I.a partie nord-ouest de ce domaine grand-russe
PAIRE LETTO-SLAVC. 261
îst occupé par le sous -dialecte de Novogorod.
Le dialecte de la Petite-Russie remplit la partie siéridionale, depuis la Galicie orientale jusqu'aulelà de la limite sus-mentionnée du dialecte grandrusse, au nord de la mer d'Azof. Ce dialecte petitrusse diffère considérablement du dialecte grandrusse et se rapproche plus ou moins des idiomes (lecidentaux. Une variété du dialecte petit-russe se parle chez les Ruthènes ou Rusniaques, en Galisie, en Hongrie septentrionale et en Boucovine.
Le dialecte de la Russie-Blanche, le plus restreint de tous, prédomine dans toute la Lithuanie [c'est-à-dire dans les gouvernements de Vilna, Grodno et Bialostok) et dans une partie de la Russie*Blanché (c'est-à-dire dans les gouvernements de Mohilef, Vitebsk, Minsk, etc.) jusqu'à la rivière Pripet. « Ce dialecte, dit Schafarik, dans son His^ I toire de la littérature slwoe (p. 141), est de date K plus récente, et se trouve rempli de polonismes ; « il a commencé depuis l'union politique des Lic thuaniens et des Polonais. 9
Boiitgare.
A l'époque florissante de l'ancien royaume boulgare, quand les Hongrois, les Plafziens et les Pet-
2G2 LANGUES DE l'cUROPE.
cbénègues n'étaient pas encore entrés en Transylvanie et en Pannonie, une seule langue slave régnait dans toutes les provinces boulgares. Cette langue s'était établie non-seulement au midi du Danube, où elle existe encore, mais aussi dans les contrées de la rive gauche ou septentrionale de ce grand fleuve, c'est-à-dire, dans la Daco-Rou manie ou Yalaquie, dans la Transylvanie et dans la Hongrie actuelle; depuis le Danube, de Pesth et de Jager jusqu'à la chaîne des .Carpatbes ou Grapaks, et, delà, jusqu'aux sources de la Theiss. Cette langue antique, à en j uger d'après la traduction de la Bible et les livres sacrés des Slaves, était entièrement analogue au dialecte corrompu des Boulgares d'aujourd'hui. Après l'occupation des pays au nord du Danube par les Hongrois, les Plafziens et les Petchénègues, peuples envahisseurs récemment arrivés, la langue boulgare se maintint pourtant chez les peuplades du sud-est du Danube. Ce fleuve forme la limite septentrionale de la langue boulgare actuelle, qui s'étend jusqu'à la mer Noire et le long du bord occidental du Prouth; plus loin, le boulgare est séparé de la mer Noire par la population grecque de la côte maritime. Au sud, le boulgare touche à une ligne tirée de Salonique jusqu'à Ocride, et \er6 l'ouest , il s'arrête à une ligne qui remonte
ju8qu*à Viddine sur ie Danube. La continuité de ce brge domaine de Tidioaie boulgare se trouve interrompue par de petites mais nombreuses colonies turques.
Quant i la célèbre langue slave dite ecelésiasti" fuep on fait bien de Tétudier dans les auteurs sui* vaots : Dobrovski (1822, Vienne), « Institutiones « linguœ êUviea v€teris; y cet ouvrage n'est pas fiiit pour Tusage des élèves parce qu'il observe fort mal l'orthographe organique. Mieux vaut Kopitar : c Glagolita Chzianus, id est eadicis glagolitici k. inter suos facile antiquiseimi — > leipsoTton fin « liarmm JCII membraHeomm, eervatum in bi" « hUothecm eamitie Partais CUz^ v édition en caractères cyrilliques avec une introduction, un glofisaire et une grammaire. Puis VostokoW| édition de V Evangile d^Ostromir^ avec un glossaire et une grammaire en russe (1843, Saint-Pétersbourg). Enfin Miklosick : « Radiées linguœ slave- « niem heleris dialecii {iSA6^ Leipzig); » du même : « Chrysostomi homilia (1835, Vienne) ; • du même : « F^itœ sanctorum (18'&7, Vienne) ; » du même : « Lexie. linguœ slevenieœ veteris dia- « lecti (1850, Vienne), i
D'où vient cette langue antique dite la langue de t Eglise slave? On Ta regardée comme un idiome
264 LANGUES DE l' EUROPE.
primitif, comme la mère de tous les idioines slaves, comme, par exemple, la langue latine est la mère des idiomes latinisés : mais cette opinion est évidemment erronée.
