J'estime que la caféine m'a aidée un peu, mais que c'est grâce au » Kola que j'ai pu donner le dernier et vigoureux coup de collier » qui m'a amené au sommet frais et dispos. »

Une pareille observation émanée d'un homme appelé par sa profession même, à une grande netteté d'appréciation des phénomènes physiologiques, se passe de tout commentaire. On me permettra de faire remarquer cependant qu'elle réalise, dans des conditions plus capables de mettre en évidence l'action du Kola, le défi porté par M. Duhamel à M. Germain Sée. Deux hommes d'âge et de force inégale, l'un ayant deux fois plus environ d'années que l'autre, font une ascension réputée difficile dans les conditions particulières où elle a été réalisée, l'un prend de la caféine et l'autre du Kola à dose alcaloïdique égale (Kolanine non comprise), celui qui faiblit c'est le plus jeune et le plus vigoureux et au moment où il succombe, il est relevé par quoi ? par le Kola. Est-il besoin d'une preuve plus éclatante pour établir que le Kola, comme je l'ai toujours affirmé, n'a pas pour unique principe actif le caféine libre ? Je crois inutile d'insister et j'aime à penser que M. G. Sée, lui-même, ne saurait contester la valeur de cette expérience empirique, bien qu'elle ne sorte pas de son laboratoire.

Pour bien montrer cependant la situation d'infériorité dans

laquejle se trouvait M. Nicolas, dans cette ascension mémorable, pour mettre eu vive lumière les diHicultés de cette course si bien supportées, je veux citer ici quelques passages de la lettre que m'écrivit le 24 juillet 1890, peu après le rapport du docteur Chobaut, M. Nicolas lui-même :

« Pour faire une épreuve bien concluante, je me suis abstenu » de toutentraînement à la marche, ne voulant point préparer par » des exercices préalables mes muscles au surmenage de la montée, » et, cela, afin de mieux mettre en relief l'influence de l'excitant » que nous appelions à notre aide. Depuis longtemps, dans ce but, » j'avais renoncé à mes sorties entomologiques si fructueuses dans » cette saison, afin de me placer dans les conditions les plus défavo- » rables pour tenter cette expérience à laquelle je reconnais une » importance pratique considérable. Aussi vous l'avouerai-je, sans » trop douter de mes forces et de mon habitude des montagnes, ce » n'est pas sans quelque crainte que j'ai abordé les difficultés de » cette ascension. En voici le détail en raccourci. Elles valent la » peine d'être signalées, car la route que nous avons prise est » redoutée de tous les touristes et bien peu d'entre eux peuvent » se flatter de l'avoir parcourue.

» En partant de Bedoin, à 5 heures du matin, nous avons suivi » un vrai chemin pendant un quart d'heure, puis un sentier pen- » dant quelques minutes ; enfin, nous avons abordé, pour ne plus » en sortir de longtemps, la gorge de Curnier.

» A partir de ce moment, le déversoir de la gorge ne nous » offre qu'un cône de cailloutis mobiles ne donnant plus à la » marche ni assurance, ni stabilité. A chaque pas, nous devons » rétablir notre équilibre. Le cône passé, nous sommes dans l'en- » caissement de la gorge étroite limitée par des parois qui s'élèvent y> à 10 et 12 mètres de liaut. Nous marchons dans le lit du torrent : » les blocs roulés parles orages sont de forte taille,c'est une vérita- » ble escalade qu'il faut faire. Souvent, même, nous montons » réellement, comme dans un escalier tortueux à marches inégales, » sur les roches entassées dans ce couloir : c'est horriblement fati- » gant. Si vous augmentez les proportions de ce passage vous » avez les gorges du Fier. Bref, nous gravissons gaîment cet » entassement de blocs éboulés, et, cela, pendant 2 kilomètres.

» Pour sortir de la gorge, nous prenons le flanc gauche tandis

EDOUARD HECKEL

» que la droite nous eût offert moins de difficultés, mais tout doit » rendre notre marche plus rude et plus semée d'obstacles. Sans » jamais rencontrer le moindre sentier, même un de ceux dont les » brebis laissent quelquefois de vagues traces sur les versants, n nous nous frayons une route dont la pente est souvent de 23 »/o » quelquefois de 35, sur cet émiettement croulant de l'Urgonieu. B Je ne puis mieux comparer notre marche qu'à celle d'un voya- » geur qui, pour se distraire, s'amuserait à passer continuellement » sur les tas formés de pierres cassées et de graviers qu'on dépose » sur les bords des routes pour en opérer le rechargement ; toute- » fois, dans notre cas, les pierres étaient beaucoup plus grosses, » quelquefois volumineuses : sur cette déclivité, il nous fallait » choisir à chaque pas, pour y poser le pied, une pierre qui nous » parut capable de supporter l'effort que nous allions faire porter » sur sa sui'face pour nous élever quelque peu.

» Quatre grandes heures durant, nous avons supporté ce sup- » plice, et c'est ainsi que nous avons franchi la forêt de pins, pour î arriver sur la crête du côté de l'Ouest. Il nous reste quatre kilo- » mètres à franchir sur un sol craquelé qui nous oblige à prendre » quelques précautions pour ne pas mettre nos pieds dans des » anfractuosités de roches pareilles à celles que les glaciers aban- » donnent. Les touristes qui ont parcouru la région des Alpes, » connaissent cette sculpture particulière que présentent les sur- » faces recouvertes constamment de neige durant l'hiver. Elle est » peu propice à une marche aisée.

n En résumé, nous avons marché pendant 7 heures 1/2 sans » suivre aucune trace de sentier, et l'espace parcouru dans ces » conditions particulièrement fatigantes est de 10 à 12 kilomètres. » Il m'eût été impossible d'arriver si je n'avais eu à mon service » un stimulant qui répare les forces à mesure qu'elles disparais- » sent. Dans mes courses antérieures, ce que je redoutais le plus, » ce sont les atteintes de la faim. Ici, mon estomac n'a jamais rien » réclamé, je n'ai ressenti aucun tiraillement, ce qui ne m'arrive » pas même dans une simple tournée, et cependant je n'avais pris » en tout que dix petites galettes accélératrices du poids total » de 110 grammes environ. »

En somme, les observations comparées sur l'action de la caféine et du Kola dans les marches faites par MM. G. Tardieu, Maurice

Gourdon, D' Chobaut et Nicolas, quoique réalisées dans des conditions fort différentes, sont absolument concordantes et ne laissent aucun doute touchant la supériorité du Kola sur la caféine libre. Ces résultats pratiques, qui ont leur valeur, sont confirmatifs, du reste, des données physiologiques établies page 252.

Pour compléter cette série d'observations expérimentales comparées entre l'action du Kola et de la caféine, il me reste à relater les essais dus à des vélocipédistes de marque. M. Courau (de Vitré, rue Notre-Dame, 9) a entrepris dans ce sens et fait entreprendre par ses amis, vélocipédistes de haute valeur comme lui, quelques expériences significatives.

Après avoir constaté, par lui-même et par ses amis de Bretagne, l'influence incontestable du Kola sur la fatigue et l'essoufflement déterminés par cet exercice du bicycle ou du tricycle, il m'écrit à la date du 17 août 1890: «J'ai fait prendre du Kola (sous forme de » galettes accélératrices) à un de mes amis, et comme moi, il en a » ressenti tous les bienfaits, car, grâce à leur influence, il a pu » obtenir dès-résultats inespérés. Le 27 juillet, aux courses de Saint- I) Poix, il a concouru deux fois et est arrivé deux fois premier, en » battant le champion de Bretagne. A Laguerche, le 3 août, il est » arrivé roue à roue avec M. Chereau, champion de France.

» Comme moi, et, suivant vos indications, il a pris deux galettes » une heure avant de monter en vélocipède et une seule cinq )) minutes avant chaque course. Remarquez que chacune de ces » courses-concours variant entre 6 et 8 kilomètres, il a fait ce » trajet avec une vitesse de 30 kilomètres à l'heure : or, avant qu'il » ne prit les galettes au Kola aux doses que vous avez fixées, il ne » pouvait faire que 3 kilomètres sans être essoufflé et obligé de » s'arrêter. Avec le Kola, au bout de ces courses-concours, il ne » ressentait aucun essoufflement, tandis que précédemment, après » 3 kilomètres, la respiration lui manquait absolument.

