CHAPITRE VI
I n moment de solitude. — Lions et hyène*. — Chasse aux pintades. — Mdaira. — Hërolle <lu sel. — Les Vuahëhé. — Quelques traits de carartèiv africain. — L'homme aux oreilles roii|»éfs. — I-t dernière chaîne <le l'I sa»ara. — Entretiens |>en rassurants de mes hommes. — l'ne |iëiiildc ascension. — Facheu» amieîl chez les Vuahëhé. — Chargé |»ar un luiflle. — Adresse de llassam |!o»n. — l.e> Vuahëhé nous hanvnt la route. — La (daine de l'I hé h è. — Les lemhës. — Chez I.chef Marawano.
La marche du il) s'effectue <l;i ns une plaine vallonnée, el devniil non* se dessine, ni bleu tendre, sut- l'horizon, la dernière chai tu- de ITsagara, que nous franchirons après-demain.
Vers dix heures j'ai l'habitude de (humer à ma caravane une demiheure de repos, puis j'aime à prendre seul les devants, certain quelle ne lardera pas à me rejoindre.
C'est un grand charme parfois que de se retrouver avec ses pensées d'oublier le brouhaha de la caravane, de secouer cette contrainte qu'on éprouve malgré soi au milieu de gens qui ne sont ni de votre monde, ni de votre race. Seul dans le sentier, au milieu du grand silence du puri. je puis donner libre cours à nies souvenirs d'Kurope ; il est assez rare que je coure ainsi risque de m 'égarer, car, toutes les fois que je sors du camp, quatre ou cinq de mes hommes prennent leurs fusils pour m 'accompagner, et, malgré l'ordre qu'ils ont reçu de rester, je suis sur qu'ils me suivent à ileux ou trois cents mètres. L'usage des caravanes le veut ainsi ; un homme, à plus forte raison le chef, ne doit jamais se trouver seul dans le puri.
Ce jour-là cependant j'avais réussi à m 'isoler à qurlquc rent mètres de ma caravane, quand, à une bifurcation du sentier, un formidable rugissement de lion éclata dans la brousse, à trois ou quatre mètres de moi à peine.
I n bruissement de feuilles suivit presque aussitôt, et tout était rentré dans le silence au moment où mes hommes débouchaient au pas de course: comme le lion ne rugit guère que quand il vient de saisir sa proie, ils