‹ Les lacs de l'Afrique équatoriale; voyage d'exploration exécuté de 1883 à 1885Chapitre 29 sur 119 · ÉLÉPHANTS ET RHINOCÉROS · texte numérisé non relu

ÉLÉPHANTS ET RHINOCÉROS

vainqueurs généreux, les éléphants laissèrent la vie aux derniers des vaincus, à la condition qu'ils ne viendraient plus salir les sentiers et balayeraient toujours leurs crottins.

Pour donner une conclusion à la légende, j'ajoute que le rhinocéros manque rarement à la parole jurée et que, les coprophagcs (famille de coléoptères) aidant, une demi-heure après son passage, on ne trouve de ses laissées qu'un large trou creusé par sa grosse patte.

Le rhinocéros est presque constamment solitaire; si j'en ai |M'u rencontré, j'ai souvent suivi ses traces, mais je ne me rap|>elle pas les avoir trouvées doubles, et je me demande comment cet animal réussit à se reproduire. Dans la brousse sa piste est facile à suivre, car il n'y passe qu'en chargeant tète baissée et en labourant la terre, mais dans les endroits rocailleux on la péril aisément, les doigts du pied ne marquant jamais dans l'empreinte.

On peut dire du rhinocéros ce que les Noirs disent de l'éléphant, c'est qu'il ne se fatigue jamais ni de marcher, ni de manger; peut-être même ces deux animaux dorment-ils debout. Si l'on débusque le monstre, on peut le joindre en une heure ou deux, mais c'est toujours une erreur de se lancer sur une piste fraîche, fût-elle d'une demi-heure, à moins qu'on ne puisse sacrifier à celle poursuite vingt-quatre, quarante-huit heures ou même trois jours, comme le font les chasseurs d'éléphants. Je n'ai jamais vu les indigènes chasser le rhinocéros; ils le redoutent, et cependant l'odorat est le seul sens qu'il ait un |m:u développé. Ilassani prétend qu'avec ses petits veux l'animal ne voit pas à dix pas; quant à ses oreilles, le bruit qu'il fait dans les fourrés les lui rend à jmmi près inutiles. Le prendre au piège n'est guère possible; toujours lancé à fond de train, il ne repasse jamais aux mêmes endroits; sa poursuite enfin se trouve compliquée de ce fait qu'il peut se priver d'eau pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures, tandis que l'éléphant a régulièrement en perspective un ruisseau ou une mare, où peut se désaltérer le chasseur lancé sur sa piste.

Pour le voyageur comme pour le chasseur, le besoin d'eau est et restera le grand problème de la vie sauvage, la pierre d'achoppement contre laquelle viennent se briser les projets les plus simples à d'autres points de vue. Ceci dit d'une façon générale, car on peut croire que présentement ce n'est pas l'eau qui manque sur ma route, ni sur ma tète, ni sous mes pas.

Le 10, je campe sur un monticule, couvert de blocs erratiques, au milieu d'une immense plaine d'herbes, près d'un petit champ de maïs perdu dans cette solitude. Mes hommes ont bien trouvé dans les environs

làl l/AUtlOVK KOI ATOHIALE.

un petit tombé pour acheter des vivres, m;iis, à 100 mètres de distance, les habitations minuscules d'Afrique se perdent dans les herbes, je n'ai pas un seul indigène au camp, et sans ce champ, grand comme la main, on se croirait vraiment en plein puri.

Un fait assez curieux chez ces Vuahéhé, c'est l'absence de mijanda ou sorciers, ce qui, à mou avis, indiquerai! un niveau intellectuel relativement plus élevé. Nous avons vu dans l'IIzaramo h' mganda jouir du droit de vie ou de mort; dans IThéhé, qui est limitrophe, il n'existe même plus. Nulle part, au reste, dans l'intérieur, je n'ai vu les fétiches jouer le rôle imporlanl qu'ils ont sur les deux côtes, aussi bien dans l' Tzara ni o qu'au Gabon.

