‹ Les Kystes Malins du PancréasChapitre 12 sur 42 · VOOR · texte numérisé non relu

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étant donnée la difficulté qu’il y a, en dehors de l’examen histologique, à différencier de tels kystes.

3°) Histogénèése.

A partir de quels éléments de la glande pancréatique les épithéliomes kystiques se sont-ils développés ? L’étude des cysto-adénomes bénins et des formes de passage entre ceux-ci et les kystes de cellules trouvent leurs homologues dans le système excréteur normal ou pathologique (OBERLING et GUÉ- RIN).

D'ailleurs, expérimentalement, on peut constater que l’épithélium excréteur est susceptible de proliférer abondamment, notamment lors d’un processus d'irritation quelconque. D’après OBERLING et GUÉRIN, ces kystes sont donc d’origine exocrine et canaliculaire. C’est aussi l’opinion de CARNOT, GILBERT, BÉ- RARD et CADE.

Par contre, étant donnée la possibilité de métaplasies, il est impossible de dire dans chaque cas à partir de quels types de canaux excréteurs sont issues ces tumeurs.

D’après HANDFIELD JONES (Brit Journ of Surg 1924) ces tumeurs seraient le plus souvent formées aux dépens de débris embryonnaires inclus. Les nombreux diverticules notés dans la paroi constituent des ébauches de tissu entéroïde (DARMAILLACQ). Ces tumeurs ne seraient donc que rarement d’origine pan-

créatique, et seulement dans les cas où l’on ne trouve

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pas de débris embryonnaires. Par ailleurs, nous l'avons vu, la dégénérescence maligne est susceptible de bouleverser cette structure, et il est difficile parfois d'affirmer l’origine pancréatique ou embryonnaire de la tumeur.

SABRAZÈS se range aussi à l'opinion d’une dysembryoplasie d’origine intestinale. Sur dix cas de cystadénomes, dans six il trouvait des débris embryonnaires et, dans les autres, le pancréas était trop altéré pour qu'il pût conclure.

Pour PoncET et Don, les kystes vrais du pancréas naîtraient aux dépens des débris épithéliaux d’une ébauche ventrale du pancréas qui ne se serait pas développée, ou bien de quelques canalicules qui restent séparés de la glandes, lors de la migration de ces ébauches ventrales.

Dans certains cas, l’épithélium pariétal prolifère activement en végétations épithélio-conjonctives envahissant la cavité et pouvant éventuellement don: ner naissance à des embolies néoplasiques. Ainsi naïtrait le cysto-épithéliome.

Nous avons vu, d'autre part, l’épithélioma kystique naître aux dépens d’un cancer ayant subi secondaire-

ment la dégénérescence kystique.

B. — SARCOMES KYSTIQUES.

Le sarcome kystique peut siéger dans tous les points de la glande (OBERLING et GUÉRIN).

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Macroscopiquement, la tumeur est en général très volumineuse. Dans le cas de MARXER, elle avait le volume d’une tête d’adulte. En pareil cas, le pancréas a véritablement disparu, noyé par la tumeur au sein de laquelle il est absolument impossible de la retrouver. Quand elle présente un tel volume, elle déplace les organes voisins (estomac, foie, côlon, rate), pour leur adhérer et se fixe volontiers au mésocôlon transverse. Elle a même pu ulcérer la paroi du tube digestif sans l’envahir dans un cas rapporté par STARK. Plus rarement, la tumeur est de volume modéré et alors localisée à une partie du pancréas.

Extérieurement, le kyste sarcomateux a un aspect régulier, lisse. Au palper, il est rénitent ou fluctuant.

À la coupe, on constate soit une grande cavité, limitée par une mince couche de tissu néoplasique, soit une tumeur pleine creusée de plusieurs cavités.

Le liquide renfermé dans la tumeur est souvent abondant, brunâtre, d’origine hématique.

La face interne de la paroi peut être lisse, sans végétation et ressembler à celle des kystes bénins (Boyp, ScOLA, MaRxER, MonDoR). D’autres fois, elle est remplie de bosselures ou de végétations saignantes qui envahissent l’intérieur de la tumeur et la font alors parfois ressembler à un kyste épithéliomaleux.

Pour expliquer la formation de ces cavités kystiques, deux théories s’affrontent. L’une, défendue par

MARTENS, SCHOELER, GROSS, GUSSEMBAUER, accuse la

et a

nécrose centrale d’une tumeur encéphaloïde molle. Celle-ci serait causée d’une part par les hémorragies et la mauvaise vascularisation du centre de la tumeur, d'autre part par l’action des ferments pancréatiques. Il en résulte une liquéfaction des tissus situés au centre de la tumeur.

L'autre théorie est soutenue par FROHWEIN, SGOLA, MarxER, EHRIICH. Ceux-ci admettent la dégénérescence maligne des éléments conjonctifs et la paroi d’un kyste bénin. Dans un cas rapporté par Monpor en 1931, on trouvait dans la paroi kystique, à côté de zones dégénérées et entre les bourgeons sarcomateux des zones lisses, non dégénérées. Ce fait est à rapprocher de ce que nous avons dit pour les épithéliomas kystiques et il a été signalé par OBERLING et GUÉRIN.

Par ailleurs, BRIGGS a rapporté un cas de dégénérescence sarcomateuse d’un kyste hydatique de la queue du pancréas.

Selon MArxER, les sarcomes kystiques proviendraient de la dégénérescence d’un kyste bénin, alors que les sarcomes primitifs seraient des tumeurs solides.

Les métastases sont très inconstantes. On en a décrit au poumon dans un cas, au péritoine dans trois cas. On a aussi décrit des métastases vertébrales et pleurales. Dans lobservation d’'Exric, le malade présentait des noyaux métastatiques abdominaux multiples et, dans le cas de MARTENS, une récidive

apparut dans la cicatrice opératoire. De toutes façons

HN OETES

dans aucune des observations publiées, ces métastases ne prenaient le pas sur la tumeur primitive (MoxDoOR).

Microscopiquement, c’est un sarcome fuso-cellulaire. Il peut se développer aux dépens de la charpente conjonctive de la glande, ou bien de sa capsule périphérique ou encore, nous le répétons, des éléments conjonctifs de la paroi d’un kyste bénin. SCALA a rapporté un pareil cas; il pense que la dégénérescence s’est produite aux dépens de la couche musculaire de la paroi du kyste bénin.

Par ailleurs, le tissu glandulaire, à l’entour de la tumeur, est absolument normal; il n’y a pas de sclérose glandulaire et les îlots de Langerhans sont intacts (FROHWEIN, STARK, SCOLA, ENRLICH, MARTENS). Cadrant avec ce fait, la glycosurie manque habituellement.

Par contre, le tissu épithélial revêtant la paroi kystique disparaît presque toujours quand le kyste dégénère.

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