Les apôtres Méthode et Cyrille, qui convertirent les Slaves au Christianisme , se sont servis, à ce qu'il parait, de l'idiome ancien des Boulgares. Kopitar, au contraire, croit que cet idiome ecclésiastique ou cyrillique était celui des Slaves de la Pannonie, connus sous le nom de Carantans.
Quant à moi, je crois, avec le célèbre Schafarik, que ridiome dit cyrillique ou ecclésiastique n^est rien autre chose que l'ancien idiome boulgaré; et, sans énumérer ici toutes les raisons citées par ce grand savant, je ne communique à mes lecteurs que les points suivants, qui, selon lui, caractérisent l'ancien idiome boulgaré :
1*" S est intercalé devant un t radouci , c'està->dire devant t modifié par i ou parj; ainsi noszt (la nuit), i^oxxrnoij, eimaszta (je rends triste, j'afflige), pour matja;
2° Z {[qj des Français) est intercalé devant un d radouci : ainsi, mezda (la frontière^ medja)^ et rozda (engendrer, rodja) ;
3** Le génitif des mots en -tf^o(du bon, dobrago). Ce génitif n'existe plus chez les Boulgares moder-
nés, qui ont perda la déclinaison , que comn^e une vieille forme conservée dans des proverbes;
ii" L'usage des pronoms personnels mi, H, siy au lieu des pronoms possessifs ou approprîatifs fnqj ^ tvoj, svoj y par exemple carstvo mi, mon royaume; en outre, la combinaison du possessif svoj avec le personnel jVmt/ et sij par exemple : € dans son château-fort, i se traduit par « dans son (à lui) château-fort, i v svojbm jEMuyradé.
L'idiome slave ecclésiastique n'existe donc aujourd'hui que dans la version de la Bible et dans les livres religieux des Slaves du rite grec, c'est4-dirè chez les Russes, les Boulgares et les Serbes. Pendant le moyen âge, il exerça une inUuence considérable sur le style des écrivains et aussi sur les langues de tous ces peuples. Aujourd'hui, il tient le milieu entre les langues mortes et les langues vivantes. Pour l'étudier, il faut recourir aux manuscrits les piqs anciens, c'est-à-dire à c^ox du onzième siècle. Parmi eux, on ne doit pas oublier, ce me semble, la célèbre pièce écrite en lettres cyrilliques du Texte du Sacre^ à Rbeims, sur lequel les anciens rois de France prêtèrent serment en recevant la couronne de saint Louis. Ce singulier document, égaré pendant la révolution de 1789, s'est plus lard retrouvé.
Il est presque superflu de dire que, comme tant d'autres idiomes antiques, la langue slave ecclésiastique est infiniment plus riche que chacane des langues de la même souche^ elle en représente toutes les qualités particulières recueillies dans un seul faisceau. L'idiome moderne des BoulgareS) au contraire, est dans un état pitoyable ; c'est le seul, parmi tous les idiomes slaves^ qui soit dégénéré et rabougri comme les idiomes de l'Europe occidentale. Il a perdu la déclinaison du substantif et les terminaisons des gradations de l'adjectif; il remplace l'infinitif par l'indicatif avec le préfixe daf comme le valaque et l'albanais, il attache l'article à la fin des mots, etc.
Ce nom embrasse les trois dialectes des Serbes, des Croates et des Slovènes^ domiciliés dans la par*' tie occidentale de la Slavie méridionale; sa partie orientale appartient aux Boulgares. Le territoire de la langue illyrienne se circonscrit par un demicercle, convexe vers le nord, commençant de la mer Adriatique, au midi du lac de Bogano, et finissant en Albanie à la ville de Perserine ; ce demicercle forme la limite méridionale vers les Alba-
PAIRE LETTO-SLAYE. 267
nais. Puis une ligne droite, tracée de Perserlne jusqu'à Viddine sur le Danube, sépare la langue «erbe de celle des Boulgares ; une ligne de Yiddine à Teoiescbvar forme la limite orientale Ters les Daco-Roumains ou Valaques j enfin, une ligne passant par Temeschvar et Klagenfourt foroie la limite septentrionale vers les Allemands et les Hongrois, et une ligne de Klagenfourt à Trieste forme la limite occidentale. Du reste, la rive de la mer Adriatique est romanisée, de sorte que la largeur de cette marge néo-latine est plus grande au iK>rd qu'au soâ* Dans la partie septentrionale de cette rive on rencontre des colonies* allemandes , et dans sa partie méridionale des colonies turques.
