‹ Les langues perdues de la Perse & de l'Assyrie (volume 2)Chapitre 4 sur 20 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

Sans entrer dans des détails qui se trouveront dans le cours de l'histoire du déchiffrement, no* tons, dès ici, la différence radicale de l'écriture employée en Perse de celle qui fut usitée en Assyrie et en Chaldée, Les inscriptions relevées sur les ruines de la Perse se présentent par groupes qui comprennent trois langues et deux systèmes pour les traduire. L'un d'eux fournit à l'aide des signes les éléments d'un alphabet^ c'est le système arien; les inscriptions de cette nature occupent la première place dans les inscriptions trilingues^ c'est l'Iranien pur, le Perse, en un mot, une langue qui peut être considérée comme la mère ou la sœur aînée du Persan moderne.

L'autre système nous offre le clou primitif formant des caractères qui ne répondent plus à de simples lettres, mais qui expriment des syllabes, et quelquefois des mots ; il procède donc d'un principe complètement différent du premier;

aussi pour le distinguer, quelles que soient les langues qu'il pourrait traduire, on lui a donné le nom d'écriture anarienne.

Telle est la division que nous avons adoptée et que nous suivrons dans ces pages.

Nous espérons que l'aridité de cet exposé ne découragera point le lecteur ; nous aurions à cœur, plus que tout autre, de gagner à ces études des adhérents sincères. Le champ de l'érudition moderne est beau et tentant; l'archéologie, l'histoire et la philologie s'y rencontrent journellement ; aussi les esprits jeunes et audacieux verront s'ouvrir devant eux une longue carrière; si beaucoup a été fait, beaucoup reste encore à faire. Les travaux d'analyse, si consciencieusement menés, permettront un jour d'aborder d'heureuses synthèses; mais, pour l'instant, la $çience a besoin avant tout de nouveaux documents

Page 1