Les Vuahéhé ont aussi leurs usages, niais nullement empreints, comme à la côte, de ce caractère de sorcellerie que l'on retrouve surtout dans les races inférieures. Ainsi il est défendu aux femmes de manger de la viande, mais c'est moins une pratique de sortilège qu'un moyen de conserver à la femme ces principes de faiblesse nécessaires à sa condition d'esclave.

Le mot de «< magie » circule bien de temps à autre, quand on me voit prendre ma lunette ou mon sextant, mais ce n'est qu'un prétexte de plus pour pousser les cris de guerre et me rançonner. Tout ceci m'explique, à mon sens, pourquoi le prestige de l'Européen s'efface de plus en plus; nous ne conservons plus guère dans les tribus guerrières, comme celles de l'iihéhé, que celui qui s'attache à nos fusils sans pierres et qui tuent de loin.

Aussi ne m'a-t-on jamais demandé de médicaments, fait qu'on ne peut s'expliquer par la santé de la population, car si dans IThéhé celle-ci est relativement florissante, elle est sujette aux ulcères et aux maladies que dévclop|HMit la négligence, la mal propre lé et les privations de tous genres.

La journée «lu I I devait compter parmi les plus tristes de mon voyage. Deux de mes hommes succombèrent dans l'après-midi à l'humidité persistante dans laquelle nous vivions; ils étaient morts de la dysenterie. Le premier, complètement paralysé depuis plusieurs jours, voyageait pour la première fois dans l'intérieur. L'autre, un vieux porteur, enlevé en quarante-huit heures, portait encore sa charge trois jours auparavant.

Les deux tombes furent creusées côte à côte dans un endroit écarté. Pour préserver le plus possible les cadavres de la dent des hyènes, lesZanzibarites ont imaginé un procédé assez ingénieux. I ne première fosse est creusée perpendiculairement au sol jusqu'à trois pieds de profondeur. Partant alors du fond, on en creuse une seconde à côté, en affouillanl le sol sans loucher à l'humus. Celte dernière fosse, qui doit recevoir les corps, se

mort de deux de mes hommes. 155

trouve ainsi directement recouverte d'une couche d'humus non remuée, à laquelle les hyènes ne songent pas à loucher, et, comme leur habitude est de creuser la terre perpendiculairement au sol, elles ont peu de chance de trouver le cadavre.

Les corps, enveloppés d'étoffe blanche, furent descendus dans leur tombe au milieu d'un recueillement général, qui m 'étonna de la part de mes Zanzibarites. L'impression ne fut au reste que momentanée : le soir à peine y pensait-on encore.

Le 12, d'une hauteur boisée, je vois la plaine de l'IJbena se dérouler devant moi, unie, houleuse jusqu'à 70 kilomètres, bornée dans l'ouest par une haute ligne de montagnes bleues qui ne peuvent être que le Livingstone Rawje.

A cette dislance, loul le pays semble plat comme la main, cl mes hommes poussenl un soupir de satisfaction à la pensée des marches Iranquilles que la plaine nous promet. Mais, dès que nous approchons, des mamelons surgissent, de petits ravins se creusent, et nous retrouvons la continuation du pays que nous venons de traverser.

Les indigènes deviennent moins querelleurs, mais il est toujours impossible d'obtenir d'eux un renseignement certain. Il semble cependant ressortir de leurs contradictions que l't'bena, autrefois sous la domination de Méréré, vient de passer directement sous celle de Mkuanika. Après une guerre longue et meurtrière, Méréré se serait retiré dans l'Lsafa, à quelques journées de marche dans le nord-ouest.

Depuis quelques jours j'ai cheminé en aveugle. Quand je demande où est leNyassa, l'un me le montre au sud-ouest, l'autre au nord-ouest, puis tous deux éclatent de rire, jouissant de ma mystification. Pour les vivres, mes hommes s'entendent encore, mais il ne faut pas penser à trouver un guide.

