CHAPITRE V
Klépharils et rhinocéros. — Absence de sorciers chez les Yuahéhé. — Mort de deux de mes hommes. — Arrivée dans lTbcna. — Ususu dévoré j«r un lion. — Copulation de TUlM-na. — Dans la montagnes. — Chasse aux zèlnes. — Passages de rivières. — l'luios persistantes. - Une tribu montagnarde. — Campeaienl dans un village du Condé.
A mesure que nous nous rapprochons de l'Ubcna, le pays devient vallonné et boisé, tout en conservant la même altitude moyenne do 2000 mètres au-dessus de la mer.
Grâce aux pluies continuelles, la végétation a repris toute sa puissance, mais la marche en est d'autant plus fatigante. Le sentier est presque toujours un ruisseau boueux ou caillouteux, taillé dans une mollasse rougoàlro, plus ou moins résistante. A certains endroits, les eaux de pluie, en roulant des hauteurs, l'entraînent par larges plaques, laissant à découvert de grands trous profonds qu'il faut contourner. Dans le fond du ravin ce sont de vraies rivières, ou des torrents de 15 mètres de largeur sur I m. 50 de profondeur, qui tous nous coulent un temps précieux. Les arbres sont clairsemés, et sur celle terre ingrat»! l'herbe pousse line cl inaigre.
Nous marchons souvent quatre et cinq heures sans trouver une habitation. Le gibier devient rare, et, le zèbre lui-même ayant disparu pour longtemps, le rhinocéros anime seul ces immenses solitudes. On sait l'habitude qu'a cet animal de disperser du pied ses laissées, mais on ignore à ce sujet la légende des Noirs de l'Afrique.
Kléphanls et rhinocéros vécurent , disent-ils, toujours en guerre. Ces deux races ennemies affectionnant les mêmes localités, les collines rocailleuses, peu boisées et désertes, il s'ensuivit une querelle qu'il fallut vider à coups de cornes, de trompes et de défenses. Près du Tanganika eut lieu une longue et terrible . bataille, dont les collines du Kipa tremblèrent pendant longtemps. Le peuple rhinocéros fut presque anéanti, mais, en