» Il ressort donc d'une manière irréfutable que les galettes au » Kola non seulement stimulent les forces en les augmentant n considérablement, mais suppriment l'essoufflement. Je ne dois » pas oublier de vous dire que deux de mes amis ont pris de la » caféine, comme l'indique M.G.Sée,et en ont ressenti des maux de )) tête et des envies de vomir, tandis qu'avec les galettes au Kola on » n'éprouve que du bien-être et aucun inconvénient de ce genre. »

ÉDOUARD HECKEL

Je dois enfin à la bienveillance du môme D'Chobaut, communication de quelques expériences faites à Givors sur le Kola : elles établissent nettement que ce produit agit avec une efficacité merveilleuse quand les formes pharmaceutiques sous lesquelles on le donne conservent, le plus possible, le rouge de Kola. A ce point de vue,il est évident qu'avant même la poudre bien épurée, c'est l'extrait alcoolique du liola frais qui est la préparation la plus rationnelle. Il n'y a, en réalité, qu'une préparation rationnelle et par conséquent recommandable, c'est le Kola en nature, mais épuré, bien authentique (il est trop souvent mêlé de graines dépourvues de toute valeur), et épuré de son huile essentielle. C'est capital.

Voici ces observations : « Un de mes confrères, M. le Dr Assada, de Givors (Rhône), m'a communiqué les deux faits suivants :

» 1° Aux joutes de Givors, deux individus de force égale luttent » entre eux. L'un a pris de l'extrait alcoolique de Kola et l'autre rien. » Or, le tombe (c'est le mot) à chaque coup son adversaire sans être - » jeté une seule fois à l'eau par lui ; 2° Dans un concours de natation » à Givors, les Givordains qui ont pris de l'extrait de Kola arrivent » de beaucoup les premiers et cela sans la moindre fatigue. »

Les mêmes faits s'observent dans l'exercice du vélocipède. Voici ce qu'écrit M. G. Dubuisson, bibliothécaire universitaire de l'Académie de Rennes, vélocipédiste convaincu, à un de ses collègues qui lui avait adressé des Rations au Kola.

» Rennes, le 29 juillet 1890. — Les biscuits au Kola sont abso- » lument étonnants comme résultats. J'ai fait le trajet de Loudéac » à Rennes, aller et retour, soit 190 kilomètres, dans ma journée, » en ne me sustentant qu'avec ce produit et le lendemain je ' » n'éprouvais qu'une fatigue très ordinaire, au lieu de la torpeur » et des lourdeurs de tête que m'occasionnaient ces exercices » prolongés. Hier, je suis allé de Saint-Malo à Cancale, aller et » retour, soit 170 kilomètres en un jour. Même traitement et même » résultat; je suis enchanté du Kola, d'autant plus qu'on n'a pas » besoin de s'habituer à son action. L'estomac n'en souffre aucune- » ment. »

Celte expérience est corroborée par celle d'un vélocipédiste marseillais, M. Deleveau, 68, rue d'Alger. « J'ai essayé le 15 juillet, » les Rations au Kola et je puis affirmer que c'est réellement mer-

» veilleux. Malade et ayant renoncé depuis 8 mois au tricycle, voici I) ce que j'ai pu faire grâce à ces galettes.

» Parti de chez moi à 4 heures 45 du soir, après avoir pris deux » galettes, je me suis rendu à Aubagne (15 kilomètres) en nian- » géant une galette par heure. Arrêt de 10 minutes dans cette ville, » pris une galette, un verre d'eau et retour chez moi à 8 heures, » sans fatigue, sans éprouver ni le désir, ni le besoin de manger, B et dispos au point d'avoir envie de recommencer. Mon ami, » M. Bayol, a profité du 14 juillet pour aller à Narbonne voir son » frère qui y fait du service militaire. Pour s'y rendre et revenir, » il a fait deux journées de 100 kilomètres en bicyclette en prenant n deux galettes toutes les heures. A son retour, il m'a affirmé que, » sans les biscuits au Kola, il eût dû s'arrêter en route.

» Une troisième personne de ma connaissance a fait l'essai des » galettes sans prendre aucune autre nourriture pendant toute » une journée de marche en bicycle. Elle s'en est très bien trouvée. »

Observations d'emploi du Kola en course vélocipédique par M. RoLLET, pharmacien-chimiste, 1" adjoint au Maire.

Louviers, le 24 Août 1891.

« Je suis heureux de pouvoir vous annoncer le résultat d'expériences avec les rations au Kola, car il est tout en leur faveur.

l'' Observation : « M. Deparde, membre du Sport vélocipédique » de Louviers, mon élève, est parti le 9 Aoûtdernier, en vélocipède,à » 3 heures du matin, après avoir mangé deux galettes et avoir bu un » verre d'eau. Il voulait aller au Havre sans prendre autre chose que » ce produit. A Yvetot, il prit la sixième croquette et continua » jusqu'à Bolbec, distant de Louviers de 86 kilomètres. Il affirme que » s'il avait eu deux galettes de plus à sa disposition il aurait pu » atteindre très facilement Le Havre, c'est-à-dire faire 115 kilomètres » sans éprouver le besoin de manger. Il affirme en outre qu'il n'a » éprouvé aucune fatigue dans les jambes comme cela lui arrivait » toujours après un long parcours.

ÉDOUARD HECKEL

» Ce voyage n'a été entrepris que dans le but d'essayerles rations » condensées à la Kola. »

2me Observation : « Elle eut lieu le 13 Août au soir. M. Lemenu, » mon compagnon de route, était même légèrement indisposé. )) Nous avions résolu de faire en bicyclette le voyage de Paris, mais » avions cependant décidé de coucher en route. Nous avons pris à » partir de Pacy-sur-Eure une galette toutes les heures, et sommes )) allés coucher à Poissy, ville éloignée de Louviers de 91 kilon mètres, après en avoir mangé six chacun. Je dois affirmer que » si l'état de la route eût été satisfaisant, nous aurions certainement » fait les 27 ou 28 kilomètres qui nous séparaient de Paris, sans » éprouver le besoin de prendre d'autre nourriture. Je crois devoir » ajouter que jamais jusqu'alors, il ne nous était arrivé de faire )) un aussi long trajet sans éprouver le besoin de faire un repas » confortable et surtout sans nous reposer. J'attribue donc ce n résultat à la Kola contenue dans les rations. La façon de pré- » senter cette noix est très appétissante, et le vélocipédiste éprouve )) beaucoup moins le besoin de boire que lorsqu'il broie la noix de » Kola sèche en nature. Nous n'avons éprouvé aucune lassitude » dans les jambes, et n'avons nullement ressenti ces tremblements » nerveux et involontaires qui sont la conséquence forcée d'une » longue fatigue. » (1).

A côté des expériences des vélocipédistes français, il est bon de placer un essai du Kola, durant une course mémorable faite en vélocipède, par le capitaine baron Vandalin de Kelleskrauss, de l'artillerie russe, en garnison à Korono (Russie occidentale). Cet officier, après être venu de Saint-Pétersbourg à Paris en vélocipède, a refait de la même façon la route de retour dans la capitale de la Russie. C'est durant ce retour qu'il a usé du Kola : je l'avais muni de ce viatique à son passage à Marseille. Voici le rapport de ce capitaine :

« Je vous demande pardon d'avoir tant tardé à vous faire » connaître les résultats que j'ai obtenus avec les Rations au

(i) J'ai cru devoir insister sur les expériences d'emploi méthodique du Kola durant les exercices vélocipédiques, pour les mettre en parallèle avec ceux que je signalerai bientôt, d'après le haut témoignage de M. le D' Tissié, de Bordeaux et qui, moins favorables à l'emploi du Kola, peuvent cependant s'expliquer par des phénomènes de véritable Kolaïsme, semblables à ceux dont j'ai déjà parle page 26/.

» Kola, que je tiens de vous. La maladie et le service militaire » en sont seuls cause.

» Ces galettes ont remplacé, avec un succès éclatant, presque » tous mes repas du matin, et parfois môme les dîners » pendant ma marche. Mon voyage de retour a été bien dur » à cause du temps atroce (pluie continuelle accompagnée » d'un vent horrible) que j'ai eu à subir. Je consommais » tous les quarts d'heure une galette, c'est-à-dire quatre biscuits » en une heure. Quand j'en prenais deux ou trois dans mon » thé de caravane (dont j'avais toujours avec moi une petite » provision, emportée de mon pays), c'était suffisant pour » remplacer amplement un dîner copieux. Outre ces qualités )) nutritives, je trouve que ces galettes au Kola excitent ou » maintiennent les forces physiques.

» Parfois, sur mon trajet de Marseille à Pétersbourg (3,500 kil.), » quand après une rude journée de bicyclette, par un temps » affreux, je me sentais tout d'un coup abattu et sans force, » j'absorbais une galette et, comme par enchantement, toute » ma faiblesse disparaissait. Je vous autorise. Monsieur, bien » volontiers, à faire l'usage qui vous semblera bon de cette » communication et, si vous désirez des renseignements plus » détaillés, je me mets avec plaisir à votre entière disposition » comme doit le faire un ami russe avec son ami français. »

Signé : V. de Kelleskrauss.

Korono, 20 novembre 1891.

