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DISSOCIATION DU GROUPE SLAVE

rien fait pour procéder d'accord. Aussi, au lieu de s'accroître par le fait de la culture, comme il est arrivé en partie dans l'Europe occidentale, les ressemblances ont diminué. Les langues slaves écrites sont, à bien des égards, plus distinctes entre elles que ne le sont les langues parlées par le peuple.

Même l'écriture sépare les langues slaves les unes des autres. Le russe, le bulgare, le serbe des orthodoxes s'écrivent avec l'alphabet cyrillique, qui dérive de l'alphabet grec employé à Byzance, et s'isolent ainsi de toutes les autres langues de l'Europe qui sont notées avec l'alphabet latin.

Noyés dans l'empire ottoman et dans l'empire austro-hongrois, les Slaves du Sud, divisés politiquement depuis le moyen âge, n'ont recouvré une vie nationale qu'au xix' siècle.

Les Slaves occidentaux, catholiques, étaient sans influence. Les uns, les Tchèques, étaient écrasés par la tyrannie des Habsbourg. Les autres, les Polonais, étaient maintenus dans un état de trouble et d'impuissance par le tempérament anarchique de leur aristocratie, tempérament qu'entretenait la politique de leurs voisins.

Les Russes, qui* forment le groupe slave le plus nombreux, et celui qui, durant les derniers siècles, a possédé le seul État slave vraiment puissant, ne se sont jamais sentis que russes, et, même au xix* siècle, quand on a parlé de « panslavisme », ils n'ont

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rien fait pour se mettre à la tête des nations slaves. Distincts des Slaves occidentaux par la confession religieuse, ils ont eu sur eux d'autant moins d'action que la complicité des tsars de Russie dans le partage de la Pologne à la fin du xviii^ siècle leur avait aliéné les Polonais, les plus occidentaux et alors If s plus cultivés des Slaves. La façon dont la bureaucratie des tsars tyrannisait en Russie les allogènes, slaves ou non, inspirait aux autres nations une défiance justifiée.

Les Kusses n'ont d'ailleurs jamais eu un prestige de civilisation suffisant pour exercer une forte influence sur les Serbo-Croates, qui étaient plutôt orientés vers l'Occident. Seul, le bulgare a emprunté au vocabulaire russe; mais c'est la plus excentrique des langues slaves, celle qui a le moins conservé le type commun.

Les événements récents, en brisant l'empire constitué par les Romanov et en ruinant le prestige du gouvernement russe, ont encore contribué à ôter au russe la possibilité de jouer le rôle de langue slave principale, rôle qu'il n'a du reste jamais joué en fait.

Faute d'avoir réalisé une solidarité slave, faute d'avoir trouvé parmi eux et reconnu une nation dirigeante, les peuples de langue slave n'ont tiré parti ni de leur nombre, qui est immense, ni de leur unité linguistique, qui est demeurée grande. Le mal fait est- maintenant difficile à réparer. Au lieu de se souder plus étroitement, le bloc slave s'est effrité

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