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DIVERSITÉ DES LANGUES

masquée ; les effets de leur communauté de développement au moyen âge n'ont pas été utilisés. Ainsi les populations de langue slave opposent au bloc allemand, puissant à la fois par sa valeur propre et par sa possession d'état, quatre, et même en comptant le Slovène, cinq langues slaves de culture qui sont chaque jour de meilleurs instruments, mais dont aucune n'est de force à rivaliser avec l'allemand. Leurs efforts ne sont pas concertés, et chaque groupe mène sa lutte séparément. En Galicie, il y a même opposition entre deux groupes slaves, le polonais et le ruthène.

Malgré ces difficultés, la situation des langues slaves grandit en Autriche. A des populations incultes et misérables, la bureaucratie allemande pouvait imposer sa langue ; elle ne le peut plus vis-à-vis d'hommes qui ont appris à lire dans leur idiome maternel, qui parviennent à l'aisance et qui acquièrent une indépendance économique. Les professeurs d'écoles élémentaires soutiennent la langue nationale. Les jeunes gens du peuple veulent pouvoir prendre place parmi les fonctionnaires sans avoir à apprendre une langue étrangère, et des citoyens qui se sont enrichis n'admettent plus d'être traités fen inférieurs. Quand en 19x6, on a, pour la première fois depuis le début de la guerre, réuni le . Reichsrat, les députés slaves ont déclaré qu'ils avaient [le droit de s'exprimer chacun dans leur langue. C'en est fait de la domination de l'allemand en Autriche.

La situation privilégiée de l'allemand était liée à la puissance de l'aristocratie et des bureaux qui, sous elle, dominaient le paN-s. Depuis que l'Autriche a un parlement central et des parlements provinciaux et que tous les citoyens y ont, sinon des droits égaux, du moins des droits, les langues nationales se développent, et, au lieu d'une langue dominante, l'Autriche se trouve avoir six langues : allemand, tchèque, polonais, ruthène, serbo-croate (avec le slovène) et italien, pour ne rien dire des Roumains de Bukovine.

L'exemple de la Suisse montre comment un État peut fonctionner sans avoir une langue commune. Il faut pour cela des institutions du type fédéraliste, une large autonomie de chaque partie de la tédération, de chaque province, de chaque localité, et, en même temps, et surtout, une bonne volonté active, un désir de vivre en harmonie avec tous les confédérés. Rien de tout cela n'est réalisé en Autriche.

D'ailleurs le cas de la Suisse est particulièrement favorable. Les trois langues officielles, allemand, français et italien (l'itahen étant la langue d'une assez faible minorité), sont trois grandes langues de civilisation, et aucun des confédérés ne se sent diminué en emplo\'ant la langue d'un autre. Il est beaucoup plus malaisé d'obtenir d'un individu qui a une grande langue de civilisation qu'il pratique en même temps une langue dénuée de valeur universelle. Un Flamand ne fait pas une grande concession à un Wallon

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