OBSERVATION III
Lec.…., 27 ans, courtier maritime.
N’aurait jamais été malade avant la guerre.
Mobilisé en août 1914, il est évacué dès octobre 1914 pour pleurésie droite, une deuxième fois en 1916 pour la même raison, enfin une troisième fois en 1917 pour :
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le même motif. C’est alors qu’hospitalisé en juin, il est envoyé par le centre de réforme des Tourelles à notre consultation de La Charité.
Le 30 octobre de cette année, son état est médiocre. On constate, en effet, à la partie-inférieure et externe de l’hémithorax, des signes physiques persistants, mais limités et circonscrits, consistant en une zone de matité et d’abolition des vibrations avec silence respiratoire.
A l'examen radioscopique on note dans la même région une opacité complète dont les contours nettement arrêtés affectent la forme d’une courbe régulière à conxité interne, et se détachant sur la transparence complètement normale du poumon. Ces signes tant stéthoscopiques que radioscopiques permettent d’écarter l’idée de pleurésie franche.
Jamais, depuis trois ans que le malade est soigné
pour la même affection, il n’a été fait de ponction exploratrice. A l’écran, cette zone opaque ne rappelle pas l’image d’une pleurésie, mais celle d’un kyste hydatique ou d’un abcès froid.
Une observation plus complète étant nécessaire, l’hos-
pitalisation à La Charité est décidée. Là, on fit les mêmes
remarques, et surtout on pratiqua des ponctions; la première, le 2 janvier 1918, fut une ponction exploratrice qui ramena quelques centimètres cubes de liquide hématique, ayant la couleur de la bière brune et caractérisé au microscope par des globules rouges déformés, par des leucocytes en nombre répondant à la formule sanguine. Le 9 janvier, on évacua 500 centimètres cubes de ce liquide hématique, non coagulé. -
Dès le 16 janvier, la matité était de nouveau perçue à la partie inféro-externe droite de l’hémithorax, et le 31 janvier la radioscopie montra nettement que la poche s'était légèrement reproduite, On évacua encore trois cent cinquante centimètres cubes de liquide hématique. Le 4 février pareillement, le 28 février on en retira deux
‘cent quatre-vingts centimètres cubes.
Enfin, le 1* mars, la poche, vue à l'écran, paraissait
complètement vidée, on apércevait des tractus obliques se détachant de la base et remontant en haut et en dehors pour se perdre dans le contour costal. Le sinus costodiaphragmatique était fermé et adhérent. Huit jours après, mêmes constatations : épaississement du contour costal à la base.
Autres renseignements à cette date :
Spirométrie : 2 1. 750.
Indice respiratoire : cinq centimètres.
Hémithorax droit : 43,5 - Hémithorax gauche : 41,5. Poids : 60 kgs 500.
On fit alors sortir le malade en faisant remarquer qu’il
s'agissait d’un kyste pleural hématique qui avait pu être vidé par trois ponctions faites à intervalles assez courts. Actuellement, il n’y avait plus de liquide, mais la température restait toujours un peu plus élevée que la normale. On ne retrouvait pas dans les antécédents la notion de contusion, ni de commotion.
LA ; On pouvait donc admettre une pleurésie hémorragi-
à . . ! L que enkystée, probablement de nature bacillaire. L'état général, quoique amélioré, nécessitait encore des ménagements.
Le 10 mai 1918, il revint se faire examiner sous
l'écran; on ne constatait plus que l’adhérence de la base droite avec fermeture du sinus et un voile gris au-dessus, contre le contour costal, sans aucune forme géométrique. . Le sommet de ce côté était très voilé, surtout vu de dos.
Il est intéressant, bien qu'elle ait une origine diffé-
‘rente, de rapprocher cette observation des deux premières. Ici le traumatisme n’a aucun rôle à jouer dans l’étiologie; il s’agit d’une pleurésie hémorragique à évolution lente; il est vraisemblable que le sujet a faït une série de petites poustées pleurales qui ont permis la formation
d’adhérences et on peut admettre un processus anatomi-
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