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CHAPITRE Il

PATHOGENIE (1)

Avant d'entrer dans cette étude pathogénique, il nous paraît indispensable de rappeler ici, de plus brièvement possible, quelques notions d’embryologie humaine, nécessaires pour expliquer la formation, la régression et les anomalies d’involution que peut présenter le canal omphalo- mésentérique. :

Aussitôt après la fécondation, ee de l’union du spermatozoïde et de l’ovule, 1 ‘œuf se segmente suivant des lois bien connues et variables avec chaque espèce. Chez les mammifères, chez l’homme donc, la seg- £ mentation est totale et subégale ; en d’autres termes l'œuf tout entier se divise en segments légèrement inégaux.

La première division donne naissance à deux blastomères, d’aspect très différent : l’un est clair, transparent,

plus volumineux que l’autre, qui offre un aspect granu-

(1) Pour la rédaction de cet article, nous avons fait de larges emprunts au chapitre « Embryologie » de l’Anatomie humaine de M. le professeur Testut, rédigé par M. le professeur Vialleton.

leux Ce deux blastomères vont se diviser à à er tour, les «4

| clairs plus rapidement .que les granuleux, jusqu’à enve- $ Le lopper complètement ceux-ci dans une couche envelop- Le

pante; les sphères granuleuses sont ainsi enfermées dans “

un sac clos dont elles remplissent la cavité. La segmenta- de tion peut être considérée comme: terminée, et c’est alors Re

seulement que l’œuf arrive dans la cavité uférine. : | Dans la plupart des cellules. granuleuses voisines de la couche “enveloppante, on voit se développer des vacuo- 1

les intra- cellulaires, qui grandissent rapidement et finis-. Re

sent par former une cavité qui sépare l’amas central Fa À cellules granuleuses. d'avec la couche -enveloppante, sauf en un point limité. Les cellules externes continuant à se multiplier, la sphère formée par elles s'accroît considérablement et devient une grande vésicule close, à l’intérieur de laquelle les cellules granuleuses, dont le on s’est peu accru, forment, en un point de la paroi, une petite masse, connue sous le nom d’amas résiduel : c’est en ce point que, plus tard, se développera l’embryon.

L’œuf constitue alors la vésicule blastodermique. On voit, peu à peu, apparaître sur l’aire embryonnaire, une ligne primitive, dont l'extrémité antérieure porte un petit renflement, au niveau duquel existe souvent un canal neurentérique. Bientôt il se développe, au-devant de ce canal neurentérique, une petite tige cylindrique, qui n’est autre que le prolongement céphalique de la ligne primitive, et qui donnera, plus tard, la chorde dorsale.

Puis, au niveau du prolongement céphalique, on voit se dessiner, à la surface du blastoderme, une sorte de gout-.

tière très peu profonde, à peine creusée, qui mérite plutôt

le nom de plaque, la plaque neurale. Ses deux bords ne

tardent pas à se soulever, pour former la gouttière médullaire, qui deviendra enfin le tube médullaire, dont la

us . . Dr Ph ae

ÿ Alors ‘intervient un Hé ne e important eat: le. clivage du mésodérme, qui se divise, par un plan paral-

lèle à la surface de }’ embryon, en deux lames, dont i’une,

DE lame somatique, s’accole à l’ectoderme, pour former Le.

avec lui la paroi primitive : du corps ou somatopleure, tandie que | l’autre, la lame splanchnique, -s’accole à- l’entoderme, en formant la splanchnopleure ou paroi. primitive é du tube intestinal ; la fente comprise entre ces deux lames est Ja grande cavité pleuro-péritonéale, où cœlome. Pol embryon. n’est encore qu’ un. épaississement local des 5 feuillets. Sa partie antérieure, ‘se détache plus nettement de la surface générale de 1 œufs à à cause de la saillie des j vésicules cérébrales. L’ectoderme, soulevé par elles, s’in- fléchit brusquement au niveau du bord antérieur de la | première vésicule, pour redevenir ensuite horizontal. Ar. niveau de l’extrémité postérieure du corps, le relief de l’ embryon est bien moins marqué, et le profil du dos s’abaisse peu à peu et régulièrement sur. da surface générale de LUE L’entoderme est plan partout, et ne présente au niveau du corps qu’une légère inflexion, for- mant une gouttière ouverte en dessous, la gouttière in- testinale, première ébauche de l’intestin futur. Ace stade du développement, l’embryon est largement ouvert en É dessous et étalé à plat. [Il n’y à ni paroi ventrale, ni au- -cun des organes situés plus tard au-devant de la chorde dorsale. La formation de cette paroi ventrale vient alors compléter le -corps de l’embryon, qui prend ainsi, peu à É. peu, l'aspect qu’il aura chez l'adulte. Elle est précédée Le la différenciation des extrémités céphalique et cau- . dale; elle est due, principalement, aux changements de

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ton voit. la vésicule cérébrale antérieure s accroître beau-

| forme d in 01 ie. dit ombilic ‘cutané. Noës alons ét dier, successivement, ces différentes modos! ji

se est a a de par une ee ue F.

