Une troisième est classée par régions
4- Une quatrième et une cinquième sont classées par ordre de matières, et de deux manières différentes. Quelques mots sur chacune de ces classifications : 1. La collection des auteurs, apparaît comme un véritable dictionnaire. Elle permet non seulement de constater du premier coup d'œil, les noms des auteurs qui ont écrit sur la race nègre, et la quantité des ouvrages dépouillés ; mais encore de vérifier à tout moment si tel ouvrage de tel auteur a été analysé de façon satisfaisante. La moindre lacune constatée par le lecteur peut être signalée au personnel du Bureau qui s'empresse d'y remédier. Ainsi, tout lecteur ou consultant peut devenir un collaborateur occasionnel de l'Œuvre. Faut-il faire observer que chaque erreur ou omission
constatée est aussitôt rectifiée dans chacune des quatre autres collections et vice versa?
Les écrits sans noms d'auteurs sont classés sous le ternie anonyme, en ordre alphabétique du nom de l'ouvrage. S'agit-il d'une revue, c'est le nom du périodique qui est considéré, et, sous ce nom, le titre de l'article; du reste le titre de l'article se classe une seconde fois, indépendamment du nom de la revue : deux renseignements au lieu d'un, pour le j)lus grand profit du chercheur.
Les écrits signés d'initiales se classent alphabétiquement suivant ces initiales : aucune difficulté.
Au nom de chaque auteur est joint un dossier de renseignements sur sa personnalité, sa carrière, ses ouvrages, les distinctions qu'ils lui valurent, etc. Ainsi le consultant possède toutes les pièces permettant de juger de l'autorité des témoignages qu'il va lire.
2. La deuxième collection est classée par ordre alphabétique de tribus.
Ce classement qui paraît simple est extrêmement difficile et compliqué, tant les noms des tribus sont divers et variés. Aussi ce classement a subi une véritable évolution.
A mesure que la connaissance des groupements humains d'Afrique a permis de distinguer les tribus des villages et des clans qu'elles comprennent, il a été possible de réduire le nombre des noms et de diminuer en proportion les divisions de la classification.
Toutefois les noms ainsi absorbés ont été maintenus sur des fiches spéciales, mais uniquement à titre de points de repaire ; ces fiches spéciales ont d'ailleurs une
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couleur particulière qui les font reconnaître du premier coup d'œil. Ces fiches spéciales servent non seulement pour noter les noms des villages et des clans, mais aussi les noms divers de la tribu elle-même.
Donc, sous le nom le plus usuel de la tribu se rangent dans des dossiers déterminés tous les renseignements relatifs à cette tribu. Ces renseignements y sont classés dans l'ordre des matières du questionnaire de M. Halkin. Chaque série de questions ou le plus souvent — si la matière est abondante — chaque question a sa farde particulière. Ce qui peut donner la meilleure idée de ce classement, c'est la collection des monographies publiées. Car, au fond, une monographie c'est l'ensemble des renseignements classés d'une peuplade.
Encore une fois, si un savant constate une erreur de classement, qu'il la signale aux employés du Bureau ; immédiatement, après vérification de ma part, l'erreur sera réparée.
L'œuvre est sans cesse perfectible en chacune de ses parties ; et tout le monde peut y contribuer ;
3. Le troisième classement, celui des régions ou des unités politiques, n'est, en somme, qu'un groupement spécial des tribus.
Outre le fait d'être un double de la précédente classification, celle-ci a l'avantage de pouvoir répondre de suite à des questions comme celles-ci : « Donnez-moi toutes les peuplades du Congo français, de l'Angola, du Cameroun, du Congo belge, etc. »
Remarquons qu'il ne s'agit pas seulement des divisions actuelles de l'Afrique, mais des divisions an-
ciennes. Le procédé utilisé est semblable aux fiches spéciales du numéro précédent. Aucun point de repaire n'est et ne peut être négligé ;
4. La classification par ordre sociologique comprend deux collections :
a) La première est divisée suivant les grandes divisions du questionnaire.
b) La seconde est divisée suivant une formule sociologique scientifique.
a) Les divisions de la première suivent l'ordre suivant : Renseignements géographiques et ethnographiques généraux (questions 1 à 9). — Vie matérielle (questions 10-64). — Vie familiale (questions 65 à 100), — Vie religieuse (questions 101 à 122). — Vie intellectuelle (questions 123 à i5o). — Vie sociale (questions i5i à 186). — Caractères anthropologiques (questions 187 à 202),
b) Les divisions de la seconde collection sont au nombre de neuf : Le territoire (milieu physique). — La population (la race). — Phénomène économique. — Phénomène génétique. — Phénomène esthétique. — Phénomène idéologique. — Phénomène moral. — Phénomène juridique. — Phénomène politique.
Tandis que la première classification est d'ordre plutôt pratique, la seconde est d'ordre rigoureusement scientifique.