Observations de M. Traxelle, membré du Club alpin français

(Extrait du Bulletin du Club Alpin français, section Vosgienne. — n° de décembre 1890) :

» Dans le Bulletin de la section Vosgienne (190, p. 11), notre col- » lègue M. René Collin, a rendu compte de l'excellent effet produit » sur lui-même par l'emploi des rations au Kola. L'expérience » que je viens de faire me permet de joindre mon témoignage » au sien.

aa

EDOUARD HliCKKL

» Au cours d'un voyage que j'ai fait avec ma femme cet été » (1890), nous avons eu recours trois fois aux rations accéléra- » trices. Les deux premières épreuves qui ont consisté en marches » de sept lieures et de cinq lieures de durée en montagne (jusqu'à » 2.180 mètres) nous ont démontré deux clioses : 1" c'est qu'il faut » éviter toute boisson alcoolique, si faible que soit la dose d'alcool, )) quand on fait usage de ces rations, et se contenter d'eau, comme » le recommande du reste l'inventeur ; 2° que l'intervalle d'une » heure mis entre les rations est un peu trop considérable, du » moins pour certaines personnes. Il faut en prendre une toutes )) les quarante-cinq minutes de marche. Le succès des deux pre- » mières expériences m'a décidé à en tenter une troisième le )) lendemain, et les difTicultés de la marche l'ont rendue absolument )) concluante.

» Dès 8 heures 40 du matin, nous commencions à gravir le sen- » tier de l'Eggishorn, lestés seulement d'une tasse de café au lait, )) Au bout d'une heure et demie, comme nous étions parvenus )) à 2.600 mètres environ, la neige commence à tomber et le sommet » de l'Eggishorn est enveloppé de nuages ; nous redescendons à » regret jusqu'à l'hôtel, et, sans nous y arrêter un seul instant, )) nous prenons le sentier neuf, non encore complètement terminé, )) qui conduit au lac Marjelen en s'élevant à l'extrémité du Hoh- » thaelligrat, puis, en redescendant, vers le lac. Tout ce versant )) était encore rempli de neige. Du lac Marjelen nous sommes )) descendus à la Stockalp, et de là à Fiesch, le long du glacier du )) même nom, par des sentiers vraiment pénibles, très raides et )) fort mal tracés. Nous arrivons à Fiesch à 6 heures 15 du soir et » nous y dinons à 7 heures, après avoir, dans notre journée, » marché constamment, sauf deux haltes de 15 minutes sans avoir )) bu autre chose qu'un peu d'eau à 5 heures. Depuis 9 heures 30 du )) matin, nous avions vécu en prenant chacun une galette (du poids )) de dix grammes) de quarante-cinq en quarante-cinq minutes.

)) L'épreuve me semble décisive. Tout bon marcheur que je crois )) être, je serais tombé d'épuisement longtemps avant la fm d'une )) pareille journée sans les rations au Kola, et il eût été souve- » rainement imprudent d'y exposer une femme, qui, grâce à ces )) rations, a supporté très vaillamment et sans le moindre malaise, )) des fatigues que bien des hommes n'affronteraient pas.

LKS KOLAS AFRICAINS

» Le lendemaiu, les muscles se ressentaient de la rude gymnas- » tique qu'on leur avait imposée ; mais, pendant la marche, la » faim est supprimée, la soif l'est presque complètement aussi, la » fatigue est absente, les forces musculaires sont entretenues. Que » peut souhaiter de plus un marcheur? Il faut donc faire des vœux » pour que les préparations au Kola soient mieux connues et )) employées, et surtout pour qu'on en trouve, dès l'an prochain, » dans toutes les localités tant soit peu importa nies des pays de » montagne. »

Département du Var. — Sous-direction de Draguif,'nan. - Recette de Fayence.

Contributions indirectes.

Résultats obtenus avec les rations au Kola

attestés par MM. Raymond et Chave, employés à Fayence.

« Les employés de la recette de Fayence, chargés d'un par- » cours considérable pour leur service, ont, pendant les mois » de mai et juin 1891, fait usage, dans certaines tournées, des » rations accélératrices au Kola.

« Ainsi, partis le il mai du village de Montauroux à 1 h. du » soir, nous, receveur et commis principal, avons, pendant » 2 h. de marche à travers les sentiers des montagnes, parcouru » le chemin qui conduit à Taneron. Après une heure de séjour » dans cette localité pour l'exécution du service administratif, » nous sommes repartis par le même chemin, pour venir reprendre » notre voiture.

» Ce parcours de 5 heures de marche a été effectué, sans » fatigue, en faisant usage de 6 rations accélératrices chacun, » Nous avons remarqué que nous étions exempts de tout essouffle- » ment à la montée, que notre marche était régulière, aussi rapide » à l'arrivée qu'au départ.

» Dans d'autres tournées, notamment de la Bastide à la Martre » et à Chàteauvieux, nous avons, le cheval étant fatigué des 40 » kilom. franchis dans la journée, fait ce parcours à pied, soit

Edouard hiîckel

» 46 kilom. (aller et retour) en 2 h. 1/2 ; séjour de 15 minutes » dans chaque village, soit 3 heures de marche dans les monta- » gnes, eiïecluée sans fatigue en faisant usage de 4 rations chacun.

» Ces expériences ont été renouvelées le 28 mai et le 14 juin )) courant : les mômes résultats avantageux se sont produits.

)) Nous avons pu constater que l'emploi des rations accéléra- )) trices avait pour effet d'accroître les forces musculaires, de » produire de l'entraînement et de combattre la fatigue. »

Expériences sur l'emploi du Kola faites par le club Alpin-Algérien.

« Alger, le 30 avril 1890.

« Depuis quelque temps, il n'est question, dans la presse, que » des Rations condensées accélératrices au Kola, Tout récemment, » un des rédacteurs de la Vigie rappelait les effets connus de ce » nouveau produit, et le recommandait aux Alpinistes de la section )) de l'Atlas. Ceux-ci se sont empressés de l'essayer et voici le )) résultat de l'expérience :

)) Dans la course du 27 avril dernier, au Bou Zagza (1033 mètres) )) nous résolûmes, un de mes amis et moi, de ne manger autre chose » que des Rations au Kola.

» Le nombre de biscuits consommés a été, pour chacun, de 12 » (environ 150 grammes), à raison d'un ou deux par heure. La durée » de la marche effective a été de 9 heures, ce qui, en montage, repré- )) sente généralement une bonne course. Les effets constatés ont été: » 1° Marche plus allègre que d'habitude, surtout aux montées ; 2° )) Diminution de l'essoufflement; 3° Suppression de la faim. Pendant » le déjeûner que firent nos compagnons, nous n'éprouvâmes point » le moindre désir de toucher aux mets succulents qu'ils étalaient » complaisamment sous nos yeux ; 4° Diminution sensible de la » fatigue musculaire.

)) J'ajoute qu'au point de vue physiologique, nous n'avons cons- )) taté aucune suite fâcheuse, ni pour l'estomac, ni pour les intestins.

» Nous n'avons pas voulu nous en rapporter à une seule expé-

)) rience;nous avons profité de l'excursion de la Pentecôte au » Djurdjura pour faire un nouvel essai. Cette fois la marche effective )) a été de 9 heures ; mais la course fut bien plus pénéble qu'au » Bou-Zagza. Il s'agissait d'arriver au pic deGalland dont l'altitude » s'élève à 2.134 mètres; les grands rochers abrupts et les pentes de » neige durcies ofïrirent de nombreuses dillicultés et exigèrent des M efforts musculaires sérieux et prolongés. Onze biscuits nous suf- )) tirent celle fois, et produisirent les mômes effets qu'à la première )) expérience. Plusieurs collègues en prirent aussi quelques-uns à la » montée, et tous ontété unanimes à déclarer que leur pénible ascen- » sion avait été singulièrement facilitée. Aucun des 25 clubistes qui » composaient la caravane, n'est resté en arrière, et j'attribue » quelque peu la réussite complète de cette mémorable expédition » aux Rations condensées accélératrices.

» L'un de nous, M. B., a fait une expérience plus concluante. » Pendant près de 30 heures, c'est-à-dire du dimanche à midi » jusqu'au lundi soir à 3 heures, il n'a voulu prendre aucune » nourriture. Il a consomuié 18 biscuits ; en tout 225 grammes à » peine, et a fait toute la course avec un entrain remarquable. » Les diverses sections du Club Alpin Français on fait, du reste, )) les mêmes expériences que nous depuis quelque temps déjà, et )) ont définitivement adopté le Biscuit au Kola. Il rend tous les » jours aux Alpinistes de grands services dans leurs courses » souvent pénibles et parfois périlleuses. Je n'insiste pas sur ceux » qu'il pourrait rendre, le cas échéant, à nos armées en cam- » pagne ; La preuve est faite et je suppose qu'on y songe en » haut lieu ».

