B. LANGUES SLAVES DE L*OUEST
Lekhique (polonais), tchèque (bohème), serbe (en Lusace), polabique (n'existe plus).
Toutes ces variétés du grand idiome des Slaves pourraient fort bien se servir d'un alphabet commun, mais il n'en est rien. Les Slaves du rite grec ont adopté Talphubet cyrillique, les Slaves du rite latîn et du rite prolestant ont l'alphabet lalin et allemand.
L'alphabet cyrillique ou le cyrilltiza, basé sur celui des Grecs, a été inventé, dii-on, par saint Cyrille, apôtre dans les pays slaves. On s'en sert encore aujourd'hui pour écrire la langue ecclésiastique, et la tribu de Ruthénie en Galicie s'en sert aussi ; il a produit l'alphabet des Russes et celui des Serbes. Les autres populations de la race slave ont des alphabets croate, illyrien, carinthien, lusacien, tchèque, polonais, etc. Espérons que les savants slavologues de nos jours y mettront quelque ordre ; ce sera un avantage et pour les étrangers et pour les Slaves eux-mêmes.
Un autre alphabet ecclésiastique se trouve chez les Slaves méridionaux du culte catholique; ils l'ont appelé l'alphabet glagolite ou hiéronyniique, parce
que, disent-ils, il a été introduit par Jérôme . Dobrovski a ioulefois réfuté cette opinion et ne fait remonter F usage de cet alphabet qu'au treizième siècle. D'après ce savant, Talphabet glagottte fut inventé pour réintroduire sous une nouvelle forme la liturgie cyrillique qu'on avait défendu d^employer. Kopitar, au contraire, jugeant d'après ub manuscrit appelé le Codex clo»ianuâj qui a an moins la même antiquité que les plus anciens des manuscrits cyrilliques, prétend que ralphal>el glagolite est plus ancien que l'alphabet cyrillique. Je ne sais pas trop à quoi m'en tenir, mais ce point n'intéresse nullement la langue slave. L'alphabet glagolite est surchargé de signes bizarrement tracés, et on penche involontairement vers TopiDion de Dobrovski, quand on regarde attentivement tes lettres glagolites, qui semblent en effet être une défiguration des lettres grecques et cyrilliques.