‹ Les langues de l'Europe moderne, trChapitre 21 sur 39 · PAIRE AR1£NN£. 1Q · texte numérisé non relu

PAIRE AR1£NN£. 1Q

Tant notre ère), paiçâki, etc. Toutes ces langues, ssues du sanskrit, sont pour aiusî dire Je moyen ge des Indiens ; elles n'existent plus , elles ont Durni depuis longtemps des matériaux à la contruction d*autres langues. Les langues actuelles ui descendent en si grand nombre du sanskrit , ii ressemblent encore moins ; elles sont les ûUes les filles, les petites-tilles du sanskrit. Lassen en a ompté vingt-quatre y abstraction faite du hindi et lu hindoustâni (ourdou); ces idiomes sont surbarges de mots arabes et perses; plus purs sont

8 hindi et le bridj-bhàkhâ, tellement en vogue ^u'on peut les appeler le français des Indes orienaies; puis le bengali , le pendchabe ou sikh, le [ouzérate, le mahàrâchtra ou maratte, etc. Enfin,

9 zingaris, ou tzigaïne, ou bohémien ou gipsy.

Zîogari ou Tzigaine (i).

Il ne faut pas se le dissimuler, le maintien non iterrompu de l'idiome tzigaine primitif par cette opulation, qui est flottante depuis tant d'années, résente un fait extraordinaire.

(i) F'oyes Pott, Die Zigeuner in Europa und Asien. 2 vol., 1844 et S45, Halle.

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La carcasse de cette langue s'est conservée in tacte , les mots intrus n'y ont rien fiiit. Les Tzi gaïnes ont plus de noms qu'aucune autre peuplade la France, les croyant venus du royaume slave de^ Tchèques ou Bohèmes, les appela Bohémiens; FAn ^ gleterre, les croyant venus d'Egypte, leur donna le nom de Gipsies, c'est*-à-dire Égyptiens; l'Allemagne les appelle Zigemier; d'autres nations les appellent Tsingaris, Gitanes, et ainsi de suite. Euxmêmes se donnent aussi des noms divers : par exemple, Sinte (probablement abrégé de SatnihtnMj habitant du fleuve indien Sindhou ou Indus), ou Bâm (signifie entre autres un homme)^ ou Kàb (4e leur teint foncé, en sanskrit Kâla)^ etc., etc.

Ils se trouvent en Asie, en Europe, en Afrique, et peut-être en Amérique. Parmi les Européens ils apparurent au commencement du xv* siècle ; ainsi, en Allemagne, vers 1422, chassés de Tlndeparles dévastations de Timour, khan des Tatares et vainqueur du sultan turc Bayéa^id à NicopolL Voici ce <|ue Pott ^t d'autres glossologistes ont dit 4^ l'idiome tzing|ari ou tzigaîne :

Toujours et partout cet idiome est le mêmCj, al)" straction faite des bigarrures fort bizarres produites par rinfilueQce des lapgue^ de ceux .parmi lesquels ils habitent.

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Cet idiome fut souvent appelé un idiome eonrentionnel ou artificiel de briga^nds et de voleurs ; ^'est une erreur. Il est réellement un idiome na-* urçl.

Cet idiome n'appartient point à la langue oophte )n égyptienne , mais bien à celle de F Inde septen* rionale 9ux bords du fleuve Indus } il reste donc^ nème dans sa dépravation actuelle, un membre de a grande famille du Gange, un lUs égaré de cette mère sublime et magnifique, appelée sanskrit.

Les formes des flexions et les mots montrent la descendance indienne des Tzigaïnes : rouk, Tarbre, en sanskrit vrksd , en pràkrit raukha ; le tzigaîne est donc en rapport avec le sanskrit par Tintermédiaire des langues indiennes modernes, chose qui se démontre encore par beaucoup d'autres exem*pies: berschy l'année, et brschnoj la pluie, du mot sanskrit vmrsd qui possède ces deux significations à la fois : manouseh^ l'ôtre humain, en aUe« mand metêêch^ en sanskrit tnénotisà; perjasy la plaisanterie, en sanskrit parihâsa^ angar^ en sanskrit ungàraj le charbon ; ageuê^tOj en sanskrit anffeuêiha, le doigt; krmo, le ver, en sanskrit krmi; C99rap, en sanskrit czârajdmiy commettre un vol ; sxingj en sanskrit çringa, la corne (IV s'efface souvent en tzigaîne ) ; széroj en sanskrit çir4is

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la lôte; szoszoj, en sanskrit çaca^ le lièvre; ritschj Tours, en sanskrit rks'a; rat, en sanskritT«/rf, ea pràkrit ratti, en hindostani rât , la nuit; roupp, en sanskrit roupia, Targent (le métal) ; doukhj en S2inskTïi doukha , la douleur; doosh, en sanskrit dôsa^ la faute, le défaut; mel^ en sanskrit maia, la saleté; montera, en sanskrit montra , l'urine, et ainsi de suite. Presque tous ces mots existent dans les idiomes hindi et hindostani. Il n'est donc plus permis de douter de l'origine des Gitanes.

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