‹ Les Kystes Pseudo-Ancréatiques D'origine péritonéo-congénitaleChapitre 9 sur 19 · AA EUR · texte numérisé non relu

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L'examen histologique de ces tumeurs a été fait souvent. La plupart du temps il n’a donné que des renseignements imprécis. Quelquefois la paroi a été assez bien conservée. M. le Professeur Lecène a examiné celle d'un kyste opéré par M. Lapointe : « Le kyste est tapissé d’épithélium à noyaux peu colorés, à protoplasma très eosinophile. Cet épithélium rappelle tout-à-fait celui des glomérules ou des canaux wolfiens ». L'existence de ces tumeurs est donc bien démontrée. Mais Augagneur qui ne faisait que les entrevoir les classait aussi bien que le fit en 1924 M. Le Mouniet, de Rennes, dans les kystes du mésentère. Du seul fait de leur situation rétropéritonéale, ce ne sont pas des kystes du mésentère. Ils peuvent s’insinuer, rarement d'ailleurs, entre les deux feuillets du mésentère ; ce seront alors des kystes développés dans le mésentère mais non des kystes du mésentère. D'autres fois, la tumeur peut s’insinuer entre les feuillets des méso-côlons. Le professeur Lecène disait en février 1924 : « Ces kystes anatomiquement contenus dans le méso-côlon, ascendant ou descendant suivant le côlé, n’ont rien à voir avec le côlon et son méso : il n’est donc pas raisonnable de les décrire encore sous le nom de kystes des méso-côlons ». Les kystes wolfiens ne peuvent donc être classés parmi les kystes du mésentère ou des méso-côlons ; ils forment une classe à part et par leur paroi, et par leur situation anatomique.

En 1904, M. Potel, de Lille, essaya de faire renaître une théorie soutenue par Rokitansky, puis Polain

= 15 — | dans sa thèse de 1860 : l'origine de certains kystes abdominaux par transformation kystique d’une ancienne adénite tuberculeuse. Il est possible que ce fait se produise parfois, il doit être exceptionnel.

En 1908, M. Drucbert, de Lille, en 1909, M. le Professeur Cunéo, ont distrait un autre groupe de kystes de l’ensemble des tumeurs liquides du mésentère. M. Drucbert écrit : « La tumeur kystique que nous avons enlevée semble bien êlre, non pas une production lymphatique mais péritonéale. Sa situation dans une région où le péritoine subit des remaniements par accolement et fusion, la connaissance d'anomalies dans ces processus de fusion aboutissant à la production de fossettes et de diverticules péritonéaux ; l'existence de formations kystiques analogues, en d’autres points où le péritoine doil aussi normalementse souderet se résorber (trajet péritonéovaginal), mais où cette évolution est parfois défectueuse, sont des arguments de sérieuse valeur en faveur de notre explication. Est-il illogique d’admettre que du liquide puisse s’'accumuler et amener la production d’un kyste entre deux feuillets péritonéaux en un point où la fusion ne s’est pas faite ? La même formation de liquide ne peut-elle s’observer dans une fossette ou un diverticule dont une partie du trajet s’est oblitérée... Ces kystes séreux seraient, dans ce dernier cas, absolument analogues aux kystes du cordon ou du canal de Nück ; ce ne sont pas des hygromas dédoublant les feuillets du mésentère, ce sont des amas de sérosité, dans une cavité

