CAS INCERTAINS
étymologies indo-européennes, les inscriptions étrusques, qui demeurent inexpliquées ; on y a renoncé à peu près. Le basque est trop distinct de toutes les langues indo-européennes pour qu'une tentative de rapprochement ait des chances de réussir, et celles que l'on a faites ne peuvent passer pour sérieuses.
Ce n'est pas à dire d'ailleurs que l'étrusque ou le basque ne puissent avoir quelques rapports avec les langues indo-européennes. Mais ces- rapports ne seraient pas de même degré que ceux qui existent entre le grec, le latin, le germanique et le slave par exemple.
Poser une famille de langues, c'est affirmer l'existence d'une continuité entre une langue commune parlée à une certaine date et un certain nombre de langues observées à une date postérieure. Pour les langues romanes, c'est dire qu'elles sont la continuation, à l'époque moderne, du latin parlé à l'époque impériale. Pour les langues indo-européennes, c'est dire que ces langues sont la continuation d'une langue inconnue, parlée en un temps et un pays sur lesquels on n'est pas exactement informé, mais qui a eu une certaine forme rigoureusement définie. Le latin, dont le français est l'une des continuations, appartient à la famille indo-européenne ; le fi-ançais est donc une langue indo-européenne, puisqu'il continue une langue qui, elle-même, continuait l'indoeuropéen. On peut ainsi, en se reportant à des dates de plus en plus anciennes, constituer des familles de langues de plus en plus étendues.
A. Meiilet. 5
Si l'on n'est pas encore parvenu à mettre hors de doute que l'indo-européen soit la continuation d'une langue dont telle ou telle autre langue est une continuation différente, cela ne prouve donc pas qu'il n'appartienne pas à la même famille que d'autres langues. On a signalé entre l'indo-européen et le sémitique, entre l'indo-européen et le finno-ougrien des concordances qui ne sont pas négligeables, mais dont on n'arrive pas à faire une théorie complète. Il est donc possible, mais il n'est pas établi que ces trois groupes de langues par exemple, et d'autres que l'on peut aussi essayer d'en rapprocher, notamment le groupe caucasique du Sud, le groupe berbère, le basque, continuent une seule et même langue parlée à une date plus ancienne que celles que l'on est amené a supposer pour l'indo-eurcpéen commun, le sémitique commun, le finno-ougrien commun, etc.
Comme toute langue est la continuation d'une langue plus ancienne, il n'est en tout cas pas douteux que des groupes de langues dont on ne sait pas établir la parenté résultent de développements différents d'une seule et môme langye ancienne.
On s'est même souvent demandé si toutes les langues existant dans le monde ne seraient pas des continuations diverses d'une seule et même langue qui aurait pris avec le temps et suivant les lieux des formes diverses. En l'état actuel des connaissances, la question ne comporte pas de réponse, et peut-être sera-t-il toujours impossible d'y répondre exactement.