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UTILITE DUNE LANGUE INTERNATIONALE

tionalisme, sont très alourdis par la nécessité de tout traduire en au moins deux langues ; et les délégués des petits pays doivent nécessairement être pris parmi ceux qui connaissent bien l'une des grandes langues employées dans les congrès. Il faut une langue commune pour permettre vraiment des discussions. A cet effet on a besoin d'une langue aisée à apprendre et qui n'avantage personne. Seule, une langue artificielle répond à cette double exigence.

Pour la communication des idées, on voit combien il serait avantageux de posséder une langue internationale.

Dénuée de tout caractère idiomatique, une langue de cette sorte se prête bien à la traduction. En effet, quand on traduit, on se heurte à une double difficulté : les idiotismes de l'original et ceux de la langue dans laquelle on traduit. Si l'on traduit en une langue artificielle, la première des deux difficultés subsiste; mais l'autre est levée, puisque, par définition, une langue artificielle n'a pas d'idiotismes. Et, tandis qu'une traduction de l'anglais ou du français en magyar ne sert qu'en Hongrie, une traduction en espéranto servirait à l'Europe entière. Tel ouvrage scientifique ou technique qu'il ne vaut pas la peine de traduire en une langue particulière pourra être traduit ou résumé utilement dans la langue internationale pour le public universel.

Pour tout ce qui n'est pas œuvre littéraire, un auteur appartenant à une petite nation trouverait

souvent avantage à publier directement son ouvrage dans une langue internationale artificielle; du moins, il n'aurait à le faire ni la même répugnance ni les mêmes difficultés qu'à employer la langue d'une nation qui n'est pas la sienne.

Les espérantistes ont commis des naïvetés, ainsi quand ils ont traduit en espéranto de grandes œuvres littéraires universellement connues. La littérature est le dernier des usages auxquels peut être employée utilement une langue artificielle. Pour tout ce qui est du style, la littérature vit de la valeur expressive des mots et des tours de phrases, de l'originalité des ressources propres à chaque langue. Une langue artificielle se prête bien à l'exposé pur et simple de faits et d'idées qui ne sont pas trop délicatement nuancés; mais elle est, par sa nature même, inapte à l'expression littéraire. Et, du jour où elle acquerrait le caractère expressif et idiomatique d'une langue traditionnelle, elle aurait perdu de ce fait les qualités essentielles qui lui donnent sa raison d'être.

La nécessité pratique d'une langue internationale est évidente. Et, comme cette langue est possible, elle doit être réalisée.

Les diflRcultés à surmonter pour l'étaWir sont grandes. Elles ne pourront l'être que par une entente entre les États.

Pour que la langue artificielle soit stable, il faut qu'elle soit établie par un accord entre les pays où

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