SACS
d’une pleurésie ou d’une pachypleurite, ou même ceux d’une caverne camouflée dans une zone de condensation pulmonaire; les hémoptysies font irrévocablement évoquer la tuberculose.
En fait, c’est à la radiographie qu’on peut discuter. Elle permet d’éliminei : Se
La tuberculose pulmonaire, d'autant plus que les examens de crachats sont régulièrement négatifs.
Les épanchements pleuraux de la grande cavité du.
fait de la netteté des contours de l’opacité et de la persistance de la clarté dans les sinus costo-diaphragmatiques et l’extrême base du champ pulmonaire.
— Les images cavitaires, dont on ne retrouve aucun caractère, d'autant plus que le kyste se détache sur un parenchyme parfaitement sain alors que la spélonque de quelque origine qu’elle soit est toujours plus ou moins entourée d’une zone de condensation; à ce propos l’abcès du poumon ne se discute même pas du fait de on totale de signes généraux.
— Une adénopathie assez volumineuse pour poser
un diagnostic avec le kyste hématique ne semble pouvoir
n'appartenir qu’à la lymphogranulomatose maligne; l’absence des signes de la série Hodgkinienne tranche le De oblème.
Mais deux ordres d’affections dominent le ditrnbse ;
les épanchements enkystés interlobaires d’une part, les productions tumorales d’autre part.
— La Pleurésie interlobaire, qui donne typiquement une image en raquette, devrait se différencier de l’image arrondie du kyste hématique, mais l'interprétation en est
souvent fort délicate; en outre le problème se complique encore si la pleurésie enkystée est de nature hémorragi-
que, car la ponction même, dans ce cas, ne permet plus de trancher le diagnostic.
Parmi les productions tumorales kystiques ou pseudo-
kystiques une multiplicité d’affections posent des problèmes parfois très difficiles :
-— La gomme syphilitique: peut être évoquée, mais les signes associés, les antécédents de chancre manquent, et
l'épreuve du traitement spécifique s’avère inefficace.
— Les tumeurs bénignes (fibrome - adénome) sans antécédents traumatiques ni hémoptysie, éventualité d’ailleurs exceptionnelle, ne peuvent être éliminées à coup sûr que par l’examen histologique après ponction ou inlervention.
— Les tumeurs malignes, Iymphosarcomes, cancer du poumon, peuvent se présenter radiologiquement sous des aspects assez proches; le cancer broncho-pulmonaire en particulier, peut se manifester. par une ombre massive à point de départ hilaire, pouvant obstruer le médiastin, mais, fait capital, l’image pathologique dans le cancer, comme dans le Ilymphosarcome, est remarquable par sa progression rapide, parfois appréciable d’un examen à l’autre. En outre, les signes de compression médiastinale, de jour en: jour plus marqués, les signes généraux alarmants et régulièrement -progressifs vers la cachexie, donnent aux tumeurs malignes une physionomie bien particulière.
Enfin les productions kystiques posent les problèmes
les plus délicats. La plus fréquente est réalisée par :
— Le kyste hydatique. Sa symptomatologie est à peu près analogue : mêmes hémoptysies, même image radiologique; on l’éliminera par la négativité dés réactions de Weinberg et Casoni, l’absence d’éosinophilie sanguine ; en réalité on peut rencontrer des kystes hydatiques sans tets biologiques (« un cas de kyste hydatique du foie sans éosinophilie, avec réaction de Weinberg négative et exemen radioscopique négatif », par MM. P. Emile WEIL et Pierre PRUVOST, à la séance du 21 mars 1914 de la Société médicale des hôpitaux). En outre :
— Les kystes séreux; les kystes dermoïdes; le kyste cholestérinique de Santv, qui ne traduit d’ailleurs souvent qu’une transformation lente des formes kystiques banales, sont des éventualités rares, posant un diagnostic à peu près impossible sans le secours d’une ponction ou d’une intervention suivie d'examen histologique.
Enfin, nous signalerons pour finir deux diagnostics très exceptionnels :
— L'anévrysme de l'artère pulmonaire a été discuté à propos du malade n° VII. Celui-ci présentait en effet des signes fonctionnels plus cardio-vasculaires que pulmonaires, et l’examen radioscopique traduisait des mouvements réguliers, systoliques, de l'ombre kystique. En fait, ce n’était là qu’une répercussion de l'impulsion cardiaque. Mais la radiographie de profil infirme ce diagnostic d’une façon formelle, en montrant la position très antérieure, en plein parenchyme, de l’image kystique.
— La hernie diaphragmatique peut simuler un kyste siégeant à la base pulmonaire : elle affecte en effet une
forme régulièrement convexe en haut, à limites très pré-
cises; son opacité homogène tranche sur la clarté du parenchyme normal; examiné de profil, elle offre les mèêmes caractères; elle semble donc affecter la forme d’une calotte sphérique. Le diagnostic dans ce cas est facilement tranché par le pneumopéritoine.
Telles sont donc les multiples éventualités que l’on peut envisager en présence d’un kyste hématique pulmonaire.
Dans l’ensemble le diagnostic s'avère extrêmement délicat : il fait envisager, à côté d’affections fréquentes ct connues, une multitude d’éventualités cliniques extrêmement rares, comme le kyste hématique lui-même. Et s’il faut savoir penser au kyste hématique, il convient également de ne pas l’affirmer trop hâtivement. C’est avant tout une diagnostic d'élimination, où l’examen ra-
Me LS
. e { | diologique possède une valeur d'orientation et où les examens complémentaires apportent souvent les éléments essentiels. |