« Tu es bien venu seul ici, répond-on, lu sauras bien continuer tout seul. »

Nul douleque celte haute chaîne dans l'ouest ne soil le Livingslonc Range, mais qui me le garantit? De quel côté attaquer ces sommets abrupts? Ne vais-je pas perdre un temps précieux à les franchir, quand il est certainement possible de les contourner? Puis ces marches à l'aventure, sous la pluie, épuisent les hommes, bien que nous suivions d'ordinaire des sentiers battus, et que mes Noirs soient passés maîtres dans l'art de distinguer les routes « mortes » de celles qui conduisent aux habitations; mais toutes les rivières sont débordées, et chaque jour je perds des heures à patauger.

Ce matin, nous traversions lentement un ruisseau. Mes hommes faisaient

ij6 L'A FUI QUE KOlJATOItlALK.

la chaîne on se tenant par la main. Immergés jusqu'au cou, ils avaient juste lii force d'étaler le courant, quanti mon veau sauta malencontreusement de la berge pour passer à son tour. Drossé par le courant, il s'élança sur la chaîne, qui se rompit, et huit à dix charges furent emportées.

Wadi-Cornho, Salimini, dix autres plongèrent à la lois; en un instant mes charges furent repêchées, le dommage réparé; mais c'était une demi-heure de perdue, et quelle corvée que de faire sécher tout cela en l'ahsencedu soleil'.

Tous les ruisseaux roulent une eau d'un blanc de lait, argileuse, heureusement potable; ils se déversent évidemment dans le Nyassa. S'ils pouvaient du moins me conduire sur ses bords!

Le 14, à Mgamba, ancienne résidence de Méréré, nouvelle journée de deuil. Usuiu, un de mes braves porteurs du bateau, a disparu, et les indigènes accusent de ce méfait un lion qui fait de grands ravages dans les environs.

Le lendemain, jour de repos, j'envoie vingt hommes à sa recherche. Babaïdi revient tout effaré et dépose sur ma table deux côtes fraîchement déchiquetées ainsi qu'un lambeau sanglant d'étoffe, qui ne me laissent plus de doute sur le sort du malheureux Usufu. Babaïdi a trouvé les premières taches de sang à *200 mètres à peine du camp. Kilos l'avaient conduit à 1 Ô00 mètres de là, dans un groupe de rochers, à l'entrée d'une caverne, où gisaient ces restes sanglants.

Je ne me plains pas de la pluie, du mauvais temps, c'est moi qui ai voulu partir en cette saison; mais n'est-ce donc pas assez d'être journellement en butte à la malveillance des indigènes sans que les fauves viennent encore se mettre de la partie?

Hassani a tué ce soir un rhinocéros blanc à deux cornes. L'animal est tombé à une assez grande dislance du camp et j'ai été obligé d'abandonner la moitié de la viande aux indigènes. La chair n'est nullement coriace, mais a un arrière-goût dont mes hommes eux-mêmes sont incommodés.

Les habitations de ITbena rappellent celles de IThéhé; seulement le pays me parait plus peuplé. Les- lentes sont plus propres et affectent toujours la forme quadrangulnire. Les champs sont bien entretenus. Je trouve ici, pour la première lois, des patates «louées et «les haricots, qui sont une ressource pour ma table, mais non |>our mes hommes; ils regrettent la farine et préfèrent encore le maïs cru. Les haricots et les patates, disentils, ne sont lions qu'en temps de disette.

La population a les mêmes usages que celle de l'Uhéhé. mais non le même dialecte. Celui-ci se rapproche du dialecte usité chez Méréré, dans ITsala, dialecte que plusieurs de mes hommes connaissent. Moins querel-

POPULATION DK I.TBEN A. 157

leurs, moins turbulents que les Vuahébé, les Vuabena deviendront leur proie un jour ou l'autre.

Les tribus tle l'IIbciia et de l'Urori, qu'on a souvent représentées comme distinctes, ont pu, il y a quelques années, jouir chacune de son autonomie propre, mais aujourd'hui elles sont tellement mêlées qu'il est bien difficile de les distinguer. Méréré, qui régnait autrefois sur toutes ces contrées, vient d'être repoussé par Mkuanika, et nous nous trouvons ici dans une tribu démembrée qui doit s'éteindre quelque jour sous les razzias répétées de ces deux potentats.