Signé : L. PRESSOIR, Professeur au Lycée, Sécrétaire général du Club Alpin Français.

(Extrait de « ta Vigie Algérienne)), juin 90).

L'alpinisme et les Rations condensées accélératrices

« Sans aborder, au point de vue de leur composition chimique, l'examen de la valeur des rations condensées accélératrices du docteur Heckel, ayant eu, cette année, cinq mois à passer dans les

KDOUAnO IIKCKEL

inoiUagnes des Vosges, il m'a paru que j'étais à môme d'étudier l'ellel de ces ralious au point de vue de l'alimenlation, et môme au point de vue de l'ellet moral, les deux se donnant volontiers la main.

)) Ma conclusion, basée sur l'expérience de cinq mois d'un fréquent usage de ce genre d'alimentation, est que : les rations condensées accélératrices du docteur Heckel sont non seulement à proposer comme vivres de réserve ou comme complément de l'alimentation ordinaire, mais à employer comme principal et même comme un seul aliment, — en temps de marche, bien entendu.

» Comme vivres de réserve : — ce ne sera plus à démontrer s'il est admis qu'on peut en faire l'aliment principal en temps de marche.

» A titre de complément de l'alimentation ordinaire, l'effet immédiat de ces rations étant de hâter, d'activer une heureuse digestion des autres aliments qui pourraient encore demeurer sur l'estomac, il est évident que le marcheur en acquiert plus de légèreté, un grand bien-être, se sent plus dispos.

» Comme principal et même comme unique aliment avant et durant le temps de marche, — mes expériences, sur ce point, sont nombreuses, et pour moi concluantes. En absorbant, à chaque demi-heure, une de ces rations, on acquiert bientôt comme une légèreté extraordinaire, on se sent avancer aisément ; bientôt les muscles des jambes se fortifient, l'espace à parcourir ne compte plus; les difficultés à vaincre ne troublent plus, et l'intelligence lucide éprouve satisfaction à diriger sur toute espèce de voies arides, mal tracées, rudes, embroussaillées, des efforts qui ne coûtent plus, des recherches qui aboutissent au but.

» L'entraînement devient-il extraordinaire? — Oui! — Cet entraînement est-il excessif? Non; et les suites n'en sont point à craindre pour la santé, si l'on a soin de faire le soir (le soir seulement) un bon repas. Ce repas, c'est à remarquer, sera (qu'on le veille ou non), le double peut-être d'un repas ordinaire, — l'estomac devient un gouffre à combler, — et le lendemain on se réveille dispos sur un excellent sommeil.

» S'il arrivait qu'on ne procédât point, pour une cause ou pour une autre, à ce repas du soir (ce que j'ai fait à titre d'expérience),

le sommeil est léger et peu réparateur: néanmoins on peut le lendemain continuer encore à marcher.

)) Ainsi donc, ces rations, ù mon avis et d'expérience, constituent, pour le temps de marche, fûl-ce d'une journée pleine, un aliment qui, sous une forme légère et d'un transport facile, produit, pris comme seule nourriture pendant le jour, un efïet, au physique comme au moral, aussi avantageux que possible.

)) Les rations ne revenant même pas à 5 centimes l'une, si l'on a soin de les demander par petits colis de quatre boîtes, il est aisé de se rendre compte du bon marché de cette alimentation.

» Les hôteliers et nos ménagères seront peut-être consternés, le soir, d'avoir à constater, à leurs dépens, l'extrême ardeur de notre appétit ; mais il n'est avantage en ce monde qui ne soit pour quelques-uns, compensé par de légers déboires. »

Signé : René COLIN, Membre du Club Alpin français, à Nancy.

Voici, à côté des observations d'Alpinistes français, l'appréciation d'Alpinistes suisses :

Club-Alpin Suisse (section de Chaux-de-Fonds), 30 juin 1891.

« Monsieur, dimanche dernier nous avons fait un essai avec » les galettes au Kola, et le résultat confirme pleinement ce » que nous tenions de nos confrères du Club- Alpin français » de Belfort, c'est-à-dire que les biscuits deviendront indispen- » sables pour toutes les courses nécessitant de grands efforts » musculaires. » Signé : Georges Gallet, secrétaire de la section.

Je ne peux pas passer sous silence, les expériences faites récemment dans les environs de Marseille par un service d'infirmiers en période de manœuvre. Elles ont leur valeur.

Expériences faites par la Ci'oix Rouge Française (Société de secours aux blessés des armées de terre et de mer. — Comité Départemental des Bouches-du-Rhône).

Ces expériences ont été faites pendant les manœuvres d'ambulance exécutées à Roquevaire (Bouches-du-Rhône) par le Corps des Infirmiers du Comité départemental et du Comité cantonal d'Auba-

gnc, les 13 et 14 septembre 1890, sous la direction de M. le D^Ménécier, à qui je cède la parole :

« Les essais faits avec les rations condensées accélératrices )) uous ont fourni d'intéressantes observations sur les produits )) alimentaires condensés de réserve. Ces Rations sont présentées )) sous forme de petits biscuits couleur chocolat, très croustillants, » d'un goût agréable rappelant la saveur de la noix de Kola, qui )) entre dans sa composition et lui donne ses propriétés. Tous ceux )) qui ont mangé avec nous de ces biscuits ont ressenti les effets » généraux suivants : 1° en marche, accélération du pas etessouffle- » ment moindre; 2° au repos et dans les exercices, augmentation )) des forces et appétence plus grande sur sollicitation de l'estomac.

l^e Expérience. — Huit hommes, ayant mal soupé le samedi )) soir au départ (8 heures) pour les manœuvres, ont couché sous la )) lente et satisfait, le dimanche, à toutes les manœuvres, d'ambu- » lance après avoir fait un seul repas à midi. Ces hommes ont pu, )) sans fatigue et sans éprouver le besoin de i^eprendre des aliments, )) rentrer chez eux le dimanche soir à 11 heures. Ils n'avaient pris )) qu'un supplément de dix biscuits arrosés indifféremment avec » de l'eau ou du vin.

2me Expérience. — « Sept hommes, après avoir consommé seule- » ment six biscuits (un toutes les heures) et n'ayant pas mangé » depuis la veille au soir, ont pu franchir l'heure habituelle du )) déjeuner de midi, sans éprouver le besoin de prendre de lanourri- )) ture et ont fourni un travail continu de douze heures.

3me Expérience. — « Quatre biscuits et une tablette de chocolat » à la poudre de viande de Rousseau (poids 25 gr.), mangés à )) 4 heures de l'après-midi et arrosés d'un verre de bière, ont » suffi pour nous alimenter jusqu'au lendemain matin à 8 heures, )) après avoir prolongé la fatigue de la veille jusqu'à 11 heures du » soir, et nous être levés à 6 heures du matin.

» Nous devons faire observer que les hommes soumis à ces » expériences étaient d'âge, de tempérament et de constitution bien » différents : aucun d'eux n'était entraîné, par conséquent ils )) étaient plus susceptibles que d'autres d'être éprouvés par la » fatigue. Ils ont cependant supporté très vaillamment la privation

1) des repas et fourni, tous, un travail supérieur à celui qu'exige » chaque jour leur profession. D'autre part, c'est un minimum » peut-être exagéré de Rations condensées (nous l'avons fait à des- » sein), que nous leur avons fait distribuer, sans qu'ils aient eu à » soufiErir de la faim et de la soif, pas plus que nous n'avons cons- » taté chez eux, pendant les exercices pénibles de brancardiers, de » l'essouflleraent ou des sueurs abondantes. »

J'ai accumulé ici intentionnellement un faisceau compact d'observations tant sur le Kola (1) que sur la caféine, dans le but de répondre aux dernières 'objections que l'on continue à formuler sur la foi du dire de M. G. Sée, dans certains milieux, contre l'emploi du Kola : la supériorité de la caféine sur le Kola ; 2" la nocivité de l'emploi prolongé du Kola. Les expériences fort méthodiques de MM. Chobaut et Nicolas, Maurice Gourdon, Tardieu et Courau, ne laissei'ont aucun doute dans les esprits les plus prévenus, touchant la supériorité pratique indiscutable du Kola en nature sur la caféine. Quant à la nocivité du Kola pris pendant plusieurs jours consécutifs, les expériences prolongées de M. Elie, inspecteur des forêts à Sisteron, la réduisent à l'état de légende. J'aurais pu rappeler, à propos des observations très probantes de M. Elie, celles non moins significatives de M. le comte de Blois, conseiller général de Maine-et-Loire, qui s'est nourri en 1888, pendant une chasse, presque exclusivement de galettes au Kola et cela durant huit jours, sans en éprouver de dommage.

