‹ Les Kystes hématiques pleuro-pulmonairesChapitre 9 sur 25 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

Bar.…., 29 ans. '

A' l’âge de 9 ans on note un incident resté alors inexqué : |

Par un froid sec et pendant une course rapide, B... éprouva tout à coup une douleur vive dans la poitrine, en même temps qu’un liquide chaud lui venait à la bouche, il eracha : c'était du sang. Il ne dit rien à ses parents, toussa pendant quelques jours et depuis « sentit toujours une douleur dans son côté droit ».

En dehors de cela, rougeole pendant son service militaire; «mobilisé en 1914 dans le service armé, il fut sujet aux vertiges. En 1916, il est évacué du-front pour tachycardie et faiblesse générale, puis dirigé en observation à la Pitié. Il en sort deux mois après, sans avoir été examiné à l’écran radio:copique, avec le diagnostic de pleurésie chronique droite, « petit épanchement, tachycardie ». Du centre de réforme des Tourelles, il est envoyé à la Charité pour examen des poumons en décembre 1916.

Son aspect général est médiocre, il accuse une gêne. dans l’hémithorax droit, remontant à l’enfance. L'examen révèle une zone de matité très nette, assez étendue, com-

mencant à peu près dans le troisième espace intercostal et se confondant en bas avec celle du fo'e. En arrière la limite cupérieure de la matité est beaucoup moins élevée. Dans toute cette zone la respiration et les vibrations étant abol'es, il n’y avait pas de bruits adventices. Le cœur était rapide, mais on n’y percevait aucun signe de lésion cardiaque.

A Ja radinscopie : l’imase arparut immédiatement comme étant celle d’un kyste de l’hémithorax droit, kyste à contours supérieurs nettement convexes. En bas les bords plu: flous se perdent peu à peu dans l'ombre du diaphragme mais laissent percevoir. au-dessous de l’ombre principale. une partie presque claire répondant à l’extrême base du poumon et des sinus costo-diaphragmatiques; les sommets sont transparents comme à l’état normal, et dan: le reste de l’image pulmonaire, on n’aperçoit

aucune tache, aucune ombre, ù

A la suite de cet examen qui faisait penser à un kyste hydatique, B... fut hospitalisé à La Charité afin que l’observation put être complétée par les recherches nécessaires. On envoya son sang au laboratoire de bactériologie

du Val-de-Grâce : la réponse fut négative, aussi bien pour

la recherche des anticorps hydatiques que dé la réaction de Wassermann.

Quelques semaines après il était opéré par le Docteur LECHEVALLIER, à l’hôpital temporaire du Vésinet; dont l’un de nous était alors médecin- chef. De la poche sortit un liquide non pas transparent, mais presque noir, ressemblant à du café. L'examen de ce liquide ne permit de constater la présence d’aucun élément cellulaire, d’aucun globule rouge, mais de nombreux cristaux d’hématoïdine.

L’exploration de la poche permit de reconnaître que les parois étaient très épaisses, de consistance cartilagineuse. Ceci eut son importance, car si le malade se remit parfaitement de l'opér ation, il n’en garda pas moins pendant des mois dans son hémithorax, une cavité à parois

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rigides, empêchant le poumon de reprendre la place qui lui était due.

Il est vraisemblable que l’origine de ce kyste constitué par un épanchement sanguin ancien, modifié et altéré, remontait à l'hémorragie pulmonaire qui se produisit au cours de l'effort soutenu que fit B... à l’âge de 9 ans, en courant pendant longtemps et rapidement par un froid sec. Une rupture dut se produire et le sang s’épancher sous la plèvre où, peu à peu, l’hématome s’enkysta, et demeura latent, inerte. <

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