L'Usafa, résidence actuelle de Méréré, est une petite contrée monta-

h* wau s'élance sur 1.1 (liai m-, m; rompl.

gneuse qu'on me montre daiis le nord-ouest. Il n'y a de population, prétendent mes hommes, que dans le borna de Méréré. Tous ne parlent qu'avec horreur de l'immense puri qui l'entoure, et où pendant un mois de suite on ne trouve à manger que du miel.

Ici, comme dans l'Uhéhé et le Coudé, où nous arrivons bientôt, la seule arme offensive est la petite lance de jet. Bien que dans l'Urori le 1er ne soit pas plus abondant qu'ailleurs, les ouvriers qui le travaillent passent pour habiles. Hors de chez lui, l'indigène a toujours sur l'épaule un paquet de huit ou dix de ces sagaies et porte son bouclier de la main gauche.

I.a petite lance de jet de l'Urori e'sl de beaucoup l'arme la plus meur-

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trière que j'aie rencontrée. Le bois, lisse et droit, mesure à peine 60 centimètres de longueur; le fer est barbelé de mille façons diverses, et l'autre extrémité du bois, toujours garnie d'un contrepoids en fer, contribue à augmenter la force de pénétration, qui est vraiment surprenante. La lance a sur la flèche cette supériorité qu'elle est toujours en main, prèle à partir, et qu'on peut s'y exercer avec le premier morceau de bois venu, tandis qu'une flèche partie est presque toujours une flèche perdue. 11 n'est pas un enfant de sept ans qui ne manœuvre la lance comme père et mère, tandis que dans les tribus armées d'arcs on rencontre bien souvent des vieillards qui ne savent pas ajuster une flèche. Chez ces misérables peuplades, deux ou trois flèches sont une fortune et l'on y regarde à deux fois avant de les décocher. A 10 mètres, le sauvage est sur de son coup; il ne faut pas compter voir venir la lance et pouvoir la parer. J'ai calcule souvent que, dans les trois secondes que je mets à tirer mon revolver et à l'armer, je pourrais être percé deux fois par le même individu.

Le 18 nous traversons à grand'peine une rivière de 25 mètres de largeur, derrière laquelle nous trouvons un grand tembé. Nous campons tous sous un arbre immense qui suffit à nous abriter de la pluie, toujours line et pénétrante; du reste il est le seul de son espèce, et depuis quelques jours mes hommes sont obligés d'acheter leur bois mort; ils vont chaque jour jusqu'à 2 kilomètres chercher les branches vertes nécessaires à la construction de leurs petites huttes.

Comme encouragement, les indigènes m'apprennent que j'ai encore trois grandes rivières à traverser avant d'arriver aux montagnes. Je trouve enfin un guide. 11 faut le payer bien cher; il est vrai que les msagiras m'ont juré leurs grands dieux qu'il ne demandera plus l ien.

La plaine herbeuse s'étend toujours en pente jusqu'aux pmniers contreforts des montagnes, dont nous ne sommes plus éloignés que de 20 à 25 kilomètres. Une brume légère plane au-dessus, coupant d'une ligne blanche la sombre muraille qui nous barre la roule. Au-dessus de celle première ligne se dressent une multitude de pics coniques, entre lesquels se creusent de noirs ravins dénudés; plus haut, toutes les crêtes se perdent sous de blancs cumulî, lourds d'orages, donnant ainsi l'illusion d'altitudes infinies. J'ai souvent vu ce spectacle dans la vallée de l'Isère, mais avec un caractère moins triste et moins sauvage, et jamais sous ee ciel éternellement sombre, qui commence à m'influencer d'une façon fâcheuse.

Tout! tout! pour un rayon de soleil.

Dans celle atmosphère, faite de solitude el de hurlements d'indigènes, je commence réellement à perdre le sentiment de l'existence, le souvenir

DANS LES MONTAGNES. 159 de l'endroit où je \ais, ainsi que de eelui d'où je viens, ei même du but que je poursuis. Vais~je aussi tourner nu sauvage?

