DANS LES MONTAI; NES
seaux; il incline doucement vers le nord, puis brusquement vers l'ouest, que mon regard scrute avec avidité.
Dans cette direction, à 2(1 kilomètres de nous,. se dresse une nouvelle chaîne parallèle à celle que nous venons de traverser et au moins aussi élevée. Sur ses lianes herbeux s'ouvrent de noirs ravins, d'où montent des bouquets de bois d'une verdure sombre. Dans la gorge qui nous en sépare s'élève une série de pics d'un vert tendre que sillonnent de blanches cascades. Dans celle immensité, pas une habitation, pas trace d'être humain! Rien que la solitude et toujours celte pluie fine, ce temps gris de sinistre augure! Mes hommes, abattus, n'ont pas mangé depuis vingt-quatre heures.
Le sentier de la guerre a disparu, je suis forcé de descendre vers l'ouest au fond du ravin, sauf à le remonter vers le nord, à la recherche de ces Mazitous introuvables, que je suppose nicher dans les bas-fonds humides, seul endroit propice au maïs.
Quand mon camp est installé, j'envoie des escouades dans le nord pour chercher une route au bord de ce ravin. Toutes reviennent bredouille, à l'exception de Makussudi, qui ne rentre qu'à la nuit close. Il a trouvé une roule morte, mais bien battue; l'ayant suivie au trot pendant deux heures, il a rencontré des pièges à sangliers et des empreintes humaines toutes fraîches.
Vers dix heures, le 25, nous arrivons au point en question par une pluie battante. Quelques pas plus loin nous débouchons dans un champ de mais, puis sur un tout petit tembé perdu dans la verdure. Un cri part soudain, bientôt suivi de plusieurs autres, et quelques formes noires défilent en courant dans les taillis. Hommes ou singes, je ne savais, à coup sûr des êtres animés.
Camper dans un" champ de mais avec une caravane affamée eût été maladroit; je poussai donc en avant, et m'installai dans le taillis, après avoir défendu sévèrement d'aller au village, si l'on peut donner ce nom aux quatre malheureux tembés des environs.
L'après-midi se passe en pourparlers. Mes hommes, les mains désarmées et avec des gestes suppliants, adressent leurs prières aux buissons où se cachent les indigènes; de loin en loin ceux-ci apparaissent sur des pointes de rochers.
Hassani est parvenu pourtant à joindre un parti d'indigènes, des guerriers cette fois, qui viennent de loin, attirés par le bruit de noire arrivée. Au nombre d'une vingtaine, ils nous observent du haut d'un rocher séparé du camp par un petit torrent. Gustave Aimard aurait tiré un parti merveille
1G-2 L'AFRIQUE ÊOOATORIALE.
Icux de celle mise en scène; il aurait décrit longoemenl ce site sauvage semé de blocs de rochers, et donné peut-être une allure héroïque à ces hommes au Ion»; torse nu, la tète ornée de leur coiffure de guerre, pérorant au milieu de leurs affreux chiens galeux, à tète de chacal. Moins poétique cl surtout plus pressé, je ne songe, pour ma part, qu'au moyen de me procurer des vivres.
Enfin cinq d'entre eux se séparent du groupe et conseillent à venir nous rejoindre. Il y a, disent-ils, un grand village à cinq heures de marche dans le nord, où nous trouverons du maïs en quantité. Demain ils consentiront à m'y conduire. Quant à leurs tribus, impossible d'avoir le moindre renseignement ; tout ce (pie j'en puis savoir, ('"est qu'ils sont en guerre avec le Coudé, avec Méréré, avec l'Ubcna, c'est-à-dire avec tous leurs voisins.
Ils tinrent parole, et la journée du 2i fut relativement douce malgré la pluie. Le sentier descend vers le nord, toujours suspendu aux lia no du ravin, au travers de taillis clairs, de clairières rocailleuses, tapissées d'herbes tines et coupées de ruisseaux.
