FiunSUe aiàie
' Le savant Schafarik, dans sa Crêsehichtê ier êtawisehen Sprache tifid Litterahêr naeh alteh'Mund^ arten (1826, Ofen), dans sq% jâniiquités sla^f^s et dans son Ethnographie elare a donné à la scieifcè un travail excellent. Son Ethnographie^ qui traite surtout de la langue slave, aurait déjà dû être traduite en allemand; cet ouvrage porte le titre tchèque suivant : Slowanskg' ndrodopis. Sestawil P. J. SafariÂ. S mappau. Treti vyd. ¥> Pratbe,
^SUS LANGUES DE l' EUROPE.
4849. c'est donc lui que je vais ici prendre pour base.
Les idiomes slaves occupent en Europe un espace plus étendu que toute autre langue. Depuis le fieuve Duna (Dwinar) à l'est, jusqu'aux MonLsdes-Métaux (Bohème et Saxe) à Touest, et dans les anciens temps encore bien plus loin vers le cœur même de T Allemagne; depuis la rive de la mer Glaciale jusqu'où celle des mers Adriatique el Noire, et jusqu'à J'archipel grec, voilà l'énorme domaine des Slaves d'Europe. Leur langue s'est aussi propagée à travers l'Asie septentrionale ou la Sibérie, jusqu^au nord de l'Amérique.
Le nom de slave vient d'un mot radical trèsusité dans les langues indo-germaniques : sanskrit çjHj grec xXti (xXum), letlique klu (lithuanien klausau j'obéis, klavsytojis un auditeur, pristklausau j'écoute, je fais attention ; lettique klausiht, j'écoute, j'obéis); gothique kliuma ou kliusma, Touîe; dans l'ancien haut-allemand hlosen , alémanien loseny c'est-à-dire écouter. Tous ces mots sont idettiques par le sens comme par la forme.
Ce mot primitif slu se retrouve dans le vieux slave, dit slave ecclésiastique : ^/^«s^a,. j'écoute (1)
(i) Je me sers ici de Torlhographe des Poloiuiis, excepté les bh^ bpbéinei (Icbèqaes).
PAIRE LETTO^SLAVfi. ^49
et sluehj la réputation, le on ditj en latin fama-; chez les Russes slyszat\ 8lu8zat\ sluch^; chez les Tchèques slysetij poshuefè-^ti ; chez les Polonais èiuehac', sly8zic\ etc.^ etc. En outre : dans le vieux slave ecclésiastique, sluga le serviteur, sluzba le service, et également dans les idiomes modernes, tchèque sluha le serviteur, slauziti servir, etc.
Une modification de cette signification primitive est ^ faire appeler^ s^ appeler ^ se nommer : en russe slyl\ en tchèque slouti. ou, sluju^ slovo le mot, la parole (ceci est commun à tous les dialectes) ; en polonais slowit^ (c'est ^à-rdire parler^ proclamer, comme le causatif en sanskrit çrâva jdini).. En. troisième lieu, il prend la signification du latin bene audire j être célèbre; ainsi le mot slava^ gloire , honneur (commun à tous les dialectes).
Les nombreux dérivés gardent tous au fond le sens fondamental : russe slavjanin (1), slavjanskij; polonais sloivianin, slowianski; tchèque slovan^ elovansky' : c'est le nom que les Slaves se donnent eux-mêmes. Slovak a cette signification un peu méprisante, qui s'attache à la syllabe dérivative ak^
(i) Inutile de dire que / (ce / avec un trait) en polonais et en russe signifie un / semblable au double U dçs E8|iagiiolâ.
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comme Prusaky tandis que Slovau et Prusan ont une signification noble^ Voilà donc les deux idées qui servent de base au nom slave : la Glaire et la Parole. Cette race S'appelle en même temps les GlaHeu» (de slawa), et Ceux qui patient (de slovo), tandis que les étrangers sont qualifiés de némec^ nêti/ty^ c^est-è-dire les JMuetSj qui ne parlent pas slave. Le mot nêmee est spécialement attribué aux voisins occidentaux des Slaves : un Allemand s'appelle chez les Slaves un nêmee. Il en est de même du mot slave pour roseignol^ cet oiseau s'appelle elawik en tchèque, elmtik en polonais, eolowey en russe, ce qui peut se traduire et par oieeau glorieux, et par oiseau parlant ^ c'est-à-dire oiseau qui chante avec tant d'expression qu'il semble parler.
