IV. Dieu
La paroi n'offrait sous ce Nom, aucune figuration. C'était voulu. Et l'opposition entre ce manque de représentation graphique et les tableaux du Totem, des Mânes et des Sociétés secrètes, était frappante.
La raison de ce procédé était fournie par l'inscription:
« Aucune représentation, de Dieu, ni idole, ni image, ni temple, ni culte, ni sacerdoce, ni rite.
» Croyance en un Etre suprême, créateur, organisateur des mondes, juge. »
C'était la synthèse de la mentalité religieuse des Fang, relativement à Dieu.
Encore une fois, un des tiroirs du meuble fournissait tous les renseignements détaillés.
Ainsi se présentaient les quatre grandes divisions du phénomène religieux chez les Fang,
Le compartiment final de la paroi résumait ainsi l'impression :
En résumé, le phénomène religieux peut se classifier chez les Fang de la manière suivante :
i° Le Totem collectif (tribu, clan) et le Totem individuel.
2° Le Totem des sociétés secrètes.
3° Les Mânes.
4° Dieu.
B. La vie religieuse dans les phénomènes sociaux. — C'est la matière de la troisième paroi du salon. (PL V, voir annexes.)
L'étude du phénomène religieux serait incomplète si elle se bornait à l'idéologie purement religieuse. Comme trop d'hommes pratiques sont portés à croire que la religion est un phénomène superficiel, dont le civilisateur — qu'il soit missionnaire ou administrateur — ne doit presque pas tenir compte, il est utile, sinon nécessaire de montrer, j>ar des exemples indiscutables que pour le primitif, notamment pour nos Fang, la préoccupation religieuse se retrouve dans la plupart des actes de leur vie. La religion pour eux est comme une atmosphère dans laquelle leur esprit baigne constamment.
Cette partie de l'Exposition est consacrée, si l'on peut dire, à la religion appliquée des Fang, dans les sept phénomènes sociaux fondamentaux : économique, génétique, esthétique, idéologique, moral, juridique et politique. Ces noms se trouvent dans la frise et chacun d'eux domine la division qui lui est consacrée.
Toutes les photographies et objets exposés sur le mur ou dans les vitrines sont des démonstrations, valant chacune par elles-mêmes. Si le caractère démonstratif de l'un ou de l'autre pouvait être révoqué en doute, ceci n'atteindrait en rien la force démonstrative des autres, dont le bloc est destiné à produire l'impression voulue sur l'esprit du visiteur.
Nous ne pouvons songer à donner ici l'explication de chacun des objets. Beaucoup, du reste, parlent d'euxmêmes : ainsi, toutes les armes portent le signe totémique ; tous les fétiches sont mentionnés avec leur but spécial; et ainsi des danses, des chants religieux, des instruments de sacrifice, des masques, des costumes, etc.
Pour chaque catégorie de phénomènes, il n'a été exposé que des échantillons, ceux qui ont paru les plus caractéristiques. Les autres se retrouvent dans les vitrines et les renseignements dans les tiroirs.
A titre d'exemple, prenons le phénomène économique. Quatre espèces ont été choisies : le village, l'agriculture, la pêche et la chasse. Pour le village, la photographie du dessus montre comment il est protégé par un fétiche ad hoc, à l'endroit où le sentier de la forêt débouche. La seconde photographie montre la femme à la plantation, travaillant à côté du fétiche, protecteur
de la récolte : un escargot hissé sur un bâton. Les petites inrogues en bois et la pagaie sont des fétiches placés sur la tombe d'un pêcheur. La photographie de dessous montre un superbe autel champêtre orné de têtes d'antilopes ; à côté, le fétiche de la chasse aux singes; au-dessous, un collier fétiche de la chasse.
Des étiquettes renseignent sommairement le visiteur et les renseignements détaillés sont dans les tiroirs des meubles.
Dans la vitrine centrale était exposé un plan, dû à M. l'architecte Horta. C'était « le palais du fétichisme », dont l'idée était due à notre collaborateur, M. Stametschkine.
On lisait sur l'inscription :
« Si l'on représentait dans un Musée spécial — de la manière employée ici pour les Fangs et pour le phénomène religieux — chacun des phénomènes sociaux;
* Si l'on agissait ainsi pour les peuplades-types de l'Afrique, de l'Australie, de l'Asie, de l'Amérique, de manière que chaque phénomène (documentation et objets) pût être comparé dans son ensemble et dans chacune de ses divisions;
» Ox aurait réalisé le Musée-type sociologique,