Serbe (i). Cet idiome est plus harmonieux et plus riche en voyelles que tous les autres idiomes slaves. Beaucoup de consonnes sont, ou stip{>rimées ou transformées en voyelles, par exempte i. L'aocent serbe n'est pas forcé de s'appesantirr um^ jours sur une et même syllabe, comme par exemple en polonais toujours sur Tavant'^lernièFe.
(i) Vouk Stéfanoviich a écrit une petite Grammaire serbe, traduite en allemand par Jacob Grimm ( 1 82 4^ Leipzig), et un Dictionnaire serbe' /aliA<^i/0»M}ul(tSt8y Vi«oae«n Autriche).
268 LANGUES DE l'eUROPE.
Ce beau et flexible idiome prédomine dans la majeure partie de Tlllyrie ; aux idiomes Slovène et croate n'appartient que la partie nord -ouest, au nord d'une ligne tirée de Trieste jusqu'à la ville turque Doubitza, et un peu au delà.
Le serbe 9 dit son grammairien, l'érudit Vouk Stéranovitch , peut être divisé en trois seclions :
V V idiome herizégovin, dans les provinces Hertzégovine , Bosnie, les Montagnes - Noires ou Monténégro, Dalmatie, Croatie et la partie supérieure de la Serbie dans la contrée de Matchvajy jusqu'à Maliévo etCaranovatz ;
2" Vidiome ressavique, dans la contrée de Branitchévo sur la Résava, dans la contrée de Lévatch sur la Morava supérieure (cercle de Paratine)^ et sur la Rivière-Noire jusqu'à Négotine;
3** Vidiome syrmien en Syrmîe (pays de la célèbre capitale romaine Syrmium) et en Esclavonie ou Slavonie, dans le pays de Balchka, dans le banat de Témeschvar et dans la partie moyenne de la Hongrie^ puis en Serbie entre les eaux du Danube, de la Save et de la Drave. Les Magyars, les Slovaques, les Tchèques, les Allemands, etc., désignent sous le nom de Ratzes ou Raschanes les Serbes du rite grec; ce mot vient de la ville Novi Pazar,
jadis appelée Rass, ancienne capitale de toute la Serbie.
Croate ou mieux dit Khorvate. Ce dialecte se parle dans les comitats ou comtés de VarasdinCi Kreutz et Agram; il forme la transition entre le serbe et le slovène ; les Croates et les Slovènes n'ont pas imité les Serbes, qui rejettent la consonne /à la (in du mot et qui la remplacent par la voyelle o. £n outre, il se parle dans des colonies nombreuses et peuplées dans la Hongrie occidentale.
La grammaire la plus récente du croate est de Kristianovitch (4837).
Slovène, ou Couroulane, ou Vindique; ce dialecte est limité par la Croatie, la mer Adriatique, risonzo et la Drave. Il remplit les duchés autrichiens de la Carniole ou du Craïne (principalement), de la Carinthie et de la Styrie; un morceau de la Hongrie occidentale près la Rab et la Mour, un morceau du littoral iliyrien et une partie de l'istrie. On peut distinguer les dialectes du Craïne supérieur, inférieur et moyen^ et les dialectes de Carinthie et de Styrie. Du reste son territoire est parsemé d'habitants italiens et allemands.
Kopilar en a écrit une Grammaire (1808, Lai-
27(3 LANGUES DE l'eOBOFE.
back). — Murko a écrit une Grammaire théorique et pratique (1843, 2' édition, Gratz). — Jarnika publié en 1832, à Klagenfourte, un Essai étymologique sur ^idiome slovine. Ces livres sont tous en langue allemande.
B. LES LANGJUES SLAVES DE l'oUE^T.
Polomis-Lekhique.
La nation des Lekhs, jadis si puissante, dont la nom nous sert à désigner cette section, parla dans le moyen âge plusieurs dialectes, qui ont disparu en Poméranie et en Silésie par l'invasion des conquérants et des colons allemands. Le lékhique est aujourd'hui représenté par deux dialectes^ celui des Polonais et celui des Cachoubes.