Il n'y a plus évidemment à revenir maintenant sur cette question, elle est jugée : il est évident que quel que puisse être le mode d'expérimentation mis en cause, la caféine seule ne possède jamais au même degré les vertus incontestées du Kola contre la fatigue et l'essoufflement déterminés par les grandes marches ou les grands eflorts. Il ressort également de ce faisceau d'expériences très variées et exécutées par des hommes de tempérament fort différent, que l'usage du Kola ne fatigue pas, quelle que soit la durée de l'emploi qu'on en puisse faire, en ayant soin toutefois de l'absorber à doses fractionnées de 1 à 2 gr. par heure de marche. De plus, pas de

(1) J'aurai pu multiplier considérablement ces dernières ; je me suis borné à reproduire les plus importantes, soit par le caractère des observateurs, soit par leur valeur ou encore à cause de la nature des obstacles vaincus.

ÉDOUARD HECKKL

dépression le leudemaiD d'une course fatigante, après avoir employé le Kola.

Voici, du reste, au sujet de l'emploi du Kola, l'opinion de M. le D»" Tissié, de Bordeaux, secrétaire-général de la Ligue de l'éducation physique de cette ville, et lui-même vélocipédiste très ardent, telle qu'elle est exprimée dans son livre « Guide du oélocipédiste » publié chez Doin (Paris 1893, 2» édition), au chapitre : Aliments d'épargne ou excito-moteurs. Après avoir i:ait le plus grand éloge du Kola dont il s'est servi lui-même, M. le D"" Tissié rend compte des résultats contradictoires qu'ont obtenus diiïérents coureurs, par suite, sans nul doute, d'un emploi mal conduit.

« Chaque tempérament, dit-il, réagit à sa façon avec tel ou tel » aliment. Aussi est-il assez difficile de conseiller les mêmes » aliments à tous. Chacun devra tâter sa susceptibilité. Un de mes » correspondants, qui a essayé le thé, le café, le maté, la Kola, dit » que le thé et le maté produisent chez lui des effets identiques : » excitation faible sans énervement. Le café l'énerve, la Kola » l'excite et provoque la toux. Chez un autre, le thé n'agit pas, mais » le maté l'énerve fortement ; un troisième ayant pris une dose immo- » dérée de Kola en poudre dans une course (sur route) de 40 kilo- » mètres, ressentit aussitôt une grande vigueur et prit une grande » avance sur ses concurrents, en maintenant l'allure pendant 30 » kilom. Mais, tout à coup, il tomba dans un grand affaissement, il » ne put presque plus avancer et n'arriva qu'avec 3 minutes d'avance » sur le second coureur alors qu'il l'avait dépassé de beaucoup dans » la première partie de la course (1),

» Voici une formule qu'un pharmacien vélocipédiste me fait » parvenir. Avec ces pilules, il a fait 140 kilom. en 8 heures 10 min. » et 2 heures et demie d'arrêt, sans entraînement.

(1) Ce résultat n'a rien de surprenant, il est probable que le sujet, en absorbant d'un coup une forte dose, a éprouvé des phénomènes de véritable ivresse semblaiiles à ceux qu'on constate, même chez les nègres, après un usage immodéré de cette substance. Ce cas aussi bien que tous les autres cités par M. le D' Tissié, semblent relever, du reste, de l'abus et non plus de l'usage du Kola.

Extrait de Kola 1 gramme

Poudre de réglisse, q. s.

Essence de menthe. 2 gouttes.

10 pilules

» Chaque pilule renferme 0 gr. 10 de Kola sous forme d'extrait : » ou peut ainsi doser la prise selon le besoin.

» Ce vélocipédiste me déclara que la caféine, en accélérant les » mouvements du cœur, congestionne son cerveau et que le Kola le » constipe légèrement (1). Ùn autre ayant pris du Kola pour une » marche de nuit, trois heures après son départ qui avait été » précédé d'une prise de thé, reprit encore du Kola sous forme de » biscuit : pendant la nuit son visage fut congestionné durant une » demi-heure et il ressentit une grande chaleur au corps.

» Quelques vélocipédistes ne sont pas partisans du Kola : » M. Jieil-Laval s'est fort mal trouvé d'une préparation de Kola » dans sa course de Paris à Brest. »

Un peu plus loin enfin M. Tissié conclut « que tous les aliments » nervins, thé, café, maté, cacao et en particulier le Kola, peuvent. » rendre de grands services aux vélocipédistes, à la condition de ne » pas en abuser ».

J'ai insisté longuement sur les divers passages extraits du livre de M. Tissié non seulement pour mettre en lumière l'opinon personnelle favorable au Kola de M. le Tissié, dont l'autorité en la matière est d'un si grand poids, mais encore pour mettre en garde les personnes adonnées aux divers exercices sportifs contre les promesses trompeuses et les renseignements intéressés de certains prospectus, qui ne tendi'aient à rien moins qu'à les pousser à une consommation abusive du Kola, en laissant espérer par ces doses la décuplation des forces. Il ne faut pas oublier qu'il y a, par chaque tempérament, une limite d'excitation nerveuse qu'il ne convient pas de dépasser, et naturellement les personnes excitables doivent plus que les autres se confirmer dans des doses très faibles, la surexcitation par le Kola pouvant avoir pour ces tempéraments spéciaux des conséquences désagréables. Toute autre sera la résistance (et par conséquent la dose limite permise) pour une personne lymphatique et sans réaction nerveuse. D'une façon générale, quand j'ai été consulté sur les doses à employer, j'ai pu indiquer, sans connaître le tempérament de la personne qui me demandait un renseignement

(1) L'emploi du Kola a généralement, mais pas toujours, ce léger inconvénient, qui du reste est tout à lait passager, de constiper un peu ; cela tient à la quantité de tannin renfermée dans cette graine. Ce sont généralement les personnes constipées naturellement qui s'en aperçoivent le plus ; pour les autres, il passe inaperçu.

EDOUARD HECKEL

par lettre, la dose de 1 gramme de poudre de Kola par heur6 de marche, en prenant soin d'absorber la première dose, une demiheure avant le départ, dans du café, et de cesser une heure avant d'arriver à l'étape du repos. Ces indications fournies par moi aux. nombreux alpinistes, qui ont-été les premiers expérimentateurs du Kola, ont toujours profité (sans leur laisser le moindre regret) à ceux qui les ont suivies. Ils ont, quel que fut leur tempérament, bénéficié des propriétés du Kola, sans ressentir aucun des inconvénients inhérents aux doses trop élevées. Il faut rappeler aux vélocipédistes (trop enclins à vouloir trouver dans le Kola un élément de triomphe sur leurs concurrents), qu'il en est de cette substance comme de tous les excitants. Un verre de vin donne des forces, une bouteille énivre : de même pour la morphine dont l'usage immodéré amène le morphinisme ; le Kola, à haute dose, amène aussi le Koldisme, comme l'a dit Hachard, et plus rapidement encore que la caféine, on le comprend très bien aujourd'hui après l'étude de la composition chimique que nous en avons longuement faite et qui établit que la plus grande partie de la caféine du Kola est une caféine plus active qu'aucune autre.

Mes expériences stratégiques ne s'en sont pas tenues là : afin de me rapprocher des conditions de la guerre plus que je ne l'avais fait dans les expériences précédentes, j'ai demandé et obtenu de M. Etienne, Sous-secrétaire d'Etat aux Colonies, de faire expérimenter dans les colonies où une action militaire est en cours (Souto, Tonkin, Dahomey, Madagascar), des rations accélératrices dont la formule fût légèrement modifiée pour les rendre plus nutritives. Chaque galette fût portée au poids de 15 gr. environ, pour les rendre plus résistantes au choc, et renforcée de poudre de viande. De cette façon, tous les aliments se trouvaient réunis sous le plus petit volume possible.

Voici la formule de ces galettes coloniales destinées à remplacer au besoin tout autre aliment en face de l'ennemi :

pour chaque galette de 15 gr.

) — de viande 2.50

j Sucre 2.50

'i Farine et aromates ... 8.50

Poudre de Kola Ier50

Voici enfin le seul rapport qui me soit parvenu sur ces expériences : il a tniit à des mouvements exécutés par des troupes d'infanterie de marine marchant de Diégo-Suarez vers le centre de l'île de Madagascar :

Infanterie de marine. — Bataillon de Diégo-Suarez.

Rapport sur l'expérience relative aux galettes accélératrices.

» En exécution des ordres donnés par le lieutenant-colonel commandant supérieur des troupes à Diégo-Suarez, l'expérience relative aux effets produits par les Rations accélératrices a été faite dans les conditions suivantes.

Il a été formé un détachement comprenant :

Le chef de bataillon,

Un capitaine,

Un sous-lieutenant,

Un adjudant,

4 sergents,

7 caporaux, 105 soldats,

8 mulets d'artillerie,

Ce détachement devait exécuter une marche de trois jours, les 16, 17 et 18 mars, c'est-à-dire en plein hivernage, les hommes portant la charge de campagne, moins les couvertures chargées sur les mulets, et seulement deux paquets de cartouches avec 35 galettes accélératrices.