Abstraction faite de l'idiome boulgare, qui se trouve aujourd'hui dans un grand désordre, tous lès idiomes slaves sont beaucoup moins différents €ntre eux que le sont les idiomes de race germanique, ceux des Anglais, dés Nordlandais (Scandinaves) et des Allemands. Un voyageur qui connaît à fond une seule langue slave, peut se faire comprendre dans chaque endroit slave, depuis les péninsules Ounalachka et Gamtchatka jusqu'aux Monts Noirs (Monténégro) près la mer Adriatique, et depuis
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le Caucase jusqu'aux frontières de Bavière et de Saxe. Des dialectes allemands, par exemple lé bas* allemand du Hôlstein et Tallemand helvétique, diffèrent entre eux davantage que le polonais, le tchèque, le lusacien et d'autres dialectes slaves.
La vieille forme slave connue sous le nom de êiiwê ecclésiastique, ne diffère point énormément de la forme moderne ; il en est de même du grec ancien et du grec moderne. Les changements principaux de la langue slave se Bont faitsf sous Tinfluence destructive exercée sur les consonnes précédentes par les i et les j. C'est ainsi que beaucoup de muettes furent déprimées au point de devenir de simples sibilantes et assibilantes ; de là, enfin, cette sîbilation imprimant à la langue slave un cachet si particulier qui, toutefois, ne se rencontre pas également répandu dans tous ces idionles.
Du reste, on a tort de leur reprocher une trop grande abondance en consonnes accumulées; des voyelles très-pures et très-isonores sont toujours là pour adoucir les âpretés qui en pourraient naître. Ce préjugé défavorable est nourri par l'orthographe peu commode dont se servent les Polonaiis, qui expriment souvent un seul son par deux, même par quatre consonnes : ils ont, par exemple, leur «z, leur c^, leur szcz, tandis que lès Russes Fexpriment
par UD seul sfgne. Il faut toutefois avouer, que parmi les idiomes slaves la langue polonaise possède la plus forte quantité de consonnes sibilantes.
A l'égard de la grammaire, les dialectes slaves sont infiniment supérieurs à tous les idiomes germaniques et romanisés; ils se rapprochent beai^coup des langues synthétiques., Lp substantif n'a pas d'article, et le verbe se conjugue presque partout sans pronom personnel.
Semblable au lithuanien , le slave a gardé les sept formes de la déclinaison; le placement des mots est par là moins embarrassé, et l'emploi des prépositions est restreint. Semblable à Tallemaûd et au lithuanien, le slave a conservé la forme double de l'adjectif, la forme déterminée et la forme indéterminée : celle-là, composée du pronom démonstratif; en tchèque, ziravy' clovèh l'honune sain, et clovèk jest %dra'v l'homme est sain. Le substantif a les trois genres; mais au pluriel surtout, le féminin et le neutre sont souvent confondus; le masculin des objets animés se sert du génitif, au lieu de l'accusatif pour se distinguer du masculin inanimé.
Quelque chose de singulier se montre dans la conjugaison slave qui, n'ayant que peu de teBipê
*iiIn.
simples chez les Slaves modernes, aime à se servir da parlicîpe. Des verbes exprimant une action momentanée^ sont appelés chez les Slaves ceux composés de prépositions, chez lesquels la relation n'est pas modifiée par une forme dérivée; ils n'ont pas de temps présent quant à leur signification et emploient la forme du temps présent dans le sens du temps futur. Cette manière slave devoir a quelque chose de pfofondément vrai, car une action monkentaméê ne saurait jamais être réellement dans le pré^ sent; elle est comme le foifit géométrique sans dimension et appartient soit au passé soit au futur-^ Les verbes slaves, ayant beaucoup de formes dérivées -(par exemple des causaiives, des itératives, tdes combinaisons avec des prépositions), offrent une grande difQcullé à celui qui^ sans être Slave de nation, veut apprendre à se servir de cette langue. Il lui faut une étude spéciale pour bien saisir ia différence qui existe. entre les formes perfectives (momentanées) et les formes duratives; par exem» pie, en tchèque, mreti mourir, est duratif, c'esti«dire a la signification d'une durée dans la phrase jiuivante : « Jean se meurt de (par l'instrumental) ennui, » Ja'n mre dlouhou chwili, avec le temps présent mre^ tandis qu'on ne peut pas former un présent dans le verbe composé u-mretiy qui signifie
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« mourir subitenieBl , rapidement; i ainsi Ja'n umre doit se traduire par-« Jean ^a mourir. » Quand on veut former le présent d'nn verbe composé d'une préposition y il faut amplifier le radical de ce verbe: Ja'n umira.
