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CHANGEMENTS DE LA LANGUE

tical, qu'on a peine à se rendre compte de leur origine aryenne.

Ou bien le contact est maintenu entre la langue écrite et la langue parlée. C'est ce qui est arrivé pour le grec et le latin durant l'antiquité. Alors, sous l'influence de la langue parlée, la langue écrite présente des fléchissements de détail, plus ou moins sensibles selon les temps et selon les auteurs, et chaque période de fléchissement est suivie de réactions. On s'efforce de se rapprocher de l'usage ancien toutes les fois qu'il est momentanément altéré ; ainsi, pour le grec, il 3^a eu sous l'Empire romain un mouvement atticiste, qui montre l'effort qu'il fallait faire pour résister aux tendances existant dans la langue parlée. Mais, de son côté, le langage parlé se maintient relativement voisin de la norme fixée aussi longtemps que la culture persiste ; et il y a des différences sensibles de parler suivant le degré de culture des individus- les personnes instruites maintiennent par leur exemple l'usage ancien dont les individus dénués de culture s'éloignent souvent beaucoup. Depuis que les papyrus trouvés en Egypte et certaines inscriptions d'origine plébéienne ont fourni des spécimens de langue mi-populaire, on sait combien le grec parlé différait du grec écrit à l'époque impériale.

La situation du français est, depuis la première moitié du xvii^ siècle, celle du grec depuis le m' siècle av. J.-C. et du latin durant la période impériale : une langue écrite arrêtée qui se défend contre

le changement, mais qui n'évite pas certains fléchissements ; une langue parlée, qui se rapproche plus ou moins de la langue écrite, suivant le degré de culture de ceux qui parlent, et qui présente toutes les nuances possibles depuis le patois à peine francisé du paysan ou le parler faubourien de certains ouvriers grossiers jusqu'au parler des cercles les plus cultivés et les plus distingués, presque identique à la langue écrite. Le type de la langue parlée dépend de l'effort qui est fait pour maintenir la tradition. Là où cet effort est grand et soutenu, la langue est conforme en beaucoup de points à l'état ancien ; là o'ù l'effort est faible, le parler a des caractères tout nouveaux.

Là même où l'effort pour maintenir la tradition est le plus grand, la langue a subi des changements graves. L'écriture ne fixe la prononciation que d'une manière partielle. Si un écrivain du xvii' siècle entendait lire ses écrits par un moderne, il les reconnaîtrait à peine. Pour déclamer un vers français classique avec son rythme correct, il faut se servir d'une prononciation tout autre que la prononciation courante, prononcer beaucoup d'e « muets » qu'on a maintenant l'habitude d'omettre, faire des voyelles d'ï et d'où en hiatus qu'on prononce actuellement comme des consonnes, ainsi traiter nation comme un mot de trois syllabes, avec un i voyelle. Les comédiens qui récitent des vers classiques les disent en grande partie faux. A la Comédie française ou à l'Odéon,

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