» 16 Mars. — Départ d'Antsirane à o h. 30 du matin. Temps lourd, chaud, humide. Grande halte à 9 heures, au bord de la rivière des Caïmans. Passage à gué à 3 h. 30 du soir, ascension jusqu'à Mahotoinzo; arrivée au bivouac à 5 h. 30. Marche de la journée 23 kilomètres, ascension de 200 mètres. Régime ordinaire. Les hommes ont mangé 6 galettes (deux avant le départ et une d'heure en heure de marche : en tout 9 gr. de Kola.) Nuit chaude. Impossible de rester

SOUS les teutes et de dormir, à cause de la quantité prodigieuse et de la malignité des moustiques. Les hommes piétinent, s'énervent, prennent du café à 3 heures du matin.

» 17 Mars. — Départ du bivouac de MahoLoinzo à 4 h. 30. Nuit obscure pendant la première heure de marche ; sentier à peine perceptible dans les hautes herbes. Temps chaud avec quelques intervalles de brise sur les plateaux. A dix heures, grande halte aux bordsduSackaramy, bivouac très réconfortant. Treize hommes restés en arriére rejoignent entre 10 h. et 11 h. 30. Tout le détachement dort d'un bon sommeil aussitôt après le déjeuner. Reprise de la marche à 3 h. Arrivée au bivouac de la Montagne d'Ambre à 5 h. sans traînards. La pluie tombe torrentielle jusqu'à 10 heures du soir. Impossibilité presque absolue d'allumer les feux.

» La marche, dans celte journée, a été de 25 kilomètres, l'ascension de 650 mètres.

» Les hommes n'ont reçu ni viande ni vin. Leur régime a comporté du pain, du riz, le café et 15 galettes (en tout 22 gr. 50 de Kola). Nuit belle à partir de 10 heures du soir, mais très fraîche.

» 18 Mars. — Le bivouac de la montagne d'Ambre est levé à 4 h. 30 ; la marche commence à 5 heures rendue très pénible par la brousse qui est mouillée et haute, par de grosses pierres, par l'obscurité. Le sentier détrempé est très glissant ; chute d'houimes. Les animaux ralentissent la marche. Une fois le jour levé, le détachement marche avec beaucoup d'entrain et d'ensemble jusqu'à 9 heures du matin. La dernière heure dépensée sur le plateau découvert de Mahotoinzo, que l'on voit de trop loin, est excessivement pénible à cause de l'ardeur du soleil et du manque de brise. Deux coups de chaleur se produisent.

)) A dix heures, arrivée à Mahotoinzo. Bivouac jusqu'à 3 heures.

» La seconde partie de la marche de Mahotoinzo à Antsirane s'est faite par un beau temps. Arrivée à 6 heures. Ce jour là 35 kilomètres, pas de viande distribuée. La ration de vin a été donnée et bue à Mahotoinzo.

» Durant ces 3 journées, qui ont compté certainement parmi les plus pénibles de l'hivernage, il y a eu trois hommes assez malades pour inspirer quelques inquiétudes, quoi qu'ils se soient rétablis aussitôt après le retour. La marche n'a eu pour conséquence aucune

entrée à l'hôpital, et les exemptions de service qu'elle a déterminées ont eu pour cause des blessures aux pieds et des accès de lièvre assez bénins, qui n'étaient que la manifestation d'un impaludisme acquis à la Réunion,

» Il y a lieu de remarquer que l'effort dépensé a été demandé à des hommes dont l'entraînement à la marche avait été presque entièrement interrompu depuis 2 mois, à cause de la température.

» Il paraît difficile de faire, en constatant ce résultat, une part exacte à la discipline, à l'énergie de la troupe, et aux galettes accélératrices. Mais on peut affirmer que celles-ci ont joué un rôle important.

» La troupe répugne, et non sans motifs, à être l'objet d'expériences en matière d'alimentation; les galettes étaient suspectes et il était à prévoir que beaucoup de soldats chercheraient à se dérober à l'obligation d'en user. Cette répugnance instinctive a été vaincue chez la plupart ; mais chez un certain nombre, aux heures chaudes, la déglutition de ce biscuit devenait impossible, bien qu'ils reconnussent l'effet utile de cet aliment. Les galettes se consommaient d'heure en heure à chaque halte ; beaucoup de soldats ne pouvaient avaler la troisième et les suivantes qu'en les accompagnant d'une gorgée d'eau ou d'un autre liquide.

» Il n'était pas sensible que la consommation des galettes diminuât l'appétit pour le repas du matin. Mais cet effet, accru peut-être pai- la fatigue, était très appréciable au repas du soir. Beaucoup d'hommes affirment que la soif n'est pas diminuée ; je crois que sans les galettes ils auraient bu et souffert davantage.

» Il était très évident aussi que la digestion des galettes avait une influence sur le sommeil, qui était rendu moins lourd, qui était moins impérieux le soir et plus facilement interrompu le matin bien avant le jour. Je considère comme un effet très remarquable des galettes, que la marche pénible de la matinée du 17 ait pu être exécutée comme elle l'a été, après l'insommie agitée de la nuit passée au bivouac de Mahotoinzo.

» Mon opinion personnelle, celle des deux officiers qui marchaient avec moi, et l'opinion dominante dans le détachement, sont que les galettes accélératrices produisent des effets excellents, infiniment supérieurs à ceux du café, comme stimulant pour une dépense de forces de quelque durée.

EDOUARD HECKEL

» Il y a certainement aussi à leur attribuer les effets d'un stimulant agissant sur l'humeur des troupes en marche, mais ce ne sont point deseffets directs ; ils sont consécutifs à ce sentiment de sécurité que ressent le marcheur qui est ou qui se croit prémuni contre les douleurs physiques de la marche et de la soif (1). Une troupe qui mangerait des galettes pour rester de pied ferme ou qui n'aurait pas à dépenser plus de forces qu'à l'ordinaire ne serait certainement pas mise en belle humeur ; le fait d'avaler une ou plusieurs de ces galettes ne procure certainement aucune des satisfactions sensuelles, qui proviennent quelquefois du café, du tabac, de l'alcool ou de l'opium.

» Où l'erreur serait grande, ce serait considérer les galettes non plus comme un accessoire mais comme un élément important de l'alimentation. L'expérience que nous venons de faire ne prouve pas qu'on peut donner aux troupes en marche des galettes au lieu de viande et de vin. Ces galettes coupent un peu l'appétit, mais elles ne nourrissent pas, et ceux qui mènent une vie tant soit peu active comprendront bien que, n'avoir pas faim et avoir dîné sont deux choses fort différentes. En ce qui me concerne, j'avais admis dans mon programme la privation de viande pour les journées du 17 et du 18, mais avec l'intention bien arrêtée de sacrifier une tête du bétail administratif qui paît à la montagne d'Ambre, pour peu que ma troupe en éprouvât le besoin. Mais, la sollicitude des commandants de Compagnie et la méfiance des soldats ont rendu ce sacrifice inutile, et on ne s'étonnera pas que, le soir du 17, quelque charcuterie ne soit trouvée au fond des sacs, fort à propos d'ailleurs pour remplacer le riz que la pluie nous empêchait de faire cuire. J'insiste sur ce point, et cela n'est pas hors de saison, eu égard à la facilité que l'emploi des galettes donnerait au service administratif pour l'alimentation en campagne. A peine ces galettes ont-elles paru, et déjà cette tendance se manifeste, car le chef du service administratif à Diégo-Suarez, affirme que « dans la pensée ministérielle » les

(1) M. le commandant Puel, dans ses recherches des causes de la bonne humeur et la gaîté du soldat, et en l'attribuant exclusivement à une inlluence morale, fait une part trop large à la suggestion. Il n'est pas douteux, comme l'ont constaté la plupart des observateurs non prévenus, déjà cités, que le Kola donne de la gaîté, de l'entrain et excite la bonne humeur. C'est un des côtés les plus importants de son action physiologique et qui, à lui seul, imposerait déjà son application à la stratégie militaire.

galettes accélératrices distribuées pour uotre marche devaient remplacer certaines denrées. Je n'ai pas l'honneur de connaître la « pensée ministérielle » el j'ai vainement cherché ce que c'est, dans les règlements sur les subsistances et dans les circulaires sur les galettes Heckel, mais j'ai peine à la croire coupable d'une telle préméditation. D'autre part si le Conseil de Santé estime que quelques galettes aideront à la patience d'une troupe qui attend des vivres ou qui reçoit de la viande gâtée, il y a loin de celte opinion à une prescription antihygiénique. On ne joue pas avec la santé des hommes.