Ces verbes signifiant une durée; on exprime k futur en paraphrase avec le verbe budui iudes (je serai) : budu umirati , je serai mouram^ l4 même séparation est rigoureusement observée daM le temps passé : les verbes perfectifs ou mamâÊéa^ fi^.tf.ont de véritables parfaits, et les verbes duroHfi ont des parfaits qui expriment une durée dans le passé. Par exemple, l'imparfait an sil kdyz jsem prtsêlf il cousait (duratif) lorsqne je vins chez loi; mais avec le perfectif on tusU Âmin't^ paà ^mi h poêkUy il cousît r habit (jusqu'à la fin), puis il me l'envoya. . -
A Taide de oes formes distinctes, on détermine les significations avec plus de précision que dans d*autres langues : Unpa'n nese kaba't^ ce monsieur porte un habit, ce qui signifie qu'il le porte une fois sur le bras, en l'apportant; umstenpa'n ned imhaif ce monsieur porte (comme vêtement) cet habit; UMpm'nnosiwm' kaha't, signifie : ce monsieur k rhabitude de s'habiller de cet habit. Yoitt donc trois expressions pour notre « il porte. ».
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Cette richesse formelle et flexive est tout à lait une richesse antique ; elle contribue beaucoup i^la lucidité de la construction grammaticale. Chaque mot radical devient ainsi le germe d'un arbre largement ramifié de formes dérivatives, dont chacune à son tour, agilement reoonnaissablei exprime un sens différent.
Félicitons donc les idiomes sta?es de leur puis*» * santé vitalité dans le verbe et dans le substantif, de otite force productive qui est infiniment supérieure a celle de nos idiomes occidentaux décré* pits. En revanche, les idiomes slaves ont bien moins que l'allemand et le grec la faculté de former des composés.
L'étrange participe du prétérit de l'actif en double ly qui revient st souvent dans la langue slave, es4 une de «es propriétés particulières, etr la distingue même de la langue lilhuanienné, sa sœur jumelle.
Parmi les dialectes slaves, il faut d'abord séparer ceux de l'ouest et ceux du sud-est. Mais il est difficile de réduire cette différence à des lois phonétiques bien déterminées. Quoi qu'il en soit, le savant Schaffarik {Slov. nàrodop. 3H vyd. str.^ 8 à 74) en eite les suivantes :
Premièrement : d se rencontre intercalé devant / dans les idiomes slaves de Touesl : salo, aadlo (la
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graisse, le suif de voUure)^ myta, mydlo (le savon); kadilo, en tchèque kadidlOf en polonais kadzidh (l'encens) ; moliti sja, modliti se (prier).
Deuxièmement t d et t dans les idiomes slaves de Test s'effacent devant /et n, mais elles y restent dans les idiomes slaves de l'ouest ijal, jadl (mangea) ; falj padl (tomba) , vjanii^ vadnu (je me fane) ; svênu, svétnu^ svitnu (je m'éclaircis).
Troisièmement : les labiales 9, b^ p^m, quand elles sont suivies d'un / ou d'un son ayant mtt influence analogue à celle du y, se font suivre d'an / dans les idiomes slaves du ^ud-est : zemlfa, zemêj zetnja (terre) ; taplen , topen (chauffé) ; korabl, karay (navire) ; zeravl^ zeraV (la grue)^
Quatrièmement : les Slaves du sud-est disent : motriti (avec m initial), et dans les dérivés stnatriti, smotrêtiy smotrati; mais' les Slaves de l'ouest prononcent patriti, patrzyc' (regarder, contempler), etc. (avec p initial). N'oublions pas toutefois que ces marques ne sont que Superficielles.
Voici les subdivisions en détail.