‹ Les langues de l'Europe moderne, trChapitre 28 sur 39 · Faimlle I«ltîqiie · texte numérisé non relu

Faimlle I«ltîqiie

Celle famille esl saus doule plus ancienne que la famille slave. Le représentant le plus important de la famille letlique esl le lithuanien ou le borussolithuanien, le plus ancien de tous les idiomes indogermaniques existant aujourd'hui en Europe. Le horussien et surtout le leitique sont des idiomes piQS récents. Le lithuanien possède encore dans la déclinaison les sept cas et le duel , qui sont un des rignes caractéristiques de la langue indo-germanique. Les cas de la déclinaison lithuanienne sont même quelquefois identiques avec ceux du sanskrit : par exemple , le nominatif singulier vilkas^ en sanskrit vrkas; le locatif vilkè, en sanskrit, vriè (de a-t); Tinstrumental pluriel vilkais^ en sanskrit vrkats; le nominatif singulier âunus^ en sanskrit mnus; le génitif sunausj en sanskrit 9Ùnéêj àQsûnatéSj etc.

Les énormes transformations des sons dans ces deux familles proviennent presque toutes de Tinfloence qu'exercent les i sur les consonnes précédlèotes. Le lithuanien n'a admis que fort peu de ces changements. Il joue -évidemment , vis-à-vis des langues letto-slaves, le même rôle que le gothique

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\is-à-vis des langues indo-germaniques. Le gothique et le lithuanien spot les deux échelons qui conduisent directement du sanskrit aux idiomes récents de ia race indo^germanique. Le lithuanien reste parmi les idiomes actuels de Test comme la langue la plus antique, de mémo que l'islandais, ce fib du gothique, parmi les idiomes de l'ouest»

Du reste, malgré l'isolement politique du peu|^ lilhuaBien, son idiome n'a pu se conserver toulàfiiit pur; le teriie y est moins riche que le subs(ântif{t la rédu(dicatk>D, Taugment et la transformalmi de sa voyelle radicale n'y existent plus du tout f h flexion y a également subi des changements partir culters. Dansses participes et dans d'autres formes, il HK>Btre au contraire beaucoup d'indépendance pttmitive. Le passif s'exprime avec le verbe auxiliaire être («met, eëêiy esH^ etc.).  côté du passif et de l'actif^ il existe un médium ou réfl^if formé par la suffîxion et par la préfixion d'un^ et at, pronom personnel en troisième, dont on se sert cMime dans les idiomes slaves pour toutes les personnes. . En latin aussi, le médium se forme par la suffixkà.^ de' cet «qui y a pris la forme de r« Le lithuanîÉI; . n'a pas de littérature proprement dite ; des diaiH sons populaires , un poème plus coasidérable eu hexamètres {Sur les Saisons^ par Donaleitis), des

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iraductîons d'ouvrages religieux, voilà tout. Toute t>elle et riche qu'elle est, cette langue cessera bientôt l'aistef . Mielcke, dans son dictionnaire allemand* lithuanien (1800, Koenigsberg), dit : < En Prusse^ ■ elle n^est plus en usage chez les campagnards « que dans les cantons de la province orientale : f Mémel, Tilsitt, Ragnit, Labiau et Insterbourg. i L'ancienne population lithuanienne est t^ès« i compacte autour de Mémel et le long de la fron^ ^ -tiète prusso-russe vers Test ; en parcourant une «vingtaine de villages, on n'y rencontre qu'un ou « deux colons allemands. En tout, le nombre deé <t Lithua[niens appartenant au royaume de Prusse ' est 'de 200,000. v Schafarik a fixé, en 1842, à 1 ^438,000 leur nombre total en R^issie et en Prusse, lont 166,000 en Prusse et 1,282,000 en Russie» "* De là il nous est permis de conclure que, dans iti espace de quarante -deux ans seulement, la Itiantité de Lithuaniens prussiens a diminué d'un VUart. Les vieillards lithuaniens se plaignent vive- D^nt de la négligence que les jeunes gens mettent ftMis Tusage de Pidiome national ; dans quarante itasr d'ici, sa pureté aura disparu à tout jamais (1).

(i) Heureusement plusieurs linguistes s'occupent, à l'heure qu'il est, ^e celte langue, et M. Schleicher lui-même s'est proposé de- Téludier, dprès s'élre reiid<i aa milieu des Lithuaniens.