» Pour conclure, je crois que l'expérience qui vient d'être faite affirme la valeur des galettes accélératrices comme stimulant, du moins dans un pays chaud, par des chemins difficiles, et pour une troupe placée dans des conditions mauvaises pour la marche, c'està-dire non entraînée et débilitée par les fièvres : ces galettes seront une ressource inappréciable quand il faudra donner un bon coup de collier. Je crois que nous devrions en avoir un large approvisionnement, mais que la réalisation de ce vœu ne devra pas empêcher le service administratif de continuer à assurer la saine et complète alimentation des troupes avec la sollicitude dont il fait preuve journellement ».

A Antsirane, le 20 Mars 1891.

Le Chef de Bataillon, Signé : Mourey.

« Je partage entièrement l'opinion exprimée par le commandant Mourey ; les galettes accélératrices paraissent être un adjuvant très utile pour les marches, mais ne sauraient être substituées, sans ' inconvénients sérieux, aux principales denrées de la ration ».

Le Lieutenant Colonel Commandant supérieur des Troupes, Signé : 0. Puel.

On remarquera que les Rations coloniales sont considérées dans le rapport ci-joint comme insuffisamment nutritives : 24 de ces galettes, prises en 12 heures de marche, contiennent cependant 60 gr. de poudre de viande, qui, on le sait, équivaut à 4 fois son poids de viande fraîche dépouillée de sa graisse et de ses déchets, c'est-à-dire à 250 gr. de chair musculaire : or, c'est là le poids en viande de la ration d'un soldat. On est conduit dès lors à admettre

EDOUARD HECKEL

que c'est le petit volume des aliments ingérés dans les 24 galettes qui ne donne pas la sensation de la satisfaction par la plénitude de l'estomac. Il faudrait achever de remplir cet organe avec du pain pour déterminer le sentiment de satiété qui fait absolument défaut après l'emploi des Rations condensées coloniales.

Pour terminer la série des applications que j'ai cru devoir faire de l'alimentation au Kola en temps de guerre, je dois maintenant parler de l'introduction de cette graine dans le régime des chevaux et des mulets de l'armée, en campagne. J'y ai été conduit par les considérations suivantes.

On donne aux chevaux et aux mulets, sous forme d'avoine, un excitant du système nerveux qui est Vavénine. En temps de guerre, un cheval doit porter sur ses épaules une provision de cette graminée suffisante pour quatre journées, ce qui retarde la rapidité de sa marche. Cette répartition est ainsi faite d'après les règlements actuels :

( hussards J

Cavalerie légère.. .| chasseurs \ ^- d'avoine : en 4 jours = k. ( dragons )

Cavalerie de ligne | cuirassiers ^ ^' d'avoine : en 4 jours = 16 k. 600.

Or, le poids que supportent les chevaux, tant de la cavalerie légère que de celle de ligne, a besoin d'être diminué, afin d'assurer la rapidité des mouvements : c'est le grand desideratum à une époque où le véritable service de la cavalerie consiste à éclairer les armées en marche. Dans ces conditions, j'ai pensé qu'on pourrait, par un artifice, remplacer, partiellement au moins, l'avoine par le Kola. Pour y arriver, j'ai donné la formule d'une galette comprimée à base de Kola, composée d'avoine, de lin et de blé, sous des proportions telles que le Kola y fût représenté par 30 °/o de leur poids. Le mélange se fait assez aisément en employant de la farine de lin, qui donne aux galettes de la cohésion; on y met aussi peu d'eau que possible et ou comprime le tout à la presse hydraulique. Si on donne à la galette la forme ronde ou carrée, on arrive à pouvoir introduire aisément 40 de ces galettes, du poids de 250 gr., dans le sac à avoine qui se place en travers, au-devant de la selle, sous forme d'un gros boudin. C'est la provision suffisante pour 4 jours, car le cheval ou le mulet se contente de 9 de ces

galettes par jour, en ayant soin d'achever le remplissante de l'estomac de l'animal par du foin ou de la paille, qu'on trouve toujours aisément, même en temps de guerre (1). Ces galettes ont été expérimentées, sur l'ordre de différents ministres de la guerre, soit au quartier, soit pendant les périodes des grandes manœuvres, par différents corps de cavalerie. Je vais relater les observations qui m'ont été communiquées : mais je dois donner la priorité, en raison de son importance, à celle que je dois à M. le professeur Samson, et qui établit scientifiquement le degré de nutrition de ces galettes pour chevaux et leur action neuromusculaire.

D'une façon générale, durant ces expériences, disons-le une fois pour toutes, les galettes étaient distribuées aux chevaux ou mulets de la manière suivante : deux comprimés le matin, avant le départ, quatre à la première étape, vers midi, et ti^ois à 5 heures du soir. Mais cette répartition n'avait rien d'absolu et il était recommandé de la régler d'après les heures de travail imposées à l'animal, en tenant rigoureusement compte de ce fait que l'effet utile ne se produit guère qu'une heure après leur ingestion. Il est du reste facile, quand la marche dure une journée entière, d'en espacer l'emploi d'heure en heure. Rien de plus aisé, en effet, pour le cavalier que de mettre pied à terre, et, sans débrider, d'en faire manger une au cheval, dans le creux de la main, en ayant soin de la casser (ce qui se fait sans effort) en morceaux de la grosseur d'une noix. L'animal, quoique très délicat, s'habitue très rapidement à cette forme d'alimentation et en devient même très friand. De plus, ces galettes, quand elles sont bien préparées, sont très cohérentes par elles-mêmes et ne s'effritent pas dans le sac à avoine.

Lettre de M. Sanson, professeur à l'Ecole d'Alfort et à l'Institut agroninnique, à M. le Di^Heckel, concernant l'expérimentation scientifique de ses Rations accélératrices pour chevaux.

Paris, 44, avenue de l'Observatoire, 8 décembre 1886.

« Monsieur et très honoré Collègue,

» Je m'empresse de vous faire connaître le résultat de mes recherches sur vos galettes accélératrices.

(1) De celle façon, le cheval porte en moyenne 9 Idlogr. de galettes, au lieu de 17 kilogr. au maximum et de 15 kilogr. au minimum, en avoine.

EDOUARD HECKEL

» Vous connaissez pent-ôtre le disposilif expérimental qui me sert à constater l'action d'une substance sur l'excitabilité neuro-musculaire. On cherche d'abord à déterminer l'intensité du courant induit qui n'est plus capable de mettre en jeu l'excitabilité normale du sujet. Chez le cheval qui nous a servi, celte intensité correspond au courant que donne la bobine à chariot de Dubois-Raymond, lorsque le chariot était arrivé à un écartement de 0™,45. Il est clair que si, après que le sujet a ingéré la substance en expérimentation, ce môme courant suffit pour provoquer la contraction musculaire, on pourra conclure que son excitabilité a augmenté et que l'augmentation est due à l'action de la dite substance sur le système nerveux.

» Quinze minutes après que notre sujet eut mangé 2 galettes, son excitabilité a été explorée à l'aide du courant indiqué. Elle s'est montrée nulle.

» Vingt-cinq minutes après, elle a paru exister mais encore très faible et obscure. Quarante minutes après, l'application des excitateurs a provoqué des contractions nettes et énergiques.

» Cinquante minutes après, les contractions sont encore plus promptes et non moins énergiques. Une heure après, l'excitation est la même lorsqu'on écarte la bobine à 0™17 ; 1 heure 15 après, l'excitant n'est plus efficace à 0^16.

» 1 heure 45 après, il ne l'est plus à O^IG, mais il est encore à 0">15.

» 2 heures après, action nulle ; l'excitabilité artificielle a disparu.

» En résumé, il résulte de l'expérience que: l'action de l'aliment sur l'excitabilité neuro-musculaire est évidente ; qu'elle s'est fait sentir nettement 40 minutes après son ingestion et qu'elle a duré environ une heure.

» J'ai voulu aussi me mettre en mesure d'exprimer la valeur nutritive des galettes. A cet effet, l'analyse a été faite à mon laboratoire, et voici la composition immédiate que nous avons constatée :

Matières solubles dans l'éther 10,05

Protéine brute (az. x 6 25) 20,12

Matières solubles dans l'éther 3 »

Extractifs non azotés 43,17

Cellulose brute 19,90

Cendres 3,76

» On peut estimer d'après cela, que la valeur nutritive est à peu près double decelle des avoines moyennes. On leur accorde 12 „/" de protéine brute ; mais comme elles contiennent 25 % d'eau, et comme leur digestibilité est certainement inférieure en raison de ce que leur relation nutritive est 1/2, tandis que celle des galettes

,, , . r. nr. / 3 X 43.17 2,29 \

leur donne celle de 1 : 2.29 ( g„ = : par ces raisons,

on est autorisé à admettre, comme vous l'avez fait d'ailleurs, qu'un poids de vos galettes peut être substitué à un poids au moins double d'avoine. La seule différence entre les deux aliments, est que l'effet de l'avoine se fait sentir un peu plus tôt.

