IPaiinlle lie&émi|«e
A Texception du lithuanien , tous les autres idiomes indo-germaniques actuellement en usage ne sont plus depuis bien longtemps dans Tâge de la beauté. L'activité sociale de ces nations, rim" mense travail de la civilisation occidentale dpnt elles seules ont été les producteurs infatigables, a retiré l'esprit à leurs idiomes pour rappliquer aux rudes efforts de Thistoire; ces idiomes ont ainsi
(i) Le grec ancieD procède ici avec beaucoup d'exactitude.; U gnc moderne n'a pas de h non plus (h c*est le spïrUus asper) daus la langue de cûnverMtioD.
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11 par saccomber aux lois de rassimilation el de i contraction ; leurs formes, jadis si précises, ont té rongées et usées ; leurs brillantes couleurs ont té ternies et effacées. Cette destruction est queljttefois très-TieilIe; cliez les Grecs, elle a évidem- Mnt commencé longtemps avant notre ère ; le grée pi^on appelle ancien ou classique en le distinguant h grec moderne d'aujourd'hui, montre déjà aux )l»ervateurs les traces d'une altération profonde. Le grec dit ancien classique, par exemple, n'aimé [MA les aspirantes {h, J, 9), tout comme certaines Itaigues modernes. Le prakrit, les idiomes romaâilis d'aujourd'hui et le grec classique ont cela de Dommun qulls refusent d'accepter le y / voilà trois Itaigues, à plusieurs milliers d'années de distance, \fày arrivées à une époque analogue chacune dans i carrière, sont forcées par la nécessité intérieure kleur organisation de subir des changements an^ logAes. De là, il résulte pour le grec classique des ttnrëviations quelquefois tout à fait méconnaissa^- Hes : fCri pour sCc-ac , tu t'assieds, ce qui vient du noDskrit sedjesai. — La présence de Tarlicle aussi !ttiQonce la période secondaire dans le développe- ^nt d'une langue.
Cet état de choses avait été précédé par un autre, '^ même que le culte mythologiste des idoles l'a
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été par le eulte de la nature, de même que la poésie épique des héros Ta été par les poèmes du rituel des prêtres. Mais Tétat primitif de la langue grecque ne nous a pas été marqué par des documents linguistiques; les Grecs ne se servirent que bien tard de récriture qui leur fut apportéef de l'étrangeri tandis que chez les Indiens du Gange, la littérature représente même l'époque indienne primitive. Ea Grèce, cetle époque est appelée Tépoque des Pélasgues, mot qui signifie ici la plus haute antiquité, ce que les Romains appellent priscus. A cette ép(h que, les Grecs çtaient déjà possesseurs d'un idiome séparé des autres idiomes indo-germaniques, mais ce n'est que bien plus tard que cet idiome primitif commençait à se séparer en lui-même et à produire des groupes plus ou moins éloignés du type primitif. Ces groupes sont des dialectes, nous les connaissons. Les dialectes des Dorions et surtout des Éoliens gardent beaucoup de formes primitives; les dialectes ionique et attique s'en éloignent. Semblable à ce qu'on voit dans les idiomes indo-germaniques, la différence dialectique se manifeste dans les idiomes grecs particulièrement par. le radoucissement si fréquent du r primitif, qui se change en sibilantes correspondantes : ainsi tu devient au, (part devient <pîfft, ruirrovrc dcvicnt TuitTWff'j |}
Uitt devient ^uj etc. Cette époque du dialectisme en grée coïncide avec celle de la littérature classique; nous l'appelons l'époque hellénique. Plus tard, de tous les dialectes, celui des Athéniens prédominait seul. Mais ce dialecte attique, devenu la propriété universelle de tous les Hellènes , fut peu à peu altéré par des Hellènes qui n'étaient pas Athéniens ; ce dialecte attique, en état d'altération lente mais inévitable, reçut le nom de dialecte commun, ri xom ^(oXexToç. Plus tard encore, ce dialecte commun à tous devenait aussi la langue des nations qui n'étaient pas des Hellènes ; elles lui implantaient des tournures grammaticales usitées chez elles, des soi-disant barbarismes et solécismes; il reçut alors le nom de langue helléniste et byzantine. Après la destruction de l'empire byzantin, on comme il s'appelait, de l'empire romaïque, c'està-dire romain , il ne restait plus qu'un idiome déchu.
