‹ Les lacs de l'Afrique équatoriale; voyage d'exploration exécuté de 1883 à 1885Chapitre 98 sur 119 · LA ROUTE AMLAISK DU NYASSA · texte numérisé non relu

LA ROUTE AMLAISK DU NYASSA

Anglais ont tenté de relier le Nyassa au Tanganika par une voie, sinon carrossable, au moins plus commode que le senlier indigène. Kiwanda était le premier relais en parlant du Nyassa, et cV>t là qu'ont été commencés les travaux. Poussés avec la vigueur que les Anglais mettent dans toutes leurs entreprises, les travaux ont du cependant être interrompus souvent depuis vingt mois par la maladie et la mort des trois premiers ingénieurs qui s'y sont succédé; une quinzaine de kilomètres ont été achevés avec succès, mais la massika a fait couler les remblais, et en bien

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des endroits on a peine à retrouver les traces du fossé des deux côtés du senlier indigène, qui a repris tous ses droits.

Sans vouloir discuter l'utilité problématique d'une route deslinée à amener au Zambèze les prétendues richesses du Tanganika, il me semble que les promoteurs de cette idée se sont attaqués là à une tache bien ingrate. Avec de l'argent, certes, on arrive à tout, mais ont-ils pesé toutes les difficultés? La montagne est leur moindre ennemi; comment viendrontils à bout des innombrables chaussées qu'il leur faudra jeter sur les éponges? L'entretien, à lui seul, par le fait de la saison pluvieuse, nécessitera tout du long un travail soutenu. Le seul atout des constructeurs dans celle tentative repose sur la bienveillance des indigènes, car nulle part dans mon voyage je n'en ai rencontré d'aussi bien disposés.

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Pour arriver au but, dans tous les cas, il sera nécessaire de décupler les moyens d'action. On ne fait pas de grandes choses avec de petits moyens, et on n'atteindra le résultat qu'en amenant un nombreux personnel européen qui pourra attaquer la route en plusieurs points et permettra de combler sans retard les lacunes apportées par la mortalité: celle-ci, du reste, diminuerait rapidement, car le spleen est la seule raison que j'en puisse trouver dans un pays aussi sain, aussi grandement aéré.

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