Le polonais est un des trois grands idiomes slaves, dont nous avons déjà traité deux, le bohème et le russe. Ce dernier n^a qu'une littérature récente, tandis que celles du bohème et du polonais remontent à une antiquité très-reculée.
La langue polonaise se distingue particulièrement, parmi les autres idiomes slaves, par un radoucissement des coQsonnes très-varié. On l'exprime dans récriture par un accent sur la consonne
MIBE LETTO* SLAVE. 271
radoucie, quand elle est suivie d^ine autre consoiDie ou qu'elle se trouve à la fin d^ûn mot; et par un i lorsqu'^elle précède une voyelle. Aussi y re* marque-t-on beaucoup de consonnes sifflantes et douces, avec leur modification forte et dure. Cette expression délicate des sons, produite par les variations continuelles des mêmes consonnes, rend cette langue trés-difflcile pour les étrangers ; mais dans la bouche des indigènes elle n'est point dure, quoiqu'elle soit toujours gazouillante et frémissante. Les nasales aei e (comme en français an et t» dans mon et enfin), ainsi qu'une très*forte modification de la palatinale / en / avec un trait (comme en espagnol) donnent un caractère particulier à cette langue. L'accent qui tombe toujours sur l'avântdernière syllabe, n'est point un avantage du polonais; les voyelles longues et brèves sont disparues de sa prosodie. L'influence du latin sur la phrase polonaise est évidente.
Une ligne, tirée de Grodno vers le midi jusqu'à Sanok en Galicie, marque assez bien les limites entre les pays, où l'on parle d'un côté le polonais et de l'autre le ruthénien ou le russe proprement dit.
Au midi la langue polonaise s'arrête presque à la chaîne des Carpathes.
272 LANGUES DE L*£IIROPE«
 l'ouest, cette langue s'étend sur la Silésie autrichienne, sur une partie de la Silésie prussi^nnei ainsi que sur presque tout le grandHduchéde Posen, et, par une large bande à la rive gauche de la Vistule, elle atteint la mer Baltique. Sur la rive droite de ce fleuve la population polonaise est moins forte en Prusse. Une ligne de Graudentz vers le nord jusqu'au lac Néboia et delà retournant à Grodno, représente les limites septentrionales entre la population polonaise, et celle des Allemands qui a remplacé les anciennes peuplades de cette contrée, ainsi que vers la population qui parle lithuanien.
En outre, le polonais est parlé par la noblesse et les habitants des villes dans laLithqanie, la Yolhynie, la Podolie, l'Oukraïne (Russie) et dans toute la Galicic (Autriche).
Les dialectes du polonais sont : le mazourien ou mazovien, aux environs de Varsovie, qui adoucit les consonnes sifflantes et change scÂ.en ^,. tsch en tSy etc.; — celui de la Grande-Pologne qui est principalement parlé dans les environs de Poseo, Gnésen, Kalischet Lentscbitz^ — le silésien à l'est de l'Oder; — le cracovien ou celui de la Petite- Pologne; — sans compter plusieurs autres; le polonais- lithuanien eniin, qu'il faut distinguer de la langue lithuanienne.
PAIRE LETTO-SLAYE. 27â
. La langue des Cachoubes, qui n'est qu'un dialecte polonais, n'existe plus aujourd'hui que dans un petit district près de la rive baltique entre Léba et Lauenbourg.
Dictionnaire polonaiê^ollemandj arrangé d'après les racines, par Bandtkie, comme la secondé partie de sa grammaire polonaise pour les Allemands, Breslau, 1824 ; cette édition est revue par Dobrowski .
Dictionnaire polonais- allemand y par Linde, en 6 yoL, Varsovie, 1807-18145 il donne la comparaison du polonais avec quelques autres langues et particulièrement avec les autres idiomes slaves.
Dictionnaire polonais-allemand , par Mrongovius, Kœnigsberg, 1835, et le Dictionnaire aile" mandrpolonais j par le même, Kœnigsberg, 1847,
Plusieurs dictionnaires polonais-français et français-polonais, publiés à Varsovie, à Vilna,à Gracovie, à Léopol, à Posen, à Breslau, à Leipzig et à Paris.
Grammaire polonaise pour les Allemands, par Poplinski. 4' édit., à Lissa et à Gnésen.
