II. — MODELAGE
Le début de la restauration est marqué par une ébauche grossière, car la morphologie de la région n’est jamais obtenue en un seul temps. Le chirurgien devra étaler plusieurs fois le lambeau, en l’abordant alternativement par ses différents bords, laissant toujours assez de tissu pour sauvegarder sa vascularisation. Il faudra parfois supprimer le tégument en excédent, aplanir davantage le lambeau ou profiter au contraire de sa forme cylindrique pour reconstituer une lèvre ou une aïle du nez par exemple. Si la greffe reste trop épaisse, il faut enlever le tissu adipeux et parfois le basculer dans une région voisine qui manque de relief. Eventuellement les cicatrices de fixation ainsi que celles de prélèvement peuvent être enlevées ou régularisées par quelques points de diathermocoagulation.
Toutes ces adaptations nécessitent une anesthésie car les tissus ne tardent pas à récupérer une sensibilité qui va s’accentuant.
Il faut parfois épiler un lambeau pileux inclus dans une région glabre, à la diathermie où au moyen d’une curette ou de ciseaux qui détruisent les bulbes pileux à leur base, à la face profonde du tégument.
Plus tard on pourra si c'est utile pigmenter ou dépigmenter la greffe pour la mettre en harmonie avec les régions voisines. Le tatouage est la seule méthode qui puisse donner un bon résultat. Il consiste à introduire dans le derme un mélange pulvérulent de colorants et d’alcool, à l’aide d'un pet't stylet spécial. Les particules colorantes restent fixées parce qu'elles ne sont ni éliminées avec la desquamation, ni entraînées par la circulation.
Les régions hyperpigmentées sont tatouées avec des-couleurs claires tels le blanc d'antimoine ou l’oxyde de zinc. Les zones claires sont pigmentées avec un mélange de terres de fer et de blanc fondamental dont la proportion avec l'ensemble donne une gamme suffisante de coloris.