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LES VERBES SIMPLES

Un fait qui domine le parallèle entier des verbes sémitiques et des verbes ariaques, c'est la diversité profonde dans la forme syllabiquc affectée par les racines verbales.

Quelle est, en effet, la loi de formation du verbe sémitique? Considérée dans son corps, c'est-a-diro dans sa constitution purement phonétique, la syllabe verbale des Sémites, sons sa forme la plus élémentaire, comprend toujours deux consonnes d'organes différents. Une consonne l'ouvre, une consonne la ferme : c'est une syllabe close; telles sont KaF, GaF, GaM, KaM, GaM, TaF, SaB, TaM, SaM, RaM, KaT, KaS, FaT, FaS, TaQ, RaQ. etc.

Mais ce n'est point sous cette forme élémentaire

(1) Jules Opperl, Élémenti âe grammaire assyrienne. Paris, 4 860, p. 34 et 32.

que nous apparaissent le plus souvent les racines sémitiques. L'une des deux consonnes diverses qui constituent essentiellement chacun de ces types se redouble des le principe, et la figure générale des parfaits ou prétérits est Irilitère ou triconsonnantique. Ainsi le type essentiel RaB, serrer, resserrer, puis amasser, grandir, conslitue l'élément significatif par excellence des verbes sémitiques RàBaB (1), amasser, accroître, multiplier, d'où être grand, être nombreux,— RaBall, s'augmenter, s'accroître, être grand, — RaBaK, resserrer, assembler, unir, mêler, — RaBaQ, resserrer, lier, attacher, — RaBaD, serrer, lier, — RâBA c (avec A\jxn final), se rapprocher, s'unir. Seulement, et ceci mérite une attention toute particulière, vous trouverez coup sur coup RaB avec le sens de grand ou avec celui de prince, de maître (rabbin), RoB avec la signification de foule ou avec celle de grandeur, et d'autres variétés du même type n'offrant que les deux con-

(<) C'est en prononçant à la manière des Hébreux, c'est-à-dire avec — â— a— les pirfails ordinaires de la voix Au/, que je transcrirai les racines trililères constituant le fond commun des verbes sémitiques. Les Sémites du Nord (aramaïsants) prononcent sèchement QTaL, il tua, les trois consonnes QTL, là où un Sémite du centre (hébraïsant) lit QâTaL, et un Sémite du sud (Arabe), QaTaU.

sonnes essentielles constitutives sans lesquelles il n'existe point de racine sémitique.

Or, cette syllabe verbale s'ouvrantet se fermant par une consonne (RaB, KaF, TaM, etc.), cette syllabe close, nécessairement terminée par une fonction organique différente de celle qui la commence, voilà ce que vous ne trouverez nulle part dans les verbes simples du parler ariaque. Placez- vous un instant au point de vue du génie sémitique, saisissez-vous fortement du moule verbal syro-hébréo-arabe, et cherchez à couler dans ce moule, en en comblant les creux, les verbes qui reviennent le plus souvent dans la parole arienne, tels que I, aller, sanskr. i, f, et YA, aller, sansk. yd; — GA, aller, venir, sansk. gâ, et GA, étendre, produire, engendrer, sansk. gâ— et, par le thème ganajan ; — PA, garder, sustenter, d'où PAtar, le père, sansk . pâ, et M A , étendre, propager, d'où M Atar , la mère, sansk. rod; — DHA, établir, poser, faire, sansk. dhâ, et 1)A, faire tenir, donner, sansk. dâ; — STA, fixer, se tenir, être (STARE, slant— , ou stant-em , devenu estant y étant, etc.), sansk. sthâ; — BHU, établir constituer, exister (FU-t, YU-turus, etc.), sansk. Mil, et AS, souiller, respirer, vivre, être (ES- «e), sansk. aa; — BHA, luire, d'où paraître et faire