Le 25 nous sommes à 1500 mètres d'altitude, au fond d'un entonnoir qui s'ouvre au nord-est sur la plaine de ITbena. Nous franchissons encore trois rivières sur des troncs d'arbres, un champ de maïs surgit devanl nous et nous sommes arrivés, prétendent les indigènes.
« Mais où est le village?
— Ne vois-tu pas ces maisons? »
Oh! ces villages d'Afrique! deux ou trois malheureux tombés à T>00 mètres les uns des autres! Avec cela un temps atroce! Mais qu'importe, s'il y a du maïs! Puis les vallons boisés nous font croire à la présence d'un gibier quelconque, et nous nous décidons à camper là.
La matinée du 26 est tout entière consacrée à la chasse. I ne première pointe sur la piste des bu files solitaires nous mène sur des coteaux couverts de mousses où poussent des champignons, des oronges roses rebondies, de fausses oronges, enfin un gros champignon blanc des prés, que le^ indigènes préfèrent à cause de sa taille.
Mais comme il n'y a que de vieilles seules de buffles, nous nous rabattons sur les zèbres, très communs dans les bois d'acacias qui couvrent le^ coteaux. En moins d'une heure nous joignons tant de troupeaux que je renonce à en suivre les pislcs, certain que je suis d'en rencontrer à chaque clairière. Trois, blessés en pleine épaule, m'emporlent mes balles à un galop désordonné; enfin un vieux zèbre tombe frappé dans le poitrail. Les troupeaux sont généralement de dix à quinze tètes; pendant que les jeunes paissent tranquillement en jouant comme des poulains, les anciens
CHASSE A I X ZfcKKKS. . 1G5 funl l;i garde aux alentours, aussi ce sont toujours ers vieux coriaces qui, à mon grand désespoir, foui les honneurs de ma table.
Nous trouvons plusieurs sentes île rhinocéros, quelques traces Je coudous cl ilV'Ians du Cap. I lassa ni lue un second /Mue le soir et prétend avoir blessé un animal étrange qui, d'après la peinture qu'il m'en a laite, ressemblerait au lama d'Amérique. Je donne ce renseignement pour ce qu'il vaut, en ajoutant que llassaiti n'est pas un Gascon et connaît très bien le gibier courant de l'Afrique tropicale.
Nous sommes sur un terrain tellement coupé «le rivières qu'à chaque
Luc vingtaine du guerriers nous obserrenl du luul d'un rocher,
instant ou se croit dans une ile. La crue de la nuit dernière a emporté tous les ponts, et je suis obligé de rester un jour de plus pour en faire reconstruire par m«s hommes, tà* contretemps ne me déplaît point, car ici on se refait un peu. Kamna m'a servi hier tout un plat d'oronges.
La journée du t27 est exclusivement consacrée au passade de la rivière; une nouvelle crue a emporté cette nuit le pont construit par mes hommes et je dois me résoudre à me servir encore des sections de mon bateau.
Les deux rives sont inondées sur un espace de 200 mètres ; enfoncés jusqu'au cou dans une vase immonde, au travers de roseaux coupants, nous réussissons enfin à gagner une petite éminence qui commande le courant. La rivière n'a que ôO mètres de largeur, mais roule furieusement et
164 L'A KM li}U E KOUATOMIALR.
avec une vitesse d'au inoins (> milles à l'heure, et sur la rive opposée personne pour aider au passade.
Pendant une heure nies meilleurs nageurs luttent avec courage. Jusqu'il une certaine distance des deux rives tout va bien, mais là le courant les empoigne; ils délitent devant moi avec une vitesse vertigineuse, vont se perdre dans les roseaux compacts, à iOO mètres en aval, et en reviennent tout ensanglantés. Les indigènes traversent, leurs lances dans la bouche, mais ils s'avouent incapables de porter le bout de la corde.
Wadi-Saliman, un de mes chefs, vient enfin de l'amarrer autour de ses reins. Kn dix brasses il est au milieu; là il plonge brusquement, et nous le voyons ressortir à 100 mètres en aval sur l'autre rive, qu'il est parvenu ii atteindre en se cramponnant aux herbes du fond.