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L'alphabet est latin ou aUemand. Le dialecte lithuanien de la province russe Schamaîte (gouvernement de Yilna), est corrompu par des mots polonais et russes; sa déclinaison et sa conjugaison sont altérées; Torthographe diffère aussi. Ilarrivem à la langue lithuanienne ce qui est déjà arrivé à sa sœur, celle des anciens Prussiens ou Borusses, habitants primiUfs de la rive Baltique entre la Vistole et la Mémel (1). La civilisation féodale et chrétienne que les conquérants allemands y implantèrent an treizième siècle, à l'époque la plus grandiose de l'empire allemand, sous la maison impériale des Gbibelins^ n'a point augmenté la gloire de l' Allemagne et de l'Église ; jamais un peuple païen, bon, brave et généreux^ n'a été maltraité d'une manière plus cruelle que celui-ci par ses nouveaux maîtres, les chevaliers-moines de l'ordre de la Sainte-Vierge ou les Marions. L'histoire de. ce combat à Hoortdoil être cité parmi les épisodes les plus sinistres de riiumanité; il surpasse en douleurs et en durée b conquête du Mexique et du Pérou.

La langue de cette peuplade disparut peu à pfM avec elle, et la langue allemande y prit place aiee des colons allemands. Le dernier grand-maître de

(i) Nesselmann, Die Sprache der Alttn PreuêstH^ '^^j. i>^^*

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PAIRE LETTO-SLAVE. 2të

l'ordre Marien, Albert de Brandebourg, ^voulant conserver à ses malheureux sujets indigènes ce qui leur restait encore de leur ancienne langue, fit traduire le catéchisme en prussien ; mais c'était trop tard, et cet idiome cessa d'exister à la fin du dix:seplième siècle. On ne peut donc apprendre cette langue éteinte que d'après ce catéchisme. On la trouve moins antique que celle des Lithuaniens, et libre des changements nombreux qui déforment Mlle des Lettes.

Certaines formes dans le prussien du passé sont éminemment intéressantes par leur affinité avec le sanskrit : ainsi la forme nevints (le neuvième), par laquelle nous apprenons que le d^ qui se manifeste dans ce mot chez les Slavo-Lettes (lithuanien de^ pynij devintasj et slave devef, develiij neuf, neuvième), ne s'est formé que de n : sanskrit navan, latin navem^ allemand neun^ etc. Le nombre des cas de la déclinaison est plus restreint qu'en lithuanien; le duel n'existe pas, et les troisièmes personnes ont toutes une même forme, comme cela le trouve aussi dans les autres langues letto-* ilaves.

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Lettiqae ou Livou (x).

Cet idiome est populaire en Gourlande et dans la majeure partie de Livlande, c'est-à-dire la partie sud et sud-est, jusqu'au delà de la Duna; en outre, il se trouve sur la langue de terre appelée Nehrung de Courlanie, qui sépare la mer Baltique du golfe nommé le Ha/de Courlande.

Le lettique est au lilhuanien comme Fitalien est au latin; il possède, par exemple, Tarticle, qui est étranger au lithuanien ; il a des formes grammaticales aflaiblies et ses lois phonétiques sont celles des idiomes slaves. Il se sert de Talphabet des conquérants allemands, dont il a même adopté le h pour marquer la longueur de la voyelle précédente. Il exprime des sons particuliers par des signes diacritiques, ajoutés aux lettres de Talphabet allemand. Le nombre des mots russes ei allemands, qui s*; sont introduits, n'est pas grand, mais plus considérable que dans Tidiome lithuanien.

Stender dit : i Parmi ses dialectes , ceux de

(t^ St<MuWr« Lttt, GnaKmmtikf Mîtau, i:S3. — Rosenbei^, Fof' mtnithrt ^rr lett^ ^Hmchtf MiUu, iS3o« ~ Slcader, LeHûches Luûcon; MiUtt, 17^^

PAIBB LETTO-SLAYE* Sf7

< Semgalles (près Mitau el Bauske), de GourliBiiKle « (près Frauenberg, Zabein, Tuckum et SliUu), « et Liviande (près Yolmar, Yenden et Riga), sont « évidemment les plus purs, t C'est dans ce dialecte qu'a été écrite la traduction de la Bibla. La langue letlique n'a pas de littérature proprement dite, mais elle possède beaucoup de producliens imprimées. Stender a publié dans sa granunaidpe une collection des proverbes, des logogriphes, des énigmes et des chansons de ce peuple malheureux ; ces dernières surtout sont d'une poésie admirable sons tous les rapports.

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