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OBSERVATION II

Bras.…., 19 ans, horloger.

Avant d’être mobilisé, Bras. n’a présenté que quelques bronchites.

- Le 16 avril 1917, il subit une violente commotion par éclat d’obus avec enfouissement, forte contusion thoracique et intoxication par les gaz; pendant une huitaine il eut des hémoptysies accompagnées de fièvre (39-40°), puis fut évacué pour bronchite, passa dans plusieurs am-

bulances et en juin 1917 fut envoyé par le centre de ré-

forme de Vaugirard à notre consultation militaire de La Charité.

On nota, lors de cet examen, dans les deux tiers supérieurs du poumon droit, en arrière surtout, une zone

mate avec disparition des vibrations vocales, souffle tu-

baire surtout expiratoire, bronchophonie, pectoriloquie aphone. A l'écran, cette zone correspondait à une opa-

cité de même étendue, aussi bien en position ventrale

qu’en position dorsale. En bas la limite de cette zone était courbe à convexité inférieure; sa limite supérieure n’était pas nettement tranchée, allant en dégradant. La base pulmonaire était transparente, le diaphragme mobile; le poumon gauche était normal. L’espace médiastinal n’était perméable qu'à la partie toute inférieure.

Pour que l’observation fut complétée, Bras. fut hospitalisé à La Charité, où les mêmes constatations furent faites à plusieurs reprises, les rayons X révélant une image d'apparence kystique, surtout par son contour inférieur.

En juillet 1917. la matité paraissait suspendue à droite. les vibrations vocales n’étaient diminuées qu’à la partie moyenne du poumon; à l’auscultation, il n’y avait aucun bruit adventice.

A l'examen radioscopique l’image était toujours la même; en position transversale, la partie antérieure de l'ombre était limitée par une ligne oblique en arrière et en haut, laissant au-dessous d’elle une partie tout à fait transparente. | |

L'examen du sang ne révéla aucune éosinophilie. La réaction de Weinberg fut négative. La capacité respiratoire était notablement diminuée (spiroscopie : 1 litre 5).

B... ayant présenté de la fièvre au bout d’un certain temps, et celle-ci ne rétrocédant pas. on pensa à une suppuration profonde, et on décida l’intervention. A peine arrivé au Vérinet pour être opéré, il eut une vomique assez abondante et reiïeta un mélanse de pus et de sang, qui remplit la moitié la cuvette. Il s’améliora dans la suite. au point qu’on jugea inutile l’opération antérieurement indiquée.

Il sortit avec un congé de deux mois de convalescence, eut au hont de six semaines une hémoptvsie passagère. On le rev't à la conultstion de La Charité, en avril 1918, avec un bon état général; le murmure vésiculaire était voilé à droîte. À l’examen radioscopique, on retrouvait dans les 2/3 inférieurs du lobe supérieur droit une om-

bre diffuse présentant en bas un contour nettement limité, le diaphragme étant mobile. :

En avril 1919, B.. fut examiné à Dijon par le Docteur Lian : il se plaignait de gêne respiratoire, de douleurs'spontanées aux sommets des poumons, et d’un point

de côté droit au-dessous du mamelon, presque au rebord costal. IT avait eu une hémoptysie quelque temps auparavant et depuis souffrait davantage de ce côté droit. Il ne pouvait rester longtemps debout, et s’il persistait, la sueur paraissait au front, il se produisait un petit état vertigineux tel que le malade perdit deux fois connaissance. Ces malaises se renouvelaient assez souvent.

A l'examen il existait de la diminution légère de la sonorité, la respiration était à peine perceptible; après la toux on entendait de nombreux râles sous-crépitants sous la clavicule droite, quelques-uns près du mamelon. En arrière les signes étaient moins nets. Aux rayons, on apercevait une zone grise, diffuse, dans les 2/3 inférieurs du lobe supérieur, assez bien délimitée en bas.

Les crachats muco-puru.ents examinés à maintes reprises ne contenaient pas de bacilles de Koch.

Il est fort probable que dans cette observation, l’hemorragie pulmonaire s’est faite dance le parenchyme méme, au voisinage peut-être de la scissure interlobaire qui paraît en avoir limité l’étendue.

Les accidents fébriles du début ont dû être favorisés par la bronchite concomitante provoquée par les gaz asphyxianis. Ce n’est que quatre mois après que le diag-

- nostic de la collection kystique put être établi grâce à la radioscopie. C’est à la persistance de la bronchite qu’est due vraisemblablement la suppuration terminale de l’hématome. é

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