LE PARLER SÉMITIQUE. kl

voir, montrer, dire, sansk. bhd ; — AD, manger (ED-ere), sansk. ad et PI, boire (Bl-6-ere), sansk. pi; — AN, respirer, vivre (AN-ima), sansk. an, — et KSI, SKI, trancher, détruire, sansk. ksi; — U, crier, sansk. u, — et GU, mugir, sansk. gu, — etc., etc. Oui, cherchez, cherchez par tous moyens à faire produire au génie syro-arabe ces mots simples de nos langues, et vous resterez bientôt convaincus que ces verbes, les plus essentiels de la parole indo-européenne (1), sont absolument impossibles dans le plan du parler sémitique, Or, celte impossibilité scientifique de transporter dans un organisme de langage ce qui répugne aux lois les mieux établies de sa formation sera toujours pour le critique un argument mille fois plus sérieux, plus décisif, que la simple constatation de l'absence totale dans les langues hébraïque, arabe et syriaque des verbes si importants et si féconds PA, garder, sustenter, —MA, étendre, propager, — DHA, établir, poser, faire, etc., etc.

Sans doute il y a dans les langues indo-européennes

(I) Outre leurs fonctions propres comme vorbes indépendants, les mots BHU, exister, AS. être, et, plus lard, STA, exister, constituent les éléments fondamentaux des terminaisons et des auxiliaires dont l'ensemble s'appelle conjugaison.

des racines verbales dont le corps monosyllabique commence et fini, par one consonne . majs ce ^ y

dépures fictions grammaticales . des êtres déraison » comme dit M. Renan, c'est-à-dire des monosyllabes Produite par nne coupe artificielle d'organismes naturels btsyllabiques : ce ne sont pas des verbes simples. La racine d'un verbe n'est, en effet, pour le grammsmen, que l'élément fixe auquel s'attachent les désinences variables de la conjugaison. Or quand celte forme orale, au lieu d'être un verbe simple comme MA, étendre, mesurer (d'où le verbe conjugué des Hindous, mâ-mi, j'étends, mâ-si, |„ étends, mA-ti, il étend, etc.), est au contraire un verbe dérivé, les grammairiens, dans leurs analyses, ont l'habitude «le couper en deux la syllabe accessoire, instrument banal de dérivation ou d'individualisation du sens premier du verbe simple; et c'est ainsi que de MAko-tai, il pense, il est pensant ou penseur, sansk. manu-té, les grammairiens n'hésitèrent pas à extraire leur raeine man, en déclarant que la racine man, penser, comme les racines tan, étendre (l), comme la racine

0) Racine artificielle extraite du ll.ômo TA™, c0 | ui qllj £lend ce qu, étend extenseur, du verbe simple TA, tendre, étendre.' dou TA ta, étendu, TAti, laclion détendre, etc.

rU Uy VjUV

sylUip ksan, tuer (1), etc., se rattachaient à l'aide d'un U

ce 80Dl la intercalaire aux terminaisons caractéristiques des per-

•raisofl'j sonnes, des temps et des modes. Peu leur importait

tèête que MA signifiât étendre, mesurer, puis comparer,

nain- penser (Int. pensare, 1° peser, 2° penser), d'où le nom

sijnpis M Anu, sansk. manu, le comparant, le jugeant, le pen-

» m- sant, f/re mon (la terminaison pronominale na deve-

nant subjective par le changement de a en u); MAnas,

|( j ^ sansk. manas, ^svo;, ce qui pense, l'esprit; MAt ou

connu MAnt, lat. ment-, mens, \e pensant, l'esprit; MAta,

^da sansk. mita, connu, pensé, la chose pensée, etc. Une

iï l a racine roan admise comme un fait premier, ces

e ; bons grammairiens inventèrent la règle de la chute de

l( ] e je n devant t pour expliquer des formes telles que MAta ,

[ ;;ll)3 | pensé, MAti, l'action de penser, la pensée; TAta,

étendu, TAti, l'action d'étendre, la tension, prove-

a j n:ûent ainsi, sans peine aucune, de leur racine tan, f y m tendre, étendre. Si nous voulions serrer de près l'ana-

n . logiedes faits d'arborescence et des faits de dériva-

^ tion, nous dirions que, les verbes simples pouvant

||JC seuls être considérés comme de vraies racines, les

(I) Du thème KSAnu ou SKAnu, lo raclant, le tranchant, le ^ t détruisant, destructeur, tueur, KSA ou SKA, frère de KSI cl

de KSU, racier, couper, etc.