La langue actuelle, le grec moderne, qui continue de s'intituler -h f^pxon? yX^^aaa, a souvent été l'objet des recherches : par exemple, de Roussiades {Practische Grammatik der neuhellen. Sprache^ "Wien, 1834, 2 Bde.); de Martin {Kunze ^nleitung zur Erlemung des neugriech. Dialectes^ Passau 1843) ouvrage court mais très^recommaiidable pour ceux
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qui savent le grec classique. Schmidt enfin a publié plusieurs dictionnaires à Leipzig, en 1837 et 1840, pour l'usage des Français, des Allemands et des Néo-Grecs.
Ce grec moderne, surtout comme langue écrite, est bien plus rapproché de l'ancien grec que les langues romanes ne le sont du latin. Beaucoup de modifications matérielles, qui distinguent les jeunes langues rqmanes de la vieille langue romaine, s'étaient déjà glissées dans la langue grecque quand la première période, dite pélasgique, finissait ;; ces modifications contribuaient ainsi à la création du grec classique. Ajoutez-y les changements de prononciation qu'on faisait peu à peu suhir aux voyc^ les, et qu'on ne jugeait point à propos d'introduire dans l'écriture une fois reçue ; ce sont des change^ ments que nous ne pouvons que deviner en étudiant le rapport entre la prononciation et l'écriture. J'entends parler, par exemple, de la prononciation en c de et, ot^ n, u, ce qui paraît avoir eu lieju pour d de très-bonne heure, vu la manière dont certains mots grecs sont rendus dans d'autres idiomes. C% qui est ici hors de doute, c'est que déjà de tr^ bonne heure on a prononcé une voyelle double en ^ta. Vypsilon (u) doit avoir été prononcé primitivement comme ou ; bientôt, toutefois, il fut modi-
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BU ii chez les Hollandais et chez les Français. Il 4$dit de même de la prononciation changée de bf^ines consonnes, ce qui doit avoir commencé liment de bonne heure : le zéia (Q comme le. Ji yçais; le théla {si) devenait un th des Anglais fè$ avoir été primitivement prononcé comme un \yeç un Â. Le phi (f) devenait un /^ cq qui u$tait pas du temps de Gicéron.
Jn événement d'importance fut le remplacentent \sk prosodie par V accent y' chez les Grecs .moder- \ chaque syllabe accentuée est une syllabe langue, chaque syllabe est courte quand elle n'a pas ocent. C'est là un fait fort ordinaire dans This^ re des idiomes qui ont dépassé leur jeunesse.. k toutes ces altérations s'ajoutaient peu à peii dégénération dans les conjug^sons et dans les [slinaisons, et l'intrusion de mots étrangers^ Ici, itefois, la différence aveiQ te grec classique est lucoup moindre^ que celle du latin avec les igues romanes. Cette partie de la modernisan s'est faite en grec d'une manière toujL «lutrç e celle du latin ; la déclinaison en grec ^loder^ç 8t conservée, celle du latin n'existe plus dans langues latinisées; le datif, U est vrai, est \x usité dans la langue grecque ordinaire d'auird'hui. Sa conjugaii^on se rapproche, pour la
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plupart, du grec ancien ; certains temps toutefois doivent être circonscrits par la voie analytique ; cc^ov ypa>j/Y) modcme pour l'ancien cyeypatpccv, j'avais écrit; dtktù ypax|;ec moderne pour ypoe^, ancien, j'écrirai; et {Oc.Xov ypt^rr, jc Youdraiis écrire. Le duel de la déclinaison 'et de la conjugaison a cessé d'exister, de même l'optatif, et on ne se sert jamais de la forme ancienne de l'infinitif. On a toutefois conservé le pasisifi
Quant au vocabulaire moderne, il dispose nécessairement de beaucoup de termes impossibles au grec ancien. Dans le style solennel, dans la conversation soignée, on s'abstient scrupuleusement de toute expression turque et on ramène les anciennes formes de flexion, de sorte qu'il n'y a qu'une limite bien vague à l'heure qu'il est entre le grec ancien et le néo-grec.
