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ANESTHÉSIE GÉNÉRALE

Nous utilisons le Protoxyde d'Azote de préférence aux anesthésiques toxiques et dangereux comme le Chloroforme ou le Chlorure d'éthyle,

et nous renforçons son action par une prénarcose au Pentothal qui rend

le sujet hypoexitable et diminue notablement la dose d'anesthésique nécessaire à la narcose.

Le Pentothal est un excellent narcotique, non dangereux s'il est administré par un anesthésiste averti. R. MERLE D'AUBIGNÉ et E. KERN signalent que ce barbiturique n’est pas sans danger : il a une action déprimante marquée sur les centres respiratoires et sur le système sympathique. C'est pourquoi il faut être prêt à tout instant à faire face à une syncope. respiratoire très rare à la vérité si la dose injectée est convenablement calculée et introduite très lentement dans la veine. « La sécurité d'une anesthésie au Pentothal est avant tout subordonnée à la possibilité de pratiquer l'insufflation d'oxygène en cas de besoin. » IT y a toujours une dépression respiratoire qu'il faut combattre par une surveillance continue des voies respiratoires supérieures ; il est recommandé à cet effet, de placer un tube de Mayo ou un sonde naso-pharyngée.

Une heure avant l'intervention, nous préparons le malade par une injection de Oo gr. o1 de morphine et Oo gr. 0003 de scopolamine; c’est la meilleure protection contre les accidents dûs à la prédominance du parasympathique.

Le pentothal agit rapidement et produit le sommeil une minute environ après l'injection. On peut aussitôt utiliser l’anesthésique par inhalation, et réinjecter au besoin de petites doses espacées de pentothal au cours de l'intervention, si la résolution musculaire devient insuffisante.

La narcose au protoxyde d’azote est agréable, le choc psychique est supprimé et le sommeil est rapide. L'intelligence reparait avant la sensibilité, d'où un état d'analgésie consciente qui procure un réveil doux sans vomissements. L'’élimination de l’anesthésique est rapide et intégrale, aussi n'y a-t-1l aucun malaise au réveil.

Le protoxyde d'azote n'a aucune action bulbaire, donc pas de risque de syncope, et longue tolérance ; il ne forme pas de composition stable avec l’hémoglobine, d'où aucun risque d'asphyxie; il n'a aucune action irritante sur l'appareil respiratoire, le foie, le tube digestif ni le rein. Mais ce gaz est un vaso-dilatateur périphérique, et il favorise ainsi des hémorragies qui sont une grande gêne quand la zone opératoire est richement vascularisée. [Il provoque aussi une légère tachycar/lie au début de son absorption.

Les contre-indications de l'anesthésie au protoxyde d'azote sont donc limitées à toutes les insuffisances cardiaques reconnues, aux grandes hypertensions, et aux hyperthyroidies.

L'anesthésie demande un appareil compliqué, qui nécessite un spécialiste bien éduqué. Dans le service nous employons la méthode américaine avec l'appareil de HEibBrINK basé sur le principe de la respiration en circuit fermé : le gaz carbonique s’accumulant dans le milieu respiratoire devient un excitant des centres réflexes, et il n'y a pas déperdition de gaz anesthésique. L'excès de CO2 contenu dans l'air expiré est absorbé par de la chaux sodée.

Avec cet appareil la sécurité du malade est complète, parce que l’anesthésiste à toujours à sa disposition de l'oxygène sous pression et du gaz carbonique: le chirurgien n'a pas besoin d'interrompre son intervention au cours d’une syncope.

L'anesthésie générale est réservée aux interventions longues et importantes, ne s'exerçant ni sur le nez, ni sur la bouche. En chirurgie maxillo-faciale elle pourrait être contre-indiquée puisque Île masque

cache la région intéressée, mais on dégage le champ opératoire en adaptant l'appareil à un tube introduit par voie buccale ou nasale. La canule de Butlin-Poirier placée après laryngotomie intercrico-thyroïdienne n’a plus guère d’adeptes à l'heure actuelle. On utilise la pipe de Delbet, et le procédé américain de l'intubation intra-trachéale au moyen d’une sonde molle qui passe par le nez ou la bouche.

3° Tracé et découpage du lambeau

Dans ce premier acte chirurgical il faut penser à laisser une bonne: cicatrice en incisant les tissus d'un seul trait, avec un bistouri d'un parfait tranchant. On évite ainsi sur la ligne cicatricielle les granulations qui font suite aux micro-traumatismes et se résorbent en formant du tissu scléreux.

L'incision intéresse la peau jusqu'au tissu cellulaire sous-cutané. Dans ce prélèvement de peau totale, le jugement entre en jeu à nouveau, pour évaluer la quantité de tissu adipeux à laisser, suivant le matelassage que: l’on veut obtenir. Suivant aussi que le sujet est maigre où gras, l’incision intéressera tous les plans jusqu'au fascia sous-cutané, Ce qui augmentera la viabilité du lambeau, ou excluera la couche adipeuse qui est mal vascularisée.

Frc. 1. — La taille du lambeau.

Le lambeau jalonné est délimité par deux incisions parallèles droites et égales le plus souvent, ou courbes.

Le chirurgien décolle ensuite le tissu compris entre les deux iNCISIONS en soulevant successivement chaque bord avec une pince fine. Ce plan de clivage parallèle à la surface cutanée a été en partie amorcé dans l'anesthésie locale par l'action préparante du liquide anesthésique. Le bistouri est un instrument aveugle dans cette manœuvre, et l'on doit compléter son action avec des ciseaux dont on écarte les branches.

La plaie de prélèvement doit être refermée la première, et son accès est facilité par le soulèvement du pont cutané qui la recouvre, au moyen de deux crochets tenus par un aide.

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