Famille germamqiie ou gennaine
Mous suivrons ici le célèbre ouvrage de Jacob Grimm {Deutsche Grammatik^ 4 voL^ 1819-1837; 3" édit., 1840, Gottingue).
Les Romains appliquèrent le nom de Germant à plusieurs tribus allemandes ; il est, du reste, inu* lilc de savoir si l'origine de ce mot se trouve daos Tadjcctir latin germanus ou dans le mot allemand Innan^ lirman^ etc., Irminsul et autres compoHilioDî?. 1.0 nom Deutsch (prononcez Do-tich),
en opposition avec le nom Scandinave, dans les lies et dans les péninsules, désigne le germanique du continent, par conséquent aussi l'anglors^xon. Le mot deutêch se retrouve déjà dans la langue go* tkique : ihivdiskô, I5vcxa>ç ; ihiu-diaks., c^vcxoç, de thiuda^ f5voç; dans Tallemand ancien, diutisc, de diot; en anglo-saxon, /Aedii^c^ de thedd,* ce qui signifie en latin gens, gentilUy gentiliti^, popula^ xis, vulgaris.
Le savant Jacob Grimm dit : < Nous autres Germains possédons un idiome qui diffère de ceux ^des autres nations par quatre signes : par la va* riation du son (Abïaut)^ la métathèse du son, le verbe faible et le substantif faible. Npus avons deux fois fait la métathèse du son, c'est-à-dire sa transplantation; nous avons érigé la variation du son en loi dominante de la conjugaison forte, et nous avons appliqué la déclinaison faible aux .substantifs et aux adjectifs, v (Jaçob Grimm, Geschichte d. deutsch. Sprache; 2 vol, 4848; II, i031-)
Nous allons maintenant expliquer les quatre signes distinctifs de la famille germanique. La transplantation du son est essentiellement caractéristique, et elle imprime, pour ainsi dire, le timbre germanique même aux racines que nous avons en
i83 LANGUES 1>E l'eIHIOPE.
commun a^ec les autres langues. Nous parkms par conséquent d*abord de la tran^dantation du son.
En comparant les mots des autres hi^^oés de la même souche, par exemple les mots grecs atec les mots gothiques, on trouve que les consonnes qu'on appelle muettes (muia) conservent leurs qualités (labiales, dentales, etc.), mais que presque toujours elles sont (J^érentes en quantité, et cela en yertu d'une loi solidement établie.
Une loi semblable, d'après la différence simplement quantitative, se manifeste du reste entre le gothique et l'ancien haut-allemand ; il va sans dire que les ienuis, média, a$pirata^ etc., se distinguent par la quantité. Sur le môme niveau avec le gothique se trouvent toutes les autres langues germaniques à l'exception des dialectes haut-allemands, qui, en général, sont restés fidèles au niveau de Tancien haut-allemand.
La loi dont il s'agit est celle-ci : la média de chacun des trois organes de la bouche humaine (da gosier, des dents et des lèvres) se transforme en tenuiê, la tenuis se transforme en aspiraiay et VaS' pirata se transforme de nouveau en m^iia. Cette loi phonétique exprime par conséquent une rotation circulatoire des quantités du son. Il s'agit donc ici des sons de toutes les trois qualités, et,
t4IRE LETTO-&LAVE.
puiwiae chaque qualité dispose de trois d^ré» de quantités, noua voyons naître ici neuf séries lous ta loi de la transplantaliftB du ion. Voici leue tableau théorique i
IBUL
EKTil
cir
rruRâ
fUC(«i>i»i«inUa|>
pt
di
eismm {«a mi mit
tiijitt lion
|ih
Ih
11C1U BlIT-iLLUA»
ph
ch
En réalité, les lois phonétiques de chaque langue modifient cependant as^ez souvent eette, lot géné- ^le.
Danaptuaieurs langues appartenant à la première Ijgne (par exemple en grec ou dans une autre hngne indo-germanique), quelquefois les Gonsûnne& en question n'existent pas» c*eBi-à-dlre elles sont remplacées par d'autres consonnes ; le latin, par exemple, ne possède pas de véritables aspirées, qu'il remplace par les spirantes f et A, ou par dés muettes non aspirées. En outre, dans la langue go-
ihique il n'y a pas d'aspirées labiales et gutturales, au lieu desquelles on rencontre les spirantes correspondantes /* et h. Or, puisque ces spirantes /*et h sont dépourvues de Télément muet, qui seul est capable d*être développé, la transplantation des sons doit être maintenue. Aussi les dialectes haut-allémands conservent la gradation gothique des sons. Du reste, le haut-allemand se sert de z pour Taspirée dentale, de sorte que la série gothique et h série du haut-allemand-ancien prennent en effet la forme suivante :
Gothique. p h ï^ t d th, h g h.
H.-AU.-Adc. ph p f, * t d, ch k h