Grammaire polonaise pour les Français, par X. Bronikowski, I^ris, 1848.
274 LANGUES DE l'eUROPE.
Tchèque.
Celte langue possède plusieurs écrits savants : de Scbafarik, Eléments de la grammaire ancienne tchèque^ Prague, 4845; en allemand par Jordan, Leipzig, 1845; Dobrowsky^ Prague, 1821; Ziak, Brunn, 1849; Jungmann, Dictionnaire allemamd* tchèque^ 1885, etc.
Cette langue est celle des habitants slaves de la Bohème, de la Moravie et de la partie nord-ouest de la Hongrie I elle se rencontre fréqueiQnieiii dans des districts nombreux de toute la Hongrie.^ Oans le royaume de Bohème (Tchéquie) o^ idiome ne remplit pas toute la surface, il est entouré d^una zone allemande, qui est large surtout vws Touest. Vers l'est cet idiome est en contact avec Tidiome moravien ; la langue allemande traverse partout la Bohème et la Moravie, et des colonies magyares traversent ridiome slovaque. Il faut distinguer deux dialectes, le dialecte tchèque en Bohème et Moravie et le dialecte slovaque.
La langue tchèque, proprement dite, e'est-à'-dire la langue de la littérature, est riche en germes, mais ces germes n'ont pas été tous développés.
PAIIIE LETTO-SLAVB. 276
Quelques formeB des substantiFs et des adjectifs, surtout ceux en f , dont Tidiome tchèque, qui contracte les terminaisons finales en t, possède une grande quantité, ont une déclinaison extrêmement défectueuse ; les substantifs qui terminent en e ont aussi plusieurs cas homotones. De la même manière on rencontre dans les terminaisons person-* nelles du verbe une homotonie incommode et la voyelle finale », qui prédomine dans cette langue. Le principe de l'adoucissement des consonnes ne s'y trouve pas poussé jusqu^à l'extrême comme en pok>nais, mais fa langue tchèque ne craint pas non plus une certaine dureté, produite par la combinaison des consonnes; elle ramène toujours l'accentnatton sur la première syllabe du mot, en même temps qu'elle observe scrupuleusement la longueur et la brièveté des syllabes, ce qui donne à cet idiome une grande beauté poétique. La différence entre les deux sortes de /n'existe pas en tchèque. Du reste, le moirave est encore plus beau et se rapproche beaucoup de l'ancien idiome, dont il existe quelques documents qui ne sont pas même tous livrés à ta publicité. Les plus importants sont le Jugement de Xibouscha (ix"" siècle), et les Poésies du manuscrit de Kœniginhof (xiii'' siècle). On voit ainsi la différence des grands dialectes slaves remonter Jus"
276 LANGUES DE l'eUROPE.
qu'au IX' siècle, et on s'aperçoit que l'idiome, appelé idioifke slave de t église j existe seulement coordonné avec les autres, sans leur être supérieur. Dans l'idiome morave, cela va sans dire, il y a plusieurs particularités, comme il ne peut pas en être autrementchcs^un peuple composé d'une foule de petites tribus} HQrakes^ Hanakes, Slovaques^ etc.
Le dialecte slovaque possède des beautés qui sont particulières à la langue ancienne des Tchèques, et l'on peut dire que^ si Le dialecte slovaque était cultivé avec intelligence et habileté^ il produirait^ I)our ainsi dire, le modèle d'une véritable langue slave.
Dans le royaume de Bohème le dialecte occidental qui est inférieur aux autres^ a eu l'honneur de se voir élevé au rang de langue régnante en littérature.
Parmi les tribus susmentionnées, il y a aussi celle des Valaques, c'est-à-dire voisins des Polonais, Po'lachy qui n'a rien de commun avec les Valaques roumains au bord du Danube.
La littérature grammaticale se compose des ouvragessuivants :Bernolak, Grammaticaslavica^ 4790; deutsqh von Brestyansky ^ Ofen, i847; Palkovvicz, bohmisch'deutsch^/ateinisehes Wôr-
PAIRE LETTO-SLàVE. 277
terbuch mit Beifûgung der den Sfawaken und Mœhren eigenen Auadrûcke und Redensarten, 2Theile, Prag und Pressbupg, 4821; Bernolak^ Lexican slavicum bohemicO'lat.^erm.'Ungaricum^ 6 tomi, Budde, i82i-27.