P ectoderme soulevé par les vésicules: cérébrales. Le bord antérieur de cette saillie est. perpendiculaire au plan des ; “A feuillets ; la tête à. une paroi antérieure, une supérieure, mais pas encore de paroi ventrale où de front. Bientôt, È 4

coup, et, toujours recouverte par l’ectoderme, faire une forte saillie en. avant et au-dessus des feuillets. On peut. alors distinguer à la tête, une face frontale qui s avance bien au-delà du point où l'ectoderme de l'embryon : se con. tinue avec l? ectoderme du reste de l’œuf, et surplombe au-. dessus de ce point; la tête s isole ainsi et se différencie.

- Lorsque l'extrémité antérienré du corps a ainsi pris

naissance, la postérieure se forme à son tour. Par suite

de l’accroissement constant de la ligne primitive, la: mem- Le brane anale change de position. Cette - membrane anale n’est autre que la partie postérieure de la ligne primi- 4 tive. Le mécanisme de ces transformations est mal connu; 2 on peut l’exprimer brièvement, et d’une : manière schéma- ù tique, en disant que tout se passe comme si cette. membrane: basculait en dessous et en avant, autour de son extrémité antérieure, comme charnière. À la suite de ce phénomène, l’ ‘embryon possède une extrémité ile en ar : is rière, extrémité dont la face “dorsale est formée par la ligne primitive, et la face ventrâle, par la membrane anale. L’extrémité postérieure du corps renferme un eulde-sac entodermique, que l’on appelle intestin postérieur. L’intestin postérieur est très court, il communique avec ‘1 + la cavité de l’entoderme par un orifice : l’aditus poste- Po rior. En avant de Ja membrane anale, sur la face ventrale : A

be D VE ER ET AR OS ere À

de lintésfin. postérieur, naît un Fr ou on

U creux, qui n’est autre que la vésieule allantoïde. L intes- HE tin postérieur devient alors une. sorte de carrefour comcoiun, dans lequel débouchent à la fois l’intestin propre- it ment dit + l’allantoïde; on le désigne, dès ce Homent

£ sous le nom de cloaque interne. k

BR

LS De membrane anale et la ligne primitive se Da edt < ia abord à l'extrémité postérieure du corps, sous un j angle aigu, mais, plus tard, le bourgeonnement de la ligne primitive continuant toujours, cette dernière forme, en arrière b au- dessus de la membrane anale, un pro Eh longement épais, le prolongement au bourgeon caudal.

Au point où nous en sommes arrivé, la face dorsale de

l'embryon, ainsi que ses. extrémités, sont bien distinctes, mais sa face ventrale n’existe pas encore et se ‘confond avec la vésicule blastodermique. En effet, du côté ventral, : 1 npere est rattaché à cette vésicule par une: sorte de : pédicule, à ‘Ja fois. très large et très court, qui s’insère : sur le COTPS suivant une ligne passant, en avant, au-des- -sous ke la bonche, en arrière, au-devant de la membrane | anale, sur les. côtés, au milieu des flancs. Si l’on coupe ce pédicule de manière à détacher l’embryon de la vésicule

blastodermique, on voit un large orifice ventral, qui à

exactement l'étendue du pédicule Iui-même, et à travers

lequel se voient, plus ou moins directement, les organes internes : cœur, tube digestif, rudiment hépatique. Cet orifice est l’ombilic cutané. A travers cet ombilic cutané,

passent des organes annexes du tube digestif, la vésicule

ombilicale et la vésicule allantoïde. Nous décrirons seulelement le tube digestif, qui a pris une forme typique.

On sait qu’au. début, l’entoderme forme dans l’embryon une gouttière largement ouverte en dessous : la gouttière intestinale; bientôt, à partir de l’extrémité an-

ù l’aditus anterior, avec la portion moyenne du tube diges-” LES

face ventrale de l'intestin pharyngien, une lame sagit à “ tale, le mésentère ventral, résultant de 1? aecolement des 2 Le.

