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« tion que j’aie jamais vues, c’est Ouarka qui « les surpasse 1 . »
Les ruines s’élèvent sur un plateau s’étendant à vingt milles, dans la direction de Senkara2. Une partie de ce terrain stérile forme une vaste plate-forme élevée de quarante à cinquante pieds au-dessus du niveau du sol et supportant la ruine principale. Le Buwariyya émerge comme une sorte de cône ; c’est une tour de deux cents pieds de haut, bâtie exclusivement avec des briques séchées au soleil, construction dont l’antiquité fut attestée par la lecture des tables votives du roi Urkham. Le nom de Buwariyya , « nattes de roseaux » , lui vient des Arabes qui remarquèrent la présence de roseaux dans la maçonnerie.
On y voit les mêmes ouvertures qui caractérisent les édifices chaldéens. Le sommet est parfaitement plat et mesure soixante-huit pieds du nord au sud. Loftus essaya de déblayer
1 Chaldea and Susiana, p. 163.
2 Latitude des ruines, 310 19' nord ; longitude, 450 40’ est ; à 4 milles du point le plus rapproché, sur la rive orientale dç l'Euphrate,
l’angle ouest pour trouver les cylindres de fondation, mais la recherche fut vaine; depuis longtemps ils avaient dû être détruits et enfouis sous l’accumulation des décombres.
La plus intéressante construction était le Wuswas, à huit cent quarante pieds du Buwariya. Les tranchées ouvertes par Loftus amenèrent le dégagement d’une façade qui donna un spécimen unique de l’architecture chaldéenne. Rien de plus simple, de plus grossier, que le système de décoration employé. La portion inférieure de l’édifice est occupée par des groupes de sept demi-colonnes, construites en briques moulées de forme semi-circulaire, et répétées sept fois. On y remarque l’absence complète de corniches, de chapiteaux et de bases. Ouarka, sous ce rapport, offre un intérêt capital pour la science architecturale des Chaldéens 1 ; mais nous ne pouvons entrer dans des détails que nous aimerions à reproduire 2.
1 Chaldea and Susiana, p. 167 et suiv.
2 Les dessins de M. Boutcher sont conservés au Musée Britannique dans la Collection de la Société Asiatique.
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Ce qui distingue cette localité, c’est son caractère sépulcral, qu’elle accuse plus fortement qu’aucune autre cité de la Mésopotamie ; depuis sa fondation par Urkham jusqu’à la domination parthe, Ouarka semble avoir été une immense nécropole. Pas une tombe n’a été trouvée en Assyrie !. Arrien dit que les sépultures des rois d’Assyrie étaient en Babylonie 1 2 3; mais le mot Assyrie ?, appliqué fréquemment à la Babylonie, peut avoir occasionné cette confusion et laissé croire que les tombes auxquelles on fait allusion sont celles des rois de Babylonie. L’accumulation des restes humains à Ouarka prouve que c’était un lieu sacré, comme de nos jours Kerbella, et qu’il fut considéré de la sorte pendant des siècles ; aucun endroit du monde ne peut lui être comparé sous ce rapport , pas même l’antique Thèbes !
1 Les tombes examinées par Sir H. Layard et M. H. Rassam sont d’une date postérieure à l’occupation assyrienne.
2 De Exped. Alex., VII, 22.
3 Les Grecs et les Romains employaient le mot Assyrie comme désignation générale, y comprenant la Mésopotamie, l’Adiabène et parfois l’Asie-Mineure. Arrien, natif de la Cappadoce, fait l’Assyrie limitrophe de la Cilicie. Voy. Arrien, II, 5, 6.
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Loftus concentra ses efforts pour réussir à rapporter un spécimen des cercueils que les fouilles mettaient au jour. Je regrette de ne pouvoir faire connaitre ce mode de sépulture et la manière curieuse dont ces amas de corps humains se sont trouvés accumules. Le Musée Britannique possède de curieux échantillons des cercueils de Ouarka 1 .
Une trouvaille fort intéressante et qui appela immédiatement l’attention des savants, ce fut celle de huit tablettes d’argile de couleur claire, posées sur une natte de paille enfouie dans le bitume et entourées de toutes parts de bois de dattier carbonisé. Loftus y remarqua sur les tranches l’impression de sceaux, ainsi que des caractères expliquant la présence du cachet et contenant le nom des parties contractantes 2.
1 Chaldea and Susiana, pp. 203 et suiv.
2 Ce sont en partie des donations faites sons les Séleucides. Ces tablettes prouvèrent alors l’emploi de 1 écriture cunéiforme jusqu’au troisième siècle av. J . C. — Avant cette découverte, les inscriptions perses d’Artaxerxès-Ochus et le vase de porphyre, conservé dans le trésor de St-Marc à Venise et attribué au même monarque, étaient les plus récents spécimens de cette écriture.
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En présence des résultats de cette première exploration, Loftus était fortement d’avis de continuer des fouilles a Ouarka. C est a ce propos qu’il y revint en 1854 pour le compte de YAssyrian Excavation Fund. Loftus quitta la Chaldée pour se rendre à Mossoul, à la requête de Sir H. Rawlinson, pour continuer les travaux de M. H. Rassam a Koyoundjik.
Les fouilles étant terminées dans la limite du possible (1852), Loftus se porta vers les ruines de Senkara , situées à quinze milles au sud-est de Ouarka et que le Dr Ross et Baillie Lraser avaient visitées rapidement en 1834 1. — De Ouarka, on aperçoit Senkara et l’espace compris tout autour ; c’est le désert nu, stérile, privé d’eau, de végétation, d’habitants, désolation sans seconde, pareille à celle que le prophète Isaïe avait prédite à Babylone. Loftus planta sa tente au pied même des ruines et commença les fouilles .
Les ruines se composent d’une plate-forme
1 Chaldea and Snsiana, pp. 241 et suiv.
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basse circulaire de quatre milles et demi de circonférence s’élevant graduellement de la plaine vers un mont central dont le point culminant, visible de Ouarka et de l’Euphrate, atteint près de soixante-dix pieds. Du côté nord-ouest se trouve une mande ruine basse
consistant en une série de murs de briques et de pavés; puis au nord-est, un autre monticule en briques rouges à moitié cuites, à la base duquel on peut discerner, d’après la couleur du sol, l’emplacement d’une ancienne enceinte et les restes de petites chambres ménagées dans l’épaisseur des murs.
Le côté sud-est de la plate-forme est occupé par une autre ruine en briques d’une étendue considérable, et connue des Arabes sous le nom de « Jemel, » Chameau , à cause de la bosse caractéristique qui s’élève au centre. A la première inspection des ruines, il parut évident qu’elles appartenaient à une seule époque, et que les races plus récentes, d’origines différentes, n’avaient pas touché à ces monuments des temps primitifs.
L’ouverture des tranchées révéla l’existence
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