Si, en effet, toute société n'est qu'une combinaison de deux facteurs fondamentaux : le territoire et la population qui l'habite, il est nécessaire de donner les deux premières places à ces deux titres : milieu physique et population. Il est logique aussi de ranger les
sept phénomènes sociaux essentiels dans l'ordre de leur complexité croissante et de leur généralité décroissante. C'est pourquoi l'économique est au premier rang et la politique au dernier.
Dans les deux classifications du reste, chacun des 202 numéros vient se ranger : dans la première, suivant l'ordre des chiffres; dans la seconde, suivant l'ordre des phénomènes sociaux.
Dans le dossier de chacun des 202 numéros des deux classifications, se trouvent rangés tous les renseignements de chacune des peuplades, par ordre alphabétique des régions et des peuplades.
Ainsi, voulez-vous posséder les renseignements sur les boissons africaines, prenez le dossier du n° 27.
Désirez-vous étudier la mentalité religieuse des habitants de l'Angola, prenez, dans les dossiers des nos 101 à 122, les fiches concernant l'Angola.
Et ainsi de l'ensemble et des détails de chacun des phénomènes sociaux.
On voit tout de suite que les deux classifications, dites sociologiques, sont là, entre autres, pour convaincre le monde savant de la possibilité de classer les fiches détachables d'après n'importe quel système scientifique ou pratique.
Si les trois premières classifications peuvent être qualifiées de verticales, parce que sur un tableau elles aligneraient leurs renseignements de haut en bas, les deux dernières doivent être dénommées horizontales, puisqu'elles apparaissent comme des coupes, d'un bout à l'autre de l'Afrique.
L'œuvre collective d'ethnographie, exposée à Bruxelles, avait groupé des échantillons de ses cinq collections documentaires dans les tiroirs des meubles classificateurs spéciaux qui ornaient le salon.
La paroi et les vitrines du côté gauche étaient affectées, à l'exposition de la collection des monographies ethnographiques africaines, à ces illustrations du répertoire documentaire général.
La photographie annexée (pi. III) montre l'aspect de l'exposition. Au centre du panneau, une carte de l'Afrique centrale indique la situation des dix-sept peuplades, dont les monographies sont publiées ou sous presse. Ce sont :
Les Bangala (Congo belge) ;
Les Mayumbe (Congo belge);
Les Basonge (Congo belge) ;
Les Mangbetu (Congo belge) ;
Les Warega (Congo belge) ;
Les Ababua (Congo belge);
Les Mandja (Congo français) ;
Les Baluba (Congo belge);
Les Fang (Congo français, Gabon et Cameroun);
Les Bayaka (Congo belge et possessions portugaises);
Les Warundi (Afrique allemande orientale);
Les Basoko (Congo belge) ;
Les Azande (Congo belge et français);
Les Bakongo (Congo belge);
Les Bakuba (Congo belge) ;
Les Pygmées (Afrique centrale).
Du premier coup d'oeil, le visiteur se rend compte des
raisons qui ont motivé le choix des publications. Les dix-sept monographies apparaissent comme autant de sondages dans le cœur de l'ethnographie africaine. On peut dire que les peuplades choisies sont parmi les types les plus caractéristiques des races qui occupent le centre africain. D'après elles, on peut juger des autres et de l'ensemble des résultats qui s'accumulent dans les cinq collections de l'œuvre d'ethnographie.
Ce qu'est cette œuvre, les inscriptions qu'on lit à gauche de la carte, le racontent avec une suffisante précision :
« La collection de monographies ethnographiques africaines, publiée par M. Cyr. Van Overbergh et ses amis, est un essai en grand de l'œuvre dévolue au bureau international d'ethnographie, créé par le Congrès international d'expansion économique mondiale de Mons. (Septembre igo5).
» Les dix-sept monographies parues ou sous presse sont des exemples tirés des résultats classés de l'enquête orale, écrite et bibliographique groupant à ce jour plus de 3oo,ooo renseignements sur l'Afrique nègre.
» Toutes les monographies sont publiées sur fiches détachables , toujours dans le même ordre, comparables en tout temps en réponse à 202 questions, comprenant tous les phénomènes sociaux des peuplades. »
A droite de la carte se détachait la longue liste des collaborateurs directs des monographies publiées. Dans la première catégorie,, celle des explorateurs, se rencontraient des noms illustres; les voici dans l'ordre du tableau : le baron Dhanis, le commandant Mardulier, le major Fievez, le capitaine Wilwerth, le com-
mandant Lothaire, l'ingénieur Diederich, le major Cabra, l'ingénieur Claessens, le docteur Jullien, le juge Lauwers, le lieutenant Morrissens, le lieutenantgénéral Fivé, Paul Le Marinel, le colonel Gillain, le commandant Michaux, le commandant Borms, le docteur Dryepondt, le juge Schmitz, le major Chaltin, le major Hanolet, le capitaine Wacquez, le baron de Renette, le commandant Delhaise, Fernand Gaud, le docteur Grenade, le commandant Laplume, le directeur "Vanden Plas, le major Roget, le commandant Foulon, Paul Delhaye, le commandant Duvivier, l'inspecteur Mahieu, l'ingénieur de Calonne, Harroy, le commandant Rom, le commandant De Keyser, le commandant Verbruggen, le commandant Meeus, le lieutenant Gilson, le capitaine Henry, le commandant Lemaire, le docteur Dupont, le lieutenant Flamme, le capitaine Mercier, Gillard, le lieutenant Silly, le major Bruneel, Lerman, le lieutenant Yan Stockhausen, De Hertogh, Wilmin, De San, le capitaine Jungers, Djoli, etc., etc.