: pariétale.

sac, le sac vitellin ou vésicule ombilicale, formé par l’en- k : toderme extra- embryonnaire. Par. suite de la: fermeture 1,

À ride des Sous biais d cette gout |

: fléchissent sur la ligne, médiane, $ accolent d une à à 1 RE

: et forment enfin un. A. clos qui. fournira plus tard da Ce portion antérieure du tube digestif se est l'intestin an. térieur ou pharyng ien. L’intestin pharyngien est. avant et s’appuie par cette extrémité borgue, contre Une

clos en Re

fossette de la face ventrale, qui donnera, plus tard, naissance à la cavité buccale. En arrière, il se continue pars

tif, au-dessous de laquelle : se trouve ‘appendu un vaste

en dessous de la gouttière intestinale, il & se forme, sur la LS

deux moitiés de cette gouttière, et une lame mésoder- Sr mique frontale, qui, unie à l’entoderme sous-jacent de 74

vésicule ombilicale, tn la coiffe cardiaque, qui clôt, HAE du côté ventral, la cavité renfermant le cœur ‘où cavité ES

| CNT à

Le sac vitellin est tes à 1 intestin de lenbrros par ai |

un canal, d’abord très large et très court: le canal vite.

| les extrémités antérieure ét postérieure du tube digestif de

lin. Il est facile de passer de la vésicule ombilicale dans

l embryon, par l'intermédiaire de l’aditus anterior ou de l’aditus posterior. À cause de cela, on donne souvent, au premier de ces orifices, le nom d’orifice pharyngo-ombili- :

cal, au second celui d’orifice intestino-ombilical. On ap-

pelle ombilic intestinal la section transversale du ce Se vitellin. ‘ | de Sur un eue plus âgé, il semble que É rt s’est fortement contracté, diminuant ainsi l'étendue de l’ombilic intestinal, et que l’ombilie cutané s’est aussi ré

HET oi te

Nr comme si le pédieule ns qui, au de pré- | cédent, ‘rattachait l'embrson à la vésicule blastodermique, 3 avait été fortement serré par un lien circulaire. C’est ce que l’on désigne brièvement par l'expression : fermeture

de l’ombilie phtane Ce processus va se continuer, tendant

todermique. Au fur et à mesure de cette séparation, les deux capuchons caudal et céphalique s infléchissent sur

eux-mêmes, et, allant au-devant l’un de l autre, | circons-

je crivent un espace étroit qui représente Ja future région ombilicaie.

“de “plus en plus à à séparer ] embryon de la vésicule blas-

Déjà, avons-nous de. les trois ESS primitifs. de Il "embryon se sont transformés en quatre couches, par di- |

vision du feuillet moyen en deux feuillets secondaires. Au

Fr feuillet externe où ectoderme, #8 ’accole la couche externe

- du feuillet moyen ou somatopleure; au feuillet interne de

l'embryon ou entoderme, s’accole la couche interne du

feuillet mésodermique ou splanchnopleure. Entre ces deux

couches du feuillet moyen, somatopleure et splanchno- QU Fe pleure, existe une cavité, qui n’est autre chosé que la ca- vité cœlomique ou cavité pleuro- péritonéale, origine des

de l’autre par la cloison diaphragmatique.

L ’ectoderme, doublé de la somatopleure, deviendra la paroi abdominale, tandis que l’entoderme, auquel est appliquée la splanchnopleure, donnera naissance à la pa-

roi intestinale. Fe

Rien n’est plus aisé que de comprendre la transforma-

tion de la paroi abdominale primitive en paroi abdominale

définitive : les masses protovertébrales, situées sur les parties latérales de la chorde dorsale, deviennent, en effet, le point de départ des fibres musculaires qui, d’arrière en

avant, pénètrent la paroi abdominale primitive, pour don-

cavités pleurale et péritonéale, qui seront séparées l’une .

© ment avec 1 enveloppe amniotique.

né naissance aux nue des parois abdominales. Un

ne seul point reste ouvert, c’est l’ ombilic, par où.passent les + vaisseaux ombilicaux, et. par où s'engagent parf oi les

à viscères abdominaux, pour donner naissance à des hernies . ombilicales. Il peut arriver que le développement des musë cles de l’abdomen reste incomplet; dans ce cas, la paroi abdominale n’est plus constituée en avant que -par la

| membrane primitive de Rathke, qui. se continue directe. D,

En même temps que Ja paroi abdominale se déeonne 2 canal intestinal se forme par l’accolement de lento-

‘derme et de la splanchnopleure. Au début de la vie em-. ss

# bryonnaire, le canal intestinal communique à travers Vom-. bilic avec Ja vésicule ‘ombilicale, . au moyen d’un conduit et qui porte le nom. de canal omphalo-mésentérique. ar

| Déjà, au commencement du deuxième mois, Lintestin est complètement fermé ; dans le cours de ce deuxième

mois, 1l constitue une anse dont le sommet est adhérent à à

l’ombilie, et dont les branches ascendante et descendante :

. donnent ndissance à l’ensemble du canal intestinal.

Le point par lequel l’anse intestinale adhère à l'ombilie ei

- n’est autre chose que’le pédicule de la vésicule ombilicale, ou canal omphalo-mésentérique. Dans le cours du troisième mois, ce pédicule disparaît, et l’intestin devient libre dans l’intérieur de la cavité abdominale. Mais il s’en faut de beaucoup que cette disparition soit toujours ‘complète.

PSE

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