formes verbales dérivées, les racines verbales secondaires, comme les appelle M. Benfey, sont des tiges, des troncs, si vous aimez mieux, et non point des racines. Nous dirions alors que les verbes PAt(1), étendu, et PAk, étendre, sont des tiges issues de la racine (verbe simple) PA ; que les verbes KUt, Kls et KUn, courber, fléchir, entourer, couvrir, sont des tiges ou des troncs sortis de la racine (verbe simple) KU, KAU, courber, fléebir (lat. CAVus, d'où cavare), par les tbèmes KUta, KUsa, KUna, courbé, fléchi.

Ce procédé de dissection artificielle, les grammairiens l'appliquèrent encore aux verbes intensitifs, diminutifs, inchoalifs, causatifs et désidéralifs, ce qui multiplia singulièrement le nombre des racines verbaies.

Au demeurant, quand bien même on admettrait l'existence en sanskrit, et dans les langues sœurs, de certains verbes primitifs souvrant et se fermant par une consonne, il n'en serait pas moins vrai, - et cela suffit à démontrer la vérité de notre thèse,— que tous les verbes les plus usités et les plus importants

(4) C'est uniquement pour le faire mieux ressortir que nous écrivons en petites capitales l'élément pronominal dérivatif.

de ces langues sont terminés par une voyelle (1), mode de structure qui, nous l'avons vu, répugne invinciblement au génie sémitique ou syro-arabe.

Il importe de pousser plus avant notre parallèle. Les pronoms sont radicalement divers dans les deux systèmes comparés. De chaque côte, la structure du verbe, réduit à ses éléments essentiels, obéit à des lois profondément différentes. Mais le nom, cette proposition stéréotypée, d'où vient-il? comment se formet-il chez les Hébreux et chez leurs frères sémitisants?

Pour faire une proposition, il faut un jugement, et ce jugement contient nécessairement au moins deux termes : quelqu'un ou quelque chose et une action faite ou subie par ce quelqu'un, par ce quelque chose. Ces nécessités logiques n'ont peut-être pas été moins bien comprises par l'intelligence spontanée des premiers Sémites que par celle des premiers Ariens; mais à coup sûr elles ont été rendues bien différemment dans l'œuvre de la parole, et c'est là ce que je voudrais rendre évident pour tous.

J'ai essayé plus haut (p. 29) de mettre dans leur vrai jour les lois qui présidèrent a la facture du nom

(1) Voyez enlro autres preuves, les 78 premières pages des lladiccs sanskritœ de Rosen.

chez les Ariens. Un pronom (TA, SA, NA, KA, etc.) individualisé par un verbe qui le précède, — car le génie ariaque veut que le déterminant précède toujours le déterminé, — telle est la loi première, la loi organique de toute formation nominale (participe, adjectif ou substantif) dans l'Inde et dans l'Europe. Viennent ensuite les lois qui régissent l'indication du • rapport de subjectivité ou d'objectivité du pronom devant le verbe. Or, vous ne rencontrerez nulle part dans les noms sémitiques la combinaison intime d'un verbe et d'un pronom; nulle part, en conséquence, vous ne trouverez les signes ariaques de l'activité ou de la passivité d'un élément pronominal qui fait toujours défaut.

Changer les voyelles du verbe, sans toucher à ses consonnes, telle est, par excellence, la loi de formation du nom sémitique. Les noms formés de cette manière constituent une vaste classe a laquelle appartiennent MéLéK (1), roi, de MaLaK, il régna; —

(I) L'identité des langues syro-arabes n'étant plus uno question pour personne, je me contenterai dorénavant de citer la formo que les mots sémitiques revêtent en hébreu, ce sanskrit du sémitisme. Les points-voyelles sont ici figurés par des minuscules.

SèFéR, livre, écrit, et SôFèR, écrivain, de SâFêR, il écrivit, il compta; — QôDéÇ', sainteté, chose sacrée, de QâDaÇ', il fut sacré; — Po'AL, action, ouvrage, de Pâ'AL, il fit, il fabriqua, — BêN, fils, de BûNàH, il bâtit, il établit; — GeBUL, limite, terme, de GâBal, il termina.