L'Ié = préexistanie, tapissée “intérieurement de séreusé péritonéale et qui s'accroît par extension de la poche à mesure que le liquide s’y accumule »: Le problème des kystes d'origine périlonéo-congénitale situés dans l'abdomen était posé. M. Druchbert appuie son hypothèse par un examen histologique : « Le kyste a une paroi fibreuse lapissée par un endothélium semblable à celui du péritoine ». De son côté, M. le Professeur Cunéo dit : « La marche du processus de coalescence telles que l’ont décrite Ancel et Cavaillon explique parfaitement que des zônes plus ou moins étendues d’endothélium puissent persister et être le point de départ de kystes, tout comme les restes du péritonéo-vaginal donnent naissance à des kystes du cordon ». Ils peuvent se voir partout où il v a des phénomènes de coalescence ; non-seulement le long des côlons mais encore au-devant el en arrière de la vessie, plus rarement dans le grand épiploon. Dans le cas qu’il rapporte, la paroï du kyste est formée égalemént par du tissu fibreux recouvert d'un endothélium mal conservé. La tumeur ne siégeait pas entre les deux feuillets de l'intestin grêle, mais en arrière du côlon descendant, repoussant celui-ci à gauche, les anses grêles à droite. [1 faut rapprocher de ces deux observations celle de Watts citée dans la thèse d’Augagneur : « Derrière le côlon descendant et la flexure sigmoïde, s'étendant en haut au bord inférieur du rein gauche, en avant et en dedans à l’incision de la paroi abdominale existait une large cavité de douze pouces dont les parois étaient formées :

AT En en arrière, par une éwméfaction du tissu connectif sous péritonéal et du fascia bombaire ; en dehors et en dedans par les feuillets du mésocôlon, et en avant par le côlon et le mésocôlon ». Ne s'agit-il pas d’un kyste rétrocôlique, rétropéritonéal ? 11 faut aussi en rapprocher deux des observations de Péan. Dans l’une il parle de kyste développé dans le mésocôlon transverse et descendant le long et en arrière du côlon gauche jusqu’au rectum. Il écrit de l’autre :

« Nous reconnaissons que le kyste est implanté sous

le mésorectum ». Il n'y a pas eu d'examen histologique. Ici également il s’agit de kystes rétropéritonéaux. De la situation de ces tumeurs jointe à l'examen histologique des deux cas de MM. Drucbert et Cunès, il semble bien qu'on doive déduire l’existence de kystes congénitaux développés dans les zônes de coalescence du péritoine.

Nous voici amenés à une division anatomique des kystes abdominaux profonds :

a) Des kystes mésentériques vrais, développés entre les deux feuillets du mésentère ;

b) Les kystes rétropéritonéaux qui peuvent secondairement s’insinuer entre les feuillets du mésentère ou des mésocôlons.

Les kystes mésentériques vrais peuvent être des kystes hydatiques. Nous éliminons les kystes hématiques primitifs, véritables hématomes mésentériques à paroi d'emprunt. Il reste donc les véritables kystes mésentériques primitifs. Nous avons vu que certains d'entre eux ont une origine lymphatique ;

AQU ne peut-on pas admettre pour d’autres une origine péritonéale par défaut d’accolement des deux lames mésentériques ? Seuls, des examens microscopiques pourraient éclairer ce point.

Pour les autres, laissant de côté la théorie de Rokitansky et Potain sur la transformation kystique d’une ancienne adénite tuberculeuse, nous voyons les kystes dermoïdes, les kystes wolfiens, les kystes d’origine péritonéo-congénitale. Les kystes dermoïdes sont rares. Les kystes wolfiens sont le plus souvent pararénaux. Dans quelques cas, cependant, ils peuvent se développer derrière les côlons. M. le Professeur Lecène en a rapporté un cas où le kyste se trouvait derrière le côlon ascendant. Pour les différencier des kystes péritonéaux de même siège, il faut le microscope. Malheureusement, nous l'avons déjà vu, cette étude histologique, toujours délicate, est parfois décevante. Il nous reste enfin les tumeurs liquides développées aux dépens des irrégularités d’accolement du péritoine. M. le Professeur agrégé Descomps décrit trois types d’accolement. Dans le premier, il y a entre la lame péritonéale et la paroi — ou une autre lame péritonéale — du tissu cellulaire lâche, sans lacune. Dans un second type, il y toujours du tissu cellulaire lâche, mais ici on trouvera des lacunes plus ou moins étendues tapissées encore d'endothélium péritonéal primitif. On dit alors qu’il y a des zônes accolées et des zônes libres. Dans le troisième type, enfin, le tissu cellulaire est plus serré, formant une lame plus ou moins

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