‹ Les kystes hydatiques du foieChapitre 2 sur 9 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Nous nous sommes ])lacé, dans ce livre, à un point (le vue essentiellement pratique: les questions de détail ont été négligées de parti pris, comme ont été écartées les hv])otlièses et les théories.

Il nous a paru nécessaire, i)ar contre, d’étayer de documents précis et de quelques observations démonstratives, un certain nombre de points nouveaux ou insutlisamment connus.

La part relativement importante que nous avons faite à la description zoologi([ue et anatomo-pathologique de l’échinococcose, ainsi qu’à son étude étiologique, l)araîtra peut être déplacée dans un livre qui s’adresse surtout à des cliniciens. C'est cependant avec intention f(ue nous avons donné quelque développement à ces chapitres. Nous avons considéré, en elîet, qu’il était essentiel de [)réciser, avant tout, une série de données fondamentales, quehiue peu confuses, en général, dans l’esi)rit des médecins et des chirurgiens, et dont la connaissance est indispensable à qui veut bien coin

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prendre révolution et les complications, le traitement et la prophylaxie, de la maladie hydatique du foie.

Rouen, 1” février 1904.

Des circonstances parliculières ont retardé de près d'une année la publication de ce travail. Nous avons tenu à lui conserver sa forme première. Des notes annexées au texte primitif mentionneront les divers travaux parus depuis sa rédaction.

Rouen, 2o novendjre 1904.

DÉFBITION. - DIVISION

La maladie hydatique ou échinococcose, affection coiiimiiiie à rHoininc et aux animaux, est liée à la présence, dans roriîanisiue, de productions parasitaires spécifiques représentant la [)tiasc vésiculaire duiu Cestode, qui, sous sa forme rubanée — Tænia echinococcus — a pour habitat naturel finteslin du Chien.

Le parasite à l'état vésiculaire constitue, au milieu des I issus, un corps étranger enkysté, — corps étranger vivant et actif.

La poche libreuse ({ui rentoure forme le kyste proprement dit. Le contenu a eau de roche » du Ver cystique inclus dans ce kyste lui a valu sa qualification â'hydatique.

Tout le monde s'entend, à l'heure actuelle, au sujet de la vieille expression « kyste hydatique », que nous avons conservée. Nous devons faire observer cependant combien elle est défectueuse. L'ap|)ellation classique, en effet, pourrait jiréler à confusion avec une série d'autres formations, également parasitaires, enkystées et hydatiques, auxquelles elle s'appliquerait tout aussi bien (1) : tels sont les divers CysticeiNjues (C. cellulosæ, C. pisiforniis, C. tenuicollis) et les (fumures (C. cerebralis, C. serialis).

I.e (pialificatif « hydatique » nous parait pourtant mériter d'èlre conservé dans une dénomination plus moderne de la

(1) Cos (fivorses formations ont, d’ailleurs, été longtemps confondues avec les kystes hydati<iues proprement dits, sous le vocable commun d’ « hydatides ».

maladie, car il caractérise la variété de beaucoup la plus commune du parasite échiiiococcique, et il peut servir à la distinguer d’une autre variété bien S[)éciale — spécifiqut même, semble-t-il (1) — qui n'a objectivement rien d’hydatique, et qui constitue la tumeur échinococcique alvéolaire. On pourrait, par suite, opposer fun à l’autre les deux termes : échinococcose hydatique et échinococcose alvéolaire.

De cette dernière forme nous ne dirons que quelques mots, pour l'éliminer de notre étude. Elle possède en etïet, une distribution géograplii(iue très élroile (Tyrol, sud de la Bavière, du Wurtemberg et du duché de Bade, nord de la Suisse) qui la rend complètement inconnue dans notre pays, — autant qu’elle l’est, du reste, dans les pays qu'on a appelés les « terres classiques » de la maladie hydatique (Islande, Australie, République Argentine).

L’échinococcose alvéolaire est caractérisée anatomi(|uement par une multitude de très petites cavités (contenant les formations parasitaires) qui sont creusées dans une masse dense, libroïde, formée aux dépens du tissu hépatique. Après fixation dans l'alcool, l’aspect d’une section de cette néoplasie est comparable à celui d’une tranche de pain bis. L’évolution de la lésion est très spéciale. Le parasite s’infiltre à la périphérie, de proche en proche, ou par fusées à distance suivant les espaces conjonctivo vasculaires ; il envahit les vaisseaux, les lymphatiques et les ganglions, et donne naissance à des métastases : il se comporte, en un mot, à la façon d’une néo-

(1) Tout récemment, Posselt a réussi à obtenir, chez des Ctuens qu’il avait infestés avec une tumeur échinococcique alvéolaire, de nombreux exemplaires d’un Ténia (pii dilïérerait du T. écliinococcm ordinaire, et qu’il propose de nommer T. échinococcua atveolaris (Wiener kl in. W^ocli. 1904, p. 90). Cette expériimce vient confirmer les résultats obtenus antérieurement par Vouleu, Mangold et Muller. — Des arguments d’ordres anatomo pathologique et étiologbpie (distribution géographi(pie) permetlaient déjà de conclure à la spécificité probable de l’échinococcose alvéolaire (DÉvÉ, Soc. de Biologie, 14 nov. 1903).

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