Quand ils niellent en jeu toutes leurs facultés, les Yuauguaiia sont vraiment d'une adresse cl d'une audace surprenantes. Le reste de la traversée n'est qu'un jeu, malgré la force du courant, qui exige les plus grandes précautions et nous fait perdre beaucoup de temps. Une fois, l'amarre se rompt, la section chavire, mais tout est repêché, heureusement.
De retour au camp nous sommes assaillis par un orage épouvantable. Ma pauvre lente lait eau de toutes parts, et, comme ces averses sont journalières, il est inutile de la réparer, beaucoup de moustiques dans ces bas-fonds; c'est la première fois que j'en souffre depuis la
côte.
Le 28 nous recommençons à monter dans des coteaux d'abord rocailleux, puis boisés, où j'entrevois une bande de coudous et quelques gazelles, et ensuite le long d'une pente aride, glissante, ruisselante d'eau de pluie, dans des sentiers de chèvres, qui nous mènent jusqu'à 1000 mètres d'altitude.
De là-haut les guides me montrent au fond d'un ravin je ne sais quelle tache verte qu'ils m'assurent être du maïs, puis prennent la fuite à toutes jambes en m'indiquaut du doigt un sentier qui /existe certainement que dans leur imagination.
Là commence une descente effrayante à travers bois; mes hommes glissent, mes charges roulent. A une heure nous sommes en face d'un torrent déchaîné, qui mesure encore 30 mètres de largeur et au bord duquel nous trouvons des empreintes d'hippopotames. A force de chercher, mes hommes finissent par trouver un endroit relativement calme, où le va-et-vient de mes sections pourrait s'opérer sans difficultés, près des vestiges d'un pont que les indigènes ont probablement rompu pour nous arrêter.
PASSAGES DE RIVIÈRES. 1(.5 Quelques-uns de ces derniers apparaissent vers le soir à travers 1rs buissons.
« Qui nous prouve, nlnontlcnl-ils aux protestations de mes hommes, que vous venez en amis? Nous sommes en guerre avec tous nos voisins. Knvoyeziious les tètes des guides qui vous ont amenés jusqu'ici, cl alors nous vous croirons! »
\.o '20, encore quatre heures employées à passer la rivière! Ce travail
Tcriili* kmitiis ><»liil< im tit rtarycntê*. (Voif |>. Iiiii.i
excite la euriosilé des indigènes, qui s'approchent peu à peu et linissenl par entrer en relations avec irons. Vers midi ils nous conduisent à leur village OU plutôt à leurs tanières? 1 '
Cinq ou six huttes, autrefois cxlimlro-coniqncs, "isoiil pèle-mèleau fond d'un petit ravin rocheux fermé à ses deux extrémités par une palissade de roseaux à moitié renversée; le tout mesure dix mètres carrés et se trouve si bien dissimulé qu'à vingt mètres de là l'œil le plus exercé ne pourrait le découvrir. Dans un coin une lèle de maïs, plus loin un plan de sorgho, sur les bords du ruisseau quelques plantes de patates, et c'est tout. Ils ont cependant des greniers cachés dans les environs, car le maïs arrive bientôt en quantité suffisante.
ICO L'AFRIQUE fi OU A TOHI A LE.
Trente mâles, tous hommes faits cl solidement charpentés, composent h population; pas une femme, par conséquent pas un enfanl; pour «les sauvages, je garantis ceux-ci l>on teint ! Comme hier, il m'est impossible de tirer d'eux quelques renseignements sur leur tribu. Les coilTures de guerre sont des plus étranges; l'un porte, comme une auréole, une crinière dfl zèbre, l'autre une crinière de girafe plantée toute droite, lui coupant en long la lèle, un autre un panache de plumes de coq qui lui relomlie en gerbe sur les yeux. Le lorse esl bien pris, quoique maigre, la face plus longue, le crâne plus dolichocéphale que dans l't "bébé; notons enfui, pour les distinguer encore mieux de ce dernier pays, un vague sentiment de pudeur; ils mil une ceinture de feuillage pour remplacer la traditionnelle feuille de vigne.
