CHAPITRE XXV
Ilévolle de ma caravane. — Longues transactions. — L'ordre est rétabli. — Terribles ravage* d'un fauve. — Nouvelles de Wadi-Comlo. — Siège et sac d'un village indigène. — Arrivée de Wadi-Comho. — Sourdes menées dans ma caravane. — Désarmemeut des mutins.
Pour expliquer les événements qui vont suivre, il est nécessaire de donner quelques détails sur ma caravane, dont l'organisation pendant cette première année de mon voyage avait du subir des modifications.
On se rappelle qu'à mon arrivée à Karéma j'avais congédié une partie de mes hommes, que Storms avait embauchés presque en totalité. Je n'en avais donc plus avec moi qu'une cinquantaine, les mieux trempés de mon ancienne escorte, les mieux doués en initiative et en courage, malheureusement aussi les plus indépendants et les moins disciplinés. Mais je préfeiv ces natures-là aux natures obséquieuses et passives, dont j'avais peuàjM'u débarrassé ma caravane.
L'escorte envovée dans l'Unianembé sous les ordres de Wadi-Combo corn-
plélait cet effectif, et je n'attendais plus que son retour pour me remettre en marche.
Après le départ de Nassib et deTuakali, le commandement de ma caravane revenait, par rang d'ancienneté, à Wadi-Asmani. C'était une nature basse, rampante, sous des formes brutales, et je me promettais bien, an retour de Wadi-Combo, de donner à ce dernier la place de Niampara en chef. Wadi-Asmani eut-il vent de cette disgrâce? il faut le croire, car. devançant l'arrivée de Wadi-Combo, il lança ma caravane dans un semblant de révolte, dont le but était simplement de revenir à Zanzibar eu me laissant sur le Tanganika.
Farraji, le second de mes chefs, tremblant pour les gages qu'il avait mérités, conserva une sage neutralité dans ce complot, qui éclata avec une brusquerie sans égale.