Sorbe (Serbe) ou Vinde (Vende), dans la Lusace.
Cet idiome slave des Lusaciens slaves , jadis étendu sur toute la contrée des Sorbes, de la rivière Saale jusqu'à l'Elbe et à l'Oder, en Misnie, en Lusace, etc., n'existe aujourd'hui que dans un petit coin de la Haute et de la Basse-Lusace, depuis Lobau au sud jusqu'à Lubben au nord; la rivière Sprée (1) la traverse au milieu. Tout autour habite une population allemande.
Cet idiome consiste en deux dialectes : celui de la Basse- Lusace et celui de la Haute-Lusace> dont chacun occupe la moitié du territoire; mais celui de la Haute-Lusace est parlé par un nombre double d'habitants. Selon le savant tchèque Schafarik (1842), il y a dans la Lusace (Haute et Basse)
(i) Aux bords de-laquelle rsl Berlin) capitale de la PrUsse.
278 LANGUES I>£ l'eUROPE.
i42,000 Slaves, c'est-à-dire 98,000 ém la Hautes Lusace el 44,000 dans la Basse-Lusaçe. Leurs deux dialectes sont profoudémeat séparés et possèdent encore des variétés. Du reste, ils sont fortement germanisés, et toute la contrée est peuplée de nombreux habitants allemands.
Le dialecte de la Haute-Lusace a servi à la traduction de la Bible et à la rédaction de|plusieurs autres livres ecclésiastiques. Haupt et Smoler ont publié, avec une version allemande, les poésies du peuple slave de la Haute-Lusace.
Ce dialecte est régi par des lois phonétiques qui le rapprochent de la langue tchèque, tandis que le dialecte de la Basse-Lusace ressemble plutôt à la langue polonaise ; lui aussi possède une petite lit** térature ecclésiastique.
Bose, fVendiêch-Deutêches Handwôrterh. nack dem oherslausitzer Dialecte; Grimnia, 1840. -^ Schmaler, Deutsch-PFendischea IVSrterh.; Bautzen, i843. — Jordan et Pfuhl, Oberlausit^isch Sert. Deutsches FTôrterh.; Leipzig, 1844. — Jordan, GrammatikderTVendisch^Serh. Sprach in der Oberlausttz (nach Dobrowskys System)] Prag, 1841. — Hauptmann, Niederlausitzêche TVendische Gmmmatika ; Lûbhen, 1761. —
PAIRE LETTO-SLAYE. 279
Zwahr, Niederlaus. Wendtâch-Deutsches ffandw^ Spremberg, 1846.
Polabe.
Sous le nom de Polabes (c'est-à-dire habitants de P Elbe y depo, à côté, et Labe, l'Elbe), le savant Sebafarik entend toutes les tribus slaves qui jadis ont babité les deux rives de l'Elbe inférieure. Âa nord, ils touchaient à la mer Baltique, depuis l'emboncbure de TOder jusqu'à Kiel, y compris les îles de Rugue, Vollîne et Fehmarn. Vers l'est, ils étaient les voisins des Polonais, des Lusaciens, et vers le sud-est ils touchaient aux Tchèques. Les rivières Elbe et Saale étaient leurs frontières occidentales ; mais leurs colonies s'étaient étendues jusqu'à Lunebourg, et, vers le sud, jusqu'en Thuringe, jusqu'au Mein et jusqu'à la Rednitz, c'est-à-dire jusqu'au milieu des Allemands.
Les peuplades polabes sont citées dans le commencement du moyen âge, par les historiographes allemands, sous des noms multiples t Obof rites, Bodritzes, Vagriens, Velètes, Drévanîens, etc. Les Drévaniens habitaient la province hannoverienne de Lunebourg et la province |prûssienne de la
280 LANGUES DE L*£l)ROPE.
Vieille-Marche (Altmark). Dans leurs domaines étaient les villes de Lûchow, Hiizacker, Wustrovv, Bergen et Klenze, qui sont primitivement des noms slaves.
Cette petite branche des Obotrites a bravé plus longtemps que les autres Slaves de cette région les invasions des Allemands, et, au milieu de ces tristes plaines sablonneuses, elle a conservé sa langue maternelle jusqu'à la fm du dix-septième siècle, peut-être même par ci et par là jusqu'aujourd'hui. Sa littérature se compose de quelques productions ecclésiastiques.