CONCORDANCE ENTRE LANGUE ET RACE
Ce n'est pas parce qu'ils sont tous de « race » bantoue que les nègres du Sud de l'Afrique, à l'exceptioa des Hottentots, parlent des idiomes bantous; c'est parce que le bantou s'est étendu, par conquête^ sur tout le Sud de l'Afrique, à une date qui n'est sans doute pas ancienne, de même qu'on parle arabe de l'Egypte au Maroc par suite d'un mouvement de conquête et de ci.ilisation qu'on suit historiquement.
La race se définit par des caractères physiques. On n'observe guère à l'heure actuelle de races pures; c'est-à-dire, pour employer des termes plus précis, qu'il y a très peu de populations physiquement homogènes. Dans la mesure où il y en a, les limites des langues et des populations de type semblable ne concordent jamais d'une manière exacte. En Europe, le type linguistique slave diffère profondément -du type allemand, lequel ne diffère pas moins du type roman ; or, on chercherait en vain à classer les types physiques de l'Europe continentale en slaves, germaniques et romans. Les populations de langue finnoise, qui emploient des parlers essentiellement différents des langues indo-européennes, ne se distinguent pas par un type vraiment particulier. Les types caractéristiques de l'Europe, le type dolichocéphale blond, le type alpin, le type méditerranéen, ne sont nullement bornés par les limites qui séparent les types linguistiques. Et d'ailleurs ces types ne s'observent presque nulle part d'une manière exclusive.
Il y a en Europe un groupe qui, de parti pris, ne contracte de mariages qu'à l'intérieur du groupe, le groupe juif. Sans doute, il n'en a pas toujours été ainsi, et les juifs sont beaucoup moins exempts de mélanges qu'on ne le croit souvent. Mais les unions hors du groupe sont interdites par la religion et, durant de longs siècles, on n^n a guère observé. Si donc il y a en Europe une « race », c'est assurément la « race » juive. Or, les juifs n'ont pas de langue propre. Ils adoptent la langue du pays où ils sont. Au moyen ^gc, les juifs d'Allemagne parlaient allemand, les juifs du Midi de la France, provençal, et ceux d'Espagne, espagnol. Quand, à l'époque de la Renaissance, la persécution ou le besoin d'essaimer ont amené des juifs à s'établir dans des pays ayant une civilisation inférieure à celle qu'ils possédaient, ils ont gardé leur langue, les colons d'origine allemande dans l'Est de l'Europe, ceux d'origine espagnole dans le Levant méditerranéen. Par suite, là où les juifs ont, par exception, une langue à eux, c'est, en Lituanie, en Russie, en Pologne, en Roumanie, un dialecte allemand; c'est, en Turquie, un dialecte espagnol. Longtemps avant l'époque chrétienne, l'hébreu était une langue morte, et les juifs de Palestine parlaient aramétn ; les quelques- mots sémitiques que citent les évangélistes ne sont pas des mots hébreux, ce sont des mots araméens ; c'est de l'araméen qu'ont emporté avec eux en Egypte les juifs de la « diaspore », et l'on a trouvé en Egypte de nom-