SURETE DE LA DEMONSTRATION 7I
au moyen âge, les difficultés ne manquent pas à ceux qui en veulent faire l'histoire. Mais les données, tant anciennes que modernes, sont partout assez nombreuses pour que la détermination des groupes ne soit pas douteuse. On n'hésite jamais sur le point de savoir si telle ou telle langue est celtique, romane, germanique, slave, etc.
Grâce au fait que certaines langues du groupe indo-européen ont commencé à s'écrire six ou sept siècles avant l'ère chrétienne, grâce à l'antiquité de certains textes qui ont été conservés, grâce aussi à l'archaïsme de certaines langues qui n'ont été fixées que tardivement par l'écriture, on a pu faire une théorie assez complète de la préhistoire des langues du groupe indo-européen.
Les plus anciens textes védiques donnent une idée précise de l'état d'un dialecte de l'Inde qui ne peut être postérieur au vii^ siècle av. J.-C. ; on a, pour l'iranien, des inscriptions perses de Darius, c'est-àdire du vi^ siècle av. J.-C, et une partie des textes sacrés du zoroastrisme; les hymnes gâthiques, sont d'un type plus archaïque que le perse. Par la langue homérique et par les plus anciennes inscriptions, on possède le grec dès le vii^ siècle av. J.-C. Le latin, l'osque, l'ombrien sont a^ssi connus dès l'antiquité, mais plus tardi\ement.
Les premiers textes germaniques, celui de la traduction des textes sacrés du christianisme en gotique et les premières inscriptions norroises en
écriture runique, montrent en quel état était le germanique vers le iv* siècle ap. J.-C. Quoique relativement récents, les textes slaves du ix= siècle ap. J.-C. et lituaniens du xvi' siècle ap. J.-C, sont aussi archaïques à bien des égards ; et les dialectes slaves et baltiques conservent jusque aujourd'hui nombre^de traits caractéristiques de la langue commune dont les langues du grand groupe indo-européen sont la continuation.
Sans qu'on puisse restituer vraiment la langue commune indo-européenne, on se fait une idée nette des traits généraux qui la caractérisaient.
Par suite, la question de savoir si une langue donnée appartient ou non au groupe indo-européen ne fait jamais difficulté. On reconnaît presque toujours très vite si une langue est ou non la continuation de l'indo-européen commun. Ainsi, récemment, on a trouvé en Asie Centrale des textes provenant d'un peuple de religion bouddhique actuellement disparu qui occupait la région de Koutcha, et qui se servait d'un alphabet de l'Inde ; dès qu'on a eu déchiffré quelques lignes de ces textes, on s'est aj erçu que la langue dans laquelle ils ont été composés appartient au groupe indo-européen. Aucun doute ne s'est élevé.
Comme le groupe indo-européen est, de tous, le mieux connu, le mieux étudié, on s'efforce sans cesse d'y ramener des langues qui ne lui appartiennent pas. On a souvent, sans succès, essayé d'interpréter, par des