» Voilà, Monsieur, les faits que je suis heureux de pouvoir vous transmettre. J'ai l'intention de les communiquer demain à la Société Centrale de médecine vétérinaire, à cause de leur importance, et j'espère que vous n'y verrez pas d'inconvénient. » Veuillez agréer, etc. .

» Signé: A. Sanson. »

4' Corps d'Armée. — 26' Régiment d'Artillerie.

(( Le Mans, 25 Septembre 1887.

» Conformément à un ordre ministériel transmis le 9 août 1887, par le général commandant le 4^ corps d'armée, une Commission composée de MM. Goetzmann, capitaine en premier; Curnier, lieutenant en premier ; Causé, vétérinaire en second, a été constituée, le 18 Août, au 26^ régiment d'artillerie, avec mission d'expérimenter les galettes accélératrices du docteur Heckel, et d'en déterminer les qualités nutritives. Mille galettes pesant chacune 200 grammes environ, ont été mises gracieusement par

EDOUARD HECKEL

l'inventeur, à la disposition de la commissioo, qui les a fait consommer, eu remplacement de la ration d'avoine, par 10 chevaux de la 6« batterie, pendant la période des grandes manœuvres.

» Les- expériences ont duré 10 jours : avant la distribution, les galettes étaient coupées à la main en fragments de la grosseur d'une noix ; chaque cheval recevait 10 galettes, 4 le matin, 3 à midi, et 3 le soir.

» Cette alimentation spéciale a été facilement acceptée parles chevaux désignés, qui, pendant la durée des essais n'ont jamais été incommodés, n'ont rien perdu de leur eml)onpoint ni de leur énergie, et sont restés dans un état aussi satisfaisant, à tous les points de vue, que celui des animaux nourris à l'avoine.

» Il convient toutefois de faire remarquer (jue les galettes se sont émiettées facilement pendant le transport, et qu'il faut remédier à cet inconvénient.

» En l'ésumé, les observations faites pendant les expériences, tendent à prouver que les galettes accélératrices du docteur Heckel contiennent tous les éléments dont les chevaux ont besoin pour conserver leur embonpoint et leur énergie. La ration journalière a un poids et un volume très réduits; elle pèse 2 kilogrammes, au lieu de 5 kilogrammes 600 gr., poids de la ration d'avoine pour l'artillerie. C'est là un avantage précieux au point de vue de l'alimentation des chevaux en campagne.

)i Les Membres de la Commission, » Signé : Goetzmann, Curnier, Caussé. »

Appréciation de M. AuREGGio, médecin vétérinaire au 11« Régiment d'artillerie, à Versailles (Extrait d'un article intitulé : « Le problème de la marche des troupes, » inséré dans la Revue du Cercle Militaire, n" 17, 2^ année, 24 Avril et l^r Mai 1887).

« Nous croyons qu'il est absolument nécessaire de revenir sur la question du biscuit fourrage et mieux du biscuit d'avoine. N'oublions pas que l'armée allemande possède une galette d'avoine de mobilisation et que les fabriques de conserves d'aliments, notamment celles de Mayence, préparent constamment des quantités de conserves pour hommes et des galettes d'avoine pour chevaux.

» A ce propos, nous signalerons la récente découverte du doc-

teur Heckel, professeur à la Faculté des sciences de Marseille, qui a créé, en vue de ralimentation des chevaux de guerre en campagne, particulièrement devant l'enuomi, des galettes dites condensées accélératrices. Uu kilogramme de ces galettes nourrit comme deux kilogrammes d'avoine. Cela est d'une importance cousidérable pour les chevaux de l'armée qui doivent porter eux-mêmes leur ration alimentaire, surtout dans les moments critiques des opérations de guerre. Réduire la charge à la moitié, de ce chef, serait un progrès méritant la plus grande attention. »

Expérimentation du commandant Devos, au 40« de ligne, à Privas,

en Décembre 1885.

« La Ire expérience a eu lieu mercredi 23 Décembre. Sept "chevaux de races différentes, de tailles diverses, ont pris part à l'expérience. Les cavaliers étaient les capitaines Eglofï, Dubrey, Bourret, Cloris, Faure, le docteur Cazalas et moi-même.

I) Les animaux n'ont pas mangé d'avoine depuis le 22 au matin jusqu'au 23 au soir. La ration de galettes accélératrices leur a été donnée de la manière suivante : 3 galettes au repas du soir le 22;

3 à 5 heures du matin, le 23 ; 3 le même jour, à 7 h. 1/2 du matin, et les 3 dernières pendant le reposa midi; paille et foin comme d'habitude. A la rentrée, les chevaux ont repris leur alimentation ordinaire.

» Notre petit groupe, parti à 9 heures du matin, s'arrêtait à 11 heures 3/4, après avoir parcouru 26 kilom. De 11 heures 3/4 à 1 heure 50, déjeuner et repos, puis départ pour Privas, et arrivée dans cette ville, à 4 heures, après 19 kilom. de parcours. C'est donc une distance totale de 45 kilom. parcourue en 5 heures, soit une vitesse de 9 kilom. à l'heure.

» Samedi 20, 2^ expérience. — Rations données de la manière suivante : 4 galettes le 25 à 3 heures ; 4 le 26 à 7 heures du matin ;

4 à 10 heures. Départ à midi, rentrée à 3 heures, parcours 33 kilom., donc 11 kilom. à l'heure.

» Nous considérons ces résultats comme très bons : nos chevaux étaient mous pour la plupart, et de plus ils n'avaient guère été montés qu'au pas, depuis deux mois, par les ordonnances.

» Conc/»-s/o/t.Lesgalettes remplacent l'avoine, donnent des jambes

ÉDOUAllD HECKEL

aux chevaux. Ces animaux eu sont friands; elles n'ont aucune action nuisible sur la santé; enfin nos hètes n'ont éprouvé aucune fatigue après les sorties auxquelles elles sont cependant loin d'être habituées.

» Privas, le 28 décembre 1885.

« Signé: Cominandaiit Dhvos. »

Observations de M. Pioton, receveur des contributions indirectes

à Souvigny (Allier).

« Je me suis adressé à M. Heckel, à Marseille, dont je suivais depuis longtemps les travaux avec intérêt ; et il a mis gracieusement à ma disposition 40 galettes pour chevaux.

» Je dois dire que j'ai eu de la peiue pour en faire prendre à mon cheval, qui en est aujourd'hui très friand : j'en ai perdu quelques-unes pour lui apprendre à en manger.

» Le 20 juin courant, avec 2 galettes seulement, je faisais une expérience préalable; antérieurement mon cheval avait fait :

» Le l""" juin, 30 kilom. ; le 8 juin, 30 kilom. ; le 19 juin, 40 kil.

» Le 20 juin, sans autre nourriture que de la paille et 5 litres d'avoine au départ, je faisais le même jour les 5° et 6« tournées, d'un coup, en une course de 64 km.; et, pour cela il n'a fallu donner à mon cheval, en sus des aliments ci-dessus, que deux galettes de Kola seulement, de chacune 250 gr. J'ai toujours marché avec une vitesse moyenne de 14 km. à l'heure. 11 faisait, ce jour-là, une chaleur lorride, mou cheval n'a pas sué; il avait, au retour, beaucoup plus d'action qu'au départ; et, en arrivant, il n'était pas fatigué.

» Je me résume : il est maintenant certain qu'avec les galettes au Kola, administrées à un cheval, on active sa marche et on prolonge la durée de sa résistance à la fatigue. Les vibrations musculaires sont plus nombreuses et plus énergiques.

» Signé : Pioton. »

Rapport sur les Rations condensées accélératrices du D"" Hegrel, pour chevaux, par M. Prévost, vétérinaire militaire.

« Le 19 mars dernier, M. le docteur Heckel a bien voulu, sur notre demande, nous adresser gracieusement un certain nombre de galettes.

» Sou invention étant à peu près connue de tous ceux qui s'intéressent à l'hygiène hippique militnire, nous nous dispensons d'en taire la description.

» L'expérience à laquelle nous avons procédé n'a porté que sur un cheval d'officier (le nôtre). Elle comportait la solution de ces deux questions :

» 1° Un cheval de cavalerie nourri exclusivement de galettes et de paille (celle-ci donnée à la ration ordinaire), peut-il assurer pendant 8 jours le service en campagne?

» 2° Peut-on exiger de lui, s'il est accidentellement alimenté de cette façon, des courses assez longues?

» Notre jument, en bon état, suffisamment entraînée, montée régulièrement chaque jour (environ 15 km.), cotée comme la moyenne des chevaux d'officier d'artillerie, fut pesée le 21 mars : poids 490 kilog.; elle consomme normalement très peu de foin.

22 mars, 9 lableUes, ralidii ordinaire de paille, 16 km. en 1 h.

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