Le grec se parle aujourd'hui aux Iles de l'Archipel, aux Iles du rivage occidental jusqu'à Gorfou, dans la péninsule de Morée, et sur la côte orientale depuis Morée jusqu'au nord de Constantinople; mais, sur cette côte, la continuité de la langue est souvent interrompue par des colonies turques. Il se parle aussi près Taganrog, non loin de la mer d'Asof en Russie, parmi un petit nombre d'habitants ; un nombre plus considérable de Grecs situés
entre des Slaves et des Turcs se trouve à la côte occidentale de cette mer, au sud de Taganrog. En Asie-Mineure, on rencontre une zone de population grecque qui entoure cette presqu'île tout entière ; eHe commence en face de l'tle de Chypre, habitée par des Grecs, s'étend vers l'ouest, remonte au nord, et finit à Test à l'embouchure de la rivière Kizilirmak dans la mer Noire ; l'intérieur de l'Asie- Mineure n'appartient qu'à la latigue turque.
Albanais (i).
Les Albanais passent ordinairement pour les descendants des anciens Illyriens; leur langue a èbé jugée des manières les plus diverses. Je la considère comme indo-germanique, mais elle est tombée dans un état déplorable. Ses pronoms, ses nombres, ses terminaisons de flexion en déclinaison et en conjugaison, prouvent qu'elle appartient à la souche indo-germanique; elle renferme aussi beaucoup de mots indo-germaniques, soit albanisés, soit indigènes. Quant à l'orthographe, on exprime par f le son de Vu anglais dans le mot anglais bùi^
(i) Foyez Xylaoder, Die Sprache der Albanesen; i835, Francfort.
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presque comme un eu français; on exprime par (7* le ch français ; par v le ng français comme dans le mot français la vigne i par f le y aUemdndov le ghi ou gui français. Ainsi, on trouve ipv^ (prononcez en français euekte)^ &mov en grec anciaOi l'os; jpotî (1), ^ç en grec ancien, le bois; i»^y Tôtre humain, M^ en grec ancien; ï^^ en grecandea yfxnîç, la femme.
Voici les cinq premiers nombres ;,
1LBA1CAI8. ORKC INCIBIf. ALBUClIS. 6BIC ARCIIIT*
z vtè, eti; de iv-ç. Premier irscpe, irpêEtroc.
a ^t, ^uo. Deuxième ^te, ^tûrspoç.
3 rpi, Tpet;. Troisième rpste, rptrof.
4 xoérep, TÉrrapcç, en latin ^Ka- Quatrième xàTcpre, rsTapToç.
5 ffsoe, iRVTt. Cinquième irsotre, népumc.
Je me £m mêm« fort de démontre», Binoa|k)féiî> dence, du moins à la plus hau<e prababUké» queïir diome albanais a sa racine dans Usouobe pébsguft On pourrait croire i|ue l'albanais est plus ¥6Îsin du latin que du grec : le grec ûir^, hyper ^ deiieil 9imp^ w^ latin, 4mp0r, sur, car la kn phMtétiqaedes Grecs change eiv A le e q/ai commence un inot; de même «vt, cent, en grec cxaTov, en latin eentumi ïj en latin et^ et, en grec w. ; «oç, poêt en latin, après;
(i) 1^(^16 poQOttCQ cooHne un d ordJD^irot
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mais là est le grec pcra, en latin cum, avec. Il y a toutefois d'autres motiis qui, à mes yeux, rangent Talbanais dans le giron delà langue pélasgo-grecque, et non dans celui de la langue pélasgo-tatine* Je domie ici l'analyse de la déclinaison d'un adjectif wem son article.
L'adjectif déterminé se décline avec un appendice pronominal comme chez les Slaves, les Lithuaniens, etc. L'adjectif indéterminé des Albanais est devenu presque incapable de subir la ftexion^ on m remarque en lui que le nombre singulier ou pluriel. Cette déclinaison de l'adjectif est essentiellement en» core celle du substantif qui^ lui aussi, transporte à lafin le pronom, e'6st-à">éire l'article. En expliquant ta déclinaison de l'adjectif, nous expliquons donc en Qk^me temps toute la déclinaison albanaise. Le pronom-appendice est, à coup sûr, ce pronom démonstratif qui sert en grec d'article; cela se fait voir olaivement par le changement de la lettre initiale, qui répond à celui de la lettre initiale en grec. Le datif manque.