Je me suis déjà surpris ec malin à manger un maïs cru; et le pire, c'est que je l'ai trouvé délicieux! Kn tète de ma caravane je marche comme un automate, tirant de temps à autre, hors de portée, un zèbre, un bubale, ou prêtant une oreille distraite aux dithyrambes du kirangozi, long sauvage armé d'un I ouclirr plus loup: que lui. Avec une volubilité, une

Le kirangozi.

exubérance de gestes dignes d'un possédé, il me l'ait un tableau effrayant des malheurs qui m 'attendent plus loin.

« Tu mettras, Msungu, plusieurs lunes à gravir cette montagne à pic, en t aidant des pied S et des mains, puis, au moment où tu arriveras en haut, les Uazilous feront crouler dans le senlierdes blocs si pros que le plus petit suffira pour écraser toute ta caravane. »

Soudain il s'arrête et s'assied sur le boni du sentier. Une inspiration subite vient de lui traverser le cerveau.

« M&ungu, me fait-il, c'est décidément trop loin où nous allons; donnemoi trois mètres de plus d'étoffe, ou je reste ici. »

100 L'AFRIQUE ÊQUATORIALE.

Deux minutes plus tard mon gaillard, désarmé et solidement ficelé, regardait d'un œil indifférent Wadi-Combo couperdes verges; mais, au moment de les recevoir, il se ravisa et se dit prêt à continuer.

Nous voilà de nouveau en marche, causant comme de vieux amis, lui brandissant toujours son bouclier, moi plongé dans mes souvenirs, abîmé et de pins en plus terrassé par ce temps gris, celte atmosphère chargée de pluie et d électricité. Dans l'herbe on voit de temps à autre un petit glaïeul malingre, une anémone simple à fleur rouge, et partout des pieds de vigne sauvage.

Pour se saluer, les Yuahéhé et les Yuabena se serrent la main. Vient ensuite l'échange traditionnel de la pipe, qui se réduit à une simple feuille verte roulée en cornet.

Température toujours très fraîche. A 0 heures du soir le thermomètre descend à 10 degrés; à 2 heures de l'après-midi il arrive à 20.

Le "20, la traversée d'une rivière débordée nous prend quatre heures d'un rude travail, pendant lesquelles mes sections de bateau nous servant de bac chavirent trois fois. Ici la population est peureuse et s'enfuit à l'approche de ma caravane.

Le 21, nous campons sur un petit plateau à 500 mètres au-dessus de la plaine. Sur noire tète la montagne est sombre et à pic. Il y a là un j>etil lembé misérable à côté d'un champ de maïs «le \0 mètres cariés. Deux vieillards souffreteux, maigres el nus, seuls êtres humains des environs, viennent se jeter à mes genoux en me voyant arriver :

« Voilà, s'écrient-ils en gémissant, tout ce que nous possédons, deux poules, un pain de tabac, un paquet de maïs vert. Prends tout, nous te le donnons de bon cœur, mais ne nous oblige pas à te conduire de l'autre côté «le la montagne chez les Mazitous, qui nous égorgeraient. >• Malgré mes promesses de les faire ramener, je n'arrive pas à persuader ces deux sauvages; un beau cadeau de perles les décide cependant à me conduire jusqu'au haut du col; une fois là, je devrai chercher ma route moi-même.

Le 22, la montée est rude, mais le sentier, bien battu et qu'on eiit dit tracé par un ingénieur, nous facilite cette pénible excursion. C'est la roule militaire, ou, pour parler comme les sauvages, le « sentier de la guerre >• entre les Yuabena et les Mazitous. En arrivant au col, je cherche en vain mon kirangozi, que mes hommes ont vu dévaler au grand trot par des sentiers de traverse.

Nous sommes à 2500 mètres et je n'hésite pas à donner 5000 mètres à la crête élevée qui se continue à gauche vers le sud. Le plateau sur lequel nous nous trouvons est tapissé d'herbes courtes et sillonné de pelits rui«-

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