Parmi les missionnaires, on notait les noms du P. Declercq (Sclieut), P. Trilles (P. du Saint-Esprit), P. Messman (P. du Sacré-Cœur), P. Colle (des PP. Blancs), P. Hendekyn (Scheut), P. Struyff (Jésuite).
Sous le troisième titre, celui des savants, l'on pouvait lire les noms de MM. les professeurs Julien Fraipont et Joseph Halkin, de l'Université de Liège, de Wildeman et Cornet, de l'Université de Gand; de Jonghe, de l'Université de Louvain; MM. Maes, du Musée de Tervueren et Viaene, docteur en géographie, chef de service au Bureau d'ethnographie.
Assurément cette liste n'était pas complète. L'espace faisait défaut. Et puis, outre les collaborateurs directs que de collaborateurs indirects qui, bien des fois, nous donnèrent les renseignements les plus précieux. Parmi les Belges il conviendrait de citer : MM. A.-J. Wauters, du Mouvement Géographique; Goffart, professeur à l'Université de Gand et fonctionnaire au Ministère des Colonies; le baron de Haulleville, directeur du Musée de Tervueren; Coart, conservateur au même musée; Cuvelier, Libbrechts et Droogmans, anciens secrétaires généraux du Ministère des Colonies ; Plas, secrétaire de la Société Belge d'Etudes Coloniales; Hahir, secrétaire de la Société Belge de Géographie; Lombard, directeur général au Ministère des Colonies, etc., etc.
Dans les vitrines s'étalaient le questionnaire de la Société belge de Sociologie, les volumes (ou leurs maquettes) des 17 monographies, et des échantillons de documents iconographiques, qui sont eux aussi classés comme les renseignements d'ordre littéraire, bibliographiques et autres.
Enfin, on y voyait le premier essai de la nouvelle publication de M. le professeur Joseph Halkin relative à l'exécution d'une autre partie du vœu ethnographique du Congrès mondial de igo5 : « Que le Bureau international publie tous les ans un catalogue des ouvrages parus relatifs à l'ethnographie, ce terme pris dans son sens le plus large (1). »
(1) Pour la description de cette partie de l'Œuvre, voir l'introduction des Mandja, volume VIII de la Collection des monographies ethnographiques.
Lorsque le jury international de la classe des sciences eut entendu, pendant près d'une heure, l'exposé du plan de l'Œuvre et sa réalisation progressive, le président, M. le sénateur Alexandre Braun, exprima, au nom de ses collègues, l'admiration qu'excitait en eux la tâche grandiose que s'étaient assignée les organisateurs. « Pour entreprendre un labeur pareil, avec les seules ressources privées, pour la poursuivre avec ce tranquille courage que dénote chacune des paroles que nous venons d'entendre, pour avoir atteint les résultats qui s'étalent devant nos yeux éblouis, il faut une foi en la science, une énergie dans l'action, un enthousiasme dans le but, qui honorent vivement les organisateurs. Aussi bien est-ce en faveur de l'élévation de l'humanité que tout ceci s'accomplit : le but civilisateur de l'entreprise dépasse même à mes yeux le but scientifique. Sans doute, ces innombrables matériaux docu1 mentaires sur la race nègre, classés avec un soin extrême et une méthode impeccable, perfectible toujours dans son ensemble comme dans ses détails, forment, pour la, science sociologique et pour toutes les sciences sociales, un merveilleux arsenal où elles viendront puiser les armes du progrès. Mais combien plus éclatants apparaissent, à mes yeux d'homme pratique, les nombreux points d'appui, pour les leviers de la civilisation africaine. Grâce à ceci, la civilisation de l'Afrique pourra se poursuivre désormais avec une méthode, un esprit de suite, et une vigueur inconnus jusqu'ici; le temps d'initiation pourra être réduit ainsi au minimum ; chacun saura ce qu'ont fait ses prédécesseurs et il pourra reprendre le sillon à
l'endroit où l'effort civilisateur s'était arrêté. Tâche magnifique, Messieurs, dont le jury de la Commission des sciences ne peut que vous féliciter en attendant qu'il vous octroie la récompense que vous méritez. »