Viennent ensuite dans l'ordre d'importance les formes participiales faisant office de noms. Ainsi - O'IêB, détestant, participe de l'actif A'IaB, il détesta, s'emploie beaucoup plus souvent comme nom substantif avec le sens d'ennemi. De même IONéQ, suçant, tétant, participe de IàNaQ, il suça, il tela, signifie aussi enfant, nourrisson. Mais voyez comment sont faits ces participes eux-mêmes, et comparez-les avec nos participes présents indo-européens. Toujours ces derniers naissent de la combinaison du verbe et du pronom démonstratif TA sous sa forme de finale à sens transitif (objectif;, — T, d'où la désinence aT, renforcée souvent en ahT (lat. ant, enf), mère de la terminaison mutilée an, ân (gr. ov, m). Ici encore, qu'y a-t-il de commun entre les procédés naturels, spontanés, de création lexique propres ù chacune des deux grandes races? Rien, toujours rien!

Les participes des conjugaisons hébraïques piel et

hophal, dont quelques-uns sont également devenus des noms substanlifs, ne se contentent pas de changer les voyelles du verbe, mais y ajoutent encore une syllabe formative, Me, Ma; seulement, celte syllabe caractéristique, au lieu d'être terminale comme le voudrait le génie indo-européen, est invariablement initiale. Ce préfixe M forme aussi, en dehors des participes, des noms de lieu, d'instrument, defonction; et c'est ainsi que QUM, se tenir debout, être ferme, a donné MâQOM, poste, lieu, place, demeure; comme SàBaB, il se tourna, produisit MêSaB, détour, circuit; comme ÇàPaT, il jugea, fournit MiÇ'ePaT, jugement, sentence, statut; comme QaNAH, il posséda, il acquit, il acheta, eut pour dérivé MiQeNéH, possession, achat.

Impossible de nier l'originalité de ces procédés de dérivation ; impossible en mtMnc temps de leur trouver la moindre analogie avec l'idée ariaque opérant ses créations de participes, d'adjectifs et de substantifs à l'aide d'un système fort simple de finales significatives.

Comme le parler indo-européen, le parler syroarabc a, lui aussi, des noms composés; mais, ici encore, le plan de composition diffère du tout au tout.

Je l'ai déjà dit, c'est une loi du génie arien d'énoncer toujours le déterminant avant le déterminé : il trace d'abord les limites dans lesquelles l'esprit devra entendre l'expression vague ou banale qui va suivre.

Dans amb-ire, trans-ire, prœ-ire, etc., les déterminais amb-, autour, trans-, à travers, pree-, en tête de, en avant, précèdent Ire, aller, et s'opposent fort heureusement à toute incertitude, à toute hésitation, même très courte, dans l'esprit de l'auditeur placé devant un mot d'une signification aussi large : I, aller. De même dans auceps (avi ceps), oiseleur, et dans auspex (avi-specs), augure, l'idée d'oiseau représentée par au- contracté de atn-, détermine ou limite les idées de cap, prendre, et de spec, regarder, contempler, inSPECter; comme celle de sacri- (sacrum), chose sainte ou consacrée aux dieux, limite dans sacrificium (sacri-fic-ium) , sacrifice, et dans sacrilegium, sacrilège, vol commis dans un temple, les idées de fac (en composition fie), faire, et de leg, prendre (d'où cueillir, et enfin, lire), enlever, voler.

Les composés si connus luci-fer, porte-lumière, — signi-fef, porte-enseigne, — lani-ger, porte-laine, — causi-dicus, avocat, — pedis-sequus , serviteur,— vin demia (demere), vendange, — carni-fex, bour-

rcau, etc., etc., nous montrent toujours l'application de cette même loi : Le déterminant s énonce avant le déterminé.

On sait que le mot limite (l'antécédent) peut être ou un nom adjectif, comme dans longimanus, celui qui a de longues mains, — ou un nom de nombre, comme dans triangulus, triangle, qui a trois angles, — ou un adverbe, comme dans male/icus, benevolus, etc., — ou une préposition, comme dans prœsidium, garde, — convivium, festin, — proportio, proportion.