A quelle race rattacher ces bandits? esl-ce un rameau détaché du grand tronc de la famille hanloue du sud «le l'Afrique? Onl-ils quelque chose «le commun avec les Mazilous que l.ivingsloue a rencontrés dans le Sud?
Ils usent d'étoffe, non pour se vêtir, mais pour se faire «les ornements d«- lèle: au nombre «!«• leurs amulettes ligureiil quelques perles tl«i je ne sais qmdlc provenance. Comme armes, « 'esl toujours la lance «le j«'l el le bouclier.
Je reprends ici, pour un temps, mon journal. J«> crains de fatiguer le lecteur de redites inévitables, el pourtant il faut loul «lire. Je laisse doue au récit de ces quelques jours l«is allures d'un carnet «h1 voyage, el d'autant plus volontiers que «!«• grandes fatigues en ont altéré le souvenir.
Tdl mars. — Encore un torrent à traverser, sur un pont il esl vrai, mais quel pont! Pendant doux heures de travail «'I «l'angoisses je regarde passer uni' à une l«*s sections de mon bateau, mes caisses «il mes charges d'éluiïe à huit mètres au-dessus d'une rivière furieuse; les deux branches qui servent «le «niées plient à s<> rompre, les lianes craquent; par deux fois je suis obl'gt de les reconstruire en entier. Ensuite nous gravissons la montagne au nord sans avancer sensiblement. Nous campons dans un village abandonné.
51 mars. — Cravi une autre montagne à pic jusqu'à 2500 mètres; montée île «leux heures; puis fait un mille dans des ravines. Campé en plein puri, sous une averse effrayante qui dure tout l'après-midi. Heureusement de indigènes nous suivent avec quelques vivres.
Tr avril. — Fait trois milles au sud-ouest dans des ravines pelées. Pluie toute la journée et tout»' la nuit.
De deux à quatre heures, presque tous les jours l'ouragan se déchaîne
PLUIES PERSISTANTES. 169 avec une furie inouïe, précédé de lourhillons de vent qui dans ces ravins soufflent de partout à la fois. Le tonnerre a des éclals, des déchirements effroyables. Sous ce ciel noir et sombre, les éclairs prennent des teintes livides et éblouissent comme en pleine nuit. Le soir, tout s'apaise lentement, mais, sauf celte accalmie, c'est le temps gris et la pluie fine à perpétuité.
2 avril. — Franchi de nouveau une montagne de î»00 mètres, puis redescendu dans de grands ravins pelés où nous marchons trois heures pour faire un mille au sud-ouest, l'as un arbre, de l'herbe, partout de l'herbe et des montagnes. Mon courage est à bout; le kirangozi me promet depuis trois jours d'atteindre le Coudé, mais je désespère de jamais voir celle plaine fertile.
Kblouissements, faiblesses, deux ou Irois fois dans chaque marche. Malgré tout, l'estomac reste à peu près bon.
5 avril. — Trisle journée; neuf heures de marche pour faire bien peu de roule. Franchi successivement deux montagnes, puis traversé un plateau par une brume froide et épaisse. Trois heures d'une descente effrayante pour couronner le tout; deux heures à frayer dans une immense forêt de bambous tapissant la montagne, et une heure le long d'une crête en spirale, qui nous amène par degrés au fond «l'un vaste cratère, où nous trouvons enfin le premier village du Coudé.
Avec sept hommes j'ai pris les devants, tant j'ai hàle de trouver un logement sec pour mes hommes et pour moi. Au moment où nous débouchons sur un groupe de sept à huit huttes, un parti d'indigènes, en grand costume de guerre, surgit des buissons. Abrités de la pluie sous leurs grands boucliers, ils commencent leur charivari habituel. Leurs hurlements se mêlent aux éclats du tonnerre; partout dans la montagne les échos répètent les cris des habitants qui fuient éperdus, poussant devant eux leurs troupeaux. Quand la nuit arrive, j'ai lout juste réussi à trouver une case, que je partage avec les quelques porteurs qui ont pu venir jusqu'ici.
Nuit effrayante, pendant laquelle le tonnerre ne cesse de gronder! Mes autres hommes, dispersés dans la montagne, s'appellent, tirent des coups de fusil ; mais quel secours envoyer dans ces sentiers perdus? Les uns sont encore dans les bambous avec les sections du bateau, les autres sur cette crête maudite. Si le lion ou l'hyène hantaient ces montagnes, j'aurais cette nuit perdu la moitié de mon monde.
Le lendemain, de bonne heure, je m'occupai de louer une partie du village pour mes hommes, transaction peu facile avec des sauvages qui ne m'approchent qu'en l ampant et en tremblant. Je décidai de passer là deux
170 L'AFRIQUE KOUATOKIALK.
jours; les vivres étaient abondants et j'allais pouvoir réparer ma tente.
Vu d'an abri sec et au repos, le site ne manque pas de pittoresque. J'ai dit que nous étions au fond d'un immense cratère, mais encore à 12 000 mètres d'altitude. Une échappée dans le sud-ouest nous découvre une plaine verte de 14 à i,*> kilomètres d'étendue, limitée comme toujours
Coupe de bambous prèn d'un village du Condé. (Voir u, 171.)
par une chaîne de hautes collines. Dans toutes les autres directions la montagne nous commande; une trentaine de huttes coniques apparaissent dispersées sur le flanc; d'autres, groupées au nombre de six à sept, s'étalent dans les bas-fonds, (l'est l'un de ces petits villages que j'ai loué pour loger ma caravane. A quelques pas de nous se dresse, au centre même du cratère, un cône rocheux de 100 mètres «le hauteur, très escarpé, où le chef s'est retiré avec ses guerriers. Sa voix sonne là-haut, répercutée par
l' fl E M 1 K ft V I L L A lî E DU CONDfi. «71 l«is échos d'alentour, pour envoyer des ordres aux femmes cl aux enfants disséminés dans la montagne. On compte là en tout 200 habitants et tètes de bétail.
Ce n'est pas sans étonnement que je trouve sur ees hauteurs quelques plants de bananiers, car nous sommes loin iei de la côte, où cet arbre abonde et produit des fruits en toutes saisons. En apercevant de loin ees larges feuilles vertes, nous rêvions de bananes, rêve ereux à celte époque de l'année comme beaucoup de ceux qu'on fait en ees maudits pays !
Nous sommes vraiment dans le Coudé, mais un Coudé montagneux, sans analogie avec la riche plaine «pie nous trouverons plus loin sur les bonis du Nvassa. Coudé veut «lire en kisouahi!i« plaine »,el en kieondé il signifie « bai e ».
Je reviendrai plus tard sur les habitants du Coudé. Je suis pour le moment tout au bonheur, sous ma bulle propre et bien sèche, d'entendre le tonnerre formidable rouler dans la montagne, et de voir devant ma porte l'eau couler à torrents.
Avant de quitter le village, l'idée me vint de couper quelques bambous dans la forêt que nous venions de traverser, pour confectionner le mal et la vergue de mon bateau. L'inspiration était heureuse, car je ne devais plus en rencontrer un seul jusqu'au Bangouéolo. Le bambou atteint dans cette forêt des profilions merveilleuses, 10 mètres de hauteur et 15 centimètres «le diamètre.
Les indigènes fonl toutes choses avec ce bambou, leurs bulles d'abord, puis des jarres pour l'eau, le lail, des tasses pour boire, des pipes.
Ils fument beaucoup de chanvre ; à les voir plongés dans celle occupation, on se demande s'ils y trouvent quelque plaisir ou s'ils s'en font un devoir, car «le la première bouffée à la dernière une Unix creuse et navrante à entendre les secoue comme «le* poitrinaire*.
Le ricin, très commun, atteint facilement 5 «>l i mètres «le hauteur.