GREC
lers serbo-croates voisins, pour que le serbo-croate littéraire ne serve pas aussi aux populations parlant slovène ; un mouvement en ce sens se dessine ; la langue littéraire slovène est une de ces créations artificielles auxquelles recourt l'administration 'autrichienne pour diviser les nations slaves.
En somme, il existe cinq langues slaves de civilisation irréductibles les unes aux autres : russe, polonais, tchèque, serbo-croate et bulgare. Ces cinq langues présentent beaucoup de traits communs, et qui connaît l'une a, par là même, une très grande facilité à apprendre les autres. L'unité slave est la plus nette, la plus immédiatement visible des grandes unités linguistiques de l'Europe.
Les parlers slaves ont une grande force d'expansion, qui tient à ce que les peuples de langue slave, demeurés à un état de civilisation relativement peu avancé, sont prolifiques. Si la forcé d'assimilation allemande leur a fait perdre du terrain en Allemagne, ils en ont énormément gagné à l'Est. Sur la côte de Dalmatie et dans les îles dalmates, le serbo-croate a éliminé les parlers romans (différents de l'italien) autrefois employés dans cette région, et l'italien ne se maintient que dans les villes où il est soutenu par sa valeur de langue de civilisation.
G. — Grec.
Le grec est l'une des langues indo-européennes qui sont connues à la date la plus ancienne. Les poèmes
homériques ne peuvent être postérieurs au vu' siècle av. J.-C, et l'on a des inscriptions depuis le vi* siècle av. J.-C. au moins.
Au début de l'époque historique, le domaine hellénique se composait de parlers divers ; la prononciation, la grammaire, le vocabulaire étaient tout autres à Cypre qu'à Lacédémone, à Lesbos qu'à Athènes. Mais l'unité de la civilisation hellénique a amené l'unification de la langue : à partir des conquêtes d'Alexandre, qui ont étendu le grec bien au delà de ses limites anciennes et qui ont amené beaucoup de non Hellènes à parler et à écrire le grec, il s'est constitué une langue une, dont le premier modèle a été la langue d'Athènes. C'est sur la langue commune qui s'est imposée à tout le monde hellénique oriental que reposent tous les parlers grecs modernes.
Les Grecs étaient un peuple de navigateurs et de colons. Ils se sont établis sur les côtes de beaucoup de pays, sans pénétrer bien avant dans aucun. Les conquêtes d'Alexandre ont porté le grec à l'intérieur des continents ; mais il n'y est pas demeuré. La zone continentale du grec ne comprend que la partie méridionale, étroite, de la presqu'île des Balkans, à partir de l'Épire et de la Thessalie. En revanche on parle grec dans toutes les îles de la mer Egée, à Chypre, en Crète, à Corfou, et il y a, actuellement encore, des Grecs en grand nombre dans toutes les villes des côtes, à Salonique, à Constantinople, à Smyrne, à Alexandrie, etc. Les parlers grecs qui sub-