Or, ce qu'on trouve en latin sous le rapport de la composition, on le retrouve en sanskrit, en zend, en grec (1), en gothique, en lithuanien, en csclavon et dans les dialectes celtiques.

Eh bien! celte loi indo-européenne de la composition, ce procédé d'individualisation si simple, si facile, si fécond dans ses résultats, vous n'en trouverez nulle part la moindre trace dans les langues syroarabes. Le sémilisme a pourtant des noms composés,

(4) À une époque relativement moderne, on trouve chez les Grecs quelques composés mal faits, j'allais dire à l'envers. Si Strabon, par exemple, écrit à tort c7rïro7r<>Totuoç, en mettant le déterminant iroTapo; après le déterminé îtriroç, Aristote écrivait correctement <Triroç ô irorapio;.

mais presque lotis sont des noms propres, et lous, au rebours de nos langues, placent le déterminant (la limite) après le déterminé. Qui ne connaît les composés hébraïques GaBRI-E'L, Gabriel, ou la force de Dieu (EX); — BiN-IàiMIN, Benjamin, ou le fils de la droite (du bonheur), appelé d'abord par sa mère mourante BéN-'ONI, Benoni, ou le fils de ma douleur (1) ; — AB-Ç'dLOM, Absalon, ou le père de la paix ; — AH'-AB, Achab, ou le frère du père, etc.?

Cette séparation absolue, cette contradiction même du génie arien et du génie sémitique nous frappe bien plus fortement encore, lorsque laissant les noms composés, nous cherchons en vain dans tout le sémilisme

UN SEUL VERBE MODIFIÉ par UNE PRÉPOSITION.

A l'aide de préfixes verbaux (p. 3à), le génie indoeuropéen dessine aux yeux de l'esprit toutes les variétés d'une action, toutes les directions du mouvement représenté par le mot simple. Ces individualisations, ces variations de sens au moyen de préfixes, sont d'autant plus nombreuses que l'idée première du verbe isolé est plus vague, plus générale, moins déterminée enfin. Ainsi, les verbes I, aller, — STA, fixer, se

(<) BêN, fils, fait à l'état construit (limité suivi du limilani) DéN, rarement BiN.

tenir, être, — DHA, poser, constituer, faire, sont de ceux qui offrent le plus d'individualisations de sens à l'aide de prépositions. Et, pour ne 'citer ces composes que sous leur forme latine, nous rappelons ici inlre, colre, oblre, prœlre, adiré, ablre, redire, sublre, Iranslre, etc., de Ire, aller; inSTAre, conSTAre, obSTAre, prœSTAre, proSTAre, reSTAre, etc., de STAre, se tenir, être ferme, être debout. Souvenezvous encore de ces vieux verbes à préfixes, tels que posSIdere, de pos pour apos (Apas), après, auprès, et de sedere, être assis, être assis sur, demeurer sur, occuper, posséder, en allemand besitzcn, de be ou bei, auprès, sur (bhi, Abhi), et de sitzen, SItz, être assis, le même que le SEd des Latins, le ÉA des Grecs, le SAd des Hindous, etc. Plus effacé encore que pos dans possîdere, nous apparaît le préfixe po pour apo (Apa) dans poSlnere devenu successivement poSnere et ponere, comme le prouvent poSui et poSItum, jeter en bas, déposer. Dans ces faits lexiques, comme dans vingt autres que nous pourrions citer, le préfixe est tellement mêlé à la substance verbale elle-même, que les anciens Romains, durant leur passage sur la terre, ne soupçonnèrent peut-être pas l'existence de ces combinaisons.

Un mot encore. L'examen comparatif de ces témoins impartiaux qu'on nomme Dictionnaires, vous prouvera, quand vous le voudrez, que les neuf dixièmes du vocabulaire indo-européen, aux temps les plus reculés, sont constitues par des verbes composés à l'aide (le préfixes et par les dérivés issus de ces compositions verbales. Vous n'aurez plus alors qu'à vérifier la vérité de ce fait, aujourd'hui reconnu par tous les orientalistes : Il n'y a pas un seul verre composé, dans

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