UN ENVOYÉ DU CHEF
reste, le chef du détachement de Vualunda qui nvaii escorté mes gens chez Méré-.Méré, cl il savait que je ne me porterais contre lui à tics actes de
rigueur qu'à la dernière extrémité,
« Réponds à Cazembé, dis-je à Kalama, que je suis décidé à lui refuser poudre el capsules. Je vais attendre vingt-quatre heures [mur voir s'il veut me vendre des vivres, puis j'aviserai.
Vers quatre heures de l'après-midi, Kalama ressorti! encore du homa.
h.ibiiu CIITOré par Carombé.
accompagné seulement relie lois de cinq ou six hommes, el, au lieu de venir directement au camp, la petite hande longea la lisière du hois, <jui , en suivant la rivière, approchait jusqu'à 20 mètres de nos huttes. Son monde hien caché dans la brousse, Kalama s'avança seul dans la petite terre défrichée qui nous séparait, puis, arrivé à dix pas de nous seulement, il me dit :
« Cazembé t'envoie sa dernière parole; il le donne sa plus belle défense pour la caisse «le poudre el dix hoiles décapsules; accepte et lu auras son amitié! »
Kl comme je ne jugeais pas à propos de répondre :
« Allons, Vuanguana, mes amis, eont i nua-t-il d'un air gouailleur,
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encore deux jours tic famine, el vous cultiverez nos terres la fourche au cou! Quant à loi, Msungu!... » Kl il se passait la main sur la gorge en éclatant de rire.
C'était trop d'audace : d'un hond j'étais sur mon fusil. Le malin, par bonheur pour lui, jouait des jambes en faisant des crochets; ma balle passa derrière. L'instant d'après, il s'éclipsait dans le buisson, pendant que du village un formidable cri de guerre saluait sa bravoure.
Enfin la guerre était déclarée! Mes hommes témoignèrent pour la plupart d'un enthousiasme médiocre, mais Wadi-Combo et ses gens poussaient des cris de joio, et vingt fusils me suffisaient pour le plan que j'avais combiné. Allant au plus pressé, je commençai par désarmer dix des créatures deNassib, aux mains desquelles étaient des fusils précieux par-dessus tout. Naturellement ce dernier se récria : c'est ce que j'attendais.
« Nassib, lui dis-je, voilà la première fois que lu me manques : pour cette parole déplacée, tu me feras d'abord trois mois de prison à ton retour à Zanzibar; aie soin, de plus, de ne jamais recommencer, ou il ('arrivera malheur! »
Pour un Arabe, toujours très entiché des égards qu'on lui doit, c'était une injure sanglante; mais, au ton sans réplique dont je m'étais servi, il dut croire que je connaissais toute l'histoire de sa trahison, car son œil, qui un inslanl s'était allumé d'un éclair de défi, s'éteignit aussitôt, et il vint s'agenouiller à mes pieds en jurant de ne plus jamais recommencer. Cet acte public de soumission était tout ce dont j'avais besoin pour le moment. Je profitai de la dernière heure de jour qui restait pour préparer le départ du lendemain.
« Mes enfants, dis-je à mes hommes qui se pressaient autour de moi, il est urgent que nous quittions ces parages aussitôt que possible, et demain matin au lever du soleil nous mettrons le feu au camp en prenant la roule du Tanganika. Le long de la Louapoula, nous aurons tous les jours de l'eau et du gibier à profusion. J'ai seulement besoin de l'ordre le plus absolu dans la caravane : notre existence en dépend, et je l'exigerai de force si vous ne voulez l'accorder autrement, dussé-je jeter aux hyènes el aux lions tous ceux qui enfreindront mes ordres. Vivre pendant un mois de viande et de miel n'est pas une perspective agréable, mais elle vaut bien la certitude de cultiver les terres des Vualunda, et, avec la grâce de Dieu, dans un mois nous verrons le Tanganika. »
Puis, sans m'arrèter au morne silence qui accueillait mes paroles, je fis serrer les charges. Entre les cartouches, l'ivoire et les caisses diverses, il y en avait trente, que durent se partager les quatre-vingts hommes