CONSTRUCTION D'UN PONT
Ils vont si bien me surcharger ee malheureux pont, qu'ils le feront crouler. J'arrête donc leur élan et ordonne la traversée.
lue fois sur l'autre rive, tous s'arrêtent pour contempler une dernière fois leur travail :
« En vérité, mes frères, nous ne pouvons laisser un pareil pont aux Wuachenzis, s'écrie l'un d'eux, à ces sauvages qui nous cachent tous les gués!... brisons-le!... » Aussitôt dit, aussitôt fait; quoique non sans regret, je les laisse à leur œuvre de destruction pour aller camper un peu plus loin. Quant à Fa naja la h, le héros de la journée, il recul de moi le soir
Fairajalali s'arrmrlio à une branche (l'acacia épineux.
un beau cadeau ; quelques jours plus lard il ne restait plus rien de ses blessures et de ses contusions.
Le 15 nous pouvons faire \ milles au sud. l'ne seule rivière à traverser. La marche tout entière s'effectue dans une immense forêt, de haute futaie et du plus bel aspect. Plusieurs traces fraîches d'éléphant, les premières que je rencontre dans mon voyage, sauf quelques rares empreintes dans l'Lhéhé. L'éléphant est 1res répandu partout, et, dans cette plaine, relativement facile à chasser.
Tous mes hommes sont abattus par la massika el ces nuils passées dans la boue. J'en ai cinq atteints de dysenterie et qu'il faut porter, dix autres qui suivent à peine, bien que les rivières m'obligent à de toutes petites marches. Mon estomac, que je ne pu is préserver de l'humidité malgré trois
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ceintures de flanelle, se détraque de plus en plus. Deux ou trois fois dans la marche je m'évanouis brusquement, tout couvert de sueurs froides.
Le H, autre rivière étroite mais profonde, qui nous oblige à construire un pont ; puis on fait un mille dans les grandes herbes ruisselantes de pluie pour arriver à un village très populeux, où je séjourne le 15, dans un état d'anéantissement complet.
Le 10, à "2 milles au sud, trois nouvelles rivières à traverser. IMus nous approchons du Nyassa, plus elles sont larges : l'une d'elles, je me le rappelle, mesurait près de 00 mètres. Je m'évanouis sur l'une des rives, pour ne m 'éveiller que sur l'autre. Kamna me soigne comme son propre frère.
Ici, dans la plaine, ce ne sont plus des torrents, mais des eaux tranquilles, que mes hommes passent à la nage pendant que les charges traversent en pirogue. Mais les crocodiles recommencent à pulluler. Sur toutes les rives je vois de nombreux villages sous des forêts de bananiers. Les indigènes ne sont pas mauvais, mais leurs mensonges perpétuels m'entretiennent dans un état d'aigreur qui n'aide pas à ma guéri son. Depuis trois jours, à chaque nouvelle rivière, on me montre Makula sur la rive opposée. A peine débarqué, on m'apprend que c'est un peu plus loin.
Le nombre de mes malades s'accroît de Wadi-Saliman, un de mes chefs, atteint de coliques sèches qui, jour et nuit, lui arrachent d'épouvantables hurlements. Il ne peut guère compter que sur moi pour le soigner, et je le fais coucher près de mon lit. Son voisinage et l'abondance des moustiques me rendent les nuits plus terribles encore que les journées passées sous la pluie.
Ma caravane n'offre plus que l'aspect d'une immense déroute. Groupés au nombre de sept à huit, mes hommes sont espacés sur une longueur de 2 kilomètres; ils se traînent péniblement d'un village à l'autre, et campent où ils peuvent, vivant de farine crue.
Le 17, je mets deux heures à rallier tout mon monde. Nous ne sommes plus qu'à 4 kilomètres de Makula et je tiens à y faire une entré»' convenable. L'affluence toujours croissante des indigènes ne me laisse plus de doute sur le voisinage de ce souverain. J'ai enfin reçu de lui une députation de vingt guerriers superbes, qui m'apportent de sa part une grande jarre de lait caillé. Quelle est donc cette nouvelle espèce d'Africains qui m'envoient des cadeaux, quand tous les autres m'en demandent avant même que je sois sur leur territoire?
Nous longeons la rive droite de la dernière rivière traversée, tantôt dans d'immenses pâturages